dimanche 1 avril 2018

La mortalité par cancers continue de baisser en Europe

Les chercheurs constatent des progrès pour l’un des plus meurtriers, le cancer colorectal, grâce au dépistage et à sa prise en charge.
On observe une baisse de la mortalité par cancers, pour les principaux d’entre eux, dans la majorité des pays d’Europe. De bonnes nouvelles donc dans les projections pour 2018 publiées lundi 19 mars dans les Annals of Oncology à partir des données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).


Globalement, la mortalité standardisée sur l’âge, pour tenir compte du vieillissement de la population, baisse de 10 % chez les hommes et de 5 % chez les femmes. Une baisse observée dans quasiment tous les cancers. Les seules hausses sont le cancer du pancréas, pour les deux sexes, et le cancer du poumon pour les femmes. Les chercheurs estiment, sur la base de l’évolution des taux de mortalité des différents cancers depuis 1988, que près de 5 millions de vies ont été sauvées en Europe, 3,3 millions de femmes et 1,6 million d’hommes.

Des efforts de recherche à poursuivre

Une satisfaction prudente, car comme le souligne le rédacteur en chef de la revue scientifique, le Pr Fabrice André (Gustave-Roussy, Villejuif), «en même temps que cette étude suggère qu’améliorer le dépistage et la qualité des soins se traduit par de meilleurs résultats, elle nous rappelle aussi que 1,4 million de patients en Europe mourront d’un cancer en 2018 et qu’il faut amplifier les efforts de recherche».
Les chercheurs ont comparé les taux de mortalité par cancer dans les 28 États membres de l’Union européenne avec un focus cette année sur l’un des plus meurtriers, le cancer colorectal.



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Article intégral en ligne : http://sante.lefigaro.fr
Source : Le Figaro santé, 20/03/2018.

mardi 7 mars 2017

Des chiens capables de renifler des cancers

Deux chiens dressés par le programme Kdog de l’Institut Curie ont identifié 100% des femmes qui avaient une tumeur au sein. Un premier test qui va être suivi d’un essai plus important, sur 1000 femmes.


Une infirmière intriguée par l’odeur des plaies causées par des cancers du sein. Un éducateur canin spécialisé dans la détection d’explosifs. Voici l’équipe originale montée par l’Institut Curie avec l’aide d’une campagne de financement participatif pour évaluer deux chiens capables de renifler le cancer.
Thor et Nykios sont pourtant loin d’être des anges. «Ce ne sont pas des chiens calmes et obéissants, car tout leur apprentissage est basé sur le jeu», s’amuse Isabelle Fromantin, infirmière et docteur en sciences à l’Institut Curie à l’origine du projet Kdog. Plus de six mois après le lancement de l’expérience, les toutous ont fait montre d’un talent étonnant: parmi 130 lingettes imbibées de sueur, le duo a pu identifier 100% des 79 fournies par des femmes à qui venait d’être diagnostiqué un cancer du sein, et qui n’avaient pas encore démarré de traitement. Des données qu’Isabelle Fromantin vient de présenter aux membres de l’Académie de médecine avec le Dr Séverine Alran, chef de l’unité de chirurgie ambulatoire de l’hôpital parisien de l’Institut.

