mardi 8 décembre 2020

Emploi : l’e-commerce au banc des accusés

Selon une nouvelle étude, 82 000 postes ont été détruits en France en dix ans à cause des plates-formes de vente en ligne. 

Combien l’e-commerce crée-t-il d’emplois ? N’en détruit-il pas aussi en parallèle ? La somme est-elle positive ? Ces questions sont sensibles et encore ravivées par le reconfinement, qui a fermé des commerces physiques mais laissé ouverts les sites de vente en ligne comme Amazon. Ce vendredi 4 décembre, à l’occasion du « Black Friday », une étude conclut à un effet plutôt négatif en France : entre 2009 et 2018, l’e-commerce aurait détruit 82 000 emplois, avec 114 000 suppressions nettes dans le commerce de détail non alimentaire et 32 000 créations dans le commerce de gros. D’ici à 2028, 46 000 à 87 000 autres emplois pourraient être détruits, en fonction de la progression de la vente en ligne.

Cette analyse a été menée par Ano Kuhanathan, économiste passé par le cabinet de consultants EY et l’assureur Axa, et Florence Mouradian, consultante et ex-économiste de l’OCDE. Menée sur sept pays, l’étude a été financée par la députée européenne de La France insoumise Leïla Chaibi, sur une idée des Amis de la Terre, une ONG écologiste engagée, comme l’élue, dans une campagne contre l’expansion d’Amazon.

A Lauwin-Planque (Nord), le 26 novembre 2020.

 

jeudi 5 novembre 2020

La réintroduction temporaire des néonicotinoïdes en France définitivement autorisée

Le Parlement revient sur son vote de 2016 interdisant l’usage de cet insecticide tueur d’abeilles, afin de « sauver » les producteurs de betterave sucrière, mise en grande difficulté par l’arrivée de la jaunisse.

Le retour temporaire des néonicotinoïdes, insecticides tueurs d’abeilles, pour « sauver » la filière betterave est désormais acté. Après l’Assemblée nationale, le Sénat a voté, mercredi 4 novembre, le projet de loi par 183 voix contre 130, ce vote valant adoption définitive.

Le projet de loi autorise, à titre dérogatoire, les producteurs de betteraves à sucre à utiliser jusqu’au 1er juillet 2023 des semences traitées avec des pesticides de la famille des néonicotinoïdes, interdits depuis 2018. « Chargée du suivi et du contrôle de la recherche et de la mise en œuvre d’alternatives » aux néonicotinoïdes, un conseil de surveillance, notamment composée de huit parlementaires ainsi que de représentants de la filière et d’associations de protection de l’environnement, accordera les dérogations. La loi prévoit également que, sur les parcelles où ont été utilisés des néonicotinoïdes, il sera interdit d’implanter des cultures attirant les abeilles afin de ne pas les exposer.

Dans un communiqué, le président de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB), Franck Sander, a salué « un vote crucial ». Il a réclamé, par ailleurs, que l’adoption de ce texte s’accompagne d’un « mécanisme d’indemnisation financière à destination des betteraviers à la hauteur des lourdes pertes engendrées par la jaunisse ».

  

mercredi 20 novembre 2019

En France, les inégalités sont reparties à la hausse

D’après le « Portrait social » dressé par l’Insee, les écarts de niveau de vie ont renoué, en 2016, avec leurs niveaux de 1990. 


Seulement, ce sont aussi ces ménages qui ont subi de plein fouet l’augmentation des prix du tabac et de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques. Hausse qui, conjuguée à l’envolée du baril de pétrole l’an passé, a été le déclencheur du mouvement des « gilets jaunes ».
 
La crise sociale qui a suivi, nourrie par les craintes de déclassement de pans entiers de la population, a eu le mérite de reposer la question de la répartition des richesses en France. Le pays a beau rester l’un des plus égalitaires au monde, les écarts de niveaux de vie se creusent à nouveau depuis les années 2000. D’après l’Insee, les inégalités ont même renoué en 2016 avec leurs niveaux de 1990. Et le phénomène a continué en 2018.

