Entre l’extraction des minerais qui le composent et les recharges de sa batterie, l’utilisation d’un téléphone portable n’est pas sans conséquence sur l’environnement. Explications de Carole Charbuillet, ingénieure de recherche à l’institut des Arts et Métiers de Chambéry, et spécialiste des cycles de vie de nouvelles technologies.
Il faut utiliser un smartphone au moins cinq ans pour égaler l’impact environnemental de sa fabrication. / Rostichep - Fotolia
Carole Charbuillet : Les deux phases qui ont le plus d’impact sont la fabrication et l’usage.
Pour la première étape, l’utilisation de métaux rares appauvrit des réserves non renouvelables déjà très limitées. Elle n’est pas en soi « polluante » mais c’est leur extraction minière, souvent dans des pays africains, qui l’est : l’eau et les sols sont notamment contaminés par les métaux lourds utilisés. Enfin, la fabrication nécessite de l’énergie, comme dans toute industrie.
La pollution générée par l’usage concerne surtout de la consommation énergétique lors des recharges de batterie et pour alimenter les infrastructures de réseaux téléphoniques. Par exemple, le réseau 4G demande plus d’énergie que la 3G. L’impact sur l’environnement dépend donc du mix énergétique du pays de l’utilisateur.
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C.C. : Attention, les deux étapes ayant un impact sur l’environnement, elles ne s’annulent pas, elles s’ajoutent. Nos analyses sur le cycle de vie d’un smartphone menées il y a deux ans montrent qu’il faut au moins cinq ans d’utilisation pour que l’impact environnemental de l’usage soit égal à celui de sa fabrication. Au-delà de cinq ans, la pollution issue de l’usage d’un téléphone est plus importante que celle issue de sa fabrication. Ces chiffres ne peuvent s’appliquer qu’à la France, pays de notre étude.
Or, la durée de vie moyenne d’un smartphone est de deux ans en France. Ce chiffre est en légère progression : il était auparavant de 18 mois, mais les nouveaux appareils sont plus chers et les consommateurs en changent moins souvent.