Dans
un rapport publié mercredi, l’association Médecins du monde dresse le
bilan de ses opérations menées dans l’hexagone en 2018.
L’association Médecins du monde réclame un «changement de cap» et une
«inflexion des politiques régressives à l’égard des populations les
plus fragiles», notamment migrants et étrangers, qui voient leurs
conditions de vie et de santé se dégrader, selon un rapport publié
mercredi 16 octobre, à la veille de la journée mondiale du refus de la
misère. «Les politiques publiques ne sont pas à la hauteur des enjeux, voire
ne sont pas une priorité du gouvernement», déplore en préambule du
rapport Yannick Le Bihan, directeur des opérations France de l’ONG. «Nous constatons que les conditions de vie de ces personnes (les plus
précaires) se sont globalement dégradées depuis le début du
quinquennat. Il est impératif d’opérer un changement de cap»,
souligne-t-il, en dénonçant notamment «la volonté de(s) dirigeants de
remettre en cause l’universalité de l’accès à la santé» et des
«dispositifs d’hébergement de réinsertion sociale, d’urgence, d’accueil
des demandeurs d’asile (...) insuffisants».
24.000 personnes reçues
Ce rapport sur l’accès aux droits et aux soins synthétise l’activité
des 62 programmes menés par Médecins du monde en 2018 sur 33 sites de
France métropolitaine et Outre-mer. En 2018, 24.072 personnes ont
notamment été reçues dans les centres d’accueil, de soins et
d’orientation (Caso), majoritairement des jeunes (47% ont entre 18 et 34
ans) et des hommes (64,2%). Dans la quasi-totalité des cas (97,3%), ces
personnes sont de nationalité étrangère, originaires essentiellement
d’Afrique subsaharienne (49,8%) et du Maghreb (23,5%). Près de 62% des personnes accueillies sont en situation irrégulière.
Et plus d’un tiers des étrangers en situation régulière sont en
situation administrative précaire, avec un titre de séjour de moins de
six mois «et peuvent basculer rapidement dans l’irrégularité», souligne
l’association.
Aggravation des conditions de vie et de santé
D’une manière générale, elle relève «une aggravation des conditions
de vie et de santé des exilés avec une augmentation des espaces
d’indignité dans toutes les métropoles françaises», conséquence
notamment selon elle de la loi Asile immigration de 2018. Cette loi, «loin de proposer une amélioration des conditions
d’accueil (...) se concentre sur le schéma national de répartition des
demandeurs d’asile et prévoit de nombreux cas de retrait des conditions
matérielles d’accueil en cas de non-respect des orientations en région
proposées aux demandeurs d’asile», déplore l’ONG.
«Les menaces récurrentes contre l’Aide médicale de l’État (AME) - qui
garantit l’accès aux soins des personnes étrangères en situation
irrégulière - sont le reflet d’une instrumentalisation des enjeux de
santé au service d’autres politiques et notamment d’une politique
migratoire répressive», ajoute Yannick Le Bihan. L’ONG s’inquiète également de la part des mineurs reçus en Caso qui
«a augmenté progressivement au cours des dix dernières années». Les 3564
mineurs accueillis l’an dernier, d’un âge moyen de 10,9 ans,
représentent 14,8% de la file active totale de ces centres. Ils sont
principalement originaires d’Afrique subsaharienne (54,5%), notamment de
Guinée (17,7%) et de Côte d’Ivoire (13,7%). La plupart d’entre eux sont «en situation d’errance et de grande
précarité sans pouvoir accéder aux mesures de protection dont ils
doivent bénéficier en France». Près de 40% d’entre eux vivent dans des
conditions très précaires, sans domicile fixe (31%) ou vivant en squat
ou bidonville (8%).
14,7% de la population avait un niveau de vie inférieur au seuil de
pauvreté en 2018, selon l’Insee. Soit une augmentation de 0,6 point par
rapport à 2017.
C’est une mauvaise
nouvelle, alors que ce jeudi est la journée internationale pour
l’élimination de la pauvreté. Selon les estimations de l’Insee, 14,7% de
la population en France (+ 0,6 point sur un an) aurait un niveau de vie
inférieur au seuil de pauvreté en 2018. Ils sont désormais 9,3 millions à déclarer un revenu disponible inférieur à 60% du niveau médian.
