mardi 1 janvier 2019

Pesticides, prime d'activité, listes électorales : ce qui change au 1er janvier

Chaque année, le 1er janvier connaît son lot de nouveautés. Revalorisations, interdictions, modifications, simplification, augmentations : voici la liste - qu’on espère exhaustive - de ces ajustements.

Consommation

Énergie. 
Le repli des cours du pétrole y est pour quelque chose : à partir du 1er janvier, les tarifs réglementés de gaz naturel vont baisser de 1,9% par rapport à décembre 2018 pour 4 millions de foyers. Pour répondre à la crise des gilets jaunes, le gouvernement a par ailleurs gelé les hausses des tarifs de l’électricité et du gaz pour l’hiver.

Timbres. 
On s’y est habitué : comme l’an passé, les tarifs postaux augmentent. La hausse du prix des timbres est cette année d’en moyenne 10%. Ainsi, le prix du timbre rouge (lettre prioritaire) passe de 95 centimes à 1,05 euro et le prix du timbre vert de 80 à 88 centimes. Les tarifs Colissimo ne bougent pas, eux.

Tabac. 
La septième révision des prix du tabac entraîne mardi une nouvelle hausse du montant à acquitter pour s’acheter un paquet. Mais attention : toutes les références de cigarettes ne sont pas concernées. A titre d’exemple, le paquet de 20 Marlboro Red gagne 20 centimes (8,20 euros) tandis que celui de Chesterfield Blue de 20 unités augmente de 10 centimes (7,90 euros). A terme, le prix d’un paquet commun devrait dépasser les 10 euros fin 2020. C’est en tout cas le souhait de l’exécutif.

Promotions. 
L’affaire des bousculades pour des pots de Nutella à prix cassé en janvier 2018 aura eu raison des promotions : au 1er janvier, en vertu d’une disposition de la loi alimentation, les promotions sur les produits alimentaires ne pourront plus dépasser 34% du prix de vente. Par conséquent, fini l’offre du type «un produit acheté, un produit offert». L’objectif : lutter contre la guerre des prix entre concurrents de la grande distribution qui fait le malheur des producteurs.

Social/emploi

Smic. 
Pas de coup de pouce du salaire minimum, c’était annoncé. En revanche, comme prévu, le smic, indexé sur l’inflation, est revalorisé le jour de l’an de 1,5%. Concrètement, cela veut dire que le salaire minimum horaire brut passe de 9,88 à 10,03 euros, et le smic mensuel de 1 498 à 1 521 euros pour 35 heures hebdomadaires. Soit 16 euros net de plus par mois qu’en 2018.

Prime d’activité. 
Versée par les Caisses nationales des allocations familiales à partir du 5 février pour des raisons techniques, la prime d’activité augmente de 90 euros au 1er janvier. La hausse de cette aide née en 2016, pour laquelle 3,8 à 5 millions de foyers sont éligibles, avait été annoncée par Emmanuel Macron lors d’une allocution à la mi-décembre pour répondre à la crise des gilets jaunes. Elle concerne les salariés qui touchent jusqu’à 1,5 smic, mais dans ce cas le gain est plutôt «de 40 à 50 euros».

vendredi 15 décembre 2017

Aides sociales, 1 personne sur 3 ne sait pas qu’elle y a droit et vous ?



Manque d’information dans 50% des cas, complexité administrative, réticence… absence d’interlocuteurs suite à la numérisation des services, privent d’aides sociales et à domicile une personne sur trois. L'essentiel des aides en un clic.

C’est ce que révèle une enquête de la fédération Adessadomicile Pourquoi les personnes fragiles renoncent-elles à l'aide sociale et à domicile

Ceci est confirmé depuis des années par l’ODENORE – Observatoire des non recours aux services et aux droits qui publie chaque mois les Chiffres_du_non-recours qui eux vont plus loin en recensant tous les non recours à tous les droits existants.

Ainsi donc 50% des non-recours sont dus à un manque d’information. L’Adessadomicile propose donc de contraindre es administrations concernées (Caf, CNAV, CNAM, départements, MDPH etc.) à communiquer à leurs administrés les aides sociales auxquelles ils ont droit.
Autre frein à l’accès à l’aide sociale leur-numerisation
La presse, les médias audio et télévisuels sont également un support d’information. C’est d’ailleurs l’objet de la rubrique « vos droits » de L’Humanité.fr.


