lundi 12 octobre 2015

Que va changer le « droit à l’oubli bancaire » pour les anciens malades du cancer ?

C’était une disposition importante du troisième plan cancer, lancé en 2014 par le gouvernement. Dans la nuit du mercredi 30 septembre au jeudi 1er octobre, les sénateurs ont voté, comme les députés en avril, un amendement encadrant le « droit à l’oubli » pour les anciens malades du cancer. La mesure vise à faciliter la signature de contrat d’assurance et de prêt immobilier pour ces personnes considérées comme des « emprunteurs à risque ». 

 
Les anciens malades du cancer ont actuellement des difficultés à obtenir des prêts bancaires, jusqu'à quinze ans après leur guérison.
Les anciens malades du cancer ont actuellement des difficultés à obtenir  des 
prêts bancaires, jusqu'à quinze ans après leur guérison. PHILIPPE HUGUEN / AFP

Que dit la loi santé sur le « droit à l’oubli » ?

En ajoutant à la loi santé la convention Aeras (assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé), les sénateurs ont adopté en première lecture le principe d’un « droit à l’oubli » pour les anciens malades du cancer. Demandé depuis plusieurs années par les malades et les associations, il permet aux patients dont le traitement est terminé depuis au moins dix ans de contracter un contrat d’assurance ou un prêt à la consommation sans avoir à communiquer d’historique médical.

Ce que dit le texte : 

« Le délai au-delà duquel aucune information médicale ne peut être recueillie par les organismes assureurs ne peut excéder dix ans après la date de fin du protocole thérapeutique définie par l’Institut national du cancer. »
L’idée d’un « droit à l’oubli » apparaît en 2014 dans le troisième plan cancer, lancé par François Hollande avec l’objectif de permettre aux personnes « qui ont été frappées par le cancer de mener une vie normale ». Signée en mars 2015, la convention Aeras fixait ce droit quinze ans après la fin du dernier traitement, période ramenée à cinq ans pour des patients âgés de moins de 15 ans.

Le Monde, Simon Auffret, 02/10/2015. 

samedi 14 février 2015

Plan Cancer: un bilan d'étape axé sur le dépistage

Un premier bilan d'étape pour le 3e plan cancer (2014-2019) est remis ce vendredi. Il met l'accent sur les actions prévues pour améliorer les dépistages et la prévention. 

 
Ce "premier rapport de suivi" est remis ce vendredi matin au Président de la République par Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, Geneviève Fioraso, secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, et le Pr Agnès Buzyn, présidente de l’Institut national du cancer. Un an après le lancement de ce troisième plan cancer, ce rapport entend  améliorer les dépistages et aussi intensifier les politiques de prévention contre les cancers, notamment en réduisant le tabagisme. L'Institut national du cancer (INCa) qui est responsable du "pilotage" de ce plan en 185 points, a assuré qu'une "grande majorité des actions programmées respectait le planning prévu".
Toutefois des retards majeurs (plus de trois mois de retard sur le planning prévu) sont notamment relevés dans "l'identification des cancers d'origine professionnelle pour permettre leur reconnaissance en maladie professionnelle".


afp/Philippe Huguen

Dépistage et prévention

Le plan a ainsi prévu la mise en place d'un "dépistage systématique" chez les femmes pour le cancer du col de l'utérus qui touche chaque année 3000 personnes et fait plus de 1.000 morts. L'objectif affiché est de réduire cette mortalité de 30% en dix ans.  "2014 a permis d'engager rapidement les actions nécessaires" à la mise en place de ce dépistage, indique le rapport d'étape. Des études sont en cours pour évaluer les implications économiques et médicales d'un tel programme.
Ce 3e plan cancer affiche également l'objectif de "doubler" d'ici à cinq ans le recours aux vaccins préventifs anti-HPV, recommandés mais non obligatoires, chez les jeunes filles, pour prévenir la survenue d'un cancer du col.  Une étude sur les "effets secondaires" de la vaccination anti-HPV a été engagée en 2014 et sera publiée en 2015 afin de proposer une "stratégie de vaccination", note le rapport d'étape. 
Autre effort mis en avant, le dépistage du cancer du poumon chez les fumeurs par scanner sera l'objet en France d'une évaluation et d'une expérimentation. "Des travaux récents ont montré l'intérêt d'un dépistage du cancer du poumon chez le fumeur par scanner à faible dose, avec une réduction de la mortalité" explique le rapport d'étape. Un plan de dépistage du cancer colorectal qui sera également déployé au cours du premier trimestre 2015.
« Droit à l’oubli ». C’est une mesure promise il y a un an par François Hollande pour permettre aux anciens malades de reprendre une vie normale après le cancer. Bien que guéris, ils restent fortement pénalisés par les assurances et les banques. Ce point est présent dans ce bilan d’étape qui annonce, enfin, le lancement de travaux, avec l’appui d’une mission de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS), afin de documenter les probabilités de survie et les modèles de guérison après un cancer, pour faire évoluer l’appréciation du risque par les assureurs.
Document à télécharger : rapport_plan_cancer.pdf
 
L'Humanité, 13/02/2015.