samedi 4 juillet 2015

GPA, la Cour de cassation autorise la transcription des états civils de deux enfants

Vendredi 3 juillet, la cour a estimé que le recours à la gestation pour autrui (GPA) ne pouvait seul faire échec à la transcription, en droit français, des états civils russes des enfants.

C’est une décision importante, mais dont la portée n’est pas aussi générale que certains pourraient le penser. Vendredi 3 juillet, la Cour de cassation s’est prononcée en faveur de la transcription, en droit français, des états civils de deux enfants nés en Russie par GPA (gestation pour autrui).
Leurs actes de naissance « mentionnent comme père celui qui a effectué une reconnaissance de paternité et comme mère la femme ayant accouché », autrement dit la mère porteuse, rappelle la cour. Pour les sages, « la GPA ne justifie pas, à elle seule, le refus de transcrire à l’état civil français l’acte de naissance étranger d’un enfant ayant un parent français ».

À lire : Les enjeux éthiques de la GPA
 
Il s’agit là d’un changement important de jurisprudence, puisque la « fraude » à la loi (la GPA étant interdite en France) était jusqu’alors invoquée pour empêcher la transcription. Pour autant, la décision de vendredi ne signifie pas que tous les états civils des enfants nés par mère porteuse dans un pays étranger pourront être transcrits.


La réalité des faits

« Il faudra que l’acte de naissance corresponde à la réalité des faits », décrypte un spécialiste du droit de la filiation. C’est le cas en Russie, puisque la femme désignée comme mère sur les papiers de l’enfant est bien celle qui a accouché ; ce ne serait pas le cas pour un état civil étranger mentionnant la mère d’intention comme mère. « On reste dans la logique de notre droit interne, qui prévoit deux types de filiation : biologique ou adoptive », poursuit cet expert.
Ainsi, la cour ne se prononce pas spécifiquement sur la transcription à l’égard des parents d’intention, la question n’ayant pas été soulevée. En revanche, dans les deux affaires citées, les pères biologiques français voient leur lien de filiation reconnu, sans avoir à se soumettre à un test génétique – une condition qui avait été suggérée par le Procureur général mi-juin.


La jurisprudence de la CEDH

Par ces arrêts, la Cour de cassation prend acte de la jurisprudence de la cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Il y a un an, cette dernière avait en effet condamné la France, au motif que la non-transcription portait atteinte à « l’identité » des enfants. « Les enfants ne doivent pas être victimes de la manière dont ils sont venus au monde », a déclaré le premier ministre vendredi 3 juillet, prenant « acte » de la décision des sages.
Selon Manuel Valls, « il faut poursuivre le travail entrepris par la garde des Sceaux pour consolider le statut des enfants nés par GPA. » Mais sans pour autant ouvrir de brèche quant à l’interdiction de cette pratique en France. « Le recours à la GPA demeure un interdit absolu en France. Cet interdit n’est remis en cause », assure Manuel Valls, pour qui « ​rien ne peut justifier la commercialisation des êtres humains et notamment celle du corps des femmes ».


« Cheval de Troie judiciaire »

Erwann Binet, député PS et ancien rapporteur de la loi sur le mariage pour tous, s’est réjoui « pour ces enfants qui pourront disposer d’un état civil conforme à leur vie familiale et bénéficier des mêmes droits que tout autre enfant dans notre pays ».
Certains, pourtant, s’inquiètent. Ainsi, l’association des juristes pour l’enfance considère que la décision de la cour revient à « valider une pratique obscurantiste » en permettant la régularisation du statut des enfants. De même, pour Alliance Vita, il s’agit aussi d’un « cheval de Troie judiciaire ». Quant àYannick Moreau, député de Vendée (Les Républicains) et membre de l’Entente parlementaire sur la famille, il considère que « notre pays doit résister aux injonctions des fossoyeurs de la dignité des femmes ».



