samedi 25 août 2018

Aux États-Unis, les opioïdes tuent plus que les armes à feu

Près de 64.000 personnes ont fait une overdose en 2016 après avoir consommé des doses excessives de ces médicaments, obtenus pour la majorité sur prescription.

 
Les overdoses par opioïdes font plus de victimes que les accidents de la route ou les armes à feu aux États-Unis. En 2016, près de 64. 000 personnes ont perdu la vie après avoir consommé des doses excessives d’opioïdes obtenus pour la majorité sur prescription, soit 175 morts par jour. «Aucune région des États-Unis n’est épargnée par cette épidémie. Nous avons tous un proche, un membre de la famille, un être aimé détruit par les opioïdes», s’est émue Anne Schuchat, directrice des Centres de prévention et de contrôle des maladies (CDC), en mars dernier en annonçant ce nouveau bilan dramatique en constante augmentation.

 

jeudi 10 novembre 2016

Danger à tous les étages de la tour Trump

La violence sourde de chaque chapitre du programme annoncé par le futur président élu. Au plan intérieur il veut réduire les droits sociaux et les impôts des entreprises, supprimer l’Obamacare et libéraliser l’accès aux armes. Quand il menace la Chine ou l’Iran au plan extérieur et entend agrandir le format de l’armée.


L’impensable est devenu réalité hier aux premières heures de la matinée : Donald Trump sera le 45e président des États-Unis. Devant ses supporters comblés il est apparu étonnamment tranquille et calme, appelant le « peuple américain à se rassembler et à ne faire qu’une nation ». Il s’est payé le luxe de féliciter la perdante, Hillary Clinton, publiquement ; elle qu’il dénonçait encore quelques heures auparavant comme « la plus corrompue » des dirigeantes, qu’il promettait de « jeter en prison ». « Nous devons lui être reconnaissants pour tout ce qu’elle a fait pour nous », a-t-il osé sans trahir une pointe ironie. La victoire du milliardaire, qui s’exprimait non loin de l’une des tours de Manhattan au sommet de laquelle il a installé son palais dans un luxueux triplex, marque un basculement dans l’histoire du pays. Tant ce séisme politique est d’abord le signe d’un formidable échec pour le clan Clinton au sein du Parti démocrate et plus généralement d’un désaveu pour l’« élite » politique traditionnelle et son inflexible foi dans la mondialisation libérale.
Donald Trump s’est adressé au cœur de son électorat : ces millions de citoyens accablés par la montée de la précarité ou taraudés par l’angoisse d’être aspirés à leur tour par la machine à précariser et à produire des souffrances ou des angoisses sociales. Il leur a promis de « reconstruire les ponts, les autoroutes, les hôpitaux, les écoles », ces infrastructures qui ont beaucoup souffert de l’austérité au cours des deux dernières décennies. Comme tout au long de sa campagne, il a plaidé pour une réhabilitation du « rêve américain », assurant que l’avenir serait « radieux ». Car chaque citoyen « aura l’occasion de réaliser tout son potentiel ».
Un démagogue de la trempe de Donald Trump, qui a misé sur l’exaspération de tout un peuple pour entrer à la Maison-Blanche, sait qu’il doit rapidement montrer sa détermination à agir. Et sur ce point l’examen de ses intentions ne fait que souligner la taille des dangers que recouvre son arrivée aux affaires. Dans un contexte où il aura les coudées franches puisqu’il a réalisé le « grand chelem » au Congrès, les républicains confortant leur position à la Chambre des représentants et conservant finalement la majorité au Sénat.

 

Le mépris bien réel que Trump porte aux « petites gens »

 

