Faisant suite à une décision de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe,
le Bundestag a voté une loi instituant que les catégories « masculin »,
« féminin » et « divers » figureront sur les documents administratifs.
Aux catégories « masculin » et « féminin » s’en ajoutera bientôt une troisième – « divers » –
sur les certificats de naissance en Allemagne, où le Bundestag a adopté
un projet de loi, jeudi 13 décembre, reconnaissant l’existence d’un
« troisième sexe ».
L’adoption de ce texte est la
conséquence d’une décision du Tribunal constitutionnel de Karlsruhe. Le
8 novembre 2017, les juges constitutionnels allemands avaient exigé des
députés qu’ils modifient d’ici fin 2018 la législation en vigueur, après
avoir été saisis du cas d’une personne déclarée comme fille à la
naissance mais frappée d’une affection génétique rare caractérisée par
la présence du seul chromosome X à la place de la paire habituelle des
chromosomes sexuels (XX pour les filles, XY pour les garçons).
Cette
personne, prénommée Vanja et née en 1989, avait saisi le tribunal de
Karlsruhe afin que soit clairement reconnue l’existence d’un « troisième
sexe ». Depuis 2013, il était déjà possible en Allemagne ne plus
remplir nécessairement la case correspondant au sexe sur les documents
administratifs. Une évolution jugée toutefois insuffisante par plusieurs
associations. Un intense débat s’était ouvert outre-Rhin, certains
estimant que, plutôt que cette indétermination, un choix clair devait
être fait entre deux options : soit l’abolition de toute référence au
sexe sur les documents administratifs, soit la création d’une troisième
case, destinée aux personnes intersexes.
Si l'Allemagne affiche un taux
d'emploi féminin supérieur à la France, les femmes de l'Hexagone restent
très actives, à leur façon.
Les
Allemandes travailleraient plus que les Françaises, d'après les
chiffres publiés par l'Institut national des études démographiques
(Ined) ce mois-ci. L'écart d'activité entre les deux pays aurait même
tendance à se creuser. Alors que les femmes d'outre-Rhin étaient 59% à
occuper un emploi en 2002, elles représentent en 2010 près de 66% des
15-64 ans. De l'autre côté de la frontière, l'évolution reste faible.
Les Françaises ont vu leur taux d'emploi passer de 56 à 60% en huit ans.
Premier facteur explicatif, les jeunes femmes et les séniors
sont plus fréquemment en emploi outre-Rhin. «Le taux d'emploi des 15-19
ans est trois fois plus élevé en Allemagne qu'en France», les jobs
étudiants et les formations en alternance étant plus répandus que dans
l'Hexagone. Résultat de politiques visant à doper l'emploi des seniors -
l'âge de la retraite a été porté à 67 ans -, 50% des femmes âgees de 55
à 64 ans travaillent en Allemagne contre seulement 37% en France.
L'état
de santé du marché du travail allemand contribue aussi à y doper
l'emploi des femmes. Leur taux de chômage y était de de 5,6% en 2011,
contre 10,2% en France. Outre une croissance économique plus dynamique,
cette divergence s'explique notamment par les réformes du marché du
travail - les lois Hartz - engagées au début des années 2000, qui ont
accru la pression sur les chômeurs, les incitant à trouver plus
rapidement du travail.
Dernier élément d'explication, les femmes
sans enfants, qui participent davantage à l'activité économique, sont
plus nombreuses en Allemagne. «La proportion de femmes sans enfant est
de 14 % chez les Allemandes nées entre 1949 et 1953 et 22 % chez celles
nées entre 1964 et 1968, contre 10 % chez les Françaises nées en 1950 et
12 % chez celles nées en 1965».
«Les Françaises pas moins actives que les Allemandes»
En
revanche, la tendance s'inverse quand elles ont des enfants. Si les
Françaises continuent majoritairement à travailler, les Allemandes sont
plus susceptibles d'interrompre leur activité, surtout si elles ont
plusieurs enfants. Auteur de l'étude et issue de l'université
Paris-Sorbonne, Anne Salles justifie cet écart en expliquant que
«l'offre de garde est beaucoup plus développée en France qu'en Allemagne
et le travail des mères mieux accepté». En cause, une vision plus
conservatrice du rôle maternel. Autrement-dit, «une bonne mère doit
s'occuper elle-même de son bébé et ne pas partir travailler en le
laissant à la crèche dans la journée».
Certes l'Allemagne a vu son
taux d'emploi féminin augmenter et dépasserl'objectif de l'Union
européenne fixé à 60%, mais elle le doit surtout à son recours
exponentiel au temps partiel, qui «ne s'est pas repercuté sur le taux
d'emploi en équivalent temps plein». En 2010, il était de 45% chez les
Allemandes actives contre 30% en France. C'est en partie le revers de la
médaille des réformes Hartz. Finalement, «les Françaises ne sont pas
moins actives que les Allemandes, elles le sont autrement» car elles
privilégient les temps plein et ont des journées plus longues, conclut
l'étude.
Le Figaro, 29/10/2012.