lundi 13 juillet 2015

Aide-soignant : un métier qui se porte bien

Selon le document « Études et résultats » (n°923, juillet 2015) de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), la formation d'aide-soignant favorise un accès rapide à un premier emploi. Depuis ces dernières années, ce métier représente une opportunité d'insertion professionnelle non négligeable...


Le nombre d'aides-soignants en forte augmentation au fil des ans

patiente soignante sourire
En 2012, on compte 390 000 aides-soignants en France,
soit environ 20 % de plus qu'en 2002.

Les métiers de l'aide à la personne sont l'eldorado de l'emploi depuis maintenant 30 ans. Parmi eux, celui d'aide-soignant connaît une croissance particulièrement importante. En 2012, ils sont près de 390 000 à exercer en France, soit environ 20 % de plus qu'il y a 10 ans. Une augmentation qui devrait se poursuivre  dans les années à venir. Effectivement, le nombre d'inscrits en formation progresse de façon remarquable depuis le début des années 2000.  En 2012, ils étaient près de 25 400 étudiants, soit plus du double en 12 ans. En outre, le taux de réussite de cette formation avoisine les 90 % depuis 2008.
Autrefois employés ou chômeurs, la plupart des aides-soignants en sont venus à exercer ce métier dans le cadre d'une reconversion ou d'une insertion professionnelle. Appelés « post-initiaux » dans une enquête Génération du Centre d’Études et de Recherches sur les Qualifications (CEREQ), par opposition aux « primo-sortants » issus de la formation initiale, ils représentent 73 % des diplômés en 2007 (contre 51 % en 2000). Par conséquent, leur âge ainsi que leur niveau d’études s’élèvent de plus en plus. De surcroît, exercer cette fonction représente une solution potentielle à la crise de l'emploi et à l'insertion professionnelle des jeunes de moins de 30 ans.

73 % des aides-soignants diplômés en 2007 ont connu une période d'emploi,
de chômage ou d'inactivité avant de commencer leur formation.

80 à 85 % des diplômés trouvent un 1er emploi en moins d'un mois

Primo-sortants ou post-initiaux… Il n'y a pratiquement plus aucune différence à la sortie de l'IFAS. L'accessibilité à un premier emploi est quasi immédiate pour tous, malgré l'augmentation du nombre d'aides-soignants sur le marché du travail. Une divergence des genres subsiste néanmoins. Les femmes trouvent leur 1er poste plus vite que les hommes. Un fait qui peut toutefois être imputé à une sous-représentativité masculine dans la profession.
Mais en règle générale, l'accès rapide à un premier poste reste comparable à celui des infirmiers.
Si l'insertion professionnelle des aides-soignants est immédiate, celle-ci se caractérise aussi par sa durabilité. 2/3 des aides-soignants ont un emploi stable 3 ans après être sortis de l'IFAS. Certes, dans 65 % des cas, particulièrement pour les primo-sortants, le 1er emploi qu'ils occupent est temporaire (contrat à durée déterminée, intérim,...). Mais après quelques années, ils sont 95 % (toutes catégories confondues) à avoir un travail stable (contrat à durée indéterminée, titularisation de la fonction publique). Le métier d'aide-soignant offre donc une stabilité professionnelle rassurante et durable.

95 % des aides-soignants occupent un emploi stable
3 ans après l'obtention de leur diplôme.

Une rémunération intéressante

Le salaire des aides-soignants est en moyenne plus élevé que celui des autres diplômés de niveau équivalent. Leur rémunération nette s'élève à 1 550 euros (pour un temps plein) contre 1 400 euros en moyenne pour les employés de même échelon mais issus d'un autre secteur . Cependant, l'évolution salariale des aides-soignants est moins dynamique. En 3 ans, leur salaire n'augmente que de 5 à 10 %, soit presque 2 fois moins vite que pour les autres diplômés de même niveau.
Les aides-soignants exercent en majorité (65 %) dans le milieu hospitalier (bien que cette tendance semble diminuer progressivement). En effet, l'hôpital public reste leur principal employeur, notamment pour les post-initiaux. Pourtant, ce dernier offre de moins en moins d'emplois stables : 33 à 38 % des contrats proposés sont à durée indéterminé. Toutefois, ces éléments (plutôt « négatifs ») ne semblent pas les affecter puisque la majorité des aides-soignants se dit satisfait. 90 % d'entre-eux estiment se réaliser professionnellement, contre 70 à 80 % pour les autres professionnels ayant un diplôme de niveau équivalent.

