samedi 20 avril 2019

Solidarité. Cantine à 1 euro, des miettes pour les enfants pauvres ?

Fin avril, le gouvernement va expérimenter la cantine à 1 euro et les petits déjeuners gratuits pour les enfants de familles pauvres, avant de les généraliser en septembre. Le diagnostic est juste, mais la mesure passera sans doute à côté. Un cas d’école avec ce gouvernement.


Après Jupiter, Emmanuel Macron se prend pour Pierre Mendès France. En 1954, le président du Conseil d’alors organise la distribution gratuite d’un bol de lait sucré à tous les écoliers de France. Cinq ans après la disparition des tickets de rationnement, les enfants sont encore dénutris et leurs parents ont tendance à croire que le pinard ou la bière, ça rend fort et vigoureux… Soixante-cinq ans plus tard, Emmanuel Macron lui aussi veut laisser une trace : un petit déjeuner gratuit et une cantine à 1 euro pour les familles les plus pauvres.

Le président avait promis un accès à la cantine « plus universel », en septembre, en présentant son plan de prévention et de lutte contre la pauvreté… Sa secrétaire d’État Christelle Dubos l’a – un peu – précisé dans « le Journal du dimanche ». L’expérimentation commencera « fin avril » pour la cantine à 1 euro. « Cela concernera jusqu’à 10 000 communes. » « L’objectif est de garantir aux familles en difficulté des repas équilibrés pour leurs enfants en milieu scolaire », explique le gouvernement. Pour les petits déjeuners gratuits, le top départ est donné le 17 avril dans huit académies, puis généralisé en septembre. « Une mesure de bon sens qui s’attaque aux racines des inégalités. Dans les zones défavorisées, un enfant sur dix arrive en classe le ventre vide, il n’a donc pas les mêmes chances d’apprentissage qu’un camarade qui a le ventre plein », a expliqué la secrétaire d’État.