Amélioration sensible du sort des retraités

L’angoisse que cette tendance peut susciter est d’autant plus aiguë chez les classes moyennes et modestes qu’il n’en a pas toujours été ainsi : entre 1975 et 2005, les inégalités ont baissé presque en continu, la croissance compensant en partie la progression du chômage et des emplois à temps partiel. Le niveau de vie médian avant redistribution, c’est-à-dire avant les prélèvements et prestations, a progressé de 69 % sur la période.
Les 10 % les plus pauvres ont vu leurs revenus croître de 4 060 euros à l’année en 1975 (en euros constants) à 6 660 euros en 2016. Dans le même temps, celui des 10 % les plus aisés a bondi de 27 540 à 40 530 euros. On a également observé une amélioration sensible du sort des retraités, dont le niveau de vie médian a dépassé en 2012 celui des actifs.
Selon l’Insee, « tous les indicateurs enregistrent, entre 2002 et 2008, leur plus faible niveau d’inégalités ». La vraie rupture intervient finalement avec la crise. A ce moment-là, les revenus les plus faibles dégringolent, tandis que ceux des ménages les plus aisés augmentent ou se stabilisent. S’ensuit « une période de stagnation des niveaux de vie inédite au cours de quarante dernières années ».

Si les disparités n’ont pas explosé, c’est que les transferts socio-fiscaux ont joué un rôle d’amortisseur « particulièrement important ». « Depuis 2008, l’effet redistributif accru du système socio-fiscal a largement compensé la hausse des inégalités. » En 2016, les 10 % des Français les moins aisés touchaient 46 % des prestations sociales.
On ignore pour le moment les effets qu’ont eus sur le niveau de vie les mesures prises en décembre 2018 pour répondre à la colère des « gilets jaunes ». D’après les estimations, le pouvoir d’achat devrait progresser de 2,3 % cette année. Le gouvernement a également annoncé 5 milliards de baisse d’impôt pour 2020. Des mesures censées privilégier, cette fois, les classes moyennes et modestes.

Source : Le Monde, 20/11/2019.

mardi 19 novembre 2019

Pourquoi la progression de l'espérance de vie ralentit en France

Tabagisme, alcool, malbouffe et pollution atmosphérique sont autant de leviers sur lesquels nous pourrions jouer pour enrayer le ralentissement de la progression de l'espérance de vie. Car selon un rapport de l'OCDE paru ce jeudi, si la France est aujourd'hui en dixième place des pays on l'on vit le plus longtemps, les perspectives ne sont guerre optimistes. 

82,6 ans. Telle est la moyenne de l’espérance de vie en France, selon le Panorama de la Santé publié ce jeudi 7 novembre par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Si nous arrivons en dixième place des pays où l’on vit le plus longtemps, la progression de l’espérance de vie ralentit depuis 2011. Les Etats-Unis, l’Angleterre et l’Allemagne sont également victimes de ce phénomène. Pourquoi Docteur fait le point sur les quatre leviers sur lequel nous pourrions agir pour inverser la tendance.

Le tabagisme

D’après l’OMS, 7 millions de personnes décèdent chaque année après avoir trop fumé. Si le pourcentage de fumeurs quotidiens est passé de 23 % en 2007 à 18 % en 2017, c’est encore trop. En France, selon les chiffres du rapport, un adulte sur quatre fume tous les jours (les hommes davantage que les femmes, 28% contre 23%). C'est le quatrième taux le plus élevé des pays de l’OCDE (sept points au-dessus de la moyenne). Cette consommation élevée de tabac entraîne 21 000 décès du cancer du poumon par an et des dizaines de milliers d’autres liés aux maladies cardiovasculaires et respiratoires. Cependant, les données de l’OCDE datent de 2017 et n’ont pas encore pris compte de l'influence des mesures prises par le ministère de la Santé, telles que la hausse du prix du paquet de cigarettes. Rappelons que d’après le Baromètre santé publique France paru en mai, la France aurait gagné 1,6 million de fumeurs en moins en à peine deux ans. 


mercredi 30 octobre 2019

Le taux de pauvreté a augmenté en France en 2018

14,7% de la population avait un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté en 2018, selon l’Insee. Soit une augmentation de 0,6 point par rapport à 2017.


C’est une mauvaise nouvelle, alors que ce jeudi est la journée internationale pour l’élimination de la pauvreté. Selon les estimations de l’Insee, 14,7% de la population en France (+ 0,6 point sur un an) aurait un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté en 2018. Ils sont désormais 9,3 millions à déclarer un revenu disponible inférieur à 60% du niveau médian.