90 % des aides-soignants estiment « se réaliser professionnellement ».

Source : Gwen HIGHT  Journaliste Infirmiers.com gwenaelle.hight@infirmiers.com@gwenhight

samedi 4 juillet 2015

La Cour suprême américaine légalise le mariage homosexuel sur l’ensemble du territoire

C’est une décision historique. La Cour suprême a légalisé, vendredi 26 juin, le mariage homosexuel dans l’ensemble des Etats-Unis. Deux ans seulement après avoir décrété que le mariage n’était pas réservé aux couples hétérosexuels, la Haute Cour a jugé, par cinq voix contre quatre, que les 14 Etats américains qui refusent aujourd’hui d’unir deux personnes de même sexe devaient non seulement les marier, mais aussi reconnaître leur mariage lorsqu’il a été célébré ailleurs.


Au nom de l’égalité de tous devant la loi, « le 14e Amendement requiert d’un Etat qu’il célèbre un mariage entre deux personnes de même sexe », a écrit le juge Anthony Kennedy, s’exprimant au nom de la majorité de la Cour suprême. « Le droit au mariage est fondamental », a-t-il souligné. Il a aussi écrit, dans le dernier paragraphe de la décision rendue par la plus haute juridiction des Etats-Unis :

Aucune union n’est plus profonde que le mariage, car le mariage incarne les plus hauts idéaux de l’amour, la fidélité, la dévotion, le sacrifice et la famille. En formant une union maritale, deux personnes deviennent quelque chose de plus grand que ce qu’elles étaient auparavant. Le mariage incarne un amour qui peut perdurer malgré la mort. Ce serait ne pas comprendre ces hommes et ces femmes que de dire qu’ils manquent de respect à l’idée du mariage. Leur plaidoyer consiste à dire que justement ils le respectent, le respectent si profondément qu’ils cherchent eux-mêmes s’accomplir grâce à lui. Ils demandent une dignité égale aux yeux de la loi. La Constitution leur donne ce droit.

« Un grand pas vers l’égalité »

Le juge conservateur a ajouté son vote à celui des quatre juges progressistes de la Haute Cour pour permettre aux gays et lesbiennes de se marier aux quatre coins des Etats-Unis.
Le président de la Haute Cour, John Roberts, s’y est opposé, ainsi que les trois autres juges conservateurs. Les homosexuels avaient jusqu’ici le droit de se marier dans trente-six Etats du pays et dans le district de Columbia, où se trouve Washington.


« C’est une victoire pour les alliés, les amis et les soutiens du mariage gay qui ont passé des années, voire des décennies, à travailler et prier pour que le changement intervienne. Et cette décision est une victoire pour l’Amérique », a déclaré plus tard le président américain depuis les jardins de la Maison Blanche.
Des partisans du mariage homosexuel se sont réunis devant la Cour suprême à Washington, et dans d’autres villes du pays, pour célébrer cette décision. Sur Twitter, c’est avec le mot clé #LoveWins (L’amour l’emporte) que les internautes saluent cette avancée.

Le Monde.fr avec AFP | 27.06.2015
En savoir plus sur : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/06/26/la-cour-supreme-americaine-legalise-le-mariage-homosexuel-sur-l-ensemble-du-territoire_4662821_3222.html

Apprendre à réussir le concours infirmier

Mickaël Perchoc est un infirmier généreux… Riche de son expérience mais aussi de son parcours de tuteur, il propose aux candidats aux concours infirmiers une petite « Bible » des meilleures méthodes pour réussir. Le coaching est au rendez-vous, alors avis aux amateurs, la prochaine session du concours infirmier est annoncée pour le mois d'octobre !