L’Insee
l’explique par plusieurs facteurs: d’abord, par la hausse de ce revenu
médian, «en lien avec des salaires relativement dynamiques et
l’augmentation des revenus financiers». Les mesures sur les
prélèvements, comme la baisse de la taxe d’habitation,
la bascule CSG/cotisations et l’extension du crédit d’impôt pour
l’emploi de salariés à domicile aux retraités «bénéficieraient davantage
aux ménages au-dessus du seuil de pauvreté». Et «contribueraient donc à
la hausse du seuil et du taux de pauvreté», poursuit l’Insee - alors
que les mesures sur les minima sociaux (revalorisation de l’allocation
de solidarité aux personnes âgées et de l’allocation aux adultes
handicapés) jouent au contraire pour une baisse du taux de pauvreté.
«Mais
c’est la baisse des allocations logement dans le parc HLM qui aurait le
plus fort effet», note l’Institut. Elle contribue à la hausse du taux
de pauvreté pour 0,4 point. «Sans prendre en compte la baisse des
allocations logement, la hausse du taux de pauvreté au seuil de 60 %
serait plus modérée (+ 0,2 point en 2018) et 9,1 millions de personnes
seraient en situation de pauvreté monétaire», souligne l’Insee. À noter
que la réduction des loyers dans le parc social visant à compenser la
baisse des allocations n’a en effet pas été prise en compte car elle
n’entre pas, par définition, dans la mesure des niveaux de vie.
Parallèlement,
les inégalités ont augmenté l’an dernier. La masse des niveaux de vie
détenue par les 20% de personnes les plus aisées est désormais 4,4 fois
plus importante que celle détenue par les 20 % les plus modestes - alors
que ce chiffre était de 4,3 depuis 2013. La hausse des inégalités est
liée à deux phénomènes: la hausse des inégalités avant redistribution
(expliquée notamment par la très forte hausse de certains revenus des
capitaux mobiliers, notamment des dividendes perçus par les ménages,
souvent les plus favorisés financièrement) et celle liée aux mesures
socio-fiscales.
Fin
avril, le gouvernement va expérimenter la cantine à 1 euro et les
petits déjeuners gratuits pour les enfants de familles pauvres, avant de
les généraliser en septembre. Le diagnostic est juste, mais la mesure
passera sans doute à côté. Un cas d’école avec ce gouvernement.
Après
Jupiter, Emmanuel Macron se prend pour Pierre Mendès France. En 1954,
le président du Conseil d’alors organise la distribution gratuite d’un
bol de lait sucré à tous les écoliers de France. Cinq ans après la
disparition des tickets de rationnement, les enfants sont encore
dénutris et leurs parents ont tendance à croire que le pinard ou la
bière, ça rend fort et vigoureux… Soixante-cinq ans plus tard, Emmanuel
Macron lui aussi veut laisser une trace : un petit déjeuner gratuit et
une cantine à 1 euro pour les familles les plus pauvres.
Le président avait promis un accès à la cantine « plus
universel », en septembre, en présentant son plan de prévention et de
lutte contre la pauvreté… Sa secrétaire d’État Christelle Dubos l’a – un
peu – précisé dans « le Journal du dimanche ». L’expérimentation
commencera « fin avril » pour la cantine à 1 euro. « Cela concernera
jusqu’à 10 000 communes. » « L’objectif est de garantir aux familles en
difficulté des repas équilibrés pour leurs enfants en milieu scolaire »,
explique le gouvernement. Pour les petits déjeuners gratuits, le top
départ est donné le 17 avril dans huit académies, puis généralisé en
septembre. « Une mesure de bon sens qui s’attaque aux racines des
inégalités. Dans les zones défavorisées, un enfant sur dix arrive en
classe le ventre vide, il n’a donc pas les mêmes chances d’apprentissage
qu’un camarade qui a le ventre plein », a expliqué la secrétaire
d’État.
