mercredi 5 octobre 2016

La malbouffe nous rend plus malades que l'alcool et le tabac réunis

Un rapport publié par un groupe d’experts britanniques alerte sur les dégâts de la malnutrition sur notre santé. Un constat d’autant plus alarmant que la malbouffe gagne chaque jour du terrain, entraînant une explosion dans le monde du nombre de personnes obèses ou en surpoids.

- Sipa/illustration


« Fumer tue », « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé », « Sortez couverts »… Autant de formules entrées dans le langage courant pour mettre en garde contre les dangers de la consommation d’alcool, de tabac ou du sexe non protégé. Des slogans autrement plus percutants que le fade « Pour votre santé, mangez équilibré », on en conviendra. Et pourtant, selon les conclusion d’, la malbouffe constitue le risque numéro 1 pour la santé. Mal se nourrir causerait ainsi davantage de maladies que le tabac, l’alcool et le sexe non protégé réunis.
Pour étayer leur propos, les experts s’appuient notamment sur ce graphique, fruit d’une étude menée l’an dernier. Il met à jour les 11 principaux facteurs de risques responsables de maladies, classés par le nombre d’années de vie en bonne santé perdues qu’ils causent à l’échelle mondiale. Six, parmi lesquels l’hypertension artérielle, le diabète, l’excès de cholestérol ou les maladies cardio-vasculaires, figurent dans ce classement et sont directement liés à la façon dont on se nourrit.

- Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition


Les données collectées ici attestent qu’une alimentation ne satisfaisant pas les besoins nutritionnels est donc ce qu’il y a de plus nocif pour la santé. En parallèle, et comme pour inciter les leaders politiques mondiaux à prendre leurs responsabilités, le rapport indique que la malbouffe gagne chaque jour du terrain, jusque dans les pays en voie de développement, paradoxalement aussi confrontés aux problèmes de sous-nutrition. Pour ces pays, situés principalement en Afrique et en Asie, l’étude montre d’ailleurs que la courbe de l’obésité est en train de rattraper, voire de dépasser, celle de la sous-nutrition. Les exemples du Sénégal et de l’Éthiopie sont parlants : entre 2011 et 2030, le nombre de diabétiques au sein de ces pays passera respectivement de 3,1 à 6,1 millions de personnes, et de 1,4 à 2,7 millions de personnes, soit le double.

40% de la population mondiale en surpoids en 2030

À l’échelle mondiale, le constat véhiculé par le rapport est similaire : il confirme que la proportion de personnes en surpoids connaît une constante augmentation. Estimée à ce jour à 30%, elle devrait atteindre les 40% d’ici à 2030. Ce problème de santé publique s’accompagne évidemment d’un volet financier déterminant. Selon les chiffres du gouvernement, en France en 2012, le coût social de la surcharge pondérale s’est ainsi élevé à 20 milliards d’euros, un montant comparable à celui de l’alcool (15 milliards d’euros) et du tabac (26,6 milliards d’euros).
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Source : Marianne.net
Article intégral en ligne : http://www.marianne.net/malbouffe-nous-rend-plus-malades-que-alcool-tabac-reunis-100246821.html

jeudi 6 novembre 2014

L'effet placebo, de " la poudre de perlimpinpin ", vraiment ?

Longtemps décrié, le mystérieux mécanisme apparaît désormais comme une option thérapeutique sérieuse


Sur le Larousse, il s'agit d'une " préparation dépourvue de tout principe actif, utilisée à la place d'un médicament pour son effet psychologique, dit effet placebo” ". Selon le site Santé-médecine. net, ce phénomène s'expliquerait par " un mécanisme d'autosuggestion capable de soulager les symptômes ressentis par un individu à la suite de la production d'endorphines par le cerveau ". Pour le psychiatre Patrick Lemoine, c'est plus prosaïquement de la " poudre de perlimpinpin ". Un effet qu'on observe " mais qu'on n'explique pas ", note un autre médecin.
Autrement dit, l'effet placebo demeure une sorte de mystère. Qui échappe à la raison et se dérobe à la logique des scientifiques. C'est, en réalité, l'effet de quelque chose qui n'a aucun effet. Et pourtant, il existe, et il est loin d'être marginal, ainsi que le démontrent les nombreux exemples donnés dans ce documentaire.
Dès les années 1940, durant la seconde guerre mondiale, un médecin qui manquait de morphine avait relevé le phénomène et constaté que les souffrances de ses patients s'apaisaient aussi bien avec une substance sans effet thérapeutique. Le sujet, longtemps resté un objet de polémique, est désormais pris très au sérieux et mobilise de nombreuses équipes de chercheurs à travers le monde.
Résultat, même s'il reste globalement inexplicable, le mécanisme est aujourd'hui un peu mieux connu. On a, par exemple, pu noter que l'effet n'a pas seulement le mérite de soulager les petits maux de tête et les nausées, mais aussi celui de produire une action bénéfique sur des pathologies beaucoup plus lourdes, comme les maladies neurodégénératives.
Grâce à l'imagerie médicale, des chercheurs ont pu constater que le cerveau d'un malade de Parkinson s'était remis à produire de la dopamine après absorption d'un placebo. Aux Pays-Bas, des patients qui ont cru être opérés pour une adhérence pelvienne ont guéri comme ceux passés sous le bistouri. Mieux : des expériences récentes tendent à démontrer que le placebo serait aussi efficace sur des sujets conscients. Les zones d'ombre demeurent !
Olivier Zilbertin

L'Effet placebo, d'Emmanuel Sapin et Pascal Goblot ARTE
(France, 2014, 50 min).
© Le Monde