mardi 19 décembre 2017

Apogée et déclin de la pilule, tabou de la stérilisation : 50 ans de contraception en France

La loi Neuwirth, qui autorise le contrôle des naissances, fut votée par l’Assemblée nationale le 19 décembre 1967.


Le 19 décembre 1967, l’Assemblée nationale en votant favorablement pour la proposition de loi du député Lucien Neuwirth autorisait la contraception. Cinquante ans après, comment les Françaises et les Français envisagent-ils le contrôle des naissances ?

De la contraception à l’avortement : une légalisation par étapes

La proposition de loi défendue en 1967 par le député Lucien Neuwirth autorise la fabrication et l’importation de contraceptifs en France, de manière très encadrée : sur ordonnance, en pharmacie, avec consentement écrit des parents pour les personnes mineures. La propagande antinataliste reste interdite.
Le texte constitue une révolution par rapport à la loi de 1920 qui punissait de prison toute distribution de moyens de contrôle des naissances (avortement ou contraception) ou toute information sur des « procédés propres à prévenir la grossesse ».
  • 1974 : remboursement de la pilule
Les décrets d’application permettant la distribution de la pilule ou du stérilet tardent à venir, entre 1969 et 1972, et ce n’est qu’après une seconde loi, en 1974, qu’ils sont remboursés par la Sécurité sociale.
  • 1975 : l’Interruption volontaire de grossesse autorisée
En 1975, la loi Veil légalise l’interruption volontaire de grossesse (IVG), mais il faut aussi attendre sept ans pour que l’intervention soit prise en charge par l’Assurance-maladie, en 1982.
  • 1999 : la « pilule du lendemain »
Enfin, depuis la loi de 1999, la contraception d’urgence (« pilule du lendemain ») est disponible dans les pharmacies sans prescription médicale.

La pilule reste le premier moyen de contraception en France.
La pilule reste le premier moyen de contraception en France. MYCHÈLE DANIAU / AFP

En cinquante ans, l’apogée et le déclin de la pilule

Avant 1967, la contraception était officiellement interdite en France. Pourtant, la plupart des couples limitaient déjà les naissances par le retrait ou coït interrompu (pratiqué par 31,8 % des couples en âge de concevoir), par l’abstinence périodique (18 %) ou par le recours au préservatif (10 %), comme le montre une étude publiée par l’Institut national d’études démographiques (INED) sur « Cinquante ans de contraception légale en France ».
La pilule et le dispositif intra-utérien (stérilet), deux méthodes médicales apparues en France dans les années 1960 se développent rapidement. Par sa facilité d’usage, la pilule s’érige en symbole de la libération de la femme. A la fin des années 1980, l’épidémie de sida augmente le recours au préservatif masculin, qui devient aussi moyen de contraception, en particulier en début de vie sexuelle ou lors de rapports avec un nouveau ou une nouvelle partenaire.
La pilule reste de loin la contraception la plus fréquente, plébiscitée par 57 % des femmes en 2000 et plus de 53 % en 2010, malgré l’apparition d’autres méthodes hormonales (anneaux, implants, patchs). Mais un scandale sanitaire lié à la pilule dite « de troisième génération », accusée de provoquer des embolies ou thromboses, provoque une désaffection rapide pour la pilule (seulement 43 % des femmes en 2016) au profit notamment du stérilet.
 
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Article intégral en ligne : http://www.lemonde.fr
Source : Le Monde, 19/12/2017.

dimanche 1 octobre 2017

CONTRACEPTION Toujours moins de pilule

Quatre ans après, la « crise de la pilule » continue de faire effet sur les pratiques contraceptives féminines. Suite à la plainte d’une jeune femme contre un laboratoire, le ministère de la Santé avait décidé début 2013 de ne plus rembourser les pilules de troisième et quatrième générations.


A l’occasion de la journée mondiale de la contraception qui se déroule aujourd’hui, Santé Publique France a publié les données du « Baromètre santé 2016 ». Elle confirme le reflux progressif de la pilule. Si cette dernière reste le moyen le plus fréquent de contraception, elle n’était plus utilisée que par une femme sur trois en 2016, contre quatre sur dix en 2010. Cette baisse profite en premier lieu au stérilet (DIU), et secondairement au préservatif et à l’implant, dont les fréquence d’utilisation augmentent nettement sur la période. Les autres méthodes (patch/anneau, diaphragme, cape, retrait...) restent rares.

