Alors qu’il avait beaucoup régressé, le phénomène de suroccupation des
résidences principales est en pleine recrudescence, selon le rapport
annuel de la Fondation Abbé-Pierre publié mardi 30 janvier.
Depuis sept ans, Saada et sa fille de 14 ans vivent dans une chambre de bonne de 14 m2 à Paris, pour un loyer de 700 €. Pour faire ses devoirs, l’adolescente a un petit bureau. C’est leur seul confort. La mère et la fille dorment ensemble dans un canapé déplié entre le coin cuisine, son frigo et son micro-ondes, et la douche, qui sert parfois d’espace de rangement.
Depuis les réparations effectuées par le syndic pour remédier à une grave fuite d’eau, les toilettes ont été placées dans la cour. « Mais c’est chez moi, et c’est mieux qu’un château chez les autres », explique Saada, qui, jusqu’à cette petite chambre, a longtemps été hébergée ici ou là. La situation durera-t-elle ? La famille, qui doit 16 000 € d’impayés, est en contentieux avec son propriétaire qui, lui, ne paie pas ses charges, explique Saada.
4 millions de mal-logés
Saada et sa fille, qui cumulent les difficultés, font partie des 4 millions de mal-logés recensés par la Fondation Abbé-Pierre, qui publie mardi 30 janvier son rapport annuel. Elles appartiennent aussi aux 2,664 millions de ménages (hors étudiants) identifiés en 2013 par l’Insee comme vivant dans un logement surpeuplé, soit 8,5 % des ménages français. Ce qui correspond à 8,59 millions de personnes.
Selon l’Insee, la norme d’occupation comprend, hors cuisine et sanitaires, une pièce de séjour, plus une pièce pour chaque couple, plus une pièce pour deux enfants de moins de sept ans (et une pièce de plus si les deux enfants sont plus grands ou s’ils sont de sexe différent).