Rendu
public hier, le rapport de l’Insee sur « La France dans l’Union
européenne » affine ses données sur la pauvreté, avec les notions de
privation et de sous-emploi.
Après
plus d’un an de travail, l’Insee a dévoilé hier les principaux
indicateurs économiques et sociaux de la France au sein de l’Union
européenne. Avec un focus spécifique sur les profils de la pauvreté. En
pleine crise des gilets jaunes, de nouveaux critères permettent
d’affiner le regard sur les différentes formes et ressentis de pauvreté
en France et dans les autres pays de l’Union européenne. « Nous avons
analysé la pauvreté monétaire et la privation matérielle et sociale, qui
sont deux approches différentes de la pauvreté, explique Julien Blasco,
économiste et spécialiste des inégalités. La première se fonde sur le
revenu des ménages, la seconde sur les conditions de vie. » Ce nouvel
indicateur de privation matérielle et sociale, établi en 2017, dresse
une série de treize éléments de la vie courante considérés comme
souhaitables, voire nécessaires, pour avoir un niveau de vie acceptable
(ne pas avoir d’impayés, pouvoir se payer une semaine de vacances, une
voiture, changer les meubles hors d’usage ou se payer des vêtements
neufs…).
En France, 5,5 % de la population cumule pauvreté
monétaire et privation matérielle et sociale, contre 50 % des
populations bulgare et roumaine, touchées par au moins une forme de
pauvreté. Par conséquent, la France a le sixième taux le plus bas de
pauvreté monétaire de l’Union européenne (13,6 %) et un taux de
privation matérielle et sociale médian (12,7 %).
En revanche, avec 9,4 % de sa population sans emploi en
2017, elle se situe parmi les six pays les plus touchés par le chômage,
après la Grèce, l’Espagne, la Croatie, l’Italie et Chypre. Côté
ressenti, l’insatisfaction y atteint 19 %, soit un taux proche de celui
du Royaume-Uni et de l’Allemagne, et supérieur à celui des autres pays
de l’Europe du Nord et de l’Ouest. « Ce taux élevé peut être corrélé aux
12,7 % de Français touchés par la privation matérielle et sociale »,
analyse Julien Blasco. En Europe, la Bulgarie et la Roumanie atteignent
le taux le plus élevé de privation matérielle et sociale avec 47 %.
Les ravages de l’emploi subi, à l’échelle européen
Qu’en est-il des personnes pauvres en France ? 90 % de
celles vivant en situation de privation matérielle et sociale sont des
familles monoparentales au chômage. Ces données se reflètent au niveau
européen : ces familles sont trois fois plus touchées que les couples
sans enfants par la pauvreté et les chômeurs sont quatre fois plus
touchés que les personnes en emploi par la pauvreté. Enfin, le rapport
met en lumière une catégorie dites « main-d’œuvre sous-utilisée ». Ce
sont les personnes sans emploi qui souhaiteraient travailler davantage,
c’est-à-dire soit trouver un emploi, soit sortir du temps partiel subi.
Elles sont 17,7 % (3 millions) en France, qui fait ainsi partie des sept
pays les plus affectés par le phénomène. A contrario, la République
tchèque est le pays qui affiche le taux le plus faible (4,2 %). Sans
surprise, les difficultés d’accès à un emploi pérenne sont plus
fréquentes chez les femmes. Leur part en recherche d’emploi stable
était, en 2017, de 4,6 points supérieure à celle des hommes pour
l’ensemble des pays de l’UE. La France est l’un de ceux où cet écart est
le plus élevé (5,5 points). Et le rapport constate que « quel que soit
le niveau de diplôme, là encore, les femmes sont plus souvent affectées
par la sous-utilisation de la main-d’œuvre ».
Encore
une fois le Défenseur des Droits alerte sur le refus de soins aux
titulaires de la CMU-C, l’ACS et l’AME et de façon générale aux pauvres.
C’est illégal et discriminatoire. Voici ce qu’il faut faire quand ça
arrive.
Le refus de soigner les bénéficiaires de la CMU-C, de l’ACS et de l’AME pour les personnes étrangères en situation irrégulière est une réalité que dénonce une nouvelle fois le Défenseur des Droits Pourquoi ?
