dimanche 14 avril 2019

Vaccination. Dur d’en finir avec la rougeole

Jusqu’au début des années 1980, le nombre des cas de rougeole, en France, se comptait par centaine de milliers… Trois ans après l’introduction du vaccin, en 1983, c’est encore 330 000 cas annuels qui sont enregistrés. Le point sur les grandes étapes de l’histoire de la rougeole en France.


En 2005, la France est entrée dans le « plan d’élimination de la rougeole et de la rubéole congénitale 2005-2010 », de l’OMS Europe. Elle inscrit dès lors la rougeole sur la liste des maladies à déclaration obligatoire et vise l’éradication de cette maladie infantile grâce à la vaccination.

La logique de ce signalement par la déclaration obligatoire aux autorités de santé (agence régionale de santé) doit permettre de déceler rapidement les cas groupés ou d’identifier une chaîne de transmission et de mettre ainsi en œuvre des mesures préventives – recherche d’autres cas, vaccination des sujets réceptifs dans l’entourage.

Photo Alix Guigon / AFP.

Avant ce dispositif, la rougeole faisait l’objet d’une surveillance permanente par le réseau Sentinelles (Inserm), qui permettait de suivre l’évolution des épidémies. Quand le vaccin antirougeoleux est introduit, en 1983, dans le calendrier vaccinal recommandé, les épidémies de rougeole n’usurpaient pas leur titre d’épidémie : les 500 000 cas annuels étaient souvent atteints et trois ans après l’introduction du vaccin antirougeoleux, en 1986, on compte encore 331 000 cas. De plus, la maladie n’étant « que » surveillée et pas encore « à déclaration obligatoire », le nombre de cas réels pouvait être bien plus important ! Mais l’obligation de déclarer ne résoud pas tout : la sous-déclaration ne peut être exclue, comme l’explique Santé publique France, notamment en période estivale, la France étant coutumière du fait.