Infirmiers.com – Mickaël , expliquez-nous le pourquoi de ce livre ?
cible bons résultats
Un ouvrage de coaching pour réussir à intégrer un Ifsi
Mickaël Perchoc - Tout est parti d’un constat que j’ai fait en tant que candidat, puis en tant que tuteur. Bien que beaucoup de candidats soient très motivés pour réussir ces concours, prêts à déployer une force de travail importante, celle-ci est bien souvent partiellement gâchée dans des efforts inutiles, où l’essentiel n’est qu’en partie ciblé et acquis ; il y a beaucoup de malentendus sur ce qui compte vraiment pour réussir aux concours - et sur comment le préparer de manière optimale. Résultat, beaucoup de tentatives sont autant de coups d’épée dans l’eau et c’est extrêmement dommage. Ce n’est pourtant pas la motivation qui manque, ni la pléthore d’exercices d’entraînement ou de « méga-guides » à disposition.  C’est une stratégie efficace de révisions « en fonction de la façon exacte dont vous serez évalués aux concours » qui est proposée, d’où le succès croissant des « prépas » où l’effort du candidat est téléguidé. Mais ces méthodes ne sont pas adaptées à tous les cas de figure ni à toutes les bourses, sans parler parfois de la qualité et du formatage de candidats qu’elles engendrent...

Infirmiers.com - Dites-nous en quoi cet ouvrage est-il différent des autres ?
Mickaël Perchoc - Cet ouvrage a pour but d’expliquer pourquoi les épreuves sont ainsi faites et ce qu’on attend précisément du candidat. Ce livre se démarque de ce qui se fait déjà par sa structure et son orientation volontairement pratico-pratique. Il s'agit de comprendre le pourquoi et d'adapter son effort pour réussir efficacement les épreuves d’admission en Ifsi. Il ne suffit pas de se contenter de vérités générales, ou même d’abreuver d’exercices corrigés : ceux-ci sont utiles mais déjà disponibles ailleurs et gratuitement sur internet. « Je Vais Vous Apprendre à Réussir les Concours Infirmiers » est donc un ouvrage de « coaching » pour réussir les épreuves en Ifsi. Il est fait par un infirmier pour ses futurs collègues avec un concept simple : « voilà ce que je dirais à ma petite sœur/mon petit frère si elle/il passait les concours aujourd’hui » et des méthodes et astuces pour réussir à intégrer l’Ifsi de son choix.

Infirmiers.com - Comment est construit l’ouvrage ?
Mickaël Perchoc - Pour élaborer le livre, je me suis nourri de ma propre expérience de candidat, de mes échanges avec mes collègues et les étudiants que j’encadre au quotidien mais aussi avec les cadres formateurs en IFSI, membres de jury, et bien sûr les nombreux commentaires partagés sur des forums (notamment celui d'infirmiers.com) et les réseaux sociaux ( Facebook), largement dédiés aux échanges en rapport avec les concours infirmiers et leur réussite. Dans ce livre, nous tâchons donc de répondre à toutes les questions que se posent les candidats - et aussi celles  qu’ils ne se posent pas mais qu’ils devraient se poser ! En effet, notre constat est que ceux-ci ne sont pas vraiment préparés aux exigences des épreuves et aux attentes du jury, même à la sortie d’une filière spécialisée type ST2S ou après avoir avalé méga-guide sur méga-guide. De façon à prendre par la main du mieux possible le futur candidat, quel que soit son profil, le livre est composé de trois parties :
  • la foire aux questions : tout savoir sur le métier, les études et le concours pour poser des bases saines ;
  • les 5 commandements : les 5 piliers qu’ont adopté dans leur préparation ceux qui ont réussi leur concours ;
  • méthodes et astuces, épreuve par épreuve : toutes les épreuves démystifiées et leur préparation décortiquée, pour donner le plus d’impact possible à chaque minute passée à travailler.
Infirmiers.com – De votre point de vue, qu’est-ce qui vous a fait réussir les concours d’entrée en l’Ifsi ?
Mickaël Perchoc - Pas de secret à ce niveau-là, trois éléments m’ont permis de réussir tous les concours que j’ai tenté : la motivation en premier lieu, une connaissance précise des épreuves ensuite et enfin l’habitude des examens/concours, c’est-à-dire l’entraînement (celui-ci dépendant des bases de chaque candidat).

