samedi 20 juillet 2019

Don du sang : les règles imposées aux hommes homosexuels allégées

Le délai à respecter avant tout don, de douze mois après la dernière relation sexuelle, sera réduit à quatre mois à partir de février 2020. 


C’est la dernière étape avant que les hommes homosexuels ne rentrent dans le droit commun en matière de don du sang. Le ministère de la santé a annoncé, mercredi 17 juillet, la réduction – à partir du 1er février 2020 – de douze à quatre mois du délai permettant de donner son sang après la dernière relation sexuelle entre hommes. La « disparition de la référence à l’orientation sexuelle au profit de la recherche d’un comportement individuel à risque » devrait ensuite être envisagée à « l’horizon 2022 ».
Aujourd’hui, lors de l’entretien préalable à un don du sang, une personne hétérosexuelle se voit interdite de donner si elle a eu plus d’un partenaire sexuel au cours des quatre mois précédents. Un homme ayant des relations sexuelles avec des hommes, même s’il est en couple stable, est « présumé » à risque et ne doit donc pas avoir eu de relation sexuelle au cours des douze mois précédents.

Lors d’un don du sang  à Tours, en 2017.
Lors d’un don du sang  à Tours, en 2017. GUILLAUME SOUVANT / AFP

Cette période d’abstinence avait été la condition fixée par Marisol Touraine, la ministre des affaires sociales et de la santé de François Hollande, pour ouvrir, en juillet 2016, le don du sang aux hommes homosexuels. Cette démarche leur était interdite depuis 1983, le nombre de personnes contaminées par le VIH étant 65 fois plus élevé chez les gays que chez les hétérosexuels, et le taux d’incidence de la maladie (nombre de nouvelles infections enregistrées) étant 200 fois plus élevé, selon les chiffres de l’Institut de veille sanitaire (actuel Santé publique France) en 2015. Or, même si toutes les poches de sang sont testées, le virus n’est pas détectable dans le sang pendant douze jours.
Douze mois, « c’est le délai au terme duquel nous sommes certains, d’après les éléments scientifiques dont nous disposons actuellement, que le niveau de risque est identique entre homosexuels et hétérosexuels », avait expliqué Mme Touraine. La ministre présentait alors cette décision comme une première étape. « S’il n’y a pas de risques, les règles qui s’appliquent aux homosexuels seront rapprochées des règles générales l’année qui suit », soit en 2017, annonçait-elle dans Le Monde en novembre 2015.

jeudi 15 juin 2017

Journée mondiale du don de sang : un geste qui reste irremplaçable

l n’existe aujourd’hui aucun traitement ni médicament de synthèse capable de se substituer au sang humain et aux produits sanguins labiles (PSL), issus des dons de sang. Cet acte volontaire et bénévole reste donc toujours irremplaçable. Pour remercier les donneurs qui se mobilisent tout au long de l’année mais aussi et surtout, pour inciter de nouveaux donneurs potentiels à se déplacer, la Journée mondiale des donneurs de sang (JMDS) a lieu chaque année le 14 juin depuis 2004. Cette date symbolique a été choisie pour rendre hommage à Karl Landsteiner, médecin et biologiste autrichien, qui a découvert les groupes sanguins et les a classés en système ABO.




don du sang
Seulement 4% des Français en âge de donner leur sang (18 à 70 ans),
l'ont fait dans les douze derniers mois
, précise l’Établissement français du sang.



112,5 millions de dons de sang sont collectés chaque année dans le monde, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, des dons qui sauvent des vies. Mais la possibilité de recevoir une transfusion de sang varie énormément d'un pays à l'autre. Tout système de santé efficace doit absolument disposer d’un service qui permette aux patients d’accéder à du sang et à des produits sanguins sécurisés en quantité suffisante, rappelle ainsi l'OMS, qui constate pourtant que dans de nombreux pays, les services de transfusion sanguine sont confrontés à la nécessité de trouver suffisamment de sang, tout en en assurant la qualité et la sécurité. Quelques chiffres attestent de cette réalité : Près de 47% de ces dons de sang sont collectés dans les pays à revenu élevé qui représentent moins de 19% de la population mondiale.
Que pouvez-vous faire? Donner du sang. Donner maintenant. Donner souvent, martèle l’organisation, à l’origine de la Journée Mondiale des donneurs de sang, qui tombe ce mercredi cette année. L’OMS espère, par cet événement, éveiller les consciences de nouveaux donneurs. Le sang est une ressource précieuse, pour les traitements programmés comme pour les interventions urgentes. Il peut aider à prolonger la vie de patients souffrant de maladies mortelles et à améliorer leur qualité de vie. Le sang est aussi utilisé lors d’actes médicaux et chirurgicaux complexes. Celui-ci est également essentiel pour traiter les blessés dans les situations d’urgence de toutes sortes (catastrophes naturelles, accidents, conflits armés...) et joue un rôle vital dans les soins maternels et périnatals.

10 000 dons de sang sont nécessaires chaque jour pour soigner 1 million de patients, en France.

Don de sang : où en est la France ? 