Un budget de 50.000 euros par an

Tout est parti d’une thèse, pour laquelle l’infirmière étudiait les relations entre les bactéries peuplant les plaies tumorales et les composés organiques volatils s’en dégageant. «L’odeur la plus similaire, c’est celle des cadavres, assène l’infirmière. Or la police utilise des chiens pour chercher des corps. Ça a été ma première rencontre avec ces animaux.» En se plongeant dans la littérature scientifique, elle a découvert quelques travaux sur le sujet. Le premier d’entre eux remonte à 1989. Hywel Williams, professeur de dermatologie à l’Université de Nottingham, décrit dans le Lancet le cas d’une patiente venue pour un grain de beauté sur la jambe dont elle ne s’inquiétait pas particulièrement, jusqu’à ce que son chien se mette à le renifler frénétiquement. Il s’agissait d’un mélanome. Puis, Isabelle Fromantin a rencontré Jacky Experton, éducateur canin. «J’avais ce projet en tête depuis plusieurs années, raconte ce dernier. Il a fallu adapter l’entraînement par rapport à ce que je connais de la détection d’explosifs. La difficulté avec les cancers est que l’on ne sait pas quelle odeur on doit enseigner au chien. Au départ, on ne savait même pas si tous les cancers du sein avaient une odeur commune. Il semblerait que oui, et c’est déjà un résultat extraordinaire!»
«Thor et Nykios ont ce truc un peu magique qui leur permet de discriminer les composés volatils émis par le cancer» 
Isabelle Fromantin, infirmière et docteur en sciences à l’Institut Curie
«Utiliser cette capacité des chiens à détecter des cancers n’était alors que l’une des hypothèses évoquées dans ma thèse», se souvient Isabelle Fromantin. De là à creuser le sujet… «Comme beaucoup de monde, j’étais plutôt branchée nouvelles technologies, en l’occurrence nez électronique.» Mais l’infirmière se convainc vite que ces derniers restent encore peu fiables et trop chers. Les chiens, eux, semblent se jouer des odeurs concurrentes émises par la peau. Et pour les patientes les contraintes sont légères: il leur suffit de porter pendant une nuit, contre la peau, une lingette qui sera ensuite présentée à l’animal. «Les nez électroniques, c’est sans doute l’avenir, conclut la chercheuse. Mais en attendant, il y a les chiens!»Ne lui faites pourtant pas dire que la truffe est l’avenir de la mammographie. Les chiens «ne remplaceront évidemment jamais cet examen», et un diagnostic «canin» devra toujours être confirmé par des moyens plus conventionnels. Les chiens pourraient en revanche être utiles au dépistage, lorsque la mammographie est difficile à réaliser et surtout «dans des pays à faible revenus. Dans certains endroits d’Afrique ou d’Amérique du Sud, il n’y a tout simplement pas d’appareils à échographies. Des chiens, cela serait toujours mieux que rien…»
L’équipe espère pouvoir lancer une étude clinique avec quatre chiens et mille femmes. «Nous devons travailler sur les critères de sélection des chiens», dit la chercheuse. Les exercices deviennent aussi plus complexes, avec notamment la capacité à ne rien détecter lorsque aucun cancer n’est présenté. «Pour l’instant, ça se passe très bien.» 80.000 euros auront été nécessaires pour la preuve de concept, mais Isabelle Fromantin estime que l’entretien de deux animaux et le salaire de leur éducateur devraient coûter aux alentours de 50.000 euros par an.

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Le Figaro, 06/03/2017.
Article intégral en ligne : http://sante.lefigaro.fr/article/des-chiens-capables-de-renifler-des-cancers

mercredi 19 octobre 2016

Pourquoi le dépistage du cancer du sein fait-il débat ?

Il est le cancer le plus fréquent chez les femmes. Le cancer du sein fait chaque année près de 12 000 morts mais son dépistage est critiqué depuis des années. Pour tenter de l’améliorer et face aux demandes de nombreuses associations, il va faire l’objet d’une «  rénovation profonde  » pour le rendre « plus personnalisé ». Une annonce faite par le ministère de la santé le 3  octobre dernier.

Pour comprendre cette décision et ses enjeux, nous recevons en plateau deux spécialistes, la Suzette de la Loge, cancérologue et spécialiste du cancer du sein à l’Institut de cancérologie Gustave-Roussy à Villejuif, et Vincent Renard, président du Conseil ­scientifique du Collège national des généralistes enseignants.

