lundi 4 février 2019

Où fume-t-on le plus en France ? Où souffre-t-on le plus de maladies liées au tabagisme ?

L’organisme Santé publique France a publié des données régionales sur le tabagisme en 2017 décrivant les usages des fumeurs et leurs conséquences sanitaires. 


En l’espace d’un an, le nombre de fumeurs quotidiens a baissé de près d’un million, passant de 29,4 % des adultes de 18 à 75 ans en 2016 à 26,9 % en 2017. Mais ces moyennes nationales cachent de fortes disparités géographiques.
Pour mieux cibler les politiques publiques de prévention et de lutte contre le tabagisme, l’organisme Santé publique France a publié pour la première fois, mardi 29 janvier, des bulletins de santé publique correspondant à chacune des régions de France, hormis la Corse, décrivant les usages des fumeurs et leurs conséquences sanitaires.

De fortes variations régionales parmi les fumeurs quotidiens

Au niveau national, 26,9 % des Français adultes (18-75 ans) déclarent fumer tous les jours. Ce taux est sensiblement plus faible en Ile-de-France, avec seulement 21,3 % de fumeurs, soit un peu plus d’une personne sur cinq. A l’inverse, quatre grandes régions se distinguent par des taux dépassant 30 % : Hauts-de-France, Grand Est, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA). « Il s’agit de régions où se trouvent davantage de populations plus défavorisées. Depuis les années 2000, on observe qu’il y a plus de fumeurs parmi les demandeurs d’emploi que parmi les travailleurs. C’est vrai aussi pour le niveau de diplôme, de revenu… », détaille Viet Nguyen-Thanh, responsable de l’unité addictions à Santé publique France.
Le deuxième facteur explicatif est plus géographique : « Ce sont des régions limitrophes d’une frontière avec des pays où le tabac est moins cher », comme l’Espagne, la Belgique ou le Luxembourg.

 

(...)

Source : Le Monde, 29/01/2019.
Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr

samedi 17 novembre 2018

Le nombre de décès dus au tabac a doublé chez les femmes en 15 ans

"Nous allons voir très prochainement la mortalité par cancer du poumon passer devant celle du cancer du sein", avertit le directeur général de Santé publique France.

En seulement quinze ans, le nombre de décès dus au tabac a doublé chez les femmes. La mortalité par cancer du poumon a notamment augmenté de 71% entre 2000 et 2014, alors qu'elle a diminué de 15% chez les hommes sur la même période. La hausse est particulièrement marquée chez les femmes de 55 à 64 ans, remarquent les organisateurs du "mois sans tabac", lancé ce mardi 30 octobre. Les femmes en seront les premières cibles.

"Le tabagisme des femmes stagne"

"Nous allons voir très prochainement la mortalité par cancer du poumon passer devant celle du cancer du sein", avertit le Dr François Bourdillon, directeur général de Santé publique France. Les femmes ont vraiment commencé à fumer dans les années 1970 et c'est cette première génération qui est aujourd'hui touchée de plein fouet par des maladies qu'on croyait quasi exclusivement "masculines" : cancer du poumon, infarctus du myocarde, bronchopneumopathie chronique obstructive.
Selon l'agence Santé publique France, la consommation de tabac a reculé en France en 2017 sauf chez les femmes de 45 à 54 ans, qui comptent 30,8% de fumeuses en 2017, contre 21,5% en 2000. Et toutes générations confondues, "le tabagisme des femmes stagne", a déploré la ministre de la Santé Agnès Buzyn lors de la conférence de presse de lancement de la troisième édition du Mois sans tabac.
Or les politiques de santé publique ne s'adressent pas encore spécifiquement aux fumeuses. Certains veulent voir cela changer.
"L'année prochaine, la campagne contre l'alcool pendant la grossesse se doublera probablement d'une campagne contre le tabac", a ainsi indiqué François-Xavier Brouck, directeur des assurés à la Caisse nationale d'assurance maladie. Car même enceintes, trop de femmes continuent à fumer : 16% d'entre elles fument en fin de grossesse, soit un des taux les plus élevés d'Europe – il se situe entre 5 et 10% en Angleterre et dans les pays du Nord.

(...)

Article intégral en ligne : https://www.nouvelobs.com
Source : L'Observateur, 30/10/2018.