D’un clic quelles aides sociales et à domicile pour vous ?

Récapitulatif des principales aides sociales, les conditions pour en bénéficier et comment ? - en lien avec le site officiel d’information des administrations française :
- en cliquant sur  https://mes-aides.gouv.fr/ vous pouvez savoir si vous avez droit à au moins 25 aides sociales dont les aides au logement, les aides aux personnes âgées, les allocations familiales et les aides spécifiques pour les étudiants

- aides de l'action sociale de votre Caf-caisse d'allocations familiales
- aide à domicile pour les personnes âgées ou handicapées
- allocations aux handicapées et leurs compléments
- RSA-revenu de solidarité active
- tarif de première nécessité Electricité
- tarif spécial de solidarité Gaz
- Cheque-energie
- réduction sociale téléphone et Internet
- aides du Fonds de solidarité pour le logement
- aides financières pour le paiement des factures d'eau
- aides-des-caisses-de-retraite
- aide-juridictionnelle
- aides pour l'accès aux soins de l'assurance maladie
- aides médicales aux ressortissants étrangers
- dossier-social-etudiant-une-bourse-un-logement-autres-aides
- logement-etudiant-comment-alleger-le-cout ?
- bourses de fréquentation scolaire
- aides pour l'accès à la cantine scolaire
- soutien scolaire gratuit
- prise en charge des appareils auditifs
- prise en charge des soins dentaires
- prise en charge des lunettes

 

En lien

- aides-sociales-sont-elles-recuperees-sur-la-succession-ou-pas ?
- aide-sociale-montant-des-prestations-servies-par-departements
- guide GISTI protection sociale, médicale et juridique des étrangers

Source : L'Humanité, 15/11/2018.

lundi 15 mai 2017

Évaluer ses droits en sept minutes

Évaluer ses droits à quinze aides sociales nationales en sept minutes, c’est la promesse du site mes-aides.gouv.fr. Un moyen « open source » qui permet de lutter contre le non-recours.


Selon un rapport de l’Assemblée nationale, le taux de non-recours au RSA socle est de 35 %, et de 68 % pour le RSA activité, soit près de 6 millions d’euros d’aides non distribuées (1).

La lutte contre le non-recours figure parmi les priorités du gouvernement, qui a d’abord expérimenté dans deux départements un « dossier unique » pour les prestations.

Mais c’est ce simulateur en ligne qui lui a été préféré. Après deux ans de test, relooké et fin prêt, il fait l’objet d’une campagne de communication lancée le 9 mars par Ségolène Neuville, secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion.



mes-aides.gouv.fr

Un site créé par le SGMAP. Réalisé en partenariat avec la Direction générale de la cohésion sociale, la direction de la Sécurité sociale, la Cnaf, la Cnam, la Cnav, Pôle Emploi, l’Éducation nationale, la ville de Paris, le conseil départemental de Seine-Saint-Denis.
Informer le public des aides existantes

« Il s’agit à la fois d’informer le grand public qu’il existe un outil facile d’utilisation, rapide, efficace et anonyme, qui permet d’avoir une idée précise des aides existantes, mais aussi de donner aux professionnels du travail social les outils pour orienter au mieux les personnes suivies », a-t-elle déclaré.

Il suffit de renseigner sa situation (familiale, logement, ressources…), pour obtenir une liste des aides auxquelles on peut prétendre et leur montant estimé : allocations familiales, assurance maladie (CMU, ACS), bourses de l’Éducation nationale, allocation de solidarité aux personnes âgées, allocation de solidarité spécifique, etc.

Il est possible d’accéder à un complément d’information, d’entamer les démarches directement en ligne, ou de télécharger les formulaires.
Aides nationales et locales

La ville de Paris et le conseil départemental de Seine-Saint-Denis se sont saisis de l’outil et l’ont agrémenté des aides facultatives qu’ils proposent. La ville de Rennes s’est dite intéressée. Les associations (Emmaüs, La Croix-rouge ou le réseau des Pimms) l’utilisent d’ores et déjà pour aider leur public à s’y retrouver dans le panel des aides.

« Ce site ne résout pas toutes les questions, notamment celle de la fracture numérique, mais il peut être utile aux travailleurs sociaux pour entamer une discussion avec les publics », souligne Ségolène Neuville.