Parce que c’est illégal et discriminatoire.
En effet, la loi dit bien que :
- aucune personne ne peut faire l’objet de discrimination dans
l’accès aux soins. Un professionnel de santé ne peut pas refuser de
soigner une personne au motif qu’elle est bénéficiaire de la CMU-C ou de
l’AME (aide médicale de l’Etat) - article L1110-3 du code de la santé publique - c’est d’ailleurs sanctionné par les articles 225-1 à 225-4 du code pénal - toute personne doit bénéficier des soins les plus adaptés à son état de santé – article L1110-5 du code de la santé publique - Le médecin doit écouter, examiner, conseiller ou soigner avec la
même conscience toutes les personnes quels que soient leur origine,
leurs moeurs et leur situation de famille, leur appartenance ou leur
non-appartenance à une ethnie, une nation ou une religion déterminée,
leur handicap ou leur état de santé, leur réputation ou les sentiments
qu'il peut éprouver à leur égard. Il doit leur apporter son concours en
toutes circonstances. Il ne doit jamais se départir d'une attitude
correcte et attentive envers la personne examinée - article R4127-7 du code de la santé publique qui figure article 7 du code de déontologie médicale. Ces obligations légales et déontologiques, ce n’est pas la première
fois que le Défenseur des Droits les rappelle. Deux exemples : - etude-des-pratiques-medicales-et-dentaires-entre-differenciation-et-discrimination - avril 2017 - rapport au Premier ministre - 2014
Pourquoi la loi n’est pas respectée ?
Parce que les praticiens (médecins, dentistes, ophtalmos etc.) qui
refusent les soins aux « pauvres » ne sont pas sanctionnés ni par la
sécu ni par la loi et n’ont que faire de la déontologie. Quelques
exemples : - refus verbal de recevoir un patient CMU-C, ACS ou AME - renvoi du patient vers un ou une autre médecin, un hôpital ou un centre de santé, - refus d’établir un devisquand c’est obligatoire - comportement discriminatoire (proposer un rendez-vous en fin de
journée après les autres patients ou prise en charge différente…) - dépassements d'honoraires alors que c’est interdit pour ce type de patients.
Comment réagir ?
Le dépliant du Défenseur des Droits explique comment Agir contre les refus de soins Certes ce type de patients ni ne savent ni n’osent porter
plainte. Ils peuvent toutefois en parler autour d’eux et doivent savoir
qu’ils ont la possibilité (en toute discrétion) de : - appeler le service de leur assurance maladie Santé Info vos droits
au 0 810 004 333 ou 01 53 62 40 30 OU contacter leur caisse d’assurance
maladie ou de MSA, - écrire au directeur de l’assurance maladie à l’adresse de leur
caisse de sécurité sociale ou de MSA. L’article L1110-3 du code de la
santé publique confirme que « toute personne qui est victime d’un refus
de soins illégitime peut saisir le directeur de l’organisme local
d’assurance maladie ».
Selon un baromètre Ipsos-Secours populaire, 21 % des sondés déclarent ne
pas pouvoir s’offrir une alimentation saine et 41 % ont du mal à partir
en vacances une fois par an.
Le dernier baromètre Ipsos-Secours
populaire, publié mardi, souligne l’ampleur de la précarité alimentaire
en France, qui touche une personne sur cinq. Un peu plus
d’un cinquième des Français sondés (21 %) ont, en effet, déclaré ne pas
être en mesure de s’offrir une alimentation saine leur permettant de
faire trois repas par jour et 27 % ont admis ne pas avoir les moyens
financiers de s’acheter quotidiennement des fruits et légumes. C’est
dans les foyers les plus modestes que cette tendance est la plus
marquée. Ainsi, plus d’un français sur deux dont les revenus mensuels
sont inférieurs à 1 200 euros a déclaré avoir des difficultés à payer la
cantine de ses enfants et près d’un sur deux (48 %) estime avoir des
difficultés à se procurer une alimentation variée. Par
ailleurs, ils sont une écrasante majorité (86 %) à estimer que la
précarité alimentaire est le signe d’une situation de pauvreté.