A, B, O, certaines lettres ont plus de pouvoir que d’autres, peut-on lire sur l’une des affiches de la nouvelle campagne lancée à l’occasion de la Journée mondiale des donneurs de sang 2017. Tout le monde est incité à donner, quel que soit son groupe sanguin.  Il faut dire que 10 000 dons de sang sont nécessaires chaque jour en France pour soigner 1 million de patients. Le défi chaque année ? Trouver sans cesse de nouveaux donneurs. Seulement 4% des Français en âge de donner leur sang (18 à 70 ans), l'ont fait dans les douze derniers mois, précise l’Etablissement français du sang. La France compte environ 1,6 million de donneurs qui fréquentent les centres de collecte en moyenne 1,8 à 1,9 fois par an. Cela représente trois millions de dons. Le problème,  c’est que tous les ans, 170.000 donneurs sortent de nos fichiers parce qu'atteints par la limite d'âge de 70 ans. L'enjeu est donc de recruter des gens jeunes et de les fidéliser, explique François Toujas président de l'EFS. Une tâche pas si facile : 66% des 300 000 nouveaux donneurs accueillis chaque année sont jeunes (moins de 30 ans) mais  parmi les nouveaux donneurs, seulement 25% s'inscrivent dans la durée. Le renouvellement des dons est pourtant nécessaire en raison de la durée de vie limitée des produits sanguins : cinq jours pour les plaquettes (pour la coagulation), 42 jours pour les globules rouges et un an pour le plasma. L'EFS surveille ainsi en permanence l’état des réserves et tire régulièrement la sonnette d’alarme pour sensibiliser le plus grand nombre sur la nécessité de donner son sang.
Les Français sont-ils au point côté groupe sanguin ? Pas vraiment, si l’on en croit une enquête Opinionway réalisée en mars 2017 auprès d'un échantillon représentatif de 1 042 personnes de 18 ans et plus : Si près de 9 Français sur 10 déclarent connaître leur groupe sanguin, 1 sur 5 cite un groupe sanguin erroné (AO, BO...), rapporte-elle. Heureusement, comme le rappelle l’EFS, il n’est pas nécessaire de connaître son groupe sanguin pour donner son sang. Toute transfusion est précédée d’analyses permettant d’assurer la comptabilité et la sécurité du receveur. L’EFS a besoin de donneurs de tous les groupes pour répondre à la diversité rencontrée chez les malades en assurant la sécurité et la comptabilité. C’est tout l’enjeu de cette nouvelle campagne. L’EFS avait déjà profité de la récente élection présidentielle pour éveiller les consciences.

lundi 11 juillet 2016

Le don du sang officiellement ouvert aux homosexuels

Depuis lundi 11 juillet, les homosexuels peuvent donner leur sang, mettant fin à une interdiction vieille de trente ans. Une nouveauté qui s’accompagne toutefois dans un premier temps – au moins un an selon la ministre – de conditions très strictes, notamment l’abstinence pendant douze mois, une exigence qui ne s’applique pas pour les hétérosexuels. Ces conditions suscitent des critiques d’associations homosexuelles et de plusieurs partis.

L’exclusion permanente des dons du sang des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes avait été instituée en 1983 en raison des risques du sida. La ministre s’était engagée dès 2012 à revenir sur cette interdiction, conformément à la promesse faite par François Hollande avant la présidentielle.

« Par étapes »

« Donner son sang est un acte de générosité, de citoyenneté, qui ne peut être conditionné à une orientation sexuelle. Dans le respect de la sécurité absolue des patients, c’est aujourd’hui un tabou, une discrimination qui sont levés », avait déclaré la ministre de la santé, Marisol Touraine, lors de la présentation de ces mesures aux associations de défense des homosexuels, en novembre dernier.

Pour garantir la sécurité des receveurs, ce changement se fait « par étapes ». Lundi 11 juillet marque « la fin de l’exclusion permanente des homosexuels du don ». Depuis cette date, le « don de sang total » – la forme la plus courante où toutes les composantes du sang (cellules et plasma) sont prélevées – est ouvert aux hommes qui n’auront pas eu de relations homosexuelles depuis douze mois, après un questionnaire et un entretien. « Cette décision garantit la sécurité du don du sang », avait souligné Mme Touraine pour « rassurer les receveurs ».

Actuellement, dix à quinze donneurs sont diagnostiqués séropositifs chaque année, soit un risque « résiduel » de l’ordre de 1 pour 3 500 000 dons. Le dernier cas de contamination d’un receveur date d’il y a treize ans.


21 000 donneurs supplémentaires


Ce dispositif permettra de mener une étude sur ces nouveaux donneurs. Si l’absence de risques est confirmée, les règles du don pour les homosexuels (ou les hommes ayant eu au moins un rapport avec un autre homme) se rapprocheront en 2017 de celles appliquées aux autres donneurs.

La fin de l’exclusion des homosexuels permettra d’avoir 21 000 donneurs supplémentaires, soit 37 000 dons de plus (sur la base de trois dons en moyenne par an et par donneur), estime la direction générale de la santé. En 2014, 1,6 million de personnes ont donné leur sang en France.

Le Monde, 11/07/2016.