L’Insee l’explique par plusieurs facteurs: d’abord, par la hausse de ce revenu médian, «en lien avec des salaires relativement dynamiques et l’augmentation des revenus financiers». Les mesures sur les prélèvements, comme la baisse de la taxe d’habitation, la bascule CSG/cotisations et l’extension du crédit d’impôt pour l’emploi de salariés à domicile aux retraités «bénéficieraient davantage aux ménages au-dessus du seuil de pauvreté». Et «contribueraient donc à la hausse du seuil et du taux de pauvreté», poursuit l’Insee - alors que les mesures sur les minima sociaux (revalorisation de l’allocation de solidarité aux personnes âgées et de l’allocation aux adultes handicapés) jouent au contraire pour une baisse du taux de pauvreté.

«Mais c’est la baisse des allocations logement dans le parc HLM qui aurait le plus fort effet», note l’Institut. Elle contribue à la hausse du taux de pauvreté pour 0,4 point. «Sans prendre en compte la baisse des allocations logement, la hausse du taux de pauvreté au seuil de 60 % serait plus modérée (+ 0,2 point en 2018) et 9,1 millions de personnes seraient en situation de pauvreté monétaire», souligne l’Insee. À noter que la réduction des loyers dans le parc social visant à compenser la baisse des allocations n’a en effet pas été prise en compte car elle n’entre pas, par définition, dans la mesure des niveaux de vie.

 
Parallèlement, les inégalités ont augmenté l’an dernier. La masse des niveaux de vie détenue par les 20% de personnes les plus aisées est désormais 4,4 fois plus importante que celle détenue par les 20 % les plus modestes - alors que ce chiffre était de 4,3 depuis 2013. La hausse des inégalités est liée à deux phénomènes: la hausse des inégalités avant redistribution (expliquée notamment par la très forte hausse de certains revenus des capitaux mobiliers, notamment des dividendes perçus par les ménages, souvent les plus favorisés financièrement) et celle liée aux mesures socio-fiscales.

Source : Le Figaro, 16/10/2019.

dimanche 20 octobre 2019

Logement social : le modèle français sous tension

Plus de 2 millions de ménages attendent un HLM. Malgré le dynamisme de la construction, seul un demandeur sur cinq voit aboutir son dossier chaque année.

Les listes des demandeurs d’un logement social ne cessent de s’allonger. En 2018,
la barre des 2 millions de candidats a été franchie, avec 2,1 millions de ménages
inscrits, soit 12 % de plus par rapport à 2015. Or, moins de 500 000 HLM sont
attribués chaque année. Résultat, le taux de succès, c’est-à-dire la chance d’obtenir
un logement, a fortement chuté, à 22 %. Un candidat locataire sur cinq seulement
peut donc espérer voir aboutir son dossier. A Paris, c’est moins d’un sur dix.


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Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr

Source : Le Monde, 24 septembre 2019

jeudi 10 octobre 2019

Dépendance : les aidants enfin mieux reconnus

11 millions de Français apportent au quotidien leur soutien à un proche dépendant ou malade. Un plan de mobilisation nationale devrait bientôt mieux prendre leurs difficultés en compte. 


En France, 11 millions de personnes accompagnent un proche malade, en situation de handicap ou de dépendance, selon la dernière étude en la matière, celle de la fondation April/BVA réalisée en 2018. La Journée nationale des aidants, le 6 octobre, est l’occasion de faire le point sur ces individus qui assument plusieurs tâches au quotidien en apportant soin et soutien à un parent, conjoint, enfant ou voisin, en plus d’assumer leur travail, de vivre leur retraite, et même parfois de suivre leurs études.
Ce chiffre colossal, en comparaison de la population française, cache de fortes disparités. « Il est impossible de dresser un portrait-robot de l’aidant, car il y a quasiment autant de profils que de personnes aidées », note Annie de Vivie, fondatrice du site spécialisé dans l’information aux seniors et aidants Agevillage.com. Parmi les aidants, 52 % occupent un emploi et 58 % sont des femmes. Autre enseignement : 57 % d’entre eux accompagnent au quotidien un proche dépendant en raison de la vieillesse. Des chiffres qui risquent d’augmenter dans les vingt prochaines années, puisque selon le rapport de Dominique Libault sur la Concertation grand âge et autonomie, publié en mars dernier, le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie, percevant l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), devrait passer de 1 265 000 en 2015, à 1 582 000 en 2030 puis à 2 235 000 en 2050.


