mardi 12 avril 2016

6 graphiques qui montrent les limites de la répression des drogues en France

« La prohibition du cannabis en France mérite d’être discutée ». Jean-Marie Le Guen a pris position lundi 11 avril sur BFM TV contre la politique actuelle de lutte contre la drogue qui « n’amène pas la diminution de la consommation ».

 

Jeudi 7 avril, justement, une étude de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) montrait les limites de l’action de l’État. En vingt ans, le nombre d’affaires liées aux stupéfiants a explosé, mais ce sont surtout les simples consommateurs, plus que les trafiquants, qui sont visés. Tour d’horizon en chiffres.


1. L’explosion des affaires d’« usage simple » de drogue

L’un des intérêts de cette étude est qu’elle distingue des catégories d’affaires : « usage simple », « usage revente », « trafic local », « trafic international »… Un degré de précision qui va au-delà de la loi, qui ne distingue que l’usage et le trafic de drogue. Principal enseignement : le nombre d’affaires liées à un « usage simple » a été multiplié par sept en vingt ans quand les autres types d’affaires ont doublé ou triplé.

 

2. Seules 10 % des affaires concernent un revendeur ou un trafiquant

 

Ces chiffres montrent la « mobilisation des services de police et des unités de gendarmerie » mais interroge sur les résultats d’autant d’efforts. En vingt ans, dans un contexte de forte hausse globale, ce sont surtout les affaires concernant les simples consommateurs qui ont augmenté, passant d’environ 7 cas sur 10 à de 9 cas sur 10, au détriment des affaires impliquant un revendeur ou un trafiquant.


 (...) Le Monde, 12/04/2016.