On l'appelle déjà " le sommet de Ban ", car c'est à titre personnel que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a invité les chefs d'Etat à se réunir, mardi 23 septembre à New York, à la veille de l'assemblée générale pour un sommet extraordinaire sur le climat. A quinze mois de la Conférence de Paris, où les 195 pays de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques ont rendez-vous pour signer le premier accord global impliquant tous les grands émetteurs de gaz à effet de serre, M. Ban veut donner un élan politique à des négociations toujours aussi difficiles.
Dans les rues de New York, où s'est déroulée, dimanche, une marche du peuple pour le climat qui a rassemblé plus de 300 000 personnes, Ban Ki-moon s'est joint au cortège citoyen pour demander aux dirigeants politiques d'agir. Ne pas répéter l'échec de Copenhague : le souvenir de la Conférence sur le climat de 2009, où les chefs d'Etat avaient, en vain, été appelés en sauveurs de la dernière heure, reste douloureux dans l'esprit de tous les négociateurs. En les interpellant aujourd'hui, Ban Ki-moon espère écarter ce scénario.
Les chefs d'Etat, qui ne se sont jamais réunis depuis leur mésaventure danoise, se montreront-ils à la hauteur des attentes ? En cinq ans, les émissionsde gaz à effet de serre ont battu record sur record pour atteindre une concentration jamais égalée en 2013. Le dérèglement climatique, à travers la multiplication de catastrophes naturelles, est devenu une réalité dans nombre de pays, à commencer par les deux premiers pays pollueurs de la planète : la Chine et les Etats-Unis.
De passage à Paris à la fin du mois d'août, Mary Robinson, l'envoyée spéciale des Nations unies pour le climat, résumait ainsi les trois critères qui permettront d'évaluer la réussite du sommet. Premièrement : les engagements que prendront les chefs d'Etat. Deuxièmement : l'argent mobilisé, notamment pour le Fonds vert promis à Copenhague pour aider les pays en développement à s'adapter aux impacts du changement climatique et financer leur transition énergétique. Ses caisses sont quasiment vides, alors que l'objectif était de mobiliser 100 milliards de dollars (environ 78 milliards d'euros) par an d'ici à 2020.