samedi 11 octobre 2014

Malala, 17 ans, Nobel de la Paix et icône de la lutte contre l'obscurantisme

La jeune Pakistanaise, réfugiée en Grande-Bretagne après avoir frôlé la mort dans un attentat taliban, ne cesse de défendre le droit à l'éducation pour tous, filles et garçons.

A seulement 17 ans, la Pakistanaise Malala Yousafzaï a été couronnée vendredi 10 octobre du prix Nobel de la Paix. Cette militante pour le droit à l'éducation se voit propulsée symbole mondial de la lutte contre l'extrémisme après avoir survécu par miracle à une attaque des talibans.

Cible des talibans

Long voile traditionnel tombant sur ses cheveux bruns foncés, joues rondes et teint hâlé, regard franc et lumineux, voix flûtée, Malala a vu sa vie basculer il y a deux ans, le 9 octobre 2012, à Mingora, capitale de sa vallée natale de Swat, joyau naturel du nord-ouest pakistanais.

Ce jour-là, deux tueurs talibans font irruption à l'arrière du petit bus qui la ramène de l'école. Après avoir demandé laquelle des jeunes filles présentes était Malala, le premier lui tire une balle dans la tête à bout portant. Le projectile ricoche sur le coin gauche du crâne et ressort par la nuque. Dans le coma, entre la vie et la mort, l'adolescente est évacuée dans un hôpital de Birmingham, en Angleterre, où elle reprend conscience six jours plus tard.

"Où étais-je ? Qui m'avait amenée ? Où étaient mes parents ? Mon père était-il encore en vie ? J'étais terrifiée. La seule chose que je savais c'est qu'Allah m'avait bénie en m'accordant une nouvelle vie", raconte l'adolescente dans son autobiographie, "Moi, Malala" (Calmann-Levy, 2013), best seller publié dans plus de cinq langues. L'adolescente s'en sort. Un miracle.
La jeune Malala lors d'une conférence JUSTIN TALLIS/AFP
La jeune Malala lors d'une conférence JUSTIN TALLIS/AFP

Symbole de la lutte contre l'obscurantisme taliban

Son histoire a bouleversé une partie de l'opinion publique. Depuis cinq ans, la plus jeune femme jamais nobélisée a fait de l'école pour tous – filles et garçons – son combat. Dans son livre, comme elle l'avait fait dès 2009 sous pseudonyme sur le blog en ourdou de la BBC "Journal d'une écolière pakistanaise", Malala Yousafzaï témoigne de l'emprise de talibans dans sa vallée pakistanaise. Elle y évoque notamment les flagellations publiques, la destruction des écoles pour filles, l'interdiction de la télévision, de la danse et de la musique.

Jusqu'à la décision de sa famille de fuir en 2009, comme un million d'autres personnes, alors que des combats font rage entre talibans et troupes pakistanaises.

Réfugiée en Grande-Bretagne où elle a pu être soignée après l'attentat et retrouver une vie normale, Malala tente de retrouver une vie normale. Mais elle continue d'attribuer à son existence une mission particulière :
J'ai été épargnée pour une raison, celle d'utiliser ma vie pour aider les gens", écrit-elle dans son autobiographie.

Son plaidoyer à la tribune de l'ONU en faveur de l'accès à l'éducation pour les filles le 12 juillet 2013 marque une fois encore les esprits. Elle y déclare que "les extrémismes ont peur des livres et des stylos. Le pouvoir de l'éducation les effraie". Son discours est salué par une standing ovation de l'Assemblée.

Article publié par Le Nouvel Observateur avec L'AFP, le 10 octobre 2014.

Économie sociale et solidaire : L’éthique et la solidarité à l’assaut de la finance

Face à des marchés financiers sans scrupule, la finance solidaire s’impose peu à peu dans le paysage. Le secteur, en plein développement, s’attache à donner du sens à l’épargne, à soutenir l’économie réelle et à valoriser les projets solidaires.


Allez leur dire, à eux, que la finance peut être solidaire. Eux ? Ce sont ces accédants à la propriété qui ont perdu leur logement à cause d’un prêt pourri à taux variable. Ces salariés qui voient leurs emplois détruits après le passage d’un fonds spéculatif. Ou encore ces habitants de communes exsangues financièrement par la faute d’emprunts aussi flottants que moisis. Pour toutes ces personnes qui souffrent encore et toujours de la crise économique, marier les termes finance et solidaire suscite d’autant plus des haut-le-cœur que cette crise trouve son origine dans les errances d’établissements financiers shootés au « court-termisme » et à la prédation.