Infirmiers.com – Pour finir, quel est votre conseil pour l’étudiant s’apprêtant à aborder la préparation aux concours Ifsi ?
Mickaël Perchoc - Etre vraiment motivé d’abord, c’est-à-dire volontaire et capable de faire les efforts nécessaires à la réussite des concours (savoir pourquoi on est là !) et ensuite avoir un minimum confiance en soi et en ses capacités. Le reste (le comment), on le travaillera ensemble durant la progression personnelle du candidat à travers ce livre. Quoiqu’il en soit, le candidat doit rester focalisé sur l’objectif d’exercer prochainement l’un des plus beaux métiers qui soit !

Qui est l’auteur ?

Mickael Perchoc est infirmier et exerce actuellement dans un grand service d’urgence parisien à l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP). Diplômé depuis 2010, il est particulièrement impliqué dans l’accompagnement des étudiants en soins infirmiers dans son service mais aussi via infirmiers.com, dont il est membre actif du comité de rédaction. Il intervient également dans plusieurs IFSI de l’AP-HP pour des TD et TP. Par ailleurs, il continue à se former au travers de diplômes universitaires et de formations sur l’urgence, la réanimation, la simulation en santé et l’encadrement des étudiants. Tous ne rêvent pas de devenir infirmier dès l’enfance ! Mickael a d’abord suivi une licence de géographie pour travailler dans l’humanitaire. Il s’est vite rendu compte que cette vocation humanitaire reste une affaire de techniciens : c’est la raison pour laquelle sa reconversion dans le secteur paramédical a été une confirmation de son choix initial plutôt qu’un changement de cap. Il est donc également et naturellement réserviste sanitaire à l’Eprus.
Il s’est totalement révélé à l’Ifsi où il était loin d’être le meilleur élève avant son entrée en formation et encore moins le plus sérieux mais grâce à sa motivation à exercer cette profession et quelques bonnes méthodes, il s’est donné les moyens de réussir les concours et le diplôme d’état avec brio… 

réussir les concours infirmiers• Perchoc M. Je Vais Vous Apprendre à Réussir les Concours Infirmiers. Méthodes et secrets de ceux qui l'ont fait, 2016, Tous cursus, Edition du 46, 255 p., 29 €

Infirmiers.com

GPA, la Cour de cassation autorise la transcription des états civils de deux enfants

Vendredi 3 juillet, la cour a estimé que le recours à la gestation pour autrui (GPA) ne pouvait seul faire échec à la transcription, en droit français, des états civils russes des enfants.

C’est une décision importante, mais dont la portée n’est pas aussi générale que certains pourraient le penser. Vendredi 3 juillet, la Cour de cassation s’est prononcée en faveur de la transcription, en droit français, des états civils de deux enfants nés en Russie par GPA (gestation pour autrui).
Leurs actes de naissance « mentionnent comme père celui qui a effectué une reconnaissance de paternité et comme mère la femme ayant accouché », autrement dit la mère porteuse, rappelle la cour. Pour les sages, « la GPA ne justifie pas, à elle seule, le refus de transcrire à l’état civil français l’acte de naissance étranger d’un enfant ayant un parent français ».

À lire : Les enjeux éthiques de la GPA
 
Il s’agit là d’un changement important de jurisprudence, puisque la « fraude » à la loi (la GPA étant interdite en France) était jusqu’alors invoquée pour empêcher la transcription. Pour autant, la décision de vendredi ne signifie pas que tous les états civils des enfants nés par mère porteuse dans un pays étranger pourront être transcrits.


