Selon une nouvelle étude, 82 000 postes ont été détruits en France en dix ans à cause des plates-formes de vente en ligne.
Combien l’e-commerce crée-t-il
d’emplois ? N’en détruit-il pas aussi en parallèle ? La somme est-elle
positive ? Ces questions sont sensibles et encore ravivées par le
reconfinement, qui a fermé des commerces physiques mais laissé ouverts
les sites de vente en ligne comme Amazon. Ce vendredi 4 décembre, à
l’occasion du « Black Friday », une étude conclut à un effet plutôt négatif en France :
entre 2009 et 2018, l’e-commerce aurait détruit 82 000 emplois, avec
114 000 suppressions nettes dans le commerce de détail non alimentaire
et 32 000 créations dans le commerce de gros. D’ici à 2028, 46 000 à
87 000 autres emplois pourraient être détruits, en fonction de la
progression de la vente en ligne.
Cette
analyse a été menée par Ano Kuhanathan, économiste passé par le cabinet
de consultants EY et l’assureur Axa, et Florence Mouradian, consultante
et ex-économiste de l’OCDE. Menée sur sept pays, l’étude a été financée
par la députée européenne de La France insoumise Leïla Chaibi, sur une
idée des Amis de la Terre, une ONG écologiste engagée, comme l’élue,
dans une campagne contre l’expansion d’Amazon.
Le Parlement revient sur son vote de 2016
interdisant l’usage de cet insecticide tueur d’abeilles, afin de
« sauver » les producteurs de betterave sucrière, mise en grande
difficulté par l’arrivée de la jaunisse.
Le retour temporaire des néonicotinoïdes, insecticides tueurs d’abeilles, pour « sauver »
la filière betterave est désormais acté. Après l’Assemblée nationale,
le Sénat a voté, mercredi 4 novembre, le projet de loi par 183 voix
contre 130, ce vote valant adoption définitive.
Le projet de loi autorise, à titre dérogatoire, les producteurs de betteraves à sucre à utiliser jusqu’au 1er juillet 2023 des semences traitées avec des pesticides de la famille des néonicotinoïdes, interdits depuis 2018.« Chargée du suivi et du contrôle de la recherche et de la mise en œuvre d’alternatives »
aux néonicotinoïdes, un conseil de surveillance, notamment composée de
huit parlementaires ainsi que de représentants de la filière et
d’associations de protection de l’environnement, accordera les
dérogations. La loi prévoit également que, sur les parcelles où ont été
utilisés des néonicotinoïdes, il sera interdit d’implanter des cultures
attirant les abeilles afin de ne pas les exposer.
Dans un communiqué, le président de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB), Franck Sander, a salué « un vote crucial ». Il a réclamé, par ailleurs, que l’adoption de ce texte s’accompagne d’un « mécanisme
d’indemnisation financière à destination des betteraviers à la hauteur
des lourdes pertes engendrées par la jaunisse ».
D’après le « Portrait social » dressé par l’Insee, les écarts de niveau de vie ont renoué, en 2016, avec leurs niveaux de 1990.
Seulement,
ce sont aussi ces ménages qui ont subi de plein fouet l’augmentation
des prix du tabac et de la taxe intérieure de consommation sur les
produits énergétiques. Hausse qui, conjuguée à l’envolée du baril de
pétrole l’an passé, a été le déclencheur du mouvement des « gilets
jaunes ».
La crise sociale
qui a suivi, nourrie par les craintes de déclassement de pans entiers de
la population, a eu le mérite de reposer la question de la répartition
des richesses en France. Le pays a beau rester l’un des plus égalitaires
au monde, les écarts de niveaux de vie se creusent à nouveau depuis les
années 2000. D’après l’Insee, les inégalités ont même renoué en 2016
avec leurs niveaux de 1990. Et le phénomène a continué en 2018.
Amélioration sensible du sort des retraités
L’angoisse
que cette tendance peut susciter est d’autant plus aiguë chez les
classes moyennes et modestes qu’il n’en a pas toujours été ainsi : entre
1975 et 2005, les inégalités ont baissé presque en continu, la
croissance compensant en partie la progression du chômage et des emplois
à temps partiel. Le niveau de vie médian avant redistribution,
c’est-à-dire avant les prélèvements et prestations, a progressé de 69 %
sur la période.