DOC HEBDO N°43 - du 2 au 8 juillet 2015

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vendredi 26 juin 2015

DOC HEBDO N°42 - du 25 juin au 1er juillet 2015

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jeudi 25 juin 2015

Deux ados nées par GPA témoignent pour la première fois

Fiorella et Valentina Mennesson, nées toutes les deux par gestation pour autrui (GPA) aux Etats-Unis en 2000, donnent leur point de vue sur le débat autour de la GPA en France.


Elles ne s'étaient jamais encore exprimées dans un media. Pour la première fois, Fiorella et Valentina Mennesson, nées toutes les deux de parents français par gestation pour autrui (GPA) aux Etats-Unis, prennent la parole et donnent leur sentiment sur le débat en cours sur la GPA en France. Les jumelles n'ont que 14 ans mais se sont déjà forgé une opinion sur cette délicate question. En acceptant de témoigner, elles souhaitent prendre part au débat et montrer qu'elles sont «des ados, comme les autres».
C'est dans leur maison de Maisons-Alfort, dans le Val-de-Marne, que nous avons interrogé les deux sœurs, sous le regard protecteur des parents, Dominique et Sylvie Mennesson. Ces derniers continuent de demander la transcription des actes de naissance de leurs filles sur les registres de l'état civil français. Ils attendent toujours leur livret de famille, malgré la décision de la CEDH en juin 2014 qui a condamné la France pour avoir refusé d'inscrire les enfants nés par GPA à l'étranger. En revanche, les jumelles ont toujours eu un passeport américain et une carte d'identité française, et disposent depuis peu d'un certificat de nationalité française en application de la circulaire Taubira de 2013. Ce texte, validé par le Conseil d'Etat, a facilité la délivrance de certificats de nationalité aux enfants nés d'un parent français et d'une mère porteuse à l'étranger. Leur demande de passeport français est en cours.
Le couple s'est tourné vers la GPA en 1998, après avoir découvert que Sylvie était atteinte d'une malformation l'empêchant de porter un enfant. Ses ovaires étant encore fonctionnels, elle a tenté plusieurs fécondations in vitro (FIV), sans succès. Le couple a finalement eu recours à un don d'ovocytes, provenant d'une troisième femme, qui n'était pas la gestatrice. Le 25 octobre 2000, les jumelles naissent «en parfaite santé» en Californie.
Comme des milliers d'ados, les deux sœurs s'apprêtent à passer le brevet. A côté, elles font de la danse, du dessin, sortent avec leurs amis, surfent sur les réseaux sociaux et voient leurs parents se démener pour qu'elles aient «des papiers». Il leur est toutefois difficile de s'y retrouver dans toutes les décisions qui ont été rendues ces derniers mois. Néanmoins, elles ont bien conscience que le sujet ne fait pas l'unanimité.

Le Figaro.fr. - Pourquoi avoir accepté de prendre la parole aujourd'hui?

Valentina: Grâce à mon témoignage, je me dis que les gens auront une meilleure image de nous. Je pense qu'à l'heure actuelle, la plupart d'entre eux pensent que nous sommes des victimes de la société, que nous sommes des enfants malheureux. Alors que moi et ma sœur, on est plutôt heureuses! On est des ados comme les autres, avec nos joies et nos problèmes d'enfant de 14 ans. En fait, je voudrais leur dire que nous sommes normales. Dans les journaux, on s'imagine que je souffre de cette situation. Même certains de mes amis le pensent. Mais pas du tout, je veux leur dire que je n'ai aucune pression et que tout va bien. D'ailleurs, je trouve que ma vie est cool. Au moins je ne suis pas née comme tout le monde et je n'ai pas la vie d'un enfant lambda.
Fiorella : Beaucoup de gens parlent à ce sujet, sauf moi. J'avais donc envie de donner mon point de vue et de partager mon expérience.

Que savez-vous de votre situation administrative en France?