La réalité des faits

« Il faudra que l’acte de naissance corresponde à la réalité des faits », décrypte un spécialiste du droit de la filiation. C’est le cas en Russie, puisque la femme désignée comme mère sur les papiers de l’enfant est bien celle qui a accouché ; ce ne serait pas le cas pour un état civil étranger mentionnant la mère d’intention comme mère. « On reste dans la logique de notre droit interne, qui prévoit deux types de filiation : biologique ou adoptive », poursuit cet expert.
Ainsi, la cour ne se prononce pas spécifiquement sur la transcription à l’égard des parents d’intention, la question n’ayant pas été soulevée. En revanche, dans les deux affaires citées, les pères biologiques français voient leur lien de filiation reconnu, sans avoir à se soumettre à un test génétique – une condition qui avait été suggérée par le Procureur général mi-juin.


La jurisprudence de la CEDH

Par ces arrêts, la Cour de cassation prend acte de la jurisprudence de la cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Il y a un an, cette dernière avait en effet condamné la France, au motif que la non-transcription portait atteinte à « l’identité » des enfants. « Les enfants ne doivent pas être victimes de la manière dont ils sont venus au monde », a déclaré le premier ministre vendredi 3 juillet, prenant « acte » de la décision des sages.
Selon Manuel Valls, « il faut poursuivre le travail entrepris par la garde des Sceaux pour consolider le statut des enfants nés par GPA. » Mais sans pour autant ouvrir de brèche quant à l’interdiction de cette pratique en France. « Le recours à la GPA demeure un interdit absolu en France. Cet interdit n’est remis en cause », assure Manuel Valls, pour qui « ​rien ne peut justifier la commercialisation des êtres humains et notamment celle du corps des femmes ».


« Cheval de Troie judiciaire »

Erwann Binet, député PS et ancien rapporteur de la loi sur le mariage pour tous, s’est réjoui « pour ces enfants qui pourront disposer d’un état civil conforme à leur vie familiale et bénéficier des mêmes droits que tout autre enfant dans notre pays ».
Certains, pourtant, s’inquiètent. Ainsi, l’association des juristes pour l’enfance considère que la décision de la cour revient à « valider une pratique obscurantiste » en permettant la régularisation du statut des enfants. De même, pour Alliance Vita, il s’agit aussi d’un « cheval de Troie judiciaire ». Quant àYannick Moreau, député de Vendée (Les Républicains) et membre de l’Entente parlementaire sur la famille, il considère que « notre pays doit résister aux injonctions des fossoyeurs de la dignité des femmes ».



DOC HEBDO N°43 - du 2 au 8 juillet 2015

Retrouvez les anciens numéros du Doc Hebdo sur cette page : http://actu33.blogspot.fr/p/doc-hebdo-du-dpfi.html

 

vendredi 26 juin 2015

DOC HEBDO N°42 - du 25 juin au 1er juillet 2015

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jeudi 25 juin 2015

Deux ados nées par GPA témoignent pour la première fois

Fiorella et Valentina Mennesson, nées toutes les deux par gestation pour autrui (GPA) aux Etats-Unis en 2000, donnent leur point de vue sur le débat autour de la GPA en France.