Les 10 % les
plus pauvres ont vu leurs revenus croître de 4 060 euros à l’année
en 1975 (en euros constants) à 6 660 euros en 2016. Dans le même temps,
celui des 10 % les plus aisés a bondi de 27 540 à 40 530 euros. On a
également observé une amélioration sensible du sort des retraités, dont
le niveau de vie médian a dépassé en 2012 celui des actifs.
Selon l’Insee, « tous les indicateurs enregistrent, entre 2002 et 2008, leur plus faible niveau d’inégalités ».
La vraie rupture intervient finalement avec la crise. A ce moment-là,
les revenus les plus faibles dégringolent, tandis que ceux des ménages
les plus aisés augmentent ou se stabilisent. S’ensuit « une période de stagnation des niveaux de vie inédite au cours de quarante dernières années ».
Si les disparités n’ont pas explosé, c’est que les transferts socio-fiscaux ont joué un rôle d’amortisseur « particulièrement important ». « Depuis 2008, l’effet redistributif accru du système socio-fiscal a largement compensé la hausse des inégalités. » En 2016, les 10 % des Français les moins aisés touchaient 46 % des prestations sociales.
On
ignore pour le moment les effets qu’ont eus sur le niveau de vie les
mesures prises en décembre 2018 pour répondre à la colère des « gilets
jaunes ». D’après les estimations, le pouvoir d’achat devrait progresser
de 2,3 % cette année. Le gouvernement a également annoncé 5 milliards
de baisse d’impôt pour 2020. Des mesures censées privilégier, cette
fois, les classes moyennes et modestes.
Tabagisme, alcool, malbouffe et pollution
atmosphérique sont autant de leviers sur lesquels nous pourrions jouer
pour enrayer le ralentissement de la progression de l'espérance de vie.
Car selon un rapport de l'OCDE paru ce jeudi, si la France est
aujourd'hui en dixième place des pays on l'on vit le plus longtemps, les
perspectives ne sont guerre optimistes.
82,6 ans. Telle est la moyenne de l’espérance de vie en France, selon le Panorama de la Santé publié
ce jeudi 7 novembre par l'Organisation de coopération et de
développement économiques (OCDE). Si nous arrivons en dixième place des
pays où l’on vit le plus longtemps, la progression de l’espérance de vie
ralentit depuis 2011. Les Etats-Unis, l’Angleterre et l’Allemagne sont
également victimes de ce phénomène. Pourquoi Docteur fait le point sur
les quatre leviers sur lequel nous pourrions agir pour inverser la
tendance.
Le tabagisme
D’après l’OMS, 7 millions de personnes décèdent chaque année après
avoir trop fumé. Si le pourcentage de fumeurs quotidiens est passé de 23
% en 2007 à 18 % en 2017, c’est encore trop. En France, selon les
chiffres du rapport, un adulte sur quatre fume tous les jours (les
hommes davantage que les femmes, 28% contre 23%). C'est le quatrième
taux le plus élevé des pays de l’OCDE (sept points au-dessus de la
moyenne). Cette consommation élevée de tabac entraîne 21 000 décès du cancer du poumon par
an et des dizaines de milliers d’autres liés aux maladies
cardiovasculaires et respiratoires. Cependant, les données de l’OCDE
datent de 2017 et n’ont pas encore pris compte de l'influence des
mesures prises par le ministère de la Santé, telles que la hausse du
prix du paquet de cigarettes. Rappelons que d’après le Baromètre santé
publique France paru en mai, la France aurait gagné 1,6 million de fumeurs en moins en à peine deux ans.
14,7% de la population avait un niveau de vie inférieur au seuil de
pauvreté en 2018, selon l’Insee. Soit une augmentation de 0,6 point par
rapport à 2017.