Difficultés pour payer les actes médicaux
De
façon générale, le Secours populaire souligne que la situation
financière d’une partie des Français s’est améliorée par rapport à 2017,
tout en pointant qu’ils sont 39 % (+ 2 % par rapport à 2017) à déclarer
avoir déjà connu une situation de pauvreté. Quant au
seuil de pauvreté, il n’y a pas d’évolution notable par rapport à 2017 :
les Français considèrent qu’une personne seule est pauvre quand elle a
un revenu mensuel inférieur ou égal à 1 118 euros, soit cinq euros de
plus que l’année précédente. Cette année encore, le sondage révèle que les vacances et la culture restent des postes de dépenses « problématiques » pour de nombreux Français. Ils sont 41 % à admettre avoir du mal à partir en vacances une fois par an (45 % en 2017). Et
près d’un Français sur trois reconnaît avoir du mal à payer des actes
médicaux mal remboursés (56 % chez les bourses les plus modestes). A
noter également qu’ils sont plus de 80 % à penser que leurs enfants
seront plus vulnérables face à la pauvreté que leur génération.
Le taux est en légère baisse, de 0,2 point, par rapport à 2015, ce qui,
selon l’Insee, « s’explique principalement » par la prime d’activité
créée sous le quinquennat Hollande.
En 2016, la France comptait
8,8 millions de pauvres, soit 14 % de la population, selon des chiffres
publiés par l’Institut national de la statistique et des études
économiques (Insee) mardi 11 septembre. Ce taux monte à 19,8 % pour les
moins de 18 ans.
Sont considérées comme pauvres
par l’Insee les personnes seules qui perçoivent moins de 1 026 euros
par mois, c’est-à-dire 60 % du revenu médian de la population, qui est
de 1 710 euros par mois en 2016. Parmi celles qui sont en dessous de ce
revenu médian, près de 5 millions ont moins de 855 euros mensuels pour
vivre.
Le taux de pauvreté globale est toutefois en légère baisse, de
0,2 point, par rapport à celui constaté en 2015, ce qui selon l’Insee « s’explique principalement par la mise en place de la prime d’activité » – une aide aux travailleurs et travailleuses à revenus modestes créée au début de 2016. « Depuis
2008, on constate une reprise lente de la pauvreté, mais aussi un
problème d’irréversibilité. C’est-à-dire qu’il n’y a pas plus de
pauvres, mais qu’on a du mal à en sortir », explique Jérôme Vignon, président de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (Onpes).
Plan pauvreté présenté jeudi
« La situation vis-à-vis de la pauvreté reste très liée au statut d’activité »,
souligne l’institut des statistiques. Ainsi, en 2016 la pauvreté
touchait 38,3 % des chômeurs, 6,4 % des salariés et 7,7 % des actifs
occupés. Mais la situation familiale joue également un grand rôle dans
le risque d’être confronté à des difficultés matérielles. Ainsi,
34,8 % des familles monoparentales sont pauvres — ce qui représente
deux millions de personnes — soit un taux quatre fois plus élevé que les
couples avec un ou deux enfants. A partir de trois enfants, en
revanche, le taux de pauvreté des familles en couple augmente très
nettement, à 23,9 %.
Ce rapport a été publié deux jours avant les annonces prévues jeudi par le président de la République, Emmanuel Macron, sur la stratégie de lutte contre la pauvreté
du gouvernement. Lundi, le chef de l’Etat a passé cinq heures dans un
centre ATD Quart monde pour rencontrer des personnes touchées par la
grande pauvreté.
« Il y aura de la dépense pour accompagner mieux les personnes vers leur émancipation », a promis la ministre de la santé et des solidarités, Agnès Buzyn, évoquant « une stratégie ambitieuse » qui cherche à surmonter les « obstacles qui maintiennent les personnes dans la précarité » comme la santé, le logement, le transport ou l’accès à la garde d’enfant.
[Le défi de la pauvreté] La pauvreté frappe 13,6 % des Français et 19,1 % des moins de 18 ans. Un plan d’action est attendu mi-septembre. Premier volet de notre enquête.