Elles ne s'étaient jamais encore exprimées dans un media. Pour la première fois, Fiorella et Valentina Mennesson, nées toutes les deux de parents français par gestation pour autrui (GPA) aux Etats-Unis, prennent la parole et donnent leur sentiment sur le débat en cours sur la GPA en France. Les jumelles n'ont que 14 ans mais se sont déjà forgé une opinion sur cette délicate question. En acceptant de témoigner, elles souhaitent prendre part au débat et montrer qu'elles sont «des ados, comme les autres».
C'est dans leur maison de Maisons-Alfort, dans le Val-de-Marne, que nous avons interrogé les deux sœurs, sous le regard protecteur des parents, Dominique et Sylvie Mennesson. Ces derniers continuent de demander la transcription des actes de naissance de leurs filles sur les registres de l'état civil français. Ils attendent toujours leur livret de famille, malgré la décision de la CEDH en juin 2014 qui a condamné la France pour avoir refusé d'inscrire les enfants nés par GPA à l'étranger. En revanche, les jumelles ont toujours eu un passeport américain et une carte d'identité française, et disposent depuis peu d'un certificat de nationalité française en application de la circulaire Taubira de 2013. Ce texte, validé par le Conseil d'Etat, a facilité la délivrance de certificats de nationalité aux enfants nés d'un parent français et d'une mère porteuse à l'étranger. Leur demande de passeport français est en cours.
Le couple s'est tourné vers la GPA en 1998, après avoir découvert que Sylvie était atteinte d'une malformation l'empêchant de porter un enfant. Ses ovaires étant encore fonctionnels, elle a tenté plusieurs fécondations in vitro (FIV), sans succès. Le couple a finalement eu recours à un don d'ovocytes, provenant d'une troisième femme, qui n'était pas la gestatrice. Le 25 octobre 2000, les jumelles naissent «en parfaite santé» en Californie.
Comme des milliers d'ados, les deux sœurs s'apprêtent à passer le brevet. A côté, elles font de la danse, du dessin, sortent avec leurs amis, surfent sur les réseaux sociaux et voient leurs parents se démener pour qu'elles aient «des papiers». Il leur est toutefois difficile de s'y retrouver dans toutes les décisions qui ont été rendues ces derniers mois. Néanmoins, elles ont bien conscience que le sujet ne fait pas l'unanimité.

Le Figaro.fr. - Pourquoi avoir accepté de prendre la parole aujourd'hui?

Valentina: Grâce à mon témoignage, je me dis que les gens auront une meilleure image de nous. Je pense qu'à l'heure actuelle, la plupart d'entre eux pensent que nous sommes des victimes de la société, que nous sommes des enfants malheureux. Alors que moi et ma sœur, on est plutôt heureuses! On est des ados comme les autres, avec nos joies et nos problèmes d'enfant de 14 ans. En fait, je voudrais leur dire que nous sommes normales. Dans les journaux, on s'imagine que je souffre de cette situation. Même certains de mes amis le pensent. Mais pas du tout, je veux leur dire que je n'ai aucune pression et que tout va bien. D'ailleurs, je trouve que ma vie est cool. Au moins je ne suis pas née comme tout le monde et je n'ai pas la vie d'un enfant lambda.
Fiorella : Beaucoup de gens parlent à ce sujet, sauf moi. J'avais donc envie de donner mon point de vue et de partager mon expérience.

Que savez-vous de votre situation administrative en France?

Valentina : Je sais que j'ai une carte d'identité française et un passeport américain. Par contre, pour le livret de famille, je ne sais pas trop. Nos parents font tout pour que nous ne soyons pas mêlées à ça. Après quand ils obtiennent quelque chose, ils vont nous le dire parce qu'ils en sont fiers. Mais en général, ils font en sorte que cette histoire de papiers ne soit pas un souci pour nous. C'est bien, comme ça je me prends pas la tête. Parce que c'est compliqué les papiers…De toute façon, j'ai 14 ans, je ne peux rien y changer.
Fiorella: Je ne sais plus trop. Ça m'embrouille tellement ces trucs de papiers. Je sais qu'il y a des problèmes au niveau du livret de famille, je crois que je n'y suis pas inscrite. Par contre je n'ai pas encore de passeport français. C'est symbolique, mais j'aimerais bien l'avoir. Avec mes amis, nous avons des discussions à ce sujet et parfois, j'ai l'impression qu'ils me reprochent de ne pas avoir la même appartenance française qu'eux. On m'a plusieurs fois demandé si je me sentais plus française qu'américaine. Ils me disent que je dois faire un choix entre les deux. Mais pour moi, je n'ai pas à le faire: je suis née aux Etats-Unis mais j'ai grandi en France. Je pense qu'il n'y a rien qui me différencie des autres enfants. J'aimerais avoir les mêmes papiers que tout le monde et être reconnue comme Française à part entière. 