C’est une mauvaise
nouvelle, alors que ce jeudi est la journée internationale pour
l’élimination de la pauvreté. Selon les estimations de l’Insee, 14,7% de
la population en France (+ 0,6 point sur un an) aurait un niveau de vie
inférieur au seuil de pauvreté en 2018. Ils sont désormais 9,3 millions à déclarer un revenu disponible inférieur à 60% du niveau médian.
L’Insee
l’explique par plusieurs facteurs: d’abord, par la hausse de ce revenu
médian, «en lien avec des salaires relativement dynamiques et
l’augmentation des revenus financiers». Les mesures sur les
prélèvements, comme la baisse de la taxe d’habitation,
la bascule CSG/cotisations et l’extension du crédit d’impôt pour
l’emploi de salariés à domicile aux retraités «bénéficieraient davantage
aux ménages au-dessus du seuil de pauvreté». Et «contribueraient donc à
la hausse du seuil et du taux de pauvreté», poursuit l’Insee - alors
que les mesures sur les minima sociaux (revalorisation de l’allocation
de solidarité aux personnes âgées et de l’allocation aux adultes
handicapés) jouent au contraire pour une baisse du taux de pauvreté.
«Mais
c’est la baisse des allocations logement dans le parc HLM qui aurait le
plus fort effet», note l’Institut. Elle contribue à la hausse du taux
de pauvreté pour 0,4 point. «Sans prendre en compte la baisse des
allocations logement, la hausse du taux de pauvreté au seuil de 60 %
serait plus modérée (+ 0,2 point en 2018) et 9,1 millions de personnes
seraient en situation de pauvreté monétaire», souligne l’Insee. À noter
que la réduction des loyers dans le parc social visant à compenser la
baisse des allocations n’a en effet pas été prise en compte car elle
n’entre pas, par définition, dans la mesure des niveaux de vie.
Parallèlement,
les inégalités ont augmenté l’an dernier. La masse des niveaux de vie
détenue par les 20% de personnes les plus aisées est désormais 4,4 fois
plus importante que celle détenue par les 20 % les plus modestes - alors
que ce chiffre était de 4,3 depuis 2013. La hausse des inégalités est
liée à deux phénomènes: la hausse des inégalités avant redistribution
(expliquée notamment par la très forte hausse de certains revenus des
capitaux mobiliers, notamment des dividendes perçus par les ménages,
souvent les plus favorisés financièrement) et celle liée aux mesures
socio-fiscales.
Plus de 2 millions de ménages attendent un HLM. Malgré le dynamisme de la construction, seul un demandeur sur cinq voit aboutir son dossier chaque année.
Les listes des demandeurs d’un logement social ne cessent de s’allonger. En 2018, la barre des 2 millions de candidats a été franchie, avec 2,1 millions de ménages inscrits, soit 12 % de plus par rapport à 2015. Or, moins de 500 000 HLM sont attribués chaque année. Résultat, le taux de succès, c’est-à-dire la chance d’obtenir un logement, a fortement chuté, à 22 %. Un candidat locataire sur cinq seulement peut donc espérer voir aboutir son dossier. A Paris, c’est moins d’un sur dix. (...) Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr Source : Le Monde, 24 septembre 2019
11 millions de Français apportent au
quotidien leur soutien à un proche dépendant ou malade. Un plan de
mobilisation nationale devrait bientôt mieux prendre leurs difficultés
en compte.
En France, 11 millions de
personnes accompagnent un proche malade, en situation de handicap ou de
dépendance, selon la dernière étude en la matière, celle de la fondation
April/BVA réalisée en 2018. La Journée nationale des aidants, le 6
octobre, est l’occasion de faire le point sur ces individus qui assument
plusieurs tâches au quotidien en apportant soin et soutien à un parent,
conjoint, enfant ou voisin, en plus d’assumer leur travail, de vivre
leur retraite, et même parfois de suivre leurs études.
