lundi 9 décembre 2019

L'agence nationale de sécurité sanitaire annonce le retrait de 36 produits à base de glyphosate

Les produits interdits représentaient en 2018 près des trois quarts des produits à base de glyphosate vendus en France.


Suite à la réapprobation du glyphosate pour cinq années par l’Union européenne en 2017, l’Anses a annoncé ce lundi avoir procédé au réexamen des autorisations de mise sur le marché des produits commercialisés en France, et avoir lancé une évaluation comparative avec les alternatives disponibles. «Sans attendre la fin du processus en cours», l’Agence déclare avoir notifié le retrait des autorisations de 36 produits à base de glyphosate, et le refus d’autoriser 4 nouveaux produits, «les données fournies par les industriels ne permettant pas de statuer sur leur éventuelle génotoxicité». Ces produits représentaient en 2018 près des trois quarts des tonnages de produits à base de glyphosate vendus en France, pour des usages agricoles et non agricoles.

L’évaluation, au niveau de chaque État membre européen, des dossiers de demande d’autorisation déposés par les entreprises souhaitant renouveler ou obtenir une mise sur le marché de produits phytosanitaires, intervient dans un cadre défini par l’Union européenne.


L'interdiction des produits est autorisée par l'Union européenne


Si la décision est donc importante, elle ne contrevient pas à celle de l'Union européenne. L'Anses rappelle en effet que l'évaluation des dossiers de demande d'autorisation par chaque pays intervient dans un «cadre défini par l'Union européenne». «S’agissant du glyphosate, ce cadre a été spécifiquement renforcé en 2017 suite à la réévaluation de la substance active, avec davantage d’exigences impliquant la fourniture de données supplémentaires concernant les risques pour la santé et l’environnement, notamment en matière de génotoxicité de l’ensemble des composants des produits à base de glyphosate. Ces nouvelles dispositions requièrent des études spécifiques menées selon des méthodes standardisées et robustes.» poursuit l'agence.

Actuellement, 69 produits à base de glyphosate sont disponibles sur le marché en France et ont fait l’objet d’une demande de renouvellement de leur autorisation. Les 36 produits qui n'ont pas eu d'autorisation ne pourront plus être utilisés à compter de fin 2020. L’Agence a également «notifié une décision négative pour 4 des 11 nouvelles demandes d’autorisation déposées depuis janvier 2018 et en cours d’examen».
L’Anses dit «poursuivre l’examen des demandes d’autorisation et de réautorisation de produits à base de glyphosate et, comme elle l’a annoncé en novembre 2018, procèdera également à une évaluation comparative avec les alternatives non chimiques disponibles». «Seuls les produits à base de glyphosate répondant aux critères d’efficacité et de sécurité définis au niveau européen pour les usages revendiqués, et ne pouvant pas être substitués de façon satisfaisante, bénéficieront in fine de l’accès au marché français. L’ensemble du processus d’évaluation sera finalisé d’ici le 31 décembre 2020», conclut-elle.

Le Figaro, 09/12/2019.

lundi 11 décembre 2017

L'article à lire pour comprendre le débat sur le glyphosate, la star des herbicides

L'Union européenne doit donner son accord, ou non, au prolongement de l'autorisation du glyphosate, le principe actif du célèbre désherbant Roundup. Franceinfo vous explique pourquoi le sujet est brûlant.

Quel avenir pour le glyphosate ? Cette molécule controversée, substance active de nombreux herbicides, est au cœur d'un vif débat au sein de l'Union européenne. Les Etats membres doivent se prononcer, lundi 27 novembre, sur le renouvellement ou non de l’autorisation du glyphosate. Preuve que le sujet est sensible : le vote a déjà été reporté six fois.

Dimanche, la secrétaire d'Etat auprès de Nicolas Hulot, Brune Poirson, a précisé que la France votera contre le renouvellement de sa licence pour une durée de cinq ans. Les représentants des pays européens sont divisés sur la durée de renouvellement de la licence de l'herbicide le plus utilisé au monde, la France prônant trois ou, à la limite, quatre ans maximum. Pour cerner les enjeux de ce débat, franceinfo fait le point sur cette substance.

Le glyphosate, c'est quoi au juste ?

Le glyphosate est un puissant herbicide. La molécule a été inventée dans les années 1970 par des scientifiques de la firme américaine Monsanto. L'entreprise l'a commercialisée à partir de 1974, notamment sous la marque Roundup.
Au début des années 2000, la molécule est tombée dans le domaine public, ce qui a permis à d'autres sociétés de s'en emparer. Devenue bon marché, elle est désormais utilisée partout dans le monde. Outre le Roundup, on retrouve donc le glyphosate dans plus de 750 produits commercialisés par plus de 90 fabricants, répartis dans une vingtaine de pays, ajoute Le Monde. L'Anses, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, recense 178 références dont l'utilisation est autorisée en France.

Ça fonctionne comment ?

"Le glyphosate, ou glycine phosphonate, s'installe dans le système central des plantes pour les détruire de l'intérieur, explique Carmen Etcheverry, agronome pour France nature environnement, à franceinfo. C'est une molécule systémique non sélective." En clair, le glyphosate ne choisit pas ses plantes. Il détruit tout. C'est d'ailleurs pour cela qu'une entreprise comme Monsanto commercialise également des semences résistances au glyphosate.

(...)

Source : France info, 27/11/2017.
Article intégral en ligne : https://www.francetvinfo.fr

samedi 28 octobre 2017

Pourquoi le glyphosate fait débat ?

LE TOUR DE LA QUESTION La Commission européenne doit se prononcer cet automne sur la ré-homologation du glyphosate pour dix ans, dans une Union européenne très divisée. Cet herbicide, actuellement autorisé, a été classé « cancérogène probable » par une branche de l’Organisation mondiale de la santé et la France devrait s’opposer à son homologation. Le débat fait rage.


Source : Lacroix.com, 03/10/2017.
Article intégral en ligne : https://www.la-croix.com

mardi 24 octobre 2017

Pesticides : le Parlement européen vote en faveur de la disparition du glyphosate d’ici à 2022

La résolution, non contraignante, vise à mettre la pression sur la Commission européenne, qui veut renouveler pour quinze ans la licence de l’herbicide.


Le Parlement européen a voté, mardi 24 octobre, une résolution non contraignante demandant la disparition du glyphosate dans l’Union européenne (UE) d’ici à 2022.
Le glyphosate est un herbicide non sélectif qui entre notamment dans la composition du Roundup de Monsanto et est très critiqué par les défenseurs de l’environnement. Il a récemment été classé comme « cancérogène probable » pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l’Organisation mondiale de la santé.

Une licence en sursis

Les députés européens demandent également que l’utilisation du glyphosate à des fins non professionnelles soit interdite dès le 15 décembre 2017.
La résolution, votée à 355 voix pour et 204 contre (et 111 abstentions), est un simple avis et n’est pas contraignante. Elle vise à mettre la pression sur la Commission européenne. Celle-ci a proposé le renouvellement pour dix ans de la licence d’exploitation de l’herbicide dans l’UE. La licence actuelle expire le 15 décembre.
Les Etats membres doivent se prononcer mercredi sur cette proposition. La France a plusieurs fois fait savoir qu’elle voterait contre ce renouvellement pour dix ans.


Le Monde, 24/10/2017.