lundi 17 décembre 2018

L’Allemagne reconnaît l’existence d’un « troisième sexe »

Faisant suite à une décision de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, le Bundestag a voté une loi instituant que les catégories « masculin », « féminin » et « divers » figureront sur les documents administratifs.


Aux catégories « masculin » et « féminin » s’en ajoutera bientôt une troisième – « divers » – sur les certificats de naissance en Allemagne, où le Bundestag a adopté un projet de loi, jeudi 13 décembre, reconnaissant l’existence d’un « troisième sexe ».
L’adoption de ce texte est la conséquence d’une décision du Tribunal constitutionnel de Karlsruhe. Le 8 novembre 2017, les juges constitutionnels allemands avaient exigé des députés qu’ils modifient d’ici fin 2018 la législation en vigueur, après avoir été saisis du cas d’une personne déclarée comme fille à la naissance mais frappée d’une affection génétique rare caractérisée par la présence du seul chromosome X à la place de la paire habituelle des chromosomes sexuels (XX pour les filles, XY pour les garçons).
Cette personne, prénommée Vanja et née en 1989, avait saisi le tribunal de Karlsruhe afin que soit clairement reconnue l’existence d’un « troisième sexe ». Depuis 2013, il était déjà possible en Allemagne ne plus remplir nécessairement la case correspondant au sexe sur les documents administratifs. Une évolution jugée toutefois insuffisante par plusieurs associations. Un intense débat s’était ouvert outre-Rhin, certains estimant que, plutôt que cette indétermination, un choix clair devait être fait entre deux options : soit l’abolition de toute référence au sexe sur les documents administratifs, soit la création d’une troisième case, destinée aux personnes intersexes.

vendredi 18 octobre 2013

Les Allemandes plus actives que les Françaises ?

Si l'Allemagne affiche un taux d'emploi féminin supérieur à la France, les femmes de l'Hexagone restent très actives, à leur façon.


Les Allemandes travailleraient plus que les Françaises, d'après les chiffres publiés par l'Institut national des études démographiques (Ined) ce mois-ci. L'écart d'activité entre les deux pays aurait même tendance à se creuser. Alors que les femmes d'outre-Rhin étaient 59% à occuper un emploi en 2002, elles représentent en 2010 près de 66% des 15-64 ans. De l'autre côté de la frontière, l'évolution reste faible. Les Françaises ont vu leur taux d'emploi passer de 56 à 60% en huit ans.
Premier facteur explicatif, les jeunes femmes et les séniors sont plus fréquemment en emploi outre-Rhin. «Le taux d'emploi des 15-19 ans est trois fois plus élevé en Allemagne qu'en France», les jobs étudiants et les formations en alternance étant plus répandus que dans l'Hexagone. Résultat de politiques visant à doper l'emploi des seniors - l'âge de la retraite a été porté à 67 ans -, 50% des femmes âgees de 55 à 64 ans travaillent en Allemagne contre seulement 37% en France.
L'état de santé du marché du travail allemand contribue aussi à y doper l'emploi des femmes. Leur taux de chômage y était de de 5,6% en 2011, contre 10,2% en France. Outre une croissance économique plus dynamique, cette divergence s'explique notamment par les réformes du marché du travail - les lois Hartz - engagées au début des années 2000, qui ont accru la pression sur les chômeurs, les incitant à trouver plus rapidement du travail.
Dernier élément d'explication, les femmes sans enfants, qui participent davantage à l'activité économique, sont plus nombreuses en Allemagne. «La proportion de femmes sans enfant est de 14 % chez les Allemandes nées entre 1949 et 1953 et 22 % chez celles nées entre 1964 et 1968, contre 10 % chez les Françaises nées en 1950 et 12 % chez celles nées en 1965».

«Les Françaises pas moins actives que les Allemandes»

En revanche, la tendance s'inverse quand elles ont des enfants. Si les Françaises continuent majoritairement à travailler, les Allemandes sont plus susceptibles d'interrompre leur activité, surtout si elles ont plusieurs enfants. Auteur de l'étude et issue de l'université Paris-Sorbonne, Anne Salles justifie cet écart en expliquant que «l'offre de garde est beaucoup plus développée en France qu'en Allemagne et le travail des mères mieux accepté». En cause, une vision plus conservatrice du rôle maternel. Autrement-dit, «une bonne mère doit s'occuper elle-même de son bébé et ne pas partir travailler en le laissant à la crèche dans la journée».
Certes l'Allemagne a vu son taux d'emploi féminin augmenter et dépasserl'objectif de l'Union européenne fixé à 60%, mais elle le doit surtout à son recours exponentiel au temps partiel, qui «ne s'est pas repercuté sur le taux d'emploi en équivalent temps plein». En 2010, il était de 45% chez les Allemandes actives contre 30% en France. C'est en partie le revers de la médaille des réformes Hartz. Finalement, «les Françaises ne sont pas moins actives que les Allemandes, elles le sont autrement» car elles privilégient les temps plein et ont des journées plus longues, conclut l'étude. 

Le Figaro, 29/10/2012.