Ce chiffre colossal, en comparaison de la population française, cache de fortes disparités. « Il est impossible de dresser un portrait-robot de l’aidant, car il y a quasiment autant de profils que de personnes aidées », note
Annie de Vivie, fondatrice du site spécialisé dans l’information aux
seniors et aidants Agevillage.com. Parmi les aidants, 52 % occupent un
emploi et 58 % sont des femmes. Autre enseignement : 57 % d’entre eux
accompagnent au quotidien un proche dépendant en raison de la
vieillesse. Des chiffres qui risquent d’augmenter dans les vingt
prochaines années, puisque selon le rapport de Dominique Libault sur la
Concertation grand âge et autonomie, publié en mars dernier, le nombre
de personnes âgées en perte d’autonomie, percevant l’allocation
personnalisée d’autonomie (APA), devrait passer de 1 265 000 en 2015, à
1 582 000 en 2030 puis à 2 235 000 en 2050.
Malgré
tout, le rôle d’aidant ne doit pas être cantonné à l’image d’une épouse
dévouée au côté son mari très âgé, ou d’une fille aînée à la retraite
prenant en charge ses parents à leur entrée dans le quatrième âge. « Un
aidant assiste, à titre non professionnel, une personne de son
entourage qui est en perte d’autonomie et avec laquelle il a un lien
affectif », explique Laure Vezin, psychologue spécialisée dans
l’accompagnement des proches aidants à Paris. Fait méconnu : beaucoup de
moins de 25 ans répondent à cette définition.
500
000 jeunes Français, même encore écoliers, apporteraient de l’aide à un
proche malade ou handicapé au quotidien. Image Source / Photononstop
Selon l’association nationale Jeunes aidants ensemble (JADE), ils seraient près de 500 000 à gérer le quotidien d’un proche. « Ils
sont écoliers, collégiens, lycéens ou étudiants et apportent un soutien
moral à leur proche malade. Ils gèrent les aspects de la vie
quotidienne comme les courses ou l’aide aux devoirs de leur fratrie plus
jeune. Ils s’occupent aussi des aspects médicaux et apportent parfois
même des soins », précise Françoise Ellien, sa présidente.
Des congés pour les salariés
Cette
réalité de terrain, la disparité des profils d’aidants, mais aussi leur
rôle pivot lorsqu’une perte d’autonomie intervient, sont désormais
mieux pris en compte par les pouvoirs publics. La loi d’adaptation de la
société au vieillissement, entrée en vigueur en 2016, a notamment créé
le statut de « proche aidant » afin de prendre en compte ceux qui
entretiennent des liens étroits avec une personne âgée ou malade, sans
forcément avoir de liens familiaux. Elle a aussi introduit une « aide au
répit » (de l’ordre de 500 euros par an), créé des congés spécifiques
pour les salariés qui ont besoin de cesser de travailler pendant une
courte période… Un premier pas qui va dans le bon sens mais reste, pour
l’heure, insuffisant.
Une décision de l’agence française du médicament ouvre la voie à un test
en situation réelle réservé aux patients en impasse thérapeutique.
C’est
une nouvelle étape vers l’expérimentation du cannabis thérapeutique en
France : l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de
santé (ANSM) a validé jeudi 11 juillet le cadre proposé fin juin par un groupe d’experts. « Le
cadre global qu’ils posent est un cadre à partir duquel on peut
travailler, leurs propositions nous paraissent des bonnes propositions », a précisé à l’Agence France-presse Dominique Martin, directeur général de l’ANSM.
Saluant un travail « remarquablement conduit », le dirigeant souligne que le comité a « pris le temps nécessaire d’écouter les uns et les autres », dans les différentes dimensions du dossier – médicales, économiques, associatives – et n’a « pas perdu de temps »
depuis sa nomination. L’ANSM, qui avait donné fin 2018 un accord de
principe au lancement d’une expérimentation du cannabis thérapeutique en
France, avait alors demandé à ce comité de se pencher sur la forme à
donner à cette opération. L’enjeu étant que l’ampleur de
l’expérimentation et la qualité des données recueillies soient
suffisantes pour, à son terme, juger de la pertinence d’une légalisation
du cannabis à visée médicale.