Lire la suite sur le site internet du journal Le Figaro : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/06/25/01016-20150625ARTFIG00059-deux-ados-nees-par-gpa-temoignent-pour-la-premiere-fois.php 

Vieillir est-il une maladie ?

Si elle n'avait pas été détectée par les radars de la revue Nature, la rencontre qui va se dérouler ce mercredi 24 juin entre une équipe médicale et la Food and Drug Administration (FDA, l'agence américaine des produits alimentaires et des médicaments) aurait pu passer inaperçue. Pourtant, ce qui va se discuter là est un changement de paradigme pour la médecine – et éventuellement la philosophie... – qui pourrait avoir d'importantes conséquences pour l'industrie pharmaceutique. Pour résumer l'enjeu en une phrase, ces chercheurs vont tenter de convaincre la FDA que vieillir est une maladie.


© Vinoth Chandar.



Concrètement, que va-t-il se passer ? Cette équipe, emmenée par Nir Barzilai, directeur de l'Institut de recherche sur le vieillissement de l'Albert Einstein College of Medicine (New York), présentera le projet TAME, mot dont le sens premier est "domestiquer" ou "dresser", mais qui est ici l'acronyme de Targeting Aging with Metformin, c'est-à-dire "Ciblage du vieillissement avec la metformine". Cette dernière est à l'origine une molécule couramment utilisée contre le diabète de type 2, qui a pour but de faire baisser, chez les personnes qui souffrent de cette pathologie, la résistance anormale de leur organisme à l'insuline. Mais elle a également fait preuve d'autres propriétés étonnantes, notamment sur des modèles animaux. Une équipe russe a ainsi montré dans plusieurs études que la metformine ralentissait le vieillissement et prolongeait la vie chez des souris. Le même genre de résultat a aussi été obtenu avec le petit ver Caenorhabditis elegans, qui est un organisme modèle en biologie.

Nir Barzilai et ses collègues s'appuient aussi sur une étude statistique britannique au long cours, publiée en 2014 par la revue Diabetes, Obesity and Metabolism et qui a impliqué plus de 180 000 personnes. La moitié de cette grosse cohorte était constituée de diabétiques de type 2 dont certains prenaient de la metformine et d'autres un traitement différent, tandis que les quelque 90 000 autres sujets étaient des non-diabétiques, servant de groupe témoin. Non seulement, les diabétiques sous metformine avaient une espérance de vie supérieure aux personnes prenant l'autre traitement, mais ils vivaient aussi, en moyenne, plus longtemps que les sujets non diabétiques ! Même si l'on ne sait pas exactement comment la metformine réalise cet exploit, on suppose qu'elle s'attaque à certaines molécules produites par les cellules sénescentes. Il a aussi été montré qu'elle avait des propriétés antitumorales.

Le projet TAME, s'il est mené à bien, consistera à donner de la metformine à 3 000 personnes âgées (non atteintes de diabète de type 2) pendant cinq à sept ans. Les sujets choisis auront au moins une pathologie liée à l'âge (cancer, maladie cardio-vasculaire ou problème cognitif) ou bien feront partie d'une population à risques. Pour les chercheurs qui défendent cet essai, la metformine, en plus des résultats déjà obtenus, est une molécule dotée de plusieurs atouts car il s'agit d'un médicament générique peu cher, bien connu, dont les effets secondaires sont faibles.