Malgré tout, le rôle d’aidant ne doit pas être cantonné à l’image d’une épouse dévouée au côté son mari très âgé, ou d’une fille aînée à la retraite prenant en charge ses parents à leur entrée dans le quatrième âge. « Un aidant assiste, à titre non professionnel, une personne de son entourage qui est en perte d’autonomie et avec laquelle il a un lien affectif », explique Laure Vezin, psychologue spécialisée dans l’accompagnement des proches aidants à Paris. Fait méconnu : beaucoup de moins de 25 ans répondent à cette définition.

500 000 jeunes Français, même encore écoliers, apporteraient de l’aide à un proche malade ou handicapé au quotidien.
500 000 jeunes Français, même encore écoliers, apporteraient
de l’aide à un proche malade ou handicapé au quotidien. Image Source / Photononstop
 
Selon l’association nationale Jeunes aidants ensemble (JADE), ils seraient près de 500 000 à gérer le quotidien d’un proche. « Ils sont écoliers, collégiens, lycéens ou étudiants et apportent un soutien moral à leur proche malade. Ils gèrent les aspects de la vie quotidienne comme les courses ou l’aide aux devoirs de leur fratrie plus jeune. Ils s’occupent aussi des aspects médicaux et apportent parfois même des soins », précise Françoise Ellien, sa présidente.

Des congés pour les salariés

Cette réalité de terrain, la disparité des profils d’aidants, mais aussi leur rôle pivot lorsqu’une perte d’autonomie intervient, sont désormais mieux pris en compte par les pouvoirs publics. La loi d’adaptation de la société au vieillissement, entrée en vigueur en 2016, a notamment créé le statut de « proche aidant » afin de prendre en compte ceux qui entretiennent des liens étroits avec une personne âgée ou malade, sans forcément avoir de liens familiaux. Elle a aussi introduit une « aide au répit » (de l’ordre de 500 euros par an), créé des congés spécifiques pour les salariés qui ont besoin de cesser de travailler pendant une courte période… Un premier pas qui va dans le bon sens mais reste, pour l’heure, insuffisant.

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 Source : Le Monde, 04/10/2019.

Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr

jeudi 11 juillet 2019

L’expérimentation du cannabis thérapeutique officiellement autorisée en France

Une décision de l’agence française du médicament ouvre la voie à un test en situation réelle réservé aux patients en impasse thérapeutique. 


C’est une nouvelle étape vers l’expérimentation du cannabis thérapeutique en France : l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a validé jeudi 11 juillet le cadre proposé fin juin par un groupe d’experts. « Le cadre global qu’ils posent est un cadre à partir duquel on peut travailler, leurs propositions nous paraissent des bonnes propositions », a précisé à l’Agence France-presse Dominique Martin, directeur général de l’ANSM.

Saluant un travail « remarquablement conduit », le dirigeant souligne que le comité a « pris le temps nécessaire d’écouter les uns et les autres », dans les différentes dimensions du dossier – médicales, économiques, associatives – et n’a « pas perdu de temps » depuis sa nomination. L’ANSM, qui avait donné fin 2018 un accord de principe au lancement d’une expérimentation du cannabis thérapeutique en France, avait alors demandé à ce comité de se pencher sur la forme à donner à cette opération. L’enjeu étant que l’ampleur de l’expérimentation et la qualité des données recueillies soient suffisantes pour, à son terme, juger de la pertinence d’une légalisation du cannabis à visée médicale.


Un plant de cannabis thérapeutique, Israël, le 24 janvier 2019.
Un plant de cannabis thérapeutique, Israël, le 24 janvier 2019. Amir Cohen / REUTERS

Pas de « joint sur ordonnance »