Un plant de cannabis thérapeutique, Israël, le 24 janvier 2019. Amir Cohen / REUTERS
Pas de « joint sur ordonnance »
Pour
ce test en situation réelle, le cannabis thérapeutique pourra être
prescrit chez des patients en impasse thérapeutique, souffrant de
certaines formes d’épilepsies résistantes aux traitements, de douleurs
neuropathiques (résultant de lésions nerveuses) non soulagées par
d’autres thérapies, d’effets secondaires des chimiothérapies ou encore
pour les soins palliatifs et les contractions musculaires incontrôlées
de la sclérose en plaques ou d’autres pathologies du système nerveux
central.
Pas question toutefois de « joint sur ordonnance » :
les produits prescrits seront inhalés (huile, fleurs séchées) ou
ingérées (solutions buvables, gouttes et capsules d’huile). Le comité de
treize spécialistes, présidé par le psychiatre et pharmacologue Nicolas
Authier, a aussi recommandé de réserver la « prescription initiale » de
produits à base de cannabis aux médecins exerçant dans des centres de
référence (centres anti-douleur, centres experts de la sclérose en
plaques, etc.). Les médecins participant à l’expérimentation seront
volontaires et auront obligatoirement suivi une formation en ligne, dont
les modalités restent à déterminer.
Emmanuel Macron, après bien d’autres politiques, assure que les Français ne travaillent pas assez. Pourtant, selon les chiffres que l’on choisit de retenir, on peut démontrer que les Français travaillent autant ou plus que leurs voisins. Et sont plus productifs.
« La France travaille en moyenne beaucoup moins que ses voisins », déclarait Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse post-grand débat le 26 avril 2019. Une assertion qui revient dans la bouche de nombreux politiques depuis des années. Et qu’on peut largement relativiser : selon ce que l’on compte, on peut faire dire à peu près ce que l’on veut aux chiffres du temps de travail.
Pourquoi c’est à relativiser ?
Le président de la République semble se fonder sur les chiffres compilés en 2016 (sur les chiffres 2015) par un cabinet de recherches économiques proche du patronat, Coe-Rexecode. Selon ce décompte, la durée effective annuelle moyenne de travail des salariés à temps complet – sans prendre en compte le temps partiel ni les indépendants – était en 2015 de 1 646 heures en France, la plaçant dans une « position atypique en Europe » (dernière position sur 28).
Mais ces chiffres et leur comparaison ont leurs limites. Ainsi, aux Pays-Bas près de la moitié des salariés de 20 à 64 ans sont à temps partiel (contre 21 % dans la zone euro et 19,3 % en France) et ne seraient donc pas pris en compte avec la méthode de Coe-Rexecode.
La France apparaît plutôt dans la deuxième moitié du classement, devant (…) l’Allemagne
Contrairement à cet institut français, l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) a, elle, choisi de retenir le temps de travail annuel de tous ceux qui travaillent (peu importe que ce soit à temps partiel ou complet, mais sans les indépendants). Elle prévient néanmoins qu’en raison de difficultés d’harmonisation et de comptage du temps de travail, il est délicat de comparer strictement les temps de travail.
Avec ce choix méthodologique, la France apparaît plutôt dans la deuxième moitié du classement avec 1 526 heures travaillées dans l’année en 2017. Elle est néanmoins devant le Danemark (1 408 heures), les Pays-Bas (1 433) ou l’Allemagne (1 356). Par rapport à nos voisins germains, les Français travaillent donc 12 % de plus. Les Français travaillent plutôt plus que les autres
37,3 heures par semaine en 2018, soit plus que la moyenne européenne
Les chiffres compilés par Eurostat (une direction de la Commission européenne chargée de l’information statistique) sont, comme par l’OCDE, ceux des salariés, quel que soit leur contrat, et sont relevés à partir d’une enquête menée auprès de 1,5 million d’Européens. Les Français – à temps complet et à temps partiel – travaillaient 37,3 heures par semaine en 2018. C’est plus que la moyenne européenne qui s’établit à 37,1 heures, c’est aussi plus que ses voisins néerlandais (30,4), britanniques (36,5), suisses (34,7) ou allemands (34,9).
