mardi 19 novembre 2019
jeudi 12 septembre 2019
Le cancer devient la première cause de décès dans les pays riches
A l’échelle de la planète, les maladies cardiaques restent les premières responsables, représentant aujourd’hui plus de 40 % des décès.
Dans les pays les plus riches, le cancer
tue maintenant plus que les maladies cardiaques chez les adultes d’âge
moyen, selon deux enquêtes publiées mardi 3 septembre dans la revue
médicale The Lancet. A l’échelle de la planète, si les
maladies cardiovasculaires demeurent pour le moment le principal
facteur de mortalité, il est néanmoins « probable que le cancer deviendra la cause la plus courante de décès dans le monde dans quelques décennies », selon les chercheurs.
Aujourd’hui,
les maladies cardiaques sont responsables de plus de 40 % des décès,
soit environ 17,7 millions de morts en 2017. Le cancer, lui, en concerne
un peu plus d’un quart (26 %). Mais à mesure que les taux de maladies
cardiaques diminuent à l’échelle mondiale, cet ordre pourrait
s’inverser, avancent encore les auteurs. « Le monde assiste à une
nouvelle transition épidémiologique (…), les maladies cardiovasculaires
n’étant plus la principale cause de décès dans les pays à revenu élevé », selon Gilles Deganais, professeur émérite à l’Université Laval, au Québec et coauteur des deux publications.
160 000 adultes suivis sur une décennie
Limitée
à 21 nations, l’étude porte sur plus de 160 000 adultes suivis sur une
décennie (entre 2005 et 2016), dans des pays à revenu élevé, moyen et
faible. D’après ces travaux, présentés au congrès de la Société
européenne de cardiologie (ESC), à Paris, les habitants des pays pauvres
sont en moyenne 2,5 fois plus susceptibles de mourir d’une maladie
cardiaque que ceux des pays riches.
Selon le deuxième volet de l’étude, sur les mêmes 21 pays, 70 % des cas de maladies cardiovasculaires sont dus à des « facteurs de risque modifiables ».
Les facteurs de risque métaboliques – cholestérol élevé, obésité ou
diabète – sont en cause dans plus de 40 % des maladies cardiaques et
sont le principal déterminant des maladies dans les pays riches. Dans
les pays en développement, les chercheurs relèvent aussi le rôle de la
pollution de l’air intérieur, de l’alimentation et du faible niveau
d’éducation.
« Un changement de cap s’impose »
« Un
changement de cap s’impose pour atténuer l’impact disproportionné des
maladies cardiovasculaires dans les pays à revenu faible et moyen », souligne Salim Yusuf, professeur de médecine à l’Université McMaster. « Ces
pays doivent investir une plus grande part de leur produit intérieur
brut dans la prévention et la gestion des maladies non transmissibles, y
compris les maladies cardiovasculaires, plutôt que de se concentrer sur
les maladies infectieuses », ajoute-t-il.
Les
quatre pays à revenu élevé pris en compte pour aboutir à ces
conclusions sont le Canada, l’Arabie saoudite, la Suède et les Emirats
arabes unis. Faisaient également partie de l’étude douze pays à revenu
intermédiaire, selon une classification de 2006 (Argentine, Brésil,
Chili, Chine, Colombie, Iran, Malaisie, Palestine, Philippines, Pologne,
Turquie et Afrique du Sud) et cinq pays à faible revenu (Bangladesh,
Inde, Pakistan, Tanzanie et Zimbabwe).
Source : Le Monde, 03/09/2019.
dimanche 14 avril 2019
Vaccination. Dur d’en finir avec la rougeole
Jusqu’au début des années 1980, le nombre des cas de rougeole, en France, se comptait par centaine de milliers… Trois ans après l’introduction du vaccin, en 1983, c’est encore 330 000 cas annuels qui sont enregistrés. Le point sur les grandes étapes de l’histoire de la rougeole en France.
En
2005, la France est entrée dans le « plan d’élimination de la rougeole
et de la rubéole congénitale 2005-2010 », de l’OMS Europe. Elle inscrit
dès lors la rougeole sur la liste des maladies à déclaration obligatoire
et vise l’éradication de cette maladie infantile grâce à la
vaccination.
La logique de ce signalement par la déclaration
obligatoire aux autorités de santé (agence régionale de santé) doit
permettre de déceler rapidement les cas groupés ou d’identifier une
chaîne de transmission et de mettre ainsi en œuvre des mesures
préventives – recherche d’autres cas, vaccination des sujets réceptifs
dans l’entourage.