Comme on le comprend bien, la philosophie de ce projet consiste à considérer que le vieillissement n'est pas une simple usure biologique consubstantielle à la vie mais bel et bien une affection, un problème de santé. Pour reprendre l'image un peu osée avancée par mon homologue américain Greg Fish sur son blog "Weird Things", on peut voir le grand âge comme une sorte de sida : "Si on ne le soigne pas, il ne nous tuera pas lui-même, mais il ouvrira suffisamment de portes pour que quelque chose entre et fasse le sale boulot." L'idée de TAME consiste donc à cibler directement le vieillissement et non plus les maladies qu'il finit par provoquer. A attaquer le mal à la racine afin non pas de découvrir le secret de la vie éternelle, mais, étant donné l'allongement de l'espérance de vie, de vivre en bonne santé plus longtemps. Sinon, comme l'a expliqué au Wall Street Journal un des membres du projet, Stuart Jay Olshansky (université de l'Illinois), on continuera à s'attaquer séparément aux maladies qui apparaissent avec l'âge, combat vain s'apparentant au remplissage du tonneau des Danaïdes : " Quand nous réduisons le risque d'avoir une maladie du cœur, on vit assez longtemps pour avoir un cancer. Si nous réduisons le risque d'avoir un cancer, on vit assez longtemps pour avoir la maladie d'Alzheimer. Nous suggérons que le temps est venu pour attaquer toutes ces maladies en s'en prenant au processus biologique du vieillissement."

Au-delà de l'idée, intéressante sur le plan physiologique, qui consiste à prendre la sénescence comme une sorte de virus déclencheur de maladies, d'autres considérations, autrement plus matérialistes, se cachent derrière le projet TAME et cette rencontre du 24 juin avec la FDA. Jusqu'à présent, celle-ci n'a jamais considéré le vieillissement comme une "indication" au sens médical du mot, c'est-à-dire comme une pathologie ou le signe d'une altération de la santé. Or, comme l'explique en toute franchise Nir Barzilai, "les compagnies pharmaceutiques ne développeront pas de médicaments n'ayant pas d'indication" officielle de la FDA, car c'est une condition sine qua non pour obtenir le remboursement des traitements par les assurances santé. Comme s'il devait toujours y avoir, en médecine, un moment où les histoires de gros sous rattrapent la recherche...

"Nous sommes confiants dans le fait qu'une fois que la FDA se montrera prête à considérer le vieillissement comme une indication, des médicaments plus nombreux et plus efficaces [que la metformine] seront rapidement développés", ajoute Nir Barzilai. On se doute bien qu'avec un marché potentiel de 7,3 milliards de Terriens, l'industrie pharmaceutique sera intéressée. Cela devrait aussi permettre à l'essai TAME, dont le budget s'élève à 50 millions de dollars, de trouver plus facilement des fonds...

23 juin 2015, Blog Le Monde, Pierre Barthélémy

vendredi 19 juin 2015

DOC HEBDO N°41 - du 18 au 24 juin 2015

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jeudi 18 juin 2015

Les infirmières, premières victimes des violences



En 2013, 12 432 faits de violences ont été signalés par des établissements
sanitaires et médico-sociaux ; c'est 9,6% de plus qu'en 2012. Près de
la moitié des atteintes aux personnes concernent des IDE.

Dimanche 10 mai. Un patient alcoolisé est transporté aux urgences du CHU de Nîmes
après une tentative de suicide. Refusant de se déshabiller, « il a dégainé un couteau et tenté de frapper l'infirmière dans le dos », rapporte Midi libre.
Jugé quelques jours plus tard par le tribunal correctionnel, il écope
de six mois de prison ferme. Un « fait divers » qui n'a rien
d'exceptionnel pour les personnels des établissements de santé, si l'on
en croit le dernier rapport de l'Observatoire des violences en milieu de
santé (ONVS), dont les principaux chiffres
ont été diffusés le 11 juin dernier par la Fédération hospitalière de
France (1). En 2013, 12 432 faits de violence ont été signalés, soit une hausse de 9,6% en un an, alors que le nombre d'établissements déclarants est stable (353 en 2013, 352 en 2012 ; 94% sont publics).



Lire la suite sur le site internet Espace Infirmier : http://www.espaceinfirmier.fr/actualites/au-jour-le-jour/articles-d-actualite/150616-les-infirmieres-premieres-victimes-des-violences.html?utm_campaign=2777834&utm_content=11864798868&utm_medium=email&utm_source=SmartFocus#