samedi 13 septembre 2014

Faire pipi au travail :quasiment un luxe pour certaines professions

Caissières, ouvriers à la chaîne, kiosquiers, chauffeurs routiers ou encore enseignants...: pour certaines professions, s'absenter pour uriner pendant les heures de travail n'est pas une évidence.

Didier Pean, qui passe environ 12 heures par jour seul dans son kiosque à journaux du Ve arrondissement de Paris, doit recourir au système D. "J'ai des clients que je connais très bien à qui je peux sans problème confier la caisse pendant cinq minutes, le temps d'aller au café d'en face", dit-il à l'AFP.
Mais, confie-t-il, "si personne ne passe, je fais comme pas mal de mes collègues plus isolés que moi dans leur kiosque: on pisse dans une bouteille et on attend la fin de la journée pour la balancer". Il relève que les routiers, eux, jettent souvent la bouteille par la fenêtre.
"On fait ça discrètement derrière le comptoir en espérant qu'il n'y aura pas un client qui arrive au moment crucial", dit-il avec humour, se jugeant "chanceux" parce qu'en plus de 20 ans de kiosque, il n'a pas eu recours à ce procédé plus de cinq fois, alors que certains collègues "font ça tout le temps".
Pour les enseignants, avoir une petite vessie peut aussi être problématique.
En primaire, "la règle est simple: nous sommes toujours responsables des élèves, de l'entrée dans l'école à la sortie!", donc "jamais on ne laisserait une classe seule", explique à l'AFP une professeur des Hauts-de-Seine. "Comme parfois une envie pressante peut arriver (...) on utilise +la porte ouverte+" reliant à la classe d'à côté, et "on chuchote à un collègue", dit-elle.