Avant ce dispositif, la rougeole faisait l’objet d’une
surveillance permanente par le réseau Sentinelles (Inserm), qui
permettait de suivre l’évolution des épidémies. Quand le vaccin
antirougeoleux est introduit, en 1983, dans le calendrier vaccinal
recommandé, les épidémies de rougeole n’usurpaient pas leur titre
d’épidémie : les 500 000 cas annuels étaient souvent atteints et trois
ans après l’introduction du vaccin antirougeoleux, en 1986, on compte
encore 331 000 cas. De plus, la maladie n’étant « que » surveillée et
pas encore « à déclaration obligatoire », le nombre de cas réels pouvait
être bien plus important ! Mais l’obligation de déclarer ne résoud pas
tout : la sous-déclaration ne peut être exclue, comme l’explique Santé
publique France, notamment en période estivale, la France étant
coutumière du fait.
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dimanche 3 mars 2019
Santé. Pourquoi la rougeole fait à nouveau peur
La maladie, très contagieuse et potentiellement mortelle, a connu une progression spectaculaire en 2018, selon l’OMS. En cause : une vaccination encore imparfaite.
Ce
sont de drôles de vacances que sont en train de vivre un couple de
trentenaires français et leur fils de 5 ans au Costa Rica. Arrivés la
semaine dernière dans ce petit paradis d’Amérique centrale, ils n’ont
guère pu profiter de son environnement préservé ou de ses plages
idylliques. Accusée d’avoir réintroduit le virus de la rougeole dans ce
pays qui l’avait éradiqué depuis 2014, la famille a été placée en
quarantaine par le ministère costaricien de la Santé à l’hôpital
Monsenor Sanabria, à Puntarenas. D’après le journal Nacion, qui raconte
l’affaire, les deux parents et leur fils étaient porteurs du virus,
vraisemblablement contracté par le jeune garçon dans son école
maternelle en France, où des cas ont été rapportés.
« L’enfant et la mère n’avaient pas les vaccins qui
confèrent une protection contre la rougeole et apparemment le père ne
dispose pas du programme de vaccination complet (il n’avait reçu qu’une
injection, quand deux sont obligatoires depuis 1997 – NDLR) », précise
le communiqué du ministère de la Santé. Tous devaient rester confinés
jusqu’en milieu de semaine, « pour protéger la santé publique », ont
indiqué les autorités costariciennes, qui tentent de retrouver
l’ensemble des personnes ayant approché le couple : les passagers du vol
Air France du 18 février, les clients de l’hôtel où ils ont passé une
journée dans la capitale San José ou ceux qui les ont côtoyés à
Puntarenas. Au total, en fin de semaine dernière, 26 personnes avaient
pu être retrouvées et vaccinées, pour éviter la propagation de la
maladie.
Les pays riches aussi concernés
Cette histoire singulière montre combien le fait de
baisser la garde – en clair, de considérer la vaccination comme
facultative – face à des virus présentés à tort comme disparus peut
avoir des conséquences fâcheuses. Car la rougeole, infection virale
hautement contagieuse, peut se révéler mortelle en cas de complications.
Il y a quelques jours, l’Organisation mondiale de la santé a tiré la
sonnette d’alarme, évoquant une progression spectaculaire des cas
recensés sur la planète : 229 000 cas signalés pour 2018, contre 170 000
l’année précédente. Des chiffres qui devraient encore s’aggraver, les
statistiques de chaque pays pouvant être transmises jusqu’au mois
d’avril.
Fait notable, « toutes les régions ont vu une hausse des
cas l’an dernier », a souligné Katrina Kretsinger, la responsable
médicale du programme élargi de vaccination de l’OMS, citant les
épidémies en Ukraine (53 000 cas sur les 83 000 recensés en Europe), à
Madagascar, en République démocratique du Congo, au Tchad et en Sierra
Leone. Sans surprise, c’est dans l’île malgache, où la vaccination est
très insuffisante (un tiers seulement des moins de 3 ans), que celle-ci a
fait le plus de dégâts : 66 278 cas et 922 décès relevés entre octobre
2018 et le 12 février dernier. Mais des pays riches voient aussi
réapparaître le virus. Aux États-Unis, l’état d’urgence a été déclaré
dans l’État de Washington (nord-ouest du pays) en janvier, après
l’apparition de 31 cas, essentiellement chez des enfants de moins de 10
ans. Et une alerte a été lancée dans l’Oregon voisin. En France, un
foyer épidémique s’est fait jour dans la station de ski de Val-Thorens
(Savoie), où 39 cas ont été comptabilisés par l’agence régionale de
santé, essentiellement des employés saisonniers, mais aussi deux enfants
de moins de 1 an. Pour l’heure sans dommages irréversibles. Ce qui ne
fut pas le cas pour trois personnes en 2018 qui ont succombé à la
maladie. Selon Santé publique France, aucun département n’a atteint
l’objectif de 95 % d’enfants vaccinés, censé empêcher toute circulation
du virus.
Source : L'Humanité, 26 Février 2019, Alexandre Fache.
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