Valentina : Je sais que j'ai une carte d'identité française et un passeport américain. Par contre, pour le livret de famille, je ne sais pas trop. Nos parents font tout pour que nous ne soyons pas mêlées à ça. Après quand ils obtiennent quelque chose, ils vont nous le dire parce qu'ils en sont fiers. Mais en général, ils font en sorte que cette histoire de papiers ne soit pas un souci pour nous. C'est bien, comme ça je me prends pas la tête. Parce que c'est compliqué les papiers…De toute façon, j'ai 14 ans, je ne peux rien y changer.
Fiorella: Je ne sais plus trop. Ça m'embrouille tellement ces trucs de papiers. Je sais qu'il y a des problèmes au niveau du livret de famille, je crois que je n'y suis pas inscrite. Par contre je n'ai pas encore de passeport français. C'est symbolique, mais j'aimerais bien l'avoir. Avec mes amis, nous avons des discussions à ce sujet et parfois, j'ai l'impression qu'ils me reprochent de ne pas avoir la même appartenance française qu'eux. On m'a plusieurs fois demandé si je me sentais plus française qu'américaine. Ils me disent que je dois faire un choix entre les deux. Mais pour moi, je n'ai pas à le faire: je suis née aux Etats-Unis mais j'ai grandi en France. Je pense qu'il n'y a rien qui me différencie des autres enfants. J'aimerais avoir les mêmes papiers que tout le monde et être reconnue comme Française à part entière. 

Lire la suite sur le site internet du journal Le Figaro : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/06/25/01016-20150625ARTFIG00059-deux-ados-nees-par-gpa-temoignent-pour-la-premiere-fois.php 

Vieillir est-il une maladie ?

Si elle n'avait pas été détectée par les radars de la revue Nature, la rencontre qui va se dérouler ce mercredi 24 juin entre une équipe médicale et la Food and Drug Administration (FDA, l'agence américaine des produits alimentaires et des médicaments) aurait pu passer inaperçue. Pourtant, ce qui va se discuter là est un changement de paradigme pour la médecine – et éventuellement la philosophie... – qui pourrait avoir d'importantes conséquences pour l'industrie pharmaceutique. Pour résumer l'enjeu en une phrase, ces chercheurs vont tenter de convaincre la FDA que vieillir est une maladie.


© Vinoth Chandar.



Concrètement, que va-t-il se passer ? Cette équipe, emmenée par Nir Barzilai, directeur de l'Institut de recherche sur le vieillissement de l'Albert Einstein College of Medicine (New York), présentera le projet TAME, mot dont le sens premier est "domestiquer" ou "dresser", mais qui est ici l'acronyme de Targeting Aging with Metformin, c'est-à-dire "Ciblage du vieillissement avec la metformine". Cette dernière est à l'origine une molécule couramment utilisée contre le diabète de type 2, qui a pour but de faire baisser, chez les personnes qui souffrent de cette pathologie, la résistance anormale de leur organisme à l'insuline. Mais elle a également fait preuve d'autres propriétés étonnantes, notamment sur des modèles animaux. Une équipe russe a ainsi montré dans plusieurs études que la metformine ralentissait le vieillissement et prolongeait la vie chez des souris. Le même genre de résultat a aussi été obtenu avec le petit ver Caenorhabditis elegans, qui est un organisme modèle en biologie.

Nir Barzilai et ses collègues s'appuient aussi sur une étude statistique britannique au long cours, publiée en 2014 par la revue Diabetes, Obesity and Metabolism et qui a impliqué plus de 180 000 personnes. La moitié de cette grosse cohorte était constituée de diabétiques de type 2 dont certains prenaient de la metformine et d'autres un traitement différent, tandis que les quelque 90 000 autres sujets étaient des non-diabétiques, servant de groupe témoin. Non seulement, les diabétiques sous metformine avaient une espérance de vie supérieure aux personnes prenant l'autre traitement, mais ils vivaient aussi, en moyenne, plus longtemps que les sujets non diabétiques ! Même si l'on ne sait pas exactement comment la metformine réalise cet exploit, on suppose qu'elle s'attaque à certaines molécules produites par les cellules sénescentes. Il a aussi été montré qu'elle avait des propriétés antitumorales.