Par Stéphane Guérard, l'Humanité du 6 octobre 2014.

Lire la suite sur le site internet de l'Humanité : http://www.humanite.fr/lethique-et-la-solidarite-lassaut-de-la-finance-553862

Supplément spécial Economie sociale et solidaire : http://www.humanite.fr/sites/default/files/files/documents/rdvess_7oct2014.pdf

« La peine de mort, une torture pour la santé mentale du condamné et des autres »



Le 10 octobre 2014, journée mondiale contre la peine de mort, et encore 58 pays qui appliquent ce châtiment mortel. Pour cette 12e édition, la Coalition Mondiale contre la peine de mort attire l’attention de l’opinion sur l’absence d’expertise et de suivi psychiatrique des détenus souffrants de troubles mentaux. Un mépris, synonyme de torture pour les condamnés à mort.

Affiche Coalition contre la peine de mort
Affiche Coalition contre la peine de mort

« Protégez ceux qui souffrent de troubles mentaux: Ne les exécutez pas », lance la Coalition Mondiale contre la peine de mort, ce vendredi 10 octobre, à l’opinion publique internationale et aux 58 Etats appliquant encore la peine de mort. Cette année, la Coalition, composée de 160 organisations de défense des droits humains et opposée publiquement à l'utilisation de « cette peine inhumaine, cruelle et dégradante », dénonce le mépris des autorités face à la défaillance de la santé mentale de certains condamnés. Si la santé mentale se veut être « le fondement du bien-être d’un individu et du bon fonctionnement d’une communauté », d’après l’Organisation Mondiale de la Santé - qui fait du 10 octobre sa journée mondiale sur la santé mentale-  elle peut, à contrario, tombée dans la maladie ou les troubles mentaux qui se caractérisent alors par une déficience cognitive, émotionnelle ou sociale, et qui découlent de facteurs psychosociaux ou biologiques. 

Florence Bellivier
Article publié par l'Humanité, le 09 octobre 2014.



lundi 6 octobre 2014

13h15 : "Deux hommes et un couffin"

France 2 a diffusé dans le cadre du journal de13h00, un documentaire racontant l’histoire extraordinaire et très polémique d'un couple gay qui a eu recours à une pratique interdite en France : la gestation pour autrui (GPA), la "mère porteuse".

Christophe et Bruno sont en couple depuis de nombreuses années. Ils rêvaient d’élever un enfant. Mais en France, il est interdit de recourir à la GPA.  Alors ils ont décidé de le concevoir aux Etats-Unis, coûte que coûte, au mépris de la loi française.
Ils nous ont autorisés à les suivre dans toutes leurs démarches : choix de la mère porteuse, de la donneuse d’ovocyte, rencontres avec les familles, naissance des enfants, retour sur le sol français… Un an d'allers et retours entre Paris et Portland (Oregon), une démarche clandestine, un parcours périlleux…

Le débat en cours sur le mariage homosexuel et la PMA montre que la société française se passionne pour ces questions qui mêlent définition de la famille, références religieuses et idéologie politique.

Un document de Florence Helleux et Smaïn Belhadj

dimanche 5 octobre 2014

Aux origines de la pandémie du sida

Ce ne sont plus des soupçons, mais une démonstration, preuve à l’appui. A l’heure où certains persistent à se livrer une révision de l’histoire du sida en lui attribuant une autre cause que le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), une équipe internationale a reconstitué scientifiquement dans le temps et dans l’espace le début de l’épidémie de sida. Elle montre sa lente propagation à partir de l’actuelle République démocratique du Congo et de sa capitale, Kinshasa, à partir des années 1920, principalement par le biais du chemin de fer. Le travail de Nuno Faria et de ses collègues est publié vendredi 3 octobre dans la revue Science 

 

La première publication sur des cas de sida remonte à 1981, et l’identification du VIH de type 1 (VIH-1, le plus répandu dans le monde) à 1983. Le point de départ a été localisé en Afrique centrale, plus précisément dans l’ancien Congo belge, devenu Zaïre, aujourd'hui République démocratique du Congo. Il ne faisait pas de doute que le VIH était une forme ayant évolué à partir d’un virus du singe, passé à l’homme, et sorti de la forêt. Cependant, des pans entiers du démarrage de l’épidémie restaient dans l’ombre.