L’imposteur vomit « l’establishment » depuis les hublots de son Boeing 757 privé ou des fenêtres de ses tours de Manhattan, lui qui a fait fortune dans l’immobilier à l’ombre de son papa promoteur, qui lui accorda jadis un « prêt » d’un million de dollars pour « (s)e lancer ». Ses envolées électorales contre le système ne sauraient cacher le mépris bien réel qu’il porte aux « petites gens ordinaires » en mal d’accéder à un emploi et la conception toute particulière qu’il a du « rêve américain », lui qui s’est fait connaître du grand public entre 2004 et 2010 grâce à The Apprentice, une émission de télé-réalité diffusée par la chaîne NBC dont la règle était très simple : un groupe de postulants à l’emploi était mis à l’épreuve devant les caméras. Et à chaque étape Donald sélectionnait et tranchait d’un retentissant : « Vous êtes viré. » Jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un, recruté à un poste important au sein de la Trump Company.
Ainsi le futur président élu pourra être amené d’autant plus fort à donner le change à ses électeurs qu’il ne voudra pas toucher aux règles sélectives impitoyables du capital financier. C’est ainsi qu’il faut prendre très au sérieux les diatribes xénophobes qu’il a formulées durant la campagne, contre les migrants mexicains « violeurs et voleurs » ou les musulmans globalement soupçonnés de complicité avec le terrorisme, ou encore les hommes d’affaires chinois accusés de dérober « l’emploi des Américains ». L’expulsion des migrants sans papiers et la construction promise d’un mur à la frontière sud du pays font partie de ces boucs émissaires qu’il entend livrer rapidement à ses supporters. À défaut de changer réellement leur situation. Ce qui ne manquerait pas d’attiser les haines et les violences au sein d’une société déjà fracturée.
Le milliardaire n’a jamais fait mystère qu’il considérait, à l’instar de nombre de patrons, les droits sociaux comme des freins à la prospérité. En ligne de mire, de nouvelles restrictions des acquis sociaux, voire une chasse ouverte aux syndicalistes, pénalisant systématiquement les salariés désireux de s’organiser, comme l’a fait, il y a quelques années, le gouverneur républicain du Wisconsin, Scott Walker. C’est dire combien la résistance va constituer, dans les tout prochains mois, la tâche essentielle des mouvements sociaux et des syndicats qui avaient placé tant d’espoir dans la candidature de Bernie Sanders lors de la primaire démocrate. Eux qui visaient réellement le système, jusqu’à prôner – première dans la vie publique états-unienne – une « alternative socialiste », ont été pris dans un terrible piège. Ils ont dû se résoudre à jouer la carte du « moindre mal » face au danger d’extrême droite. Mais avec une Hillary Clinton détestée de la population, au point que nombre de citoyens n’ont pu se résoudre à voter pour elle tant elle incarne fort le lien du monde politique traditionnel avec Wall Street.


samedi 4 juillet 2015

La Cour suprême américaine légalise le mariage homosexuel sur l’ensemble du territoire

C’est une décision historique. La Cour suprême a légalisé, vendredi 26 juin, le mariage homosexuel dans l’ensemble des Etats-Unis. Deux ans seulement après avoir décrété que le mariage n’était pas réservé aux couples hétérosexuels, la Haute Cour a jugé, par cinq voix contre quatre, que les 14 Etats américains qui refusent aujourd’hui d’unir deux personnes de même sexe devaient non seulement les marier, mais aussi reconnaître leur mariage lorsqu’il a été célébré ailleurs.


Au nom de l’égalité de tous devant la loi, « le 14e Amendement requiert d’un Etat qu’il célèbre un mariage entre deux personnes de même sexe », a écrit le juge Anthony Kennedy, s’exprimant au nom de la majorité de la Cour suprême. « Le droit au mariage est fondamental », a-t-il souligné. Il a aussi écrit, dans le dernier paragraphe de la décision rendue par la plus haute juridiction des Etats-Unis :

Aucune union n’est plus profonde que le mariage, car le mariage incarne les plus hauts idéaux de l’amour, la fidélité, la dévotion, le sacrifice et la famille. En formant une union maritale, deux personnes deviennent quelque chose de plus grand que ce qu’elles étaient auparavant. Le mariage incarne un amour qui peut perdurer malgré la mort. Ce serait ne pas comprendre ces hommes et ces femmes que de dire qu’ils manquent de respect à l’idée du mariage. Leur plaidoyer consiste à dire que justement ils le respectent, le respectent si profondément qu’ils cherchent eux-mêmes s’accomplir grâce à lui. Ils demandent une dignité égale aux yeux de la loi. La Constitution leur donne ce droit.

« Un grand pas vers l’égalité »

Le juge conservateur a ajouté son vote à celui des quatre juges progressistes de la Haute Cour pour permettre aux gays et lesbiennes de se marier aux quatre coins des Etats-Unis.
Le président de la Haute Cour, John Roberts, s’y est opposé, ainsi que les trois autres juges conservateurs. Les homosexuels avaient jusqu’ici le droit de se marier dans trente-six Etats du pays et dans le district de Columbia, où se trouve Washington.


« C’est une victoire pour les alliés, les amis et les soutiens du mariage gay qui ont passé des années, voire des décennies, à travailler et prier pour que le changement intervienne. Et cette décision est une victoire pour l’Amérique », a déclaré plus tard le président américain depuis les jardins de la Maison Blanche.
Des partisans du mariage homosexuel se sont réunis devant la Cour suprême à Washington, et dans d’autres villes du pays, pour célébrer cette décision. Sur Twitter, c’est avec le mot clé #LoveWins (L’amour l’emporte) que les internautes saluent cette avancée.

Le Monde.fr avec AFP | 27.06.2015
En savoir plus sur : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/06/26/la-cour-supreme-americaine-legalise-le-mariage-homosexuel-sur-l-ensemble-du-territoire_4662821_3222.html