Anne-Sophie Abgrall, sous-directrice des interventions sociales de Paris, relève : « nos agents sont très spécialisés sur les aides de la ville, avec mes-aides.gouv.fr, ils se forment aussi sur les aides nationales ».


Article intégral en ligne : http://www.gazette-sante-social.fr

lundi 6 mars 2017

L’accès aux droits « recule » du fait de services publics qui « s’éloignent » des usagers

Le Défenseur des droits, dans son rapport annuel publié jeudi, dénonce la complexité des dispositifs, qui conduit de plus en plus de personnes « à renoncer à y recourir ».


Jacques Toubon, le défenseur des droits, affirme que « l’accès aux droits recule en France ». A l’occasion de la publication de son rapport annuel, jeudi 23 février, il a souligné que les « services d’accueil et de renseignement » des services publics « sont moins bons et renvoient de plus en plus vers des démarches en ligne. (…) Les services publics s’éloignent, ce qui ne peut pas ne pas avoir de conséquences politiques, indépendamment de la question de l’accès aux droits », a-t-il commenté, faisant allusion à la campagne électorale en cours.
Le Défenseur des droits, né de la réunion en 2011 des attributions du médiateur de la République, de la Commission nationale de déontologie de la sécurité, du Défenseur des enfants et de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), a été saisi, en 2016, de 86 596 dossiers de réclamations. Les organismes sociaux sont concernés dans 40 % des cas.
Dans son rapport, M. Toubon dénonce par exemple « le nombre croissant de pièces justificatives requises pour bénéficier de prestations ou d’allocations ». Conséquence : la complexité des dispositifs conduit de plus en plus de personnes « à renoncer à y recourir ».

Le poids de « l’aquoibonisme »

Dans une vaste enquête menée auprès de 5 000 personnes, dont les détails seront publiés dans les semaines et mois à venir, ressort un important phénomène de « renoncement » à faire valoir ses droits, ce que M. Toubon appelle « l’aquoibonisme ». « Cette proportion de non-recours aux droits doit absolument régresser », dit celui qui a succédé, en 2014, à Dominique Baudis.
Alors qu’un tiers des personnes interrogées dans cette enquête expriment avoir éprouvé des difficultés à accomplir des démarches administratives en ligne ou même ne pas avoir d’accès à Internet, « certaines plates-formes téléphoniques ne précisent pas la localisation ou les horaires d’ouverture de l’agence locale… puisque ces informations sont disponibles sur Internet », lit-on par exemple dans le rapport.
Les 450 délégués locaux du Défenseur des droits sont « unanimes pour dénoncer l’inaccessibilité croissante des services », qui s’étend désormais au service public de la justice.
Le phénomène du « non-recours » ne se limite pas à la difficulté de faire valoir ses droits. Il concerne également le renoncement à faire reconnaître une situation d’atteinte aux droits. En matière de discrimination, 93 % des personnes qui s’en disent victimes dans l’accès à l’emploi n’ont pas fait la moindre démarche pour faire valoir leurs droits. Ce taux de non-recours est de 88 % lorsque la discrimination est vécue comme étant fondée sur l’origine.
Une forme de passivité qui concerne également les violences faites aux autres. Alors que 16 % de la population interrogée déclare avoir été témoin d’une atteinte aux droits de l’enfant ces cinq dernières années, une personne sur deux n’a pas engagé de démarche.

« Il n’y a plus, depuis plusieurs années, de vrais discours sur l’égalité »

Pour M. Toubon, sa mission est « de faire entrer les droits fondamentaux et les droits sociaux dans l’effectivité ». Pour cela, outre l’extension du réseau, qui devrait compter à la fin de l’année 500 délégués, des actions de formation sont engagées afin qu’ils puissent intervenir sur l’ensemble des missions du Défenseur des droits.
Car le problème est profond. En matière de violences faites aux femmes, de harcèlement sexuel, de discrimination au travail en cas de maternité, etc. : « On sait que c’est très important, mais les recours ou les plaintes sont très faibles alors que l’appareil légal est optimum. »
D’une manière plus générale, M. Toubon, 75 ans, s’inquiète d’un contexte qui n’est pas favorable à la protection des droits : « Il n’y a plus, depuis plusieurs années, de vrais discours sur l’égalité ou les discriminations », regrette-t-il. Il constate au contraire que se développent les « discours identitaires », ce qui est « incompatible » avec les principes d’égalité devant le droit.

Le Monde, 23/02/2017.