Source : Le Monde.fr

 


dimanche 17 avril 2016

Hépatite C : bientôt des tests de dépistage rapide en France

Déjà utilisés pour détecter le VIH, les nouveaux TROD vont permettre de détecter le virus de l'hépatite C en 15 minutes à partir d'une goutte de sang. 

Six ans après avoir été autorisés pour le sida, des tests rapides de dépistage vont prochainement être mis à la disposition des associations et des centres de soins pour détecter le virus de l'hépatite C chez les dizaines de milliers de personnes qui ignorent qu'elles sont infectées.
«Les tests devraient être disponibles dès le mois de mai», a indiqué mardi Jérôme André, le directeur de HF Prévention, une association qui organise depuis plusieurs années des opérations de dépistage rapide du sida dans les populations les plus à risques, lors d'une conférence de presse organisée à Paris.
Connus sous le nom de TROD (test rapide d'orientation et de diagnostic), les tests, qui seront proposés gratuitement, doivent permettre de déceler le virus de l'hépatite C (VHC) en une quinzaine de minutes à partir d'une goutte de sang prélevée au niveau du doigt.

Transmission sanguine

 

Si elle n'est pas traitée à temps, l'infection par le VHC va aboutir progressivement à des cirrhoses ou à des cancers du foie. Mais elle augmente également le risque de diabète et de maladies cardiovasculaires, selon le Pr Jean-Pierre Bronowicki, hépatologue. Selon l'Institut de veille sanitaire (InVS), quelque 400.000 personnes ont au total été infectées par le VHC en France dont 230.000 touchées par des formes chroniques. Parmi celles-ci, quelque 75.000 ignoraient en 2014 qu'elles avaient été infectées, contre plus de 100.000 en 2004.
Le VHC reste encore largement méconnu des Français, comme le montre un sondage Ifop dont les résultats ont été rendus publics mardi: une personne sur cinq seulement s'est fait dépister dans sa vie, tandis que près de 80% ignorent que la transmission du virus se fait exclusivement par voie sanguine. La principale voie de contamination reste aujourd'hui le partage de matériels (seringues, cuillère, coton imbibé...) entre toxicomanes. Le virus peut également être transmis lors de rapports sexuels «traumatiques» sans préservatif, précise Jérôme André. 

La question du traitement

 

Il ajoute que comme dans le cas du sida, son association ira «au plus près des populations à risque» en dépêchant des unités mobiles dans les forêts, les parkings, les aires d'autoroute. Les tests VHC seront également proposés dans les centres commerciaux «selon des critères très précis» pour tenter de repérer les personnes qui ignorent qu'elles sont infectées (en grande majorité des hommes âgés de 18 à 60 ans).
Une fois le diagnostic posé, il restera la question de savoir quels patients pourront bénéficier des traitements coûteux, mais très efficaces, arrivés sur le marché ces dernières années. «Je crains que 80% des personnes nouvellement dépistées ne soient pas traitées, car souffrant de formes mineures», déplore le Dr Pascal Mélin, président de l'association de patients SOS hépatites Fédération. Les traitements innovants sont pour l'instant réservés en France aux formes les plus sévères, en dépit des protestations des associations et des médecins, qui réclament son extension à tous les patients «afin d'éradiquer la maladie».

Par figaro iconAFP agence - le 12/04/2016 

jeudi 17 septembre 2015

Dépistage du virus du sida à domicile : une « bonne nouvelle » et quelques risques

Annoncés depuis des mois, les tests de dépistage de l’infection au VIH sont en vente libre en France dans les pharmacies depuis le mardi 15 septembre. Commercialisés depuis trois ans aux Etats-Unis et depuis mai au Royaume-Uni, ils permettent, à partir d’une goutte de sang collectée sur le bout du doigt, de déterminer soi-même, en quinze à trente minutes, s’il y a ou non contamination.