Pour ce test en situation réelle, le cannabis thérapeutique pourra être prescrit chez des patients en impasse thérapeutique, souffrant de certaines formes d’épilepsies résistantes aux traitements, de douleurs neuropathiques (résultant de lésions nerveuses) non soulagées par d’autres thérapies, d’effets secondaires des chimiothérapies ou encore pour les soins palliatifs et les contractions musculaires incontrôlées de la sclérose en plaques ou d’autres pathologies du système nerveux central.
Lire aussi Le cannabis thérapeutique, « je n’ai trouvé que ça qui me soulage vraiment »
Pas question toutefois de « joint sur ordonnance » : les produits prescrits seront inhalés (huile, fleurs séchées) ou ingérées (solutions buvables, gouttes et capsules d’huile). Le comité de treize spécialistes, présidé par le psychiatre et pharmacologue Nicolas Authier, a aussi recommandé de réserver la « prescription initiale » de produits à base de cannabis aux médecins exerçant dans des centres de référence (centres anti-douleur, centres experts de la sclérose en plaques, etc.). Les médecins participant à l’expérimentation seront volontaires et auront obligatoirement suivi une formation en ligne, dont les modalités restent à déterminer.

Source : Le Monde, 11/07/2019.

mardi 30 avril 2019

Non, les salariés français ne travaillent pas moins que leurs voisins

Emmanuel Macron, après bien d’autres politiques, assure que les Français ne travaillent pas assez. Pourtant, selon les chiffres que l’on choisit de retenir, on peut démontrer que les Français travaillent autant ou plus que leurs voisins. Et sont plus productifs.

« La France travaille en moyenne beaucoup moins que ses voisins », déclarait Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse post-grand débat le 26 avril 2019. Une assertion qui revient dans la bouche de nombreux politiques depuis des années. Et qu’on peut largement relativiser : selon ce que l’on compte, on peut faire dire à peu près ce que l’on veut aux chiffres du temps de travail.

Pourquoi c’est à relativiser ?

Le président de la République semble se fonder sur les chiffres compilés en 2016 (sur les chiffres 2015) par un cabinet de recherches économiques proche du patronat, Coe-Rexecode. Selon ce décompte, la durée effective annuelle moyenne de travail des salariés à temps complet – sans prendre en compte le temps partiel ni les indépendants – était en 2015 de 1 646 heures en France, la plaçant dans une « position atypique en Europe » (dernière position sur 28).

Mais ces chiffres et leur comparaison ont leurs limites. Ainsi, aux Pays-Bas près de la moitié des salariés de 20 à 64 ans sont à temps partiel (contre 21 % dans la zone euro et 19,3 % en France) et ne seraient donc pas pris en compte avec la méthode de Coe-Rexecode.

 La France apparaît plutôt dans la deuxième moitié du classement, devant (…) l’Allemagne

Contrairement à cet institut français, l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) a, elle, choisi de retenir le temps de travail annuel de tous ceux qui travaillent (peu importe que ce soit à temps partiel ou complet, mais sans les indépendants). Elle prévient néanmoins qu’en raison de difficultés d’harmonisation et de comptage du temps de travail, il est délicat de comparer strictement les temps de travail.

Avec ce choix méthodologique, la France apparaît plutôt dans la deuxième moitié du classement avec 1 526 heures travaillées dans l’année en 2017. Elle est néanmoins devant le Danemark (1 408 heures), les Pays-Bas (1 433) ou l’Allemagne (1 356). Par rapport à nos voisins germains, les Français travaillent donc 12 % de plus.
Les Français travaillent plutôt plus que les autres

 37,3 heures par semaine en 2018, soit plus que la moyenne européenne


Les chiffres compilés par Eurostat (une direction de la Commission européenne chargée de l’information statistique) sont, comme par l’OCDE, ceux des salariés, quel que soit leur contrat, et sont relevés à partir d’une enquête menée auprès de 1,5 million d’Européens. Les Français – à temps complet et à temps partiel – travaillaient 37,3 heures par semaine en 2018. C’est plus que la moyenne européenne qui s’établit à 37,1 heures, c’est aussi plus que ses voisins néerlandais (30,4), britanniques (36,5), suisses (34,7) ou allemands (34,9).

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Source : Le Monde, 29/04/2019.
Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr

mercredi 27 mars 2019

Santé : l'espérance de vie stagne en France

Entre 2017 et 2018, le gain d’espérance de vie des Français est de 0,1 an. Cette tendance pourrait s’inscrire sur le long terme, selon une étude récemment publiée par l’Institut national d’études démographiques (Ined).

