jeudi 23 février 2017

Les métiers de l’économie sociale et solidaire recrutent dans de nombreux secteurs



Dans l’édition 2017 de son guide « Ces secteurs qui recrutent », le Centre d’information et de documentation jeunesse (CIDJ) fait la part belle aux métiers de l’ESS. 

700 000 départs à la retraite d’ici à 2025, dont 112 000 dès 2017 : les métiers de l’économie sociale et solidaire (ESS) vont avoir besoin de jeunes dans les prochaines années. C’est le message que souhaite faire passer le Centre de documentation et d’information jeunesse (CIDJ) à l’occasion de la parution de son guide 2017 « Ces secteurs qui recrutent ». Dans les secteurs du social, de la santé ou encore dans les assurances ou banques coopératives, certes « tous les départs à la retraite ne seront pas remplacés, note Michel Tardit, chargé de veille documentaire au CIDJ et coordinateur du guide, mais c’est bien dans l’ESS que les plus grandes perspectives de recrutement se trouvent ». Tour d’horizon.

Le secteur social

« A l’heure où les jeunes veulent de plus en plus un métier qui a du sens, il nous est paru intéressant de nous pencher sur l’ESS et les métiers avec une forte utilité sociale », explique Michel Tardit. Pour cela, le CIDJ s’est appuyé sur les données de l’étude « Départs à la retraite et opportunités d’emploi dans l’ESS », publié à la fin de 2016 par l’Observatoire national de l’ESS, qu’il a recoupé avec celles de l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) ou encore de Pôle emploi. « L’ESS représente 2,3 millions de salariés dans plus de 200 000 établissements, cela représente 10 % de l’emploi en France », rappelle-t-il.
Le premier secteur d’emploi de l’économie sociale et solidaire est sans commune mesure le social. Et celui qui annonce le plus grand nombre de départs à la retraite. Selon l’Observatoire national de l’ESS, comptez 287 000 postes libérés d’ici à 2025, et 40 000 dès 2017. Les trois quarts des travailleurs sociaux relèvent du secteur associatif.
  • Aides à domicile

Comme l’avait pointé dès 2015 le rapport de France Stratégie sur « Les métiers en 2022 », les aides à domicile mais aussi les aides ménagers (es) et travailleurs (euses) familiales sont les métiers les plus impactés par les départs à la retraite, avec 40 % des effectifs arrivant à l’âge de cesser de travailler. Et ce sont quelque 160 000 emplois, peu qualifiés, qui pourraient être créés d’ici à 2022, « loin devant les ingénieurs informatiques » et leurs 90 000 créations nettes d’emplois, illustre Michel Tardit. Un bémol toutefois, qui explique les difficultés du secteur à recruter : une grande majorité de ces emplois sont des emplois à temps partiel, la « norme » dans le secteur, en tout cas jusqu’à aujourd’hui.
  • Cadres de l’intervention socio-éducative

Le secteur social ne demande pas que des métiers peu qualifiés. Psychologues, conseillers en insertion, éducateurs spécialisés, etc. : on dénombre quelque 26 000 cadres de l’intervention socio-éducative aujourd’hui « dont 45 % qui ont plus de 50 ans ». Selon les prévisions 2016 de l’APEC, jusqu’à 12 000 emplois de cadres par an sont susceptibles d’être créés. « La particularité de ce secteur est qu’il nécessite bien souvent un diplôme d’Etat ou un certificat d’aptitude », rappelle Michel Tardit.

vendredi 15 janvier 2016

Phenix : du réemploi à l’emploi

Avec l’arrivée du numérique et des nouvelles technologies, les entrepreneurs inventent de nouveaux modèles économiques qui modifient en profondeur nos modes de production, le marché de l’emploi et notre façon de travailler. Dans cette rubrique, Nicolas Hazard analyse les grandes tendances de ces entreprises qui changent l’économie et fait chaque mois le portrait d’une start-up qui illustre la manière dont notre société se transforme.