Le projet TAME, s'il est mené à bien, consistera à donner de la metformine à 3 000 personnes âgées (non atteintes de diabète de type 2) pendant cinq à sept ans. Les sujets choisis auront au moins une pathologie liée à l'âge (cancer, maladie cardio-vasculaire ou problème cognitif) ou bien feront partie d'une population à risques. Pour les chercheurs qui défendent cet essai, la metformine, en plus des résultats déjà obtenus, est une molécule dotée de plusieurs atouts car il s'agit d'un médicament générique peu cher, bien connu, dont les effets secondaires sont faibles.

Comme on le comprend bien, la philosophie de ce projet consiste à considérer que le vieillissement n'est pas une simple usure biologique consubstantielle à la vie mais bel et bien une affection, un problème de santé. Pour reprendre l'image un peu osée avancée par mon homologue américain Greg Fish sur son blog "Weird Things", on peut voir le grand âge comme une sorte de sida : "Si on ne le soigne pas, il ne nous tuera pas lui-même, mais il ouvrira suffisamment de portes pour que quelque chose entre et fasse le sale boulot." L'idée de TAME consiste donc à cibler directement le vieillissement et non plus les maladies qu'il finit par provoquer. A attaquer le mal à la racine afin non pas de découvrir le secret de la vie éternelle, mais, étant donné l'allongement de l'espérance de vie, de vivre en bonne santé plus longtemps. Sinon, comme l'a expliqué au Wall Street Journal un des membres du projet, Stuart Jay Olshansky (université de l'Illinois), on continuera à s'attaquer séparément aux maladies qui apparaissent avec l'âge, combat vain s'apparentant au remplissage du tonneau des Danaïdes : " Quand nous réduisons le risque d'avoir une maladie du cœur, on vit assez longtemps pour avoir un cancer. Si nous réduisons le risque d'avoir un cancer, on vit assez longtemps pour avoir la maladie d'Alzheimer. Nous suggérons que le temps est venu pour attaquer toutes ces maladies en s'en prenant au processus biologique du vieillissement."

Au-delà de l'idée, intéressante sur le plan physiologique, qui consiste à prendre la sénescence comme une sorte de virus déclencheur de maladies, d'autres considérations, autrement plus matérialistes, se cachent derrière le projet TAME et cette rencontre du 24 juin avec la FDA. Jusqu'à présent, celle-ci n'a jamais considéré le vieillissement comme une "indication" au sens médical du mot, c'est-à-dire comme une pathologie ou le signe d'une altération de la santé. Or, comme l'explique en toute franchise Nir Barzilai, "les compagnies pharmaceutiques ne développeront pas de médicaments n'ayant pas d'indication" officielle de la FDA, car c'est une condition sine qua non pour obtenir le remboursement des traitements par les assurances santé. Comme s'il devait toujours y avoir, en médecine, un moment où les histoires de gros sous rattrapent la recherche...

"Nous sommes confiants dans le fait qu'une fois que la FDA se montrera prête à considérer le vieillissement comme une indication, des médicaments plus nombreux et plus efficaces [que la metformine] seront rapidement développés", ajoute Nir Barzilai. On se doute bien qu'avec un marché potentiel de 7,3 milliards de Terriens, l'industrie pharmaceutique sera intéressée. Cela devrait aussi permettre à l'essai TAME, dont le budget s'élève à 50 millions de dollars, de trouver plus facilement des fonds...

23 juin 2015, Blog Le Monde, Pierre Barthélémy

vendredi 19 juin 2015

DOC HEBDO N°41 - du 18 au 24 juin 2015

Retrouvez les anciens numéros du Doc Hebdo sur cette page : http://actu33.blogspot.fr/p/doc-hebdo-du-dpfi.html

 

jeudi 18 juin 2015

Les infirmières, premières victimes des violences



En 2013, 12 432 faits de violences ont été signalés par des établissements
sanitaires et médico-sociaux ; c'est 9,6% de plus qu'en 2012. Près de
la moitié des atteintes aux personnes concernent des IDE.