Il appelle cela la « scoumoune ». « La dèche, quoi », précise Damien Moreau, la petite vingtaine, le ton goguenard. « La panade, la mierda, la super-glu des galères. » Rasé de près, il enfourche son vélo pour rejoindre l’ami avec qui il partage un studio, près de Paris. Depuis qu’il a décroché de son BTS vente, il alterne inactivité et petits boulots. « Des jobs de livreur en autoentrepreneur, des contrats courts. » Les bons mois, il tourne autour de 1 100 euros. Les autres, il « bidouille ». « Je fais gaffe à tout. Je repère les plans gratuits pour sortir quand même avec les copains : on me prend pour un écolo radin, un militant de la décroissance, sourit-il. J’aime autant, ça sonne plus chic que pauvre. Même si j’ai l’habitude : la scoumoune, je suis né dedans, et mes parents, tous deux au chômage, aussi. » Emmanuel Macron, lui, appelle cela les « inégalités de destin ». « Selon l’endroit où vous êtes né, la famille où vous avez grandi, votre destin est le plus souvent scellé », déclarait-il le 9 juillet, pour défendre son ambitieux plan antipauvreté. Celui-ci était attendu cet été, dans la foulée des concertations entamées fin 2017 par le délégué interministériel dédié au sujet, Olivier Noblecourt. Il sera finalement présenté mi-septembre. Distribution de petits-déjeuners gratuits dans les écoles, allongement de la période obligatoire de formation de 16 à 18 ans ou, encore, versement unique des allocations... Si les pistes évoquées sont jugées prometteuses par les associations, certaines redoutent néanmoins que les moyens dégagés ne soient pas à la hauteur. Car les signaux envoyés par l’exécutif sont ambigus. En juin, le président a qualifié de « pognon de dingue » les sommes consacrées aux minima sociaux. Si le minimum vieillesse (833 euros) sera revalorisé de 35 euros en 2019 et 2020, les allocations familiales, APL et pensions progresseront de 0,3 % seulement sur ces deux années, soit moins que l’inflation. Sera-t-il possible de renforcer la lutte contre la pauvreté tout en serrant la vis sur certaines prestations ? (...) Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr Source : LE MONDE | 04.09.2018
Un
peu plus d'un cinquième des Français sondés (21%) ont déclaré ne pas
être en mesure de s'offrir une alimentation saine leur permettant de
faire trois repas par jours et 27% ont admis ne pas avoir les moyens
financiers de s'acheter quotidiennement des fruits et légumes.
Mais
c'est chez les foyers les plus modestes que cette tendance est la plus
marquée. Ainsi, plus d'un Français sur deux dont les revenus mensuels
sont inférieurs à 1.200 euros a indiqué avoir des difficultés à payer la
cantine de ses enfants et près d'un sur deux (48%) estime avoir des
difficultés à se procurer une alimentation variée.
Par
ailleurs, ils sont une écrasante majorité (86%) à estimer que la
précarité alimentaire est le signe d'une situation de pauvreté.
Les vacances, un poste de dépenses "problématique"
De
façon générale, le Secours populaire souligne que la situation
financière d'une partie des Français s'est améliorée par rapport à 2017,
tout en pointant qu'il sont 39% (+2% par rapport à 2017) à déclarer
avoir déjà connu une situation de pauvreté.
Quant
au seuil de pauvreté, il n'y a pas d'évolution notable par rapport à
2017 : les Français considèrent qu'une personne seule est pauvre quand
elle a un revenu mensuel inférieur ou égal à 1.118 euros, soit cinq
euros de plus que l'année précédente.
Cette
année encore, le sondage révèle que les vacances et la culture restent
des postes de dépenses "problématiques" pour de nombreux Français. Ils
sont 41% à admettre avoir du mal à partir en vacances une fois par an
(45% en 2017).
Et
près d'un Français sur trois reconnaît avoir du mal à payer des actes
médicaux mal remboursés (56% chez les bourses les plus modestes).
A
noter également qu'ils sont plus de 80% à penser que leurs enfants
seront plus vulnérables face à la pauvreté que leur génération.