Un bénévole du Secours Catholique (G) distribue des colis de nourriture de la Banque Alimentaire, le 4 décembre 2009 à Saint-Eloy-les-Mines.
Un bénévole du Secours Catholique (G) distribue des 
colis de nourriture de la Banque Alimentaire, le 4 décembre 2009 
à Saint-Eloy-les-Mines. THIERRY ZOCCOLAN / AFP
 
Comment transformer un énorme gâchis en activité créatrice d’emplois ? En France, le gaspillage alimentaire atteint 7,1 milliards de tonnes par an. Dans les commerces et la distribution, les progrès constants de la logistique n’ont pas permis à ce jour d’éviter le fléau que constitue les invendus. Ces produits mort-nés, qui n’ont pas trouvé preneur parce que trop proches de leur date de péremption, ou parce que mal emballés, abîmés, passés de mode, ou encore en fin de série et qui, malgré leur qualités intactes, finissent leur vie à la poubelle. Qui n’a pas croisé un jour le spectacle affligeant de ces gigantesques containers dans lequel son supermarché préféré jette en quantité des produits alimentaires parfaitement consommables, des jouets qui feraient le bonheur des enfants, des produits d’hygiènes utilisables par leurs parents ?
Une autre façon de travailler : Koom : le site communautaire qui repense l’engagement citoyen
Un gâchis épouvantable qui a révolté Jean Moreau et Baptiste Corval, cofondateurs de la start-up Phenix, une entreprise de la nouvelle économie qui accompagne les entreprises qui rencontrent des problèmes d’invendus en les connectant via une plateforme Web avec des associations qui savent les utiliser à bon escient.
Le principe est simple : Phenix s’approvisionne majoritairement auprès de la grande distribution (hypermarchés, supermarchés…), des industriels (la SNCF) et des organisateurs d’événements comme les festivals. Leurs invendus sont ensuite redistribués aux entreprises et associations de l’économie sociale et solidaire qui en font bénéficier les plus démunis.

2 000 tonnes d’invendus « monétisées »

 

Le potentiel des invendus est vaste. Le travail de Phenix a permis aux acteurs de l’économie sociale et solidaire de distribuer 2,5 millions de repas à partir de produits alimentaires destinés à la poubelle, ou à ceux de l’économie circulaire de les recycler de manière intelligente : transformation des déchets organiques en compost, réutilisation des matériaux.
Un intermédiaire donc, dont le modèle économique repose sur le fait qu’il récupère une partie de la défiscalisation liée au don perçue par le distributeur – qui évite par ailleurs les coûts d’élimination des déchets (de 120 à 150 euros la tonne). Depuis 2014, l’entreprise a rendu utilisables, « monétiser » pourrait-on dire, 2 000 tonnes d’invendus.
Phenix est une preuve éclatante du potentiel de création d’emploi de l’économie circulaire : nos deux compères comptent aujourd’hui plus d’une vingtaine de collaborateurs et projettent de créer une cinquantaine d’emplois d’ici à 2020.
Rien d’étonnant lorsque l’on sait que l’institut de l’économie circulaire estime le potentiel de création d’emploi en France entre 335 000 et 657 000 d’ici à 2030, en fonction de notre degré d’engagement collectif dans la transition énergétique.
Recyclage, réemploi, réutilisation, mais aussi approvisionnement en énergies renouvelables et écologie industrielle constituent des secteurs d’activités à forts potentiels de croissance et d’embauche pour les années à venir. Des emplois en nombre, par nature non délocalisables car basés sur une économie de la proximité, et s’adressant à un large éventail de niveaux de qualification.

Nicolas Hazard (Président du comptoir de l'innovation), LE MONDE, 15.01.2016.

samedi 11 octobre 2014

Économie sociale et solidaire : L’éthique et la solidarité à l’assaut de la finance

Face à des marchés financiers sans scrupule, la finance solidaire s’impose peu à peu dans le paysage. Le secteur, en plein développement, s’attache à donner du sens à l’épargne, à soutenir l’économie réelle et à valoriser les projets solidaires.


Allez leur dire, à eux, que la finance peut être solidaire. Eux ? Ce sont ces accédants à la propriété qui ont perdu leur logement à cause d’un prêt pourri à taux variable. Ces salariés qui voient leurs emplois détruits après le passage d’un fonds spéculatif. Ou encore ces habitants de communes exsangues financièrement par la faute d’emprunts aussi flottants que moisis. Pour toutes ces personnes qui souffrent encore et toujours de la crise économique, marier les termes finance et solidaire suscite d’autant plus des haut-le-cœur que cette crise trouve son origine dans les errances d’établissements financiers shootés au « court-termisme » et à la prédation.




Par Stéphane Guérard, l'Humanité du 6 octobre 2014.

Lire la suite sur le site internet de l'Humanité : http://www.humanite.fr/lethique-et-la-solidarite-lassaut-de-la-finance-553862

Supplément spécial Economie sociale et solidaire : http://www.humanite.fr/sites/default/files/files/documents/rdvess_7oct2014.pdf