samedi 25 juin 2016

Prix des médicaments : la campagne que les labos ne veulent pas voir

Pour fustiger les tarifs excessifs de certains traitements, Médecins du monde lance aujourd’hui une pétition accompagnée de slogans chocs. Une campagne étrangement refusée par les grands réseaux d’affichage. De peur de froisser un secteur considéré parmi les plus gros annonceurs ?



«Avec l’immobilier et le pétrole, quel est l’un des marchés les plus rentables ? La maladie » ; « Le cancer du sein, plus il est avancé, plus il est lucratif » ; « Une épidémie de grippe en décembre, c’est le bonus de fin d’année qui tombe »… Voilà quelques-uns des slogans chocs de la campagne que lance ce lundi Médecins du monde contre le prix excessif de certains médicaments. Des affiches au fond bicolore qui invitent à baptisée « Le prix de la vie », remise ensuite à la ministre de la Santé. Mais ces affiches, vous ne les verrez ni dans les rues, ni dans le métro parisien. Les grands réseaux publicitaires (JCDecaux, Mediatransports, Insert) ont refusé de les diffuser. Entretien avec le Dr Jean-François Corty, directeur des opérations internationales de l’association.

 

L'Humanité, 13/06/2016.
Article global en ligne : http://www.humanite.fr

vendredi 24 juin 2016

Les perturbateurs endocriniens en 4 questions

La commission européenne a livré mercredi 15 juin sa définition des perturbateurs endocriniens, premier pas vers une réglementation plus rigoureuse.

Les explications de Rémy Slama, épidémiologiste à l’Inserm et président du comité scientifique du Programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens.

Où trouve-t-on des perturbateurs endocriniens ?


Rémy Slama : On trouve dans de nombreuses familles de produits ces substances qui interagissent avec le système hormonal et entraînent un effet délétère pour la santé. Des métaux lourds comme le mercure ont été identifiés comme des perturbateurs endocriniens.
Certains médicaments, comme le tristement célèbre Distilbène aussi. Prescrit aux femmes enceintes dans les années 1970, le Distilbène a entraîné une augmentation du risque de survenue de cancers gynécologiques chez leurs enfants.
Le DDT, qui est un pesticide organochloré, désormais interdit mais qui persiste dans l’environnement est un perturbateur endocrinien. Le bisphénol A aussi, qui a été introduit dans des contenants alimentaires. Il existe aussi des perturbateurs endocriniens d’origine naturelle : certains champignons qui se développent sur les céréales génèrent des toxines qui sont des perturbateurs endocriniens…

Quels sont les risques sanitaires redoutés ?

 

R.S. : Le système endocrinien joue un rôle crucial dans le développement de l’organisme. Une perturbation du système endocrinien pendant le développement – entre la conception et les premiers mois de la vie – peut de ce fait entraîner des malformations congénitales ou des altérations du développement du cerveau.
Il joue aussi un rôle sur la régulation de la fonction cardiaque, de la fertilité, du comportement…. Les tissus adipeux étant sensibles aux messages hormonaux, des perturbateurs endocriniens peuvent aussi augmenter le risque d’obésité ou des troubles métaboliques comme le diabète. Ou avoir des incidences sur la survenue de certains cancers, comme le cancer du sein, et bien sûr sur la fertilité qui est sous contrôle hormonal.

(...)

La Croix, 15/06/2016.
Article global en ligne : http://www.la-croix.com

jeudi 23 juin 2016

L’Observatoire de la laïcité constate une réelle prise de conscience


Dans son dernier rapport annuel, l’Observatoire de la laïcité estime plus que jamais nécessaire de faire preuve de rigueur dans l’analyse du principe de laïcité. Il se félicite du déploiement des formations au sein des ministères les plus concernés, notamment en lien avec la politique de la ville, le secteur socio-éducatif et le domaine sanitaire et social.

 
Laïcité
© Momius-Fotolia.com
 


L’Observatoire de la laïcité a récemment rendu public son rapport annuel 2015-2016 dont l’objet, depuis trois ans, est de mesurer « le respect du principe de laïcité » en France.
« Dans le contexte particulier des attentats », l’Observatoire estime qu’il est « plus que jamais nécessaire de dresser l’état des lieux de la laïcité […] avec une grande rigueur d’analyse, d’autant plus qu’elle est un objet important du débat politique ».

Modules de formation et kits pédagogiques

 

L’Observatoire assure répondre de plus en plus « à de nombreuses sollicitations sur les règles d’application du principe de laïcité ».
Un travail important a ainsi été mené notamment avec le ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) et le CNFPT « afin de réaliser des modules de formation et des kits pédagogiques à l’usage de tous les acteurs de terrain ».
Concernant la politique de la ville, le plan de formation « Valeurs de la République et laïcité » est une des mesures des deux comités interministériels à l’égalité et à la citoyenneté (Ciec) de mars et d’octobre 2015. Le contenu a été élaboré en 2015 pour un déploiement dès le premier trimestre 2016 avec l’objectif de former 10 000 personnes par an.

Anticiper les dérives sectaires

 

Le ministère de l’Intérieur, par son bureau central des cultes, s’est appliqué à mettre en place « des diplômes universitaires de formations civiles et civiques sur la laïcité à destination des fonctionnaires, des ministres des cultes qui le souhaitent et des aumôniers ».

(...)
 
La Gazette santé social,  par Stéphane Menu, 17/06/2016.
Article en ligne : http://www.gazette-sante-social.fr

mercredi 22 juin 2016

L’Unicef dénonce l’exploitation des migrants mineurs dans les « jungles » françaises

Violés, contraints de se prostituer, de voler, d’accomplir des corvées quotidiennes dans les camps ou d’aider à faire monter des migrants dans les camions… Les mineurs non accompagnés qui campent à Calais (Pas-de-Calais), Grande-Synthe (Nord) et dans cinq petites « jungles » voisines sont la proie des passeurs. Signataire de la Convention internationale des droits de l’enfant, la France leur doit pourtant assistance et protection.

Trois sociologues ont passé quatre mois sur le littoral de la Manche et dans le Calaisis, explorant les campements jusqu’à Cherbourg (Manche). Ils y ont réalisé des entretiens approfondis avec 61 jeunes venus seuls d’Afghanistan, d’Afrique subsaharienne, d’Egypte, de Syrie ou du Kurdistan.
Commandé par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), leur travail permet de comprendre qui sont ces quelque cinq cents enfants et adolescents (dont douze ont moins de 14 ans et trois moins de 12 ans), comment ils sont arrivés et dans quelles conditions ils survivent.
Sur le littoral du nord de la France, la situation est extrêmement difficile. « Pour trouver une place à Norrent-Fontes [Pas-de-Calais] ou à Steenvoorde dans le département du Nord [deux des petits campements plus “humains” que Calais], le “droit d’entrée” est de 500 euros », dit Alexandre Le Clève, un des auteurs de l’enquête. A Calais, certains jeunes Afghans paieraient aussi 100 euros comme droit d’entrée pour obtenir une place et la protection d’un passeur.

(...)
Le Monde, 16/06/2016.
Article en ligne : http://www.lemonde.fr