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Source : Alternatives économiques.
Article intégral en ligne : https://www.alternatives-economiques.fr

samedi 30 septembre 2017

Contraception : la pilule, oui, mais de moins en moins

Les dernières données de l'agence Santé publique France montrent que la désaffection envers la pilule contraceptive se poursuit, au profit notamment des dispositifs intra-utérins.

La contraception reste, en France, très largement médicalisée. C’est l’enseignement majeur de données passionnantes que révèle l’agence sanitaire Santé publique France (1), ce lundi matin, à l’occasion de la Journée mondiale de la contraception, le 26 septembre, et cinquante ans après la légalisation de la contraception en France par la loi Neuwirth.

Nos experts de santé publique se sont posé deux questions basiques : d’abord, quelles sont les méthodes utilisées par les femmes en France ? Ensuite, ces méthodes ont-elles évolué, et en particulier depuis la «crise des pilules» de 2012 où des centaines de plaintes avaient été déposées contre les pilules de troisième et quatrième générations en raison de leur risque éventuel de thrombose ?

Trio gagnant : pilule, préservatif et dispositif intra-utérin

De fait, dans les méthodes contraceptives, le trio gagnant reste le préservatif, la pilule et le DIU (dispositif intra-utérin). Il n’empêche qu’à l’intérieur de ce trio, il y a de fortes évolutions, directement liées aux polémiques sur les effets secondaires des pilules de dernière génération en 2012. Si la pilule reste le moyen contraceptif le plus utilisé, son utilisation continue de baisser : en 2010, 45% des femmes utilisaient la pilule comme moyen de contraception, elles ne sont plus que 40,5% en 2013, et 36,5% en 2016. Des données, plutôt très fiables, provenant d’une enquête auprès d’un échantillon de 15 216 personnes âgées de 15 à 75 ans. Et les analyses portent sur 4 315 femmes âgées de 15 à 49 ans concernées par la contraception.
Qu’en déduire ? Est-ce un mouvement de fond ? Ou une adaptation qui se poursuit ? Depuis cinquante ans, le paysage contraceptif a en tout cas fortement évolué, rappelle Santé publique France. Depuis 1967, avec la légalisation de la contraception, les méthodes se sont progressivement diversifiées (implant, patch, anneau vaginal…). Et les femmes ont désormais plus d’une dizaine de choix possibles. «Pour autant, bien que l’éventail de solutions se soit élargi, c’est un peu toujours le même schéma contraceptif qui demeure : le préservatif à l’entrée dans la sexualité, la pilule au moment de la mise en couple, remplacée par le DIU une fois le nombre d’enfants désirés atteint», note Santé publique France.
Comme l’écrivait déjà la spécialiste Nathalie Bajos, épidémiologiste à l’INSERM, en 2014, «le débat médiatique de fin 2012, début 2013 sur les pilules n’a pas entraîné de désaffection vis-à-vis de la contraception : parmi les femmes concernées, seules 3% d’entre elles n’utilisaient aucun moyen contraceptif en 2013, soit la même proportion qu’en 2010 ».

Un report vers le DIU

Si l’on reste sur l’usage de la pilule, son recul, donc, se poursuit et il est significatif, mais celle-ci reste toujours la méthode de contraception la plus utilisée, en particulier chez les moins de 25 ans. Pour autant, on assiste à un report vers d’autres méthodes. En 2017, «cette désaffection profite aux autres moyens de contraception, notamment au DIU (+6,9 points), au préservatif (+4,7 points) et à l’implant (+1,9 point)».
Dans cette évolution, «ce sont parmi les 20-29 ans que les plus grands changements sont observés depuis 2010». Quand on s’attarde sur les femmes de 20-24 ans, l’utilisation de la pilule diminue ainsi de façon progressive entre 2010 et 2016, le report se faisant au profit de différentes méthodes : le DIU dont l’utilisation a fortement augmenté entre 2010 et 2013 (+3,6 points), l’implant qui a fortement progressé entre 2013 et 2016 (+5,5 points).
Chez les femmes de 25 à 29 ans, la baisse importante de l’utilisation de la pilule entre 2010 et 2013 s’est faite largement au profit du DIU (+9,8 points) et du préservatif (+8,6 points). Les femmes de 25 à 29 ans utilisent désormais le DIU dans les mêmes proportions que les femmes de 30 à 34 ans en 2010. Pour devenir même ensuite le premier contraceptif utilisé.

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Libération, 25/09/2017.
Article intégral en ligne : http://www.liberation.fr/france/2017/09/25/contraception-la-pilule-oui-mais-de-moins-en-moins_1598677