samedi 11 juin 2016

Quiz : avez-vous le niveau bac en français ?

Le bac français 2016, officiellement baptisé épreuve anticipée de français pour les élèves de 1ere, a lieu vendredi 17 juin. Pour vous y préparer ou tout simplement vérifier vos connaissances en grammaire et orthographe, Sylviane Pons, professeur certifiée hors-classe de lettres classiques, a élaboré l’année dernière le quiz ci-dessous, à partir des erreurs rencontrées dans les copies de ses élèves.

Il est suivi de la (savoureuse) introduction proposée par cette examinatrice aux épreuves anticipées de français du bac depuis près de trente ans, enseignante au lycée militaire de Saint-Cyr-l’Ecole. Nous vous proposons de le (re) découvrir cette année :


Orthographe et grammaire : êtes-vous prêts pour le bac ?

L'épreuve de français du baccalauréat 2015 débutera vendredi 19 juin à 8 heures. Avant de vous lancer dans le grand bain, Sylviane Pons, professeure de français au lycée militaire de Saint-Cyr, vous a préparé un quiz sur les difficultés du français en se basant sur les erreurs récurrentes que font ses élèves. Une bonne occasion de se préparer en testant ses compétences en orthographe.

Participez au quizz du site internet du Journal Le Monde en cliquant ici : http://lemonde.fr/bac-lycee/article/2016/06/11/quiz-avez-vous-le-niveau-bac-en-francais_4948459_4401499.html

mercredi 17 juin 2015

Bacs S, ES et L 2015 : découvrez les sujets de philo

Les candidats au bac 2015 des séries générales et technologiques ont commencé à plancher mercredi 17 juin à 8 heures sur les sujets de philosophie, que le ministère de l’éducation nationale a rendu publics une heure et quinze minutes après le début de l’épreuve.



Epreuve de philosophie du bac, mercredi 17 juin à Paris.
Épreuve de philosophie du bac, mercredi 17 juin à Paris. MARTIN BUREAU / AFP
 
Voici la formulation officielle des sujets tels qu’ils ont été soumis. Nous vous proposerons, à partir de ce mercredi midi, des corrigés de l’épreuve, avec notre partenaire digiSchool.

Les sujets du bac S 

- « Une œuvre d’art a-t-elle toujours un sens ? »

- « La politique échappe-t-elle à une exigence de vérité ? »

Les élèves ont aussi été invités à réfléchir sur un texte de Cicéron :
« Comment peut-on prévoir un événement dépourvu de toute cause ou de tout
indice qui explique qu’il se produira ? Les éclipses du soleil et de la lune sont
annoncées avec beaucoup d’années d’anticipation par ceux qui étudient à l’aide de calculs les mouvements des astres. De fait, ils annoncent ce que la loi naturelle réalisera. Du mouvement invariable de la lune, ils déduisent à quel moment la lune, à l’opposé du soleil, entre dans l’ombre de la terre, qui est un cône de ténèbres, de telle sorte qu’elle s’obscurcit nécessairement. Ils savent aussi quand la même lune en passant sous le soleil et en s’intercalant entre lui et la terre, cache la lumière du soleil à nos yeux, et dans quel signe chaque planète se trouvera à tout moment, quels seront le lever ou le coucher journaliers des différentes constellations. Tu vois quels sont les raisonnements effectués par ceux qui prédisent ces événements.

Ceux qui prédisent la découverte d’un trésor ou l’arrivée d’un héritage, sur
quel indice se fondent-ils ? Ou bien, dans quelle loi naturelle se trouve-t-il que cela arrivera ? Et si ces faits et ceux du même genre sont soumis à pareille nécessité, quel est l’événement dont il faudra admettre qu’il arrive par accident ou par pur hasard ? En effet, rien n’est à ce point contraire à la régularité rationnelle que le hasard, au point que même un dieu ne possède pas à mes yeux le privilège de savoir ce qui se produira par hasard ou par accident. Car s’il le sait, l’événement arrivera certainement ; mais s’il se produit certainement, il n’y a plus de hasard ; or le hasard existe : par conséquent, il n’y a pas de prévision d’événements fortuits. »

Cicéron, De la divination, Ier siècle avant J.-C.

Les sujets du bac ES

- « La conscience de l’individu n’est-elle que le reflet de la société à laquelle il appartient ? »

- « L’artiste donne-t-il quelque chose à comprendre ? »

