mercredi 25 novembre 2020

L’ONU reconnaît officiellement l’utilité médicale du cannabis

Le cannabis et ses dérivés restent toutefois, selon la législation internationale, des substances considérées comme favorisant fortement l’abus, au même titre que la cocaïne.

La Commission des stupéfiants des Nations unies (CND), l’organe qui décide quelles substances sont considérées comme des drogues au vu du droit international, a approuvé, mercredi 2 décembre, la « reclassification » du cannabis et de sa résine dans les conventions internationales, reconnaissant de fait son utilité médicale.

Jusqu’ici, le cannabis et sa résine étaient considérés selon leur classement dans l’annexe IV de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961, la catégorie la plus restrictive, où sont répertoriées les substances qui favorisent fortement l’abus et ont un très faible, voire aucun, intérêt médical. Ce n’est plus le cas après le vote très serré (27 pour, 25 contre, 1 abstention) lors de la 63e session de la CND, qui a suivi les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Cette dernière a demandé en 2019, études scientifiques à l’appui, d’enlever ces substances de l’annexe IV, car elles présentent « un potentiel thérapeutique ». Désormais, le cannabis pourra être utilisé dans la fabrication de médicaments, au même titre que l’opium ou la morphine, sans que son utilisation soit découragée par l’ONU, comme c’était le cas jusqu’alors.

mardi 17 décembre 2019

La COP25 s’achève sur un accord a minima, sans apporter de réponses sur les points essentiels

La COP25 s’est terminée dans un air de déception ce dimanche 15 décembre. La conférence climat de l’ONU n’a pas été à la hauteur de l’urgence climatique, adoptant un accord a minima sans s’entendre sur des points essentiels en raison des réticences de certains Etats. 


Au terme de deux semaines de négociations difficiles, la conférence organisée à Madrid a échoué à trouver un accord sur les règles des marchés carbone internationaux, dernier volet du manuel d’utilisation de l’Accord de Paris de 2015.

Après une année marquée par des catastrophes climatiques tout azimut, les appels vibrants de millions de jeunes descendus dans la rue derrière la jeune Suédoise Greta Thunberg, et des rapports scientifiques toujours plus glaçants, les quelque 200 signataires de l’Accord de Paris étaient sous une pression sans précédent pour cette COP25 présidée par le Chili mais délocalisée à Madrid en raison de la crise qui frappe le pays d’Amérique du sud.
Mais au terme de cette conférence qui a débordé de plus de 40 heures son programme initial, tout le monde n’a pas vu dans les textes adoptés dimanche le reflet de cette demande d’actions radicales et immédiates.

Le texte final appelle effectivement à des « actions urgentes » pour réduire l’écart entre les engagements et les objectifs de l’accord de Paris de limiter le réchauffement à +2 °C, voire +1,5 °C. Mais le langage est « tortueux » et le résultat « médiocre », a estimé Catherine Abreu, du Climate Action Network.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est dit « déçu », regrettant « une importante occasion ratée ». « La communauté internationale a perdu une occasion importante de faire preuve d’une ambition plus grande, en matière d’atténuation, d’adaptation et de financement face à la crise climatique », a-t-il déploré. « Nous ne devons pas abandonner », a-t-il ajouté.

« Les principaux acteurs dont on espérait des avancées n’ont pas répondu aux attentes », a déclaré Laurence Tubiana, architecte de l’Accord de Paris, notant toutefois que l’alliance des Etats insulaires, européens, africains et latino-américains, avait permis d’« arracher le moins mauvais résultat possible, contre la volonté des grands pollueurs. »

Les 3 °C semblent inévitables

Le premier texte sur les ambitions présenté samedi par la présidence chilienne avait provoqué une levée de bouclier de ces Etats, forçant à un nouveau round de consultations. « Aujourd’hui les citoyens du monde nous demandent d’aller plus vite et mieux, que ce soit en matière de finance, d’adaptation, de réduction des émissions », a déclaré la ministre chilienne de l’Environnement Carolina Schmidt.
Au rythme actuel des émissions de CO2, le mercure pourrait gagner jusqu’à 4 ou 5 °C d’ici la fin du siècle. Et même si les quelque 200 signataires de l’Accord de Paris respectent leurs engagements, le réchauffement pourrait dépasser les 3 °C.

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L'Observateur, 15/12/2019.
Article intégral en ligne : https://www.nouvelobs.com

lundi 22 septembre 2014

Climat : Ban Ki-moon presse les Etats d'agir

On l'appelle déjà " le sommet de Ban ", car c'est à titre personnel que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a invité les chefs d'Etat à se réunir, mardi 23 septembre à New York, à la veille de l'assemblée générale pour un sommet extraordinaire sur le climat. A quinze mois de la Conférence de Paris, où les 195 pays de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques ont rendez-vous pour signer le premier accord global impliquant tous les grands émetteurs de gaz à effet de serre, M. Ban veut donner un élan politique à des négociations toujours aussi difficiles.


Dans les rues de New York, où s'est déroulée, dimanche, une marche du peuple pour le climat qui a rassemblé plus de 300 000 personnes, Ban Ki-moon s'est joint au cortège citoyen pour demander aux dirigeants politiques d'agir. Ne pas répéter l'échec de Copenhague : le souvenir de la Conférence sur le climat de 2009, où les chefs d'Etat avaient, en vain, été appelés en sauveurs de la dernière heure, reste douloureux dans l'esprit de tous les négociateurs. En les interpellant aujourd'hui, Ban Ki-moon espère écarter ce scénario.
Les chefs d'Etat, qui ne se sont jamais réunis depuis leur mésaventure danoise, se montreront-ils à la hauteur des attentes ? En cinq ans, les émissionsde gaz à effet de serre ont battu record sur record pour atteindre une concentration jamais égalée en 2013. Le dérèglement climatique, à travers la multiplication de catastrophes naturelles, est devenu une réalité dans nombre de pays, à commencer par les deux premiers pays pollueurs de la planète : la Chine et les Etats-Unis.
De passage à Paris à la fin du mois d'août, Mary Robinson, l'envoyée spéciale des Nations unies pour le climat, résumait ainsi les trois critères qui permettront d'évaluer la réussite du sommet. Premièrement : les engagements que prendront les chefs d'Etat. Deuxièmement : l'argent mobilisé, notamment pour le Fonds vert promis à Copenhague pour aider les pays en développement à s'adapter aux impacts du changement climatique et financer leur transition énergétique. Ses caisses sont quasiment vides, alors que l'objectif était de mobiliser 100 milliards de dollars (environ 78 milliards d'euros) par an d'ici à 2020.