Marisol Touraine présente un kit de dépistage d'infection au VIH dans une pharmacie de Paris le 14 septembre 2015.
Marisol Touraine présente un kit de dépistage d'infection auVIH
 dans une pharmacie de Paris le 14 septembre 2015. BERTRAND GUAY / AFP

L’enjeu n’est pas mince. Nombre de personnes échappent au dépistage en France. Sur les 150 000 personnes vivant avec le VIH aujourd’hui, environ 20 %, soit 30 000 personnes, ignorent leur séropositivité. Conséquence : le nombre de nouvelles contaminations atteint 7 000 à 8 000 personnes chaque année. « Il faut trouver de nouvelles manières de favoriser les dépistages », indique Marisol Touraine, la ministre de la santé, pour qui cet autotest doit servir à « aller vers les populations moins réceptives aux outils classiques de prévention ».


Le Monde, 15/09/2015, Pascale Santi

samedi 14 février 2015

Plan Cancer: un bilan d'étape axé sur le dépistage

Un premier bilan d'étape pour le 3e plan cancer (2014-2019) est remis ce vendredi. Il met l'accent sur les actions prévues pour améliorer les dépistages et la prévention. 

 
Ce "premier rapport de suivi" est remis ce vendredi matin au Président de la République par Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, Geneviève Fioraso, secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, et le Pr Agnès Buzyn, présidente de l’Institut national du cancer. Un an après le lancement de ce troisième plan cancer, ce rapport entend  améliorer les dépistages et aussi intensifier les politiques de prévention contre les cancers, notamment en réduisant le tabagisme. L'Institut national du cancer (INCa) qui est responsable du "pilotage" de ce plan en 185 points, a assuré qu'une "grande majorité des actions programmées respectait le planning prévu".
Toutefois des retards majeurs (plus de trois mois de retard sur le planning prévu) sont notamment relevés dans "l'identification des cancers d'origine professionnelle pour permettre leur reconnaissance en maladie professionnelle".


afp/Philippe Huguen

Dépistage et prévention

Le plan a ainsi prévu la mise en place d'un "dépistage systématique" chez les femmes pour le cancer du col de l'utérus qui touche chaque année 3000 personnes et fait plus de 1.000 morts. L'objectif affiché est de réduire cette mortalité de 30% en dix ans.  "2014 a permis d'engager rapidement les actions nécessaires" à la mise en place de ce dépistage, indique le rapport d'étape. Des études sont en cours pour évaluer les implications économiques et médicales d'un tel programme.
Ce 3e plan cancer affiche également l'objectif de "doubler" d'ici à cinq ans le recours aux vaccins préventifs anti-HPV, recommandés mais non obligatoires, chez les jeunes filles, pour prévenir la survenue d'un cancer du col.  Une étude sur les "effets secondaires" de la vaccination anti-HPV a été engagée en 2014 et sera publiée en 2015 afin de proposer une "stratégie de vaccination", note le rapport d'étape. 
Autre effort mis en avant, le dépistage du cancer du poumon chez les fumeurs par scanner sera l'objet en France d'une évaluation et d'une expérimentation. "Des travaux récents ont montré l'intérêt d'un dépistage du cancer du poumon chez le fumeur par scanner à faible dose, avec une réduction de la mortalité" explique le rapport d'étape. Un plan de dépistage du cancer colorectal qui sera également déployé au cours du premier trimestre 2015.
« Droit à l’oubli ». C’est une mesure promise il y a un an par François Hollande pour permettre aux anciens malades de reprendre une vie normale après le cancer. Bien que guéris, ils restent fortement pénalisés par les assurances et les banques. Ce point est présent dans ce bilan d’étape qui annonce, enfin, le lancement de travaux, avec l’appui d’une mission de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS), afin de documenter les probabilités de survie et les modèles de guérison après un cancer, pour faire évoluer l’appréciation du risque par les assureurs.
Document à télécharger : rapport_plan_cancer.pdf
 
L'Humanité, 13/02/2015.