lundi 2 septembre 2019

Choix des matières, carte des spécialités, notation : mode d’emploi de la réforme du lycée

Les élèves de 1re choisissent désormais, en lieu et place des filières S, ES et L, un trio de matières qu’ils étudieront en spécialités, quatre heures par semaine pour chacune d’elles.


Avec la disparition des séries, toute l’organisation du lycée et du baccalauréat général est repensée. Les élèves de 1re choisissent désormais, en lieu et place des filières S, ES et L, un trio de matières qu’ils étudieront en spécialités, quatre heures par semaine pour chacune d’elles. L’une de ces spécialités est abandonnée en fin d’année de 1re. La liste de choix comprend virtuellement 12 matières – mais tous les établissements ne les proposent pas.
Les élèves sont entièrement libres de choisir les matières qu’ils souhaitent – même si certaines ont été déclarées incontournables pour l’orientation dans des filières du supérieur. En pratique, dès cette première année, les élèves se sont emparés du panel de choix. Alors que certains craignaient la reconstitution de la filière S – jugée plus prestigieuse – seuls 26 % des élèves de 1re ont choisi en spécialités la triplette « mathématiques, physique-chimie, SVT », alors qu’ils étaient plus de 50 % à choisir la filière S auparavant. Et près de la moitié (47,7 %) ont choisi des combinaisons que ne permettaient pas les anciennes filières, par exemple, pour 6,5 % d’entre eux histoire-géographie, langues vivantes, SES.
La disparition des séries transforme aussi l’offre de cours sur le territoire. Les lycées se sont répartis, au début de l’année 2019, une « carte des spécialités » établie selon plusieurs paramètres, en sachant que tous les lycées devaient obligatoirement proposer les sept spécialités dites de base (histoire-géographie, lettres-philosophie, mathématiques, sciences physiques, SVT, langues vivantes et SES), sauf cas exceptionnels.

Épreuves courtes

D’autres spécialités plus rares (arts, sciences de l’ingénieur, numérique et sciences informatiques, littérature-langues et culture de l’Antiquité) ont été réparties en fonction des moyens des établissements (enseignants déjà présents, locaux) et de l’offre existante dans le même bassin de vie. Ainsi, les lycées possédant une coloration scientifique forte ont bien souvent conservé les sciences de l’ingénieur et ouvert une spécialité informatique, discipline qui n’existait pas auparavant.
En outre, les spécialités peuvent être mutualisées sur plusieurs établissements. C’est souvent le cas pour celles qui concernent peu d’élèves, comme langues-littérature et culture de l’Antiquité, ou certaines disciplines artistiques.

La réforme transforme également le baccalauréat, et, plus généralement, la manière dont seront notés les lycéens au cours du dernier cycle de l’enseignement secondaire. Il n’y a plus que quatre épreuves terminales : deux épreuves de spécialité, un écrit de philosophie et un grand oral, dans cet ordre, entre mars et juin de l’année de terminale ; ainsi qu’un écrit et un oral de français, anticipés, comme c’est le cas aujourd’hui, au mois de juin de l’année de 1re.

Ces épreuves compteront pour 60 % de la note finale du baccalauréat. Le reste sera dévolu au contrôle continu, composé pour 10 % du bulletin de notes et pour 30 % des résultats aux épreuves communes de contrôle continu. Ces matières (histoire-géographie, sciences informatiques et langues vivantes) seront évaluées en janvier et juin de l’année de 1re, et au troisième trimestre de l’année de terminale. La spécialité que les élèves abandonnent en fin de 1re sera également évaluée à ce moment-là. Ces épreuves seront courtes – 2 heures maximum – pour en alléger l’organisation. Elles ne devront pas obligatoirement se tenir la même semaine.

lundi 19 août 2019

Instruction obligatoire, réforme du lycée : les nouveautés de la rentrée scolaire 2019

La rentrée scolaire 2019 est marquée par l’entrée en vigueur de la loi pour une école de la confiance et la mise en place d’une nouvelle organisation du lycée. Dans sa circulaire de rentrée, le ministre de l’éducation donne la priorité à l’école primaire.



Ce qui change dans l’enseignement du premier degré

L’âge de l’instruction obligatoire abaissé à 3 ans

L’une des mesures phares de la loi du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance(nouvelle fenêtre) est l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire de 6 à 3 ans dès la rentrée 2019. D’après l’étude d’impact du ministère de l’éducation nationale(nouvelle fenêtre) qui accompagnait le projet de loi, c’est à cet âge que l’enfant doit acquérir les compétences indispensables pour aborder l’apprentissage des fondamentaux à l’école : lire, écrire, compter et respecter autrui.
Si aujourd’hui 97,5% des enfants de 3 ans sont déjà scolarisés à l’école maternelle(nouvelle fenêtre), le taux de scolarisation varie selon les territoires. Les départements d’outre-mer, comme la Guyane et Mayotte, ont les taux de scolarisation les plus faibles. Plus largement, ce taux masque une assiduité irrégulière des élèves durant la journée, notamment pour les élèves les plus jeunes.
Au total, 25 000 enfants sont concernés par cette réforme qui doit permettre d’offrir à tous les élèves les mêmes chances de réussir leur parcours scolaire. Cette loi ne remet pas en cause la possibilité pour les familles d’opter pour une instruction à domicile, mais celle-ci fait l’objet d’un contrôle renforcé.
L’instruction obligatoire a pour corollaire l’obligation d’assiduité. À l’initiative du Sénat, un assouplissement du contrôle de l’assiduité est prévu pour les élèves de petite section de maternelle. Un décret du 2 août 2019(nouvelle fenêtre) en précise les modalités. Ces aménagements ne peuvent porter que sur les heures de classe prévues l’après-midi. Les responsables de l’enfant doivent adresser au directeur de l’école une demande d'aménagement, écrite et signée.
Par ailleurs, la formation sera obligatoire pour tout jeune jusqu’à ses 18 ans (apprentissage, stage de formation, service civique…) afin de prévenir le décrochage scolaire. Cette mesure visant les 56 000 jeunes mineurs qui ne sont ni en études, ni en formation, ni en emploi, n’entrera cependant en vigueur qu’à partir de la rentrée scolaire 2020.