Entre 2017 et 2018, le gain d’espérance de vie des
Français est de 0,1 an. Cette tendance pourrait s’inscrire sur le long
terme, selon une étude récemment publiée par l’Institut national
d’études démographiques (Ined).
Les raisons du ralentissement de l’espérance de vie
L’espérance de vie à la naissance n’a augmenté que de
0,1 an entre 2017 et 2018, pour les femmes (85,4 ans) comme pour les
hommes (79,5 ans). Sur les cinq dernières années, les hommes ont gagné
0,7 an et les femmes 0,4 an, un gain "modeste" selon les auteurs de
l’étude.
Sur les cinq dernières années, trois épidémies de
grippe, chacune ayant provoqué un surcroît de 20 000 décès, ont entraîné
un recul de l’espérance de vie de 0,1 à 0,3. Cet effet est conjoncturel
mais d’autres causes expliquent le ralentissement des progrès de
l’espérance de vie.
Les gains d’espérance de vie liés aux progrès de la
prévention et des traitements des maladies cardio-vasculaires atteignent
leurs limites.
Les cancers constituent aujourd’hui la principale cause de mortalité. Or
l’étude pointe la relative stagnation de la mortalité par cancer,
notamment en raison de la hausse des cancers liés au tabagisme chez les
femmes. Selon l’Ined, la lutte contre le cancer est un facteur essentiel
de la reprise d’une hausse significative de l’espérance de vie.
Un ralentissement généralisé dans les pays de l’Europe du Nord
Le ralentissement de l’espérance de vie touche d’autres
pays, tels que la Suède ou le Danemark. L’exemple le plus marquant est
celui des États-Unis, dont l’espérance de vie décroît depuis 2015.
L’espérance de vie des hommes est proche de 76 ans, loin derrière la
plupart des pays développés.
Les femmes françaises restent bien placées en Europe
avec les Espagnoles et les Italiennes qui ont rattrapé puis distancé les
Suédoises. Seules les Japonaises font sensiblement mieux avec une
espérance de vie qui dépasse les 87 ans.
Infographie. Alors que deux marches blanches sont organisées en Corse
ce week-end en hommage à une jeune femme tuée par son ex-conjoint, nous
publions les principaux chiffres sur les féminicides en France et en
Europe.
Deux
marches blanches sont organisées en Corse, samedi 9 et dimanche
10 mars, en hommage à Julie Douib. Elle avait 35 ans et deux enfants.
Elle a été abattue à son domicile de l’Ile-Rousse (Haute-Corse), le
3 mars, par son ex-conjoint, contre lequel elle avait porté plainte à
diverses reprises pour violences conjugales.
A
la même époque l’an dernier, 18 féminicides conjugaux étaient listés.
Même s’il est difficile, sur une période aussi courte, de tirer des
conclusions sur ce que signifie une telle hausse, les associations qui
accompagnent les victimes de violences conjugales se disent vigilantes.
Et toutes rappellent que pour éviter ces meurtres, il faut une meilleure
coordination des services de santé, de police et de justice afin
d’améliorer la prise en compte du danger. « Si on veut qu’il y ait moins de femmes tuées, il faut mieux les protéger »,
résume simplement Ernestine Ronai, présidente de l’Observatoire des
violences envers les femmes en Seine-Saint-Denis, pionnier dans la lutte
contre les violences conjugales.
Avec une population qui vieillit, comment, en Europe,
les pays vont parvenir à payer les retraites ? Les systèmes par
répartition vont-ils survivre ? Faudra-t-il recourir davantage à la
capitalisation ? Les explications d’Emmanuelle Réju, journaliste à La
Croix.
La
fécondité recule pour la quatrième année consécutive. Un phénomène lié
aux évolutions sociétales mais aussi aux difficultés économiques des
familles.