Le commentaire de texte porte sur un extrait de Spinoza :
« Dans un État démocratique, des ordres absurdes ne sont guère à craindre, car il est presque impossible que la majorité d’une grande assemblée se mette d’accord sur une seule et même absurdité. Cela est peu à craindre, également, à raison du fondement et de la fin de la démocratie, qui n’est autre que de soustraire les hommes à la domination absurde de l’appétit et à les maintenir, autant qu’il est possible, dans les limites de la raison, pour qu’ils vivent dans la concorde et dans la paix. Ôté ce fondement, tout l’édifice s’écroule aisément. Au seul souverain, donc, il appartient d’y pourvoir ; aux sujets, il appartient d’exécuter ses commandements et de ne reconnaître comme droit que ce que le souverain déclare être le droit. Peut-être pensera-t-on que, par ce principe, nous faisons des sujets des esclaves ; on pense en effet que l’esclave est celui qui agit par commandement et l’homme libre celui qui agit selon son caprice. Cela cependant n’est pas absolument vrai ; car en réalité, celui qui est captif de son plaisir, incapable de voir et de faire ce qui lui est utile, est le plus grand des esclaves, et seul est libre celui qui vit, de toute son âme, sous la seule conduite de la raison. »
Baruch Spinoza, Traité théologico-politique (1670).

Les sujets du bac L 


- « Respecter tout être vivant, est-ce un devoir moral ? »

- « Suis-je ce que mon passé a fait de moi ? »

Le commentaire de texte porte sur un extrait d’Alexis de Tocqueville :
« Les croyances dogmatiques sont plus ou moins nombreuses, suivant les temps. Elles naissent de différentes manières et peuvent changer de forme et d’objet ; mais on ne saurait faire qu’il n’y ait pas de croyances dogmatiques, c’est-à-dire d’opinions que les hommes reçoivent de confiance et sans les discuter. Si chacun entreprenait lui-même de former toutes ses opinions et de poursuivre isolément la vérité dans des chemins frayés par lui seul, il n’est pas probable qu’un grand nombre d’hommes dût jamais se réunir dans aucune croyance commune.
Or, il est facile de voir qu’il n’y a pas de société qui puisse prospérer sans croyances semblables, ou plutôt il n’y en a point qui subsistent ainsi ; car, sans idées communes, il n’y a pas d’action commune, et, sans action commune, il existe encore des hommes, mais non un corps social. Pour qu’il y ait société, et, à plus forte raison, pour que cette société prospère, il faut donc que tous les esprits des citoyens soient toujours rassemblés et tenus ensemble par quelques idées principales ; et cela ne saurait être, à moins que chacun d’eux ne vienne quelquefois puiser ses opinions à une même source et ne consente à recevoir un certain nombre de croyances toutes faites.
Si je considère maintenant l’homme à part, je trouve que les croyances dogmatiques ne lui sont pas moins indispensables pour vivre seul que pour agir en commun avec ses semblables. »

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique (1840).

Le Monde, 16/06/2015.

samedi 9 mai 2015

BAC L ou BAC ELLES ? Par Olivia de Lamberterie

Comment dit -on « écrivaine » en novlangue ? Dans le projet du programme scolaire 2016, tel un inventaire à la Prévert qui aurait rencontré Jean-Claude Van Damme, on trouve bien une piscine – « milieu aquatique profond standardisé » –, un crayon – « instrument scripteur » –, des devoirs – « produire des messages » –, mais guère de littérature. 


Dans ce jargon pédagogique (dont l’apprentissage pourrait joyeusement remplacer celui du latin), on propose donc comme définition du mot auteure : « émetteur de sexe féminin qui, avec un instrument scripteur, proposerait un discours qui compte pour du beurre ». En effet, d’un coup de crayon sacrément inspiré, la dessinatrice (et grande lectrice) Diglee a observé, sur son blog, que toutes les œuvres imposées cette année à l’épreuve de littérature du bac L avaient été écrites par des hommes. Un malheureux fait du hasard ? Non, après avoir consulté les archives de l’Education nationale, la blogueuse a découvert qu’en treize ans, les trente-deux écrivains tombés au bac étaient tous des mâles.
Interrogé dans « Libération », le président de l’Association des professeurs de lettres se défend, que dis-je, s’apitoie : mes pauvres dames, les écrivaines ne courent pas les rues ! Ben oui, mon bon monsieur, pendant des siècles, les femmes étaient bonnes à faire le ménage en attendant le prince charmant, pas question pour elles de mettre le bout de leur pantoufle de vair dans une école ! Pour mémoire, il a fallu attendre 1861 pour qu’une femme obtienne le droit de passer son bac. Mais tout ce qui est rare n’est-il pas cher ? Plutôt que de jeter aux oubliettes de la littérature les courageuses qui ont osé prendre la plume plutôt qu’un balai, ne faudrait-il pas les mettre en avant pour respecter, au moins, la parité ? Mais alors, on va devoir mettre au programme « des écrivains de second ordre », se désole le même professeur de lettres dont on taira le nom par charité. Et comme on est décidément très charitable, on lui a préparé une liste (non exhaustive) : Christine de Pisan, Madame de La Fayette, Olympe de Gouges, Madame de Staël, George Sand, Colette, Elsa Triolet, Marguerite Yourcenar, Simone de Beauvoir, Marguerite Duras, Annie Ernaux. Une liste de premier ordre, parole de parent d’élève, pardon, en novlangue, parole de génitrice d’apprenant.