Dimanche 10 mai. Un patient alcoolisé est transporté aux urgences du CHU de Nîmes
après une tentative de suicide. Refusant de se déshabiller, « il a dégainé un couteau et tenté de frapper l'infirmière dans le dos », rapporte Midi libre.
Jugé quelques jours plus tard par le tribunal correctionnel, il écope
de six mois de prison ferme. Un « fait divers » qui n'a rien
d'exceptionnel pour les personnels des établissements de santé, si l'on
en croit le dernier rapport de l'Observatoire des violences en milieu de
santé (ONVS), dont les principaux chiffres
ont été diffusés le 11 juin dernier par la Fédération hospitalière de
France (1). En 2013, 12 432 faits de violence ont été signalés, soit une hausse de 9,6% en un an, alors que le nombre d'établissements déclarants est stable (353 en 2013, 352 en 2012 ; 94% sont publics).



Lire la suite sur le site internet Espace Infirmier : http://www.espaceinfirmier.fr/actualites/au-jour-le-jour/articles-d-actualite/150616-les-infirmieres-premieres-victimes-des-violences.html?utm_campaign=2777834&utm_content=11864798868&utm_medium=email&utm_source=SmartFocus#

mercredi 17 juin 2015

Bacs S, ES et L 2015 : découvrez les sujets de philo

Les candidats au bac 2015 des séries générales et technologiques ont commencé à plancher mercredi 17 juin à 8 heures sur les sujets de philosophie, que le ministère de l’éducation nationale a rendu publics une heure et quinze minutes après le début de l’épreuve.



Epreuve de philosophie du bac, mercredi 17 juin à Paris.
Épreuve de philosophie du bac, mercredi 17 juin à Paris. MARTIN BUREAU / AFP
 
Voici la formulation officielle des sujets tels qu’ils ont été soumis. Nous vous proposerons, à partir de ce mercredi midi, des corrigés de l’épreuve, avec notre partenaire digiSchool.

Les sujets du bac S 

- « Une œuvre d’art a-t-elle toujours un sens ? »

- « La politique échappe-t-elle à une exigence de vérité ? »

Les élèves ont aussi été invités à réfléchir sur un texte de Cicéron :
« Comment peut-on prévoir un événement dépourvu de toute cause ou de tout
indice qui explique qu’il se produira ? Les éclipses du soleil et de la lune sont
annoncées avec beaucoup d’années d’anticipation par ceux qui étudient à l’aide de calculs les mouvements des astres. De fait, ils annoncent ce que la loi naturelle réalisera. Du mouvement invariable de la lune, ils déduisent à quel moment la lune, à l’opposé du soleil, entre dans l’ombre de la terre, qui est un cône de ténèbres, de telle sorte qu’elle s’obscurcit nécessairement. Ils savent aussi quand la même lune en passant sous le soleil et en s’intercalant entre lui et la terre, cache la lumière du soleil à nos yeux, et dans quel signe chaque planète se trouvera à tout moment, quels seront le lever ou le coucher journaliers des différentes constellations. Tu vois quels sont les raisonnements effectués par ceux qui prédisent ces événements.

Ceux qui prédisent la découverte d’un trésor ou l’arrivée d’un héritage, sur
quel indice se fondent-ils ? Ou bien, dans quelle loi naturelle se trouve-t-il que cela arrivera ? Et si ces faits et ceux du même genre sont soumis à pareille nécessité, quel est l’événement dont il faudra admettre qu’il arrive par accident ou par pur hasard ? En effet, rien n’est à ce point contraire à la régularité rationnelle que le hasard, au point que même un dieu ne possède pas à mes yeux le privilège de savoir ce qui se produira par hasard ou par accident. Car s’il le sait, l’événement arrivera certainement ; mais s’il se produit certainement, il n’y a plus de hasard ; or le hasard existe : par conséquent, il n’y a pas de prévision d’événements fortuits. »

Cicéron, De la divination, Ier siècle avant J.-C.