Le
recul se confirme. Avec 12 000 bébés en moins en 2018, la fécondité
continue de baisser en France, selon les chiffres de la démographie
publiés hier par l’Insee. Situé à 1,87 enfant par femme, ce taux reste
sous le seuil symbolique des 2 pour la quatrième année consécutive. Avec
758 000 naissances contre 614 000 décès (8 000 de plus), soit
144 000 personnes en plus, le solde naturel reste positif. Mais il n’a
jamais été aussi bas depuis la Seconde Guerre mondiale. Au final, la
population française (66,9 millions au 1er janvier) continue de croître,
mais à un rythme de plus en plus lent : + 0,5 % par an entre 2008 et
2013 ; + 0,4 % entre 2014 et 2016 ; + 0,3 % en 2017 et 2018.
Des droits moins favorables
Comment expliquer cette tendance ? Tout d’abord en raison
du nombre moins important de femmes en âge de procréer, phénomène qui
date des années 1990 et lié au vieillissement la génération du
baby-boom. En 2018, on comptait 8,4 millions de Françaises âgées de 20 à
40 ans. Elles étaient 8,8 millions en 2008 et 9,1 millions en 1998. À
ce facteur s’ajoute celui plus déterminant du recul de l’âge du premier
accouchement : 30,6 ans en moyenne contre 29,8 ans dix ans plus tôt et
26 ans en 1977. « Le recul de fécondité a d’abord touché les femmes plus
jeunes, entre 25 et 29 ans, il touche désormais toutes les femmes en
âge de procréer et tous les niveaux de vie », précise Sylvie Le Minez,
cheffe des études démographiques et sociales.
Une
natalité en berne couplée à une mortalité record: selon le bilan
démographique de l'année 2018, publié mardi par l'Insee, le solde
naturel n'a jamais été aussi bas depuis la fin de la seconde Guerre
mondiale.
En 2018, 758.000 bébés sont nés en France. C'est 12.000
de moins qu'en 2017, et c'est surtout la quatrième année consécutive de
baisse. Natalité en berne et en même temps mortalité record: selon le
bilan démographique de l'année 2018, publié ce mardi par l'Insee, le
solde naturel, c'est-à-dire la différence entre les nombres de
naissances et de décès, n'a jamais été aussi bas depuis la fin de la
seconde Guerre mondiale. Au 1er janvier 2019, la France comptait
66.993.000 habitants: 64.812.000 résident en métropole et 2.181.000 dans
les départements d'outre-mer. La population a augmenté de 0,30% en
2018. Le solde migratoire est estimé par l'Insee à +58.000 personnes
l'an dernier: l'augmentation de la population française est donc, comme
les années précédentes, souligne l'institut, davantage tirée par le
solde naturel (+144.000 personnes) - bien qu'il soit historiquement bas -
que par le solde migratoire.
L'âge moyen à la maternité croît régulièrement
Épidémie de grippe exceptionnellement longue l'hiver dernier, épisode caniculaire du 24 juillet au 8 août,
voilà, pour l'Insee, les raisons du niveau particulièrement élevé du
taux de mortalité des personnes âgées. En 2018, 614.000 personnes sont
décédées en France; c'est 8.000 de plus qu'en 2017, soit une hausse de
1,3%. Du fait de l'arrivée des générations nombreuses du baby-boom à des
âges de forte mortalité, le nombre de décès a tendance à augmenter
depuis le début des années 2010. L'espérance de vie à la naissance
s'établit à 85,3 ans pour les femmes et 79,4 ans pour les hommes. La
France est l'un des pays européens où les femmes vivent le plus
longtemps, alors qu'elle n'est qu'en neuvième position pour les hommes.
L'INSEE présente ce jeudi son rapport de recensement pour la période 2011 et 2016. En voici les principales conclusions.
Il y a 66 362 000 habitants en France. C'est le dernier
chiffre de l'INSEE, qui publie ce jeudi son rapport démographique. Le
recensement statue sur l'année 2016, date de référence de l'étude, et
son acceptation officielle se fera le 1er janvier 2019. Entre
2011 et 2016, la population a augmenté de 0,4% par an, un accroissement
qui concerne presque toutes les régions. À l'exception de la Martinique,
la Guadeloupe et la Bourgogne-Franche-Comté, elle est tirée par le
regain démographique des métropoles et le dynamisme de leurs périphéries
proches.