Les raisons du ralentissement de l’espérance de vie

L’espérance de vie à la naissance n’a augmenté que de 0,1 an entre 2017 et 2018, pour les femmes (85,4 ans) comme pour les hommes (79,5 ans). Sur les cinq dernières années, les hommes ont gagné 0,7 an et les femmes 0,4 an, un gain "modeste" selon les auteurs de l’étude.
Sur les cinq dernières années, trois épidémies de grippe, chacune ayant provoqué un surcroît de 20 000 décès, ont entraîné un recul de l’espérance de vie de 0,1 à 0,3. Cet effet est conjoncturel mais d’autres causes expliquent le ralentissement des progrès de l’espérance de vie.
Les gains d’espérance de vie liés aux progrès de la prévention et des traitements des maladies cardio-vasculaires atteignent leurs limites. Les cancers constituent aujourd’hui la principale cause de mortalité. Or l’étude pointe la relative stagnation de la mortalité par cancer, notamment en raison de la hausse des cancers liés au tabagisme chez les femmes. Selon l’Ined, la lutte contre le cancer est un facteur essentiel de la reprise d’une hausse significative de l’espérance de vie.

Un ralentissement généralisé dans les pays de l’Europe du Nord

Le ralentissement de l’espérance de vie touche d’autres pays, tels que la Suède ou le Danemark. L’exemple le plus marquant est celui des États-Unis, dont l’espérance de vie décroît depuis 2015. L’espérance de vie des hommes est proche de 76 ans, loin derrière la plupart des pays développés.
Les femmes françaises restent bien placées en Europe avec les Espagnoles et les Italiennes qui ont rattrapé puis distancé les Suédoises. Seules les Japonaises font sensiblement mieux avec une espérance de vie qui dépasse les 87 ans.

Source : Vie-publique.fr
En savoir + : https://www.ined.fr

dimanche 10 mars 2019

En France, le nombre des féminicides ne fléchit pas

Infographie. Alors que deux marches blanches sont organisées en Corse ce week-end en hommage à une jeune femme tuée par son ex-conjoint, nous publions les principaux chiffres sur les féminicides en France et en Europe.


Deux marches blanches sont organisées en Corse, samedi 9 et dimanche 10 mars, en hommage à Julie Douib. Elle avait 35 ans et deux enfants. Elle a été abattue à son domicile de l’Ile-Rousse (Haute-Corse), le 3 mars, par son ex-conjoint, contre lequel elle avait porté plainte à diverses reprises pour violences conjugales. 

C’est la trentième femme depuis le début de l’année à être tuée dans de telleses circonstances, selon la page Facebook Féminicides par compagnons ou ex, qui relève scrupuleusement ces cas depuis 2016.

A la même époque l’an dernier, 18 féminicides conjugaux étaient listés. Même s’il est difficile, sur une période aussi courte, de tirer des conclusions sur ce que signifie une telle hausse, les associations qui accompagnent les victimes de violences conjugales se disent vigilantes. 

Et toutes rappellent que pour éviter ces meurtres, il faut une meilleure coordination des services de santé, de police et de justice afin d’améliorer la prise en compte du danger. « Si on veut qu’il y ait moins de femmes tuées, il faut mieux les protéger », résume simplement Ernestine Ronai, présidente de l’Observatoire des violences envers les femmes en Seine-Saint-Denis, pionnier dans la lutte contre les violences conjugales.


lundi 21 janvier 2019

Répartition ou capitalisation : quels systèmes de retraite en Europe ?

Avec une population qui vieillit, comment, en Europe, les pays vont parvenir à payer les retraites ? Les systèmes par répartition vont-ils survivre ? Faudra-t-il recourir davantage à la capitalisation ? Les explications d’Emmanuelle Réju, journaliste à La Croix. 


dimanche 20 janvier 2019

Démographie. Le bébé blues de la France s’est poursuivi en 2018

La fécondité recule pour la quatrième année consécutive. Un phénomène lié aux évolutions sociétales mais aussi aux difficultés économiques des familles.


Le recul se confirme. Avec 12 000 bébés en moins en 2018, la fécondité continue de baisser en France, selon les chiffres de la démographie publiés hier par l’Insee. Situé à 1,87 enfant par femme, ce taux reste sous le seuil symbolique des 2 pour la quatrième année consécutive. Avec 758 000 naissances contre 614 000 décès (8 000 de plus), soit 144 000 personnes en plus, le solde naturel reste positif. Mais il n’a jamais été aussi bas depuis la Seconde Guerre mondiale. Au final, la population française (66,9 millions au 1er janvier) continue de croître, mais à un rythme de plus en plus lent : + 0,5 % par an entre 2008 et 2013 ; + 0,4 % entre 2014 et 2016 ; + 0,3 % en 2017 et 2018.