PLUSIEURS CENTAINES D'ÉCHANTILLONS DE VIH

 
Pour l’éclairer, l’équipe composée de chercheurs européens et nord-américains a analysé les séquences génétiques de plusieurs centaines d’échantillons de VIH-1 prélevés dans l’ex-Congo belge, ainsi que dans des pays voisins, au cours du XXe siècle, et conservés au Laboratoire national de Los Alamos (Nouveau-Mexique). Cela leur a permis de remonter le temps en suivant l’apparition des mutations du virus en même temps que sa localisation. Ils ont confronté ces résultats à l’histoire des activités humaines dans ces régions pour essayer de comprendre les circonstances ayant permis à l’épidémie de se propager.


Infographie Le Monde

« Nous avons rassemblé les pièces du puzzle pour établir où et quand le virus était passé de son réservoir animal pour passer à l’homme, résume Martine Peeters, virologue à l’unité multidisciplinaire UMI 233 de l’Institut de recherche pour le développement (Montpellier) et cosignataire de l’article. Ce passage du singe à l’homme s’était sans doute produit à plusieurs reprises sans qu’une épidémie se déclenche, le virus restant cantonné à la forêt, mais le virus s’est trouvé au bon endroit au bon moment, et l’épidémie a démarré. »
En l’occurrence, la souche à l’origine de la pandémie avait pour hôtes des chimpanzés vivant dans le sud-est du Cameroun. Aux alentours de 1920, un homme contaminé (par consommation de viande de brousse ou par une blessure alors qu’il chassait) a voyagé jusqu’à Kinshasa, qui allait être le berceau de l’épidémie. L’examen des archives coloniales a montré le développement intensif à cette époque des échanges commerciaux par voie fluviale entre ces deux régions, notamment pour le commerce de l’ivoire et du caoutchouc.
Lire la suite sur le site lemonde.fr


Par Paul Benkimoun.
Article publié par le journal Le Monde du 3 octobre 2014. 



vendredi 3 octobre 2014

Ebola : l’épidémie de tous les maux

Ebola profite, depuis janvier, d’un système de santé africain en panne et d’une communauté internationale, jusqu’à maintenant trop préoccupée par d’autres enjeux, pour faire des ravages. Alors que la barre des 3000 cas vient d’être franchie en Afrique de l’Ouest, les ONG et l’OMS lancent un ultime appel au monde, « celui de la solidarité ».


La semaine dernière, Axelle Van Door Nick de Médecins Sans frontières a assisté à l’accouchement d’une femme contaminée par Ebola. Au centre du petit village de Kailahun, en Sierra Leone, l’arrivée de ce bébé en bonne santé a « été un message d’espoir envers toute la communauté, qui côtoie la mort depuis six mois », raconte la coordinatrice de projet MSF sur Kailahun. Malgré un accouchement réalisé dans des conditions extrêmes au cœur du centre de santé où les patients s’entassent, la maman, aujourd’hui guérie, et l’enfant vont bien. « Une belle image », sourit Axelle, le temps d’un instant car ces moments là, restent rares, voir inespérés, depuis l’arrivée de l’épidémie en Afrique de l’Ouest en janvier dernier. Des tristes moment comme celui-ci sont plus courants: « un petit garçon est arrivé dans mes bras, sans repères. Ebola a tué sa famille. Un orphelin de plus, de trop… », se remémore douloureusement la Belge. Plus loin, devant l’unique centre de santé de Kailahun, Axelle raconte qu’un homme, présentant des symptômes Ebola, patiente depuis quatre heures déjà dans l’ambulance. « Il attend qu’une place se libère ». Une place qui sera libérée, parmi la soixantaine de lits des cas confirmés, « souvent à cause d’un nouveau décès, rarement à la suite d’une guérison », laisse comprendre la coordinatrice de Médecins Sans frontières.
À Freetown, Eric de Monval, directeur des opérations d’Action Contre la Faim, déplore « le manque de structure de traitement ». « Les équipes médicales locales sont débordées et dépassées car elles ne sont parfois, ni formées ni équipées pour faire face au virus ». Entre le 23 mars et le 27 septembre, l’Organisation Mondiale de la Santé a relevé, dans les trois pays les plus touchés - Sierra Leone, Libéria et Guinée - 6574 cas et 3093 décès. À ce jour, 337 agents de santé ont été infectés et au moins 181 sont décédés. Mais « ces chiffres bouleversants sont bien en deçà de la réalité et devrait être multipliés par deux car de nombreux corps défunts sont préservés par les familles. D'autres sont découverts trois mois après...», explique Axelle.