Enfin,
à quelques mois des élections européennes et alors que le
renouvellement du Fond européen d'assistance aux démunis (FEAD),
arrivant à échéance en 2020, n'est pas assuré, 75% des sondés
considèrent que l'UE "ne s'investit pas beaucoup" dans la lutte contre
la précarité alimentaire.
Sondage réalisé par téléphone du 22 au 26 juin 2018 sur un
échantillon de 1.016 personnes constituant un échantillon représentatif
de la population française âgée de 15 ans et plus.
La
France compte 8,8 millions de pauvres, selon l'Insee. Les familles
monoparentales, les chômeurs, les jeunes, mais aussi les agriculteurs et
les artisans commerçants sont particulièrement touchés. 65% des pauvres
vivent dans les grandes villes.
Alors qu'Emmanuel Macron a dévoilé son plan pauvreté ce jeudi, Le Figaro
fait le point sur les grands chiffres et les principaux enseignements
relatifs à la pauvreté en France. La récente étude de l'Insee sur les niveaux de vie en 2016, l'édition 2018 de l'étude de l'Insee sur «Les revenus et le patrimoine des ménages», ainsi que les travaux de l'Observatoire des inégalités donnent un aperçu détaillé de la situation. Voici ce qu'il faut savoir :
• Un seuil de pauvreté à 1026 euros par mois Selon
l'Insee, le seuil de pauvreté monétaire en France s'élevait à 1026 euros
par mois en 2016. Ce chiffre correspond à 60% du niveau de vie médian
de la population. Le niveau de vie médian - qui sépare la population
française en deux parts égales - était de 1710 euros par mois en 2016.
• 8,8 millions de pauvres La
France comptait 8,8 millions de pauvres en 2016, selon l'Insee. En
d'autres termes, 8,8 millions de personnes vivaient sous le seuil de
pauvreté monétaire - qui s'élève donc à 1026 euros par mois - en 2016.
• Un taux de pauvreté à 14% En
2016, le taux de pauvreté était de 14%, en baisse de 0,2 point par
rapport à 2015. Cette légère baisse s'explique par la mise en place de
la prime d'activité, estiment les experts de l'Insee. Au plus bas, en
2004, le taux de pauvreté français atteignait 12,8 %, contre 17,9 % en
1970. Malgré cette relative stabilité du taux de pauvreté, le nombre de
pauvres a tout de même augmenté d'un million entre 2005 et 2015.
Le
baromètre Ipsos/Secours populaire, publié hier, s’est intéressé à la
précarité alimentaire. De plus en plus fréquente, elle est un marqueur
de pauvreté.
C’est
un appel à « la résistance » qu’a lancé Julien Lauprêtre, président du
Secours populaire français (SPF), lors de la présentation de la
12e édition du baromètre de la pauvreté Ipsos/Secours populaire
français, hier dans les locaux parisiens de l’association, dans le
18e arrondissement, aux côtés de Thierry Marx, chef étoilé et parrain de
la campagne Pauvreté-Précarité. Ce baromètre retranscrit la manière
dont la pauvreté est définie et vécue par les Français. Cette année, le
Secours populaire s’est focalisé sur la précarité alimentaire.
Neuf Français sur dix considèrent qu’avoir des difficultés
régulières à se procurer une alimentation saine est le signe d’une
situation de pauvreté, selon l’étude. Des parcours de vie brisés ont
incité près de trois millions de personnes à pousser les portes du SPF
en 2017. C’est ce qu’a fait Suzanne, 40 ans, il y a huit mois. Une étape
difficile pour celle qui n’aurait « jamais pensé avoir besoin de (se)
faire aider », confie-t-elle. Suzanne est en fin de chômage et bénéficie
de l’allocation de solidarité spécifique. Insuffisant pour subvenir aux
besoins de ses quatre enfants. Séparée de son compagnon, elle a espéré
une aide de sa part jusqu’au dernier moment et vécu sur ses économies :
« J’ai épuisé tout ce que j’avais de côté, alors j’ai arrêté par exemple
de leur acheter des jouets. » Jamais elle n’évoque cette situation avec
ses enfants.