Des droits moins favorables

Comment expliquer cette tendance ? Tout d’abord en raison du nombre moins important de femmes en âge de procréer, phénomène qui date des années 1990 et lié au vieillissement la génération du baby-boom. En 2018, on comptait 8,4 millions de Françaises âgées de 20 à 40 ans. Elles étaient 8,8 millions en 2008 et 9,1 millions en 1998. À ce facteur s’ajoute celui plus déterminant du recul de l’âge du premier accouchement : 30,6 ans en moyenne contre 29,8 ans dix ans plus tôt et 26 ans en 1977. « Le recul de fécondité a d’abord touché les femmes plus jeunes, entre 25 et 29 ans, il touche désormais toutes les femmes en âge de procréer et tous les niveaux de vie », précise Sylvie Le Minez, cheffe des études démographiques et sociales.

mardi 15 janvier 2019

Quatrième année consécutive de baisse de la natalité en France

Une natalité en berne couplée à une mortalité record: selon le bilan démographique de l'année 2018, publié mardi par l'Insee, le solde naturel n'a jamais été aussi bas depuis la fin de la seconde Guerre mondiale.

En 2018, 758.000 bébés sont nés en France. C'est 12.000 de moins qu'en 2017, et c'est surtout la quatrième année consécutive de baisse. Natalité en berne et en même temps mortalité record: selon le bilan démographique de l'année 2018, publié ce mardi par l'Insee, le solde naturel, c'est-à-dire la différence entre les nombres de naissances et de décès, n'a jamais été aussi bas depuis la fin de la seconde Guerre mondiale.
Au 1er janvier 2019, la France comptait 66.993.000 habitants: 64.812.000 résident en métropole et 2.181.000 dans les départements d'outre-mer. La population a augmenté de 0,30% en 2018. Le solde migratoire est estimé par l'Insee à +58.000 personnes l'an dernier: l'augmentation de la population française est donc, comme les années précédentes, souligne l'institut, davantage tirée par le solde naturel (+144.000 personnes) - bien qu'il soit historiquement bas - que par le solde migratoire.


L'âge moyen à la maternité croît régulièrement

Épidémie de grippe exceptionnellement longue l'hiver dernier, épisode caniculaire du 24 juillet au 8 août, voilà, pour l'Insee, les raisons du niveau particulièrement élevé du taux de mortalité des personnes âgées. En 2018, 614.000 personnes sont décédées en France; c'est 8.000 de plus qu'en 2017, soit une hausse de 1,3%. Du fait de l'arrivée des générations nombreuses du baby-boom à des âges de forte mortalité, le nombre de décès a tendance à augmenter depuis le début des années 2010. L'espérance de vie à la naissance s'établit à 85,3 ans pour les femmes et 79,4 ans pour les hommes. La France est l'un des pays européens où les femmes vivent le plus longtemps, alors qu'elle n'est qu'en neuvième position pour les hommes.


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Source : Le Figaro, 15/01/2019.
Article intégral en ligne : http://www.lefigaro.fr

dimanche 30 décembre 2018

La croissance démographique française tirée par les grandes villes

L'INSEE présente ce jeudi son rapport de recensement pour la période 2011 et 2016. En voici les principales conclusions.

 
Il y a 66 362 000 habitants en France. C'est le dernier chiffre de l'INSEE, qui publie ce jeudi son rapport démographique. Le recensement statue sur l'année 2016, date de référence de l'étude, et son acceptation officielle se fera le 1er janvier 2019.
Entre 2011 et 2016, la population a augmenté de 0,4% par an, un accroissement qui concerne presque toutes les régions. À l'exception de la Martinique, la Guadeloupe et la Bourgogne-Franche-Comté, elle est tirée par le regain démographique des métropoles et le dynamisme de leurs périphéries proches.



 

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Source : Le Figaro, 27/12/2018.
Article intégral en ligne : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/12/27/01016-20181227ARTFIG00197-la-croissance-demographique-francaise-tiree-par-les-grandes-villes.php