Photo: Kia Sambou/AFP
 Photo: Kia Sambou/AFP

Par Sarah Sudre.
Article publié dans le journal L'Humanité du 29 septembre 2014.

jeudi 2 octobre 2014

Pourquoi et comment l'Ebola s'est répandu aussi vite

L'Afrique de l'Ouest est touchée depuis dix mois par la plus grave épidémie d'Ebola depuis la première observation du virus, en 1976. Qu'est-ce qu'Ebola et pourquoi le virus s'est-il répandu avec une telle vitesse ? Réponse en vidéo.

 

   
Source : infographie publiée par le journal Le Monde du 15.08.2014

Les premiers essais de vaccin sur des malades d'Ebola auront lieu en 2015



Aller le plus vite possible sans compromettre la sécurité et les exigences éthiques. C’est en quelque sorte la philosophie commune qu’ont exprimée plus de 70 experts ayant participé, les 29 et 30 septembre, à la consultation sur l’évaluation et l’autorisation éventuelle de vaccins contre le virus Ebola organisée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Jamais, une épidémie de fièvre Ebola n'avait atteint une telle ampleur et une telle dynamique exponentielle.

 

La tendance à l'extension persiste, en particulier au Liberia et à moindre degré en Sierra Leone. Dans son bilan publié mercredi 1er octobre, l’OMS fait ainsi état de 7157 cas (3696 au Liberia, 2304 en Sierra Leone et 1157 en Guinée), dont 3300 ont été mortels. Cinq jours auparavant, le bilan était de 6553 cas, dont 3083 mortels.

Paul Benkimoun
Article publié par le journal Le Monde du 02.10.2014

Ebola : 6 questions sur le premier cas découvert aux Etats-Unis

Ebola : une personne placée à l'isolement à Hawaï


Le virus Ebola a fait 3 338 morts en Afrique de l'Ouest sur 7 178 cas enregistrés dans cinq pays (Sierra Leone, Guinée, Liberia, Nigeria, Sénégal), a indiqué l'Organisation mondiale de la santé mercredi 1er octobre. Ce dernier bilan, arrêté au 28 septembre, est publié alors que le premier cas d’infection par le virus Ebola diagnostiqué hors d’Afrique a été détecté aux Etats-Unis. Contrairement aux quatre soignants successivement rapatriés du Liberia, il s’agit cette fois d’une personne qui était arrivée à Dallas (Texas) le 20 septembre en provenance de ce pays, sans présenter le moindre symptôme de la maladie.

Ce n’est que quatre jours plus tard que les premiers signes ont commencé à apparaître. Le patient, de nationalité libérienne, a été hospitalisé et placé en isolement le 28 septembre au Texas Health Presbyterian Hospital de Dallas. Un cas importé de fièvre Ebola qui soulève des questions.

Par Paul Benkimoun
Article publié par le journal Le Monde du 01.10.2014

Ebola aux Etats-Unis : le patient aurait pu être diagnostiqué plus tôt

Le premier malade d'Ebola diagnostiqué hors d'Afrique est de nationalité libérienne, ont annoncé les services de santé américains, mercredi 1er octobre, au lendemain de l'annonce de son hospitalisation à Dallas, au Texas.


L'homme, dont on ignorait jusque là l'identité, avait séjourné dans son pays d'origine avant d'atterrir sur le sol américain, le 20 septembre, sans présenter de symptômes de la maladie. « Ce n'est pas une erreur dans le processus de dépistage à l'aéroport » , a assuré, mercredi, le Dr Tom Kenyon, expert des Centres fédéraux américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) lors d'une conférence de presse à l'ambassade des Etats-Unis à Monrovia (Liberia).

Lors de la période d'incubation, qui peut durer jusqu'à 21 jours, le patient, sans symptômes, n'est, en effet, pas contagieux.



Article publié par le journal Le Monde du 02.10.2014