Les sujets du bac ES

- « La conscience de l’individu n’est-elle que le reflet de la société à laquelle il appartient ? »

- « L’artiste donne-t-il quelque chose à comprendre ? »

Le commentaire de texte porte sur un extrait de Spinoza :
« Dans un État démocratique, des ordres absurdes ne sont guère à craindre, car il est presque impossible que la majorité d’une grande assemblée se mette d’accord sur une seule et même absurdité. Cela est peu à craindre, également, à raison du fondement et de la fin de la démocratie, qui n’est autre que de soustraire les hommes à la domination absurde de l’appétit et à les maintenir, autant qu’il est possible, dans les limites de la raison, pour qu’ils vivent dans la concorde et dans la paix. Ôté ce fondement, tout l’édifice s’écroule aisément. Au seul souverain, donc, il appartient d’y pourvoir ; aux sujets, il appartient d’exécuter ses commandements et de ne reconnaître comme droit que ce que le souverain déclare être le droit. Peut-être pensera-t-on que, par ce principe, nous faisons des sujets des esclaves ; on pense en effet que l’esclave est celui qui agit par commandement et l’homme libre celui qui agit selon son caprice. Cela cependant n’est pas absolument vrai ; car en réalité, celui qui est captif de son plaisir, incapable de voir et de faire ce qui lui est utile, est le plus grand des esclaves, et seul est libre celui qui vit, de toute son âme, sous la seule conduite de la raison. »
Baruch Spinoza, Traité théologico-politique (1670).

Les sujets du bac L 


- « Respecter tout être vivant, est-ce un devoir moral ? »

- « Suis-je ce que mon passé a fait de moi ? »

Le commentaire de texte porte sur un extrait d’Alexis de Tocqueville :
« Les croyances dogmatiques sont plus ou moins nombreuses, suivant les temps. Elles naissent de différentes manières et peuvent changer de forme et d’objet ; mais on ne saurait faire qu’il n’y ait pas de croyances dogmatiques, c’est-à-dire d’opinions que les hommes reçoivent de confiance et sans les discuter. Si chacun entreprenait lui-même de former toutes ses opinions et de poursuivre isolément la vérité dans des chemins frayés par lui seul, il n’est pas probable qu’un grand nombre d’hommes dût jamais se réunir dans aucune croyance commune.
Or, il est facile de voir qu’il n’y a pas de société qui puisse prospérer sans croyances semblables, ou plutôt il n’y en a point qui subsistent ainsi ; car, sans idées communes, il n’y a pas d’action commune, et, sans action commune, il existe encore des hommes, mais non un corps social. Pour qu’il y ait société, et, à plus forte raison, pour que cette société prospère, il faut donc que tous les esprits des citoyens soient toujours rassemblés et tenus ensemble par quelques idées principales ; et cela ne saurait être, à moins que chacun d’eux ne vienne quelquefois puiser ses opinions à une même source et ne consente à recevoir un certain nombre de croyances toutes faites.
Si je considère maintenant l’homme à part, je trouve que les croyances dogmatiques ne lui sont pas moins indispensables pour vivre seul que pour agir en commun avec ses semblables. »

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique (1840).

Le Monde, 16/06/2015.

mardi 16 juin 2015

Newsletter de juin 2015 du DPFI

La newsletter de juin 2015 du DPFI de Lormont du GRETA Nord Aquitaine vient de paraître.

Vous y trouverez toute l'actualité du GRETA Nord Aquitaine, les événements locaux en rapport avec les thématiques de l'emploi, des métiers, du social, de la santé ainsi que des différentes dates de concours.

Pour la télécharger, cliquez via ce lien : https://drive.google.com/newsletter_juin2015 

Pour retrouver l'ensemble des publications du DPFI, cliquez via le lien suivant : http://actu33.blogspot.fr/p/blog-page_40.html  

 

samedi 13 juin 2015

DOC HEBDO N°40 - du 11 au 17 juin 2015

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