mercredi 6 février 2019

Substances toxiques dans les couches pour bébés: l’alarme des autorités sanitaires

L’Agence de sécurité sanitaire publie un rapport sévère sur la sécurité des couches pour bébé: elles présentent une quantité inquiétante de substances allergisantes, reprotoxiques et cancérigènes. Les fabricants et distributeurs sont convoqués par le gouvernement ce mercredi matin, et devront sous 15 jours présenter les «actions correctives».


L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) publie ce mercredi un rapport sur la composition des couches jetables pour bébé. Et le bilan est très sévère: toutes les couches testées présentent «un dépassement des seuils sanitaires pour au moins une substance chimique», explique au Figaro Gérard Lasfargues, directeur général délégué de l’Anses. Cela concerne «l’ensemble des 23 références analysées, y compris les couches dites écologiques», précise l’expert.
Il s’agit de substances parfumantes volontairement ajoutées, ou de molécules se formant lors du processus de fabrication (PCB, dioxines, furanes…) et lors du blanchiment avec des dérivés du chlore. Pour certaines couches, les experts ont retrouvé des dépassements en hydrocarbures (HAP), probablement issues des colles utilisées dans les scotchs de fermeture des couches. Les tests menés ont également permis de retrouver des composés organiques volatiles, du formaldéhyde, et des pesticides (probablement issus d’une contamination de la matière première, et dont «la majorité sont aujourd’hui interdits dans l’Union européenne», précise le rapport). Hormis les parfums, les molécules problématiques ne sont pas intentionnellement ajoutées par les industriels, précise toutefois l’Agence.

4000 couches de 0 à 3 ans

Pour mener son travail, l’Anses a pris en compte des tests réalisés en laboratoire, notamment par la DGCCRF. «Au départ, une soixantaine de substances ont été mesurées, et des dépassements des seuils ont été expertisés pour 13 d’entre elles», indique Gérard Lasfargues. L’agence a également auditionné fabricants et associations de consommateurs, puis les experts ont procédé à une recherche documentaire qui a «mis en évidence un faible nombre de rapports d’organismes publics et la rareté des publications scientifiques indépendantes». 

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Source : Le Figaro, 23/01/2019.
Article intégral en ligne : http://sante.lefigaro.fr
Rapport de l'ANSES : https://www.anses.fr

lundi 4 février 2019

Où fume-t-on le plus en France ? Où souffre-t-on le plus de maladies liées au tabagisme ?

L’organisme Santé publique France a publié des données régionales sur le tabagisme en 2017 décrivant les usages des fumeurs et leurs conséquences sanitaires. 


En l’espace d’un an, le nombre de fumeurs quotidiens a baissé de près d’un million, passant de 29,4 % des adultes de 18 à 75 ans en 2016 à 26,9 % en 2017. Mais ces moyennes nationales cachent de fortes disparités géographiques.
Pour mieux cibler les politiques publiques de prévention et de lutte contre le tabagisme, l’organisme Santé publique France a publié pour la première fois, mardi 29 janvier, des bulletins de santé publique correspondant à chacune des régions de France, hormis la Corse, décrivant les usages des fumeurs et leurs conséquences sanitaires.

De fortes variations régionales parmi les fumeurs quotidiens

Au niveau national, 26,9 % des Français adultes (18-75 ans) déclarent fumer tous les jours. Ce taux est sensiblement plus faible en Ile-de-France, avec seulement 21,3 % de fumeurs, soit un peu plus d’une personne sur cinq. A l’inverse, quatre grandes régions se distinguent par des taux dépassant 30 % : Hauts-de-France, Grand Est, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA). « Il s’agit de régions où se trouvent davantage de populations plus défavorisées. Depuis les années 2000, on observe qu’il y a plus de fumeurs parmi les demandeurs d’emploi que parmi les travailleurs. C’est vrai aussi pour le niveau de diplôme, de revenu… », détaille Viet Nguyen-Thanh, responsable de l’unité addictions à Santé publique France.
Le deuxième facteur explicatif est plus géographique : « Ce sont des régions limitrophes d’une frontière avec des pays où le tabac est moins cher », comme l’Espagne, la Belgique ou le Luxembourg.

 

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Source : Le Monde, 29/01/2019.
Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr

samedi 2 février 2019

Santé. Médicaments : une pénurie en bande organisée

Depuis 2008, les ruptures de stock de molécules considérées comme essentielles ont été multipliées par dix en France. Le résultat de choix industriels visant le seul profit, sous le regard d’un État spectateur.


Quel est le point commun entre le vaccin DTP (diphtérie-tétanos-poliomyélite), obligatoire pour tous les nourrissons, les anticancéreux 5-FU ou Vincristine, le Sinemet, qui permet de contrôler les symptômes de la maladie de Parkinson, ou encore l’antibiotique bien connu de tous les parents, l’amoxicilline ? Tous ont été, ces dernières années, victimes de « ruptures de stock » ou de « tensions d’approvisionnement », termes polis utilisés par l’Agence française du médicament (ANSM) pour décrire les pénuries de molécules auxquelles sont confrontés de plus en plus de malades aux guichets de leurs pharmacies.

Une personne sur quatre aurait déjà été touchée par ce phénomène « récurrent et massif », indique une enquête rendue publique la semaine dernière par France Assos Santé, collectif qui regroupe 80 associations de patients et d’usagers. Des ruptures qui concernent, dans plus d’un cas sur trois (36 %), des vaccins, mais aussi, donc, des anti-infectieux, des traitements pour les maladies du système nerveux (épilepsie, Parkinson), des médicaments contre le cancer, l’hypertension, les problèmes sanguins ou les allergies… La liste de ces molécules indisponibles s’allonge chaque année (elle a bondi de 30 % entre 2016 et 2017, selon l’ANSM), devenant un véritable phénomène structurel, et non plus une anomalie, dans notre système de santé.

« En dix ans, le nombre de ruptures de stock de médicaments dits “à intérêt thérapeutique majeur” a été multiplié par dix. D’environ 50 en 2008, on est passé à 530 en 2017. C’est spectaculaire », pointe Alain-Michel Ceretti, le président de France Assos Santé. Une envolée qui ne doit rien à la malchance.

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Source : L'Humanité, 23/01/2019.
Article intégral en ligne : https://www.humanite.fr