dimanche 17 juillet 2016

L'épidémie actuelle de Zika devrait s'éteindre d'elle-même dans les trois ans

Washington (AFP) - L'épidémie de Zika en Amérique latine va probablement s'éteindre d'elle-même dans les deux à trois ans et la prochaine grande flambée ne devrait pas se produire avant dix ans, selon des chercheurs.

Il n'existe à ce stade aucun vaccin ni antiviral contre le Zika, transmis principalement par des moustiques Aedes aegypti mais qui peut aussi se transmettre sexuellement (c) Afp
Il n'existe à ce stade aucun vaccin ni antiviral contre le Zika, transmis
principalement par des moustiques Aedes aegypti mais qui peut
aussi se transmettre sexuellement (c) Afp

La pandémie actuelle sur le continent latino-américain ne peut pas être contenue par les moyens existants de contrôle, concluent également ces scientifiques britanniques de l'Imperial College à Londres, dont les travaux paraissent jeudi dans la publication américaine Science.
Les chercheurs soulignent le grand nombre de zones d'ombre qui subsistent sur ce virus,- responsable de cas de malformations congénitales chez les nourrissons -, et d'autres de la même famille, comme la dengue.

Il n'existe à ce stade aucun vaccin ni antiviral contre le Zika, transmis principalement par des moustiques Aedes aegypti mais qui peut aussi se transmettre sexuellement. Le Brésil est particulièrement touché, avec plus de 1,5 million de personnes infectées.
Selon le modèle mathématique utilisé, la prochaine épidémie du virus Zika ne devrait pas se produire avant au moins dix ans mais de petites flambées sont possibles entre temps.
"Nos analyses suggèrent que la propagation de l'infection par le Zika ne peut pas être contenue et que l’épidémie s'éteindra d'elle-même dans les deux à trois ans", explique le professeur Neil Ferguson, de la faculté de santé publique de l'Imperial College, principal auteur de ces travaux.

"Cette étude exploite toutes les données disponibles pour comprendre comment cette épidémie va évoluer, ce qui permet d'évaluer la menace", ajoute-t-il.
Etant donné que le virus ne peut pas infecter la même personne deux fois grâce au système immunitaire qui produit des anticorps, l'épidémie atteint un stade où il y a trop peu de personnes n'ayant pas encore été infectées pour que la transmission se poursuive, expliquent ces chercheurs.
C'est la raison pour laquelle une nouvelle épidémie de grande ampleur ne peut pas redémarrer avant au moins dix ans, quand une nouvelle génération n'aura pas encore été exposée au Zika.

Cette évolution est similaire à celle observée pour d'autres épidémies dont celle du chikungunya, un virus similaire au Zika, pour laquelle on a pu observer des flambées explosives suivies de longues périodes avec seulement quelques cas.
(...)

Sciences et avenir,  17/07/2016.
Article intégral en ligne : http://www.sciencesetavenir.fr/sciences/20160714.AFP1525/l-epidemie-actuelle-de-zika-devrait-s-eteindre-d-elle-meme-dans-les-trois-ans.html?xtor=RSS-16

samedi 26 mars 2016

Comprendre l’épidémie de virus Zika

Commencée il y a moins d’un an au Brésil, l’épidémie de virus Zika inquiète, notamment en raison du risque de microcéphalie qu’elle fait peser sur les bébés si leur mère a été infectée au début de sa grossesse. Comme l’explique, dans cette vidéo proposée par Universcience, Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l’Institut Pasteur, en l’absence de traitement et de vaccin, le seul moyen de lutter contre cette épidémie est de s’en prendre à ses vecteurs, les moustiques du genre Aedes, dont certains vivent dans le sud de la France.

 

http://www.lemonde.fr/sciences/video/2016/03/26/comprendre-l-epidemie-de-virus-zika_4890623_1650684.html

 


lundi 14 mars 2016

Sanofi se lance dans la quête d’un vaccin contre le virus Zika

Sanofi compte bien être le premier laboratoire à lancer un vaccin contre le virus Zika. Fort de son expérience dans les maladies tropicales, le groupe tricolore a constitué une véritable « task force » pour développer un cocktail d’antigènes efficace contre cette infection. Une équipe de 80 scientifiques travaille sur son développement. Les essais précliniques sur l’animal pourraient démarrer dès le printemps et les essais cliniques chez l’homme dans un an. Mardi 8 mars, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) doit réunir un nouveau « comité d’urgence » à Genève pour évaluer les recommandations prises contre Zika.


Transmis par les moustiques Aedes, ce virus s’est répandu comme une traînée de poudre en Amérique latine et dans les Caraïbes. L’infection qu’il provoque est, la plupart du temps, bénigne, mais elle peut entraîner, chez un petit nombre de personnes, des atteintes neurologiques, comme le syndrome de Guillain-Barré – une maladie du système nerveux se manifestant, notamment, par des paralysies.
Elle est aussi liée à une importante augmentation du nombre de cas de microcéphalie (périmètre crânien inférieur aux normes avec des atteintes cérébrales) chez les nouveau-nés après ­infection de la mère au cours de la grossesse.

Plusieurs labos sur les rangs

« Nous avons à la fois l’expertise et les capacités de production, ce qui nous permet d’avancer très rapidement », explique Nicholas Jackson, directeur de la recherche de Sanofi Pasteur, la division vaccins du groupe. Le laboratoire a reçu, fin 2015, le feu vert de plusieurs pays, dont le Brésil, pour commercialiser Dengvaxia, le premier vaccin au monde contre la dengue, qui est transmise, comme Zika, par le moustique Aedes. « Ces deux virus partagent environ 60 % de leur patrimoine génétique et ils provoquent les mêmes symptômes », précise le scientifique. Ils ressemblent à ceux de la grippe – fièvre modérée, maux de tête, douleurs musculaires et articulaires – et disparaissent généralement dans un délai de deux à sept jours, selon l’OMS.

« Il nous a fallu vingt ans pour développer Dengvaxia. Cela nous a permis d’acquérir des connaissances précieuses sur cette famille de virus – les flavivirus – et nous pensons possible d’adapter à Zika le vaccin contre la dengue », ajoute M. Jackson. L’architecture de ce vaccin avait aussi été utilisée avec succès pour en produire un contre l’encéphalite japonaise. Plus de 1,7 million de doses ont déjà été injectées depuis son lancement, il y a trois ans. Pour mieux cerner Zika, le groupe compte sur son expérience dans la fièvre jaune, un autre virus proche, pour lequel le groupe a aussi lancé un vaccin. Plus de 415 millions de doses ont été injectées depuis son autorisation, en 1986.


Transmis par les moustiques Aedes, le virus Zika s’est répandu comme une traînée de poudre en Amérique latine et dans les Caraïbes.
Transmis par les moustiques Aedes, le virus Zika s’est répandu comme une traînée de poudre en Amérique latine et dans les Caraïbes. Ricardo Mazalan / AP

 
Zika est dans la ligne de mire de Sanofi-Pasteur depuis plusieurs mois déjà. « Dans le cadre du développement de Dengvaxia, nous avons été amenés à le surveiller », souligne Nicholas Jackson. « Nous étudions ainsi en permanence différents virus, afin de repérer d’éventuelles opportunités. » Le groupe tricolore n’est pas seul sur les rangs : le groupe indien Bharat Biotech a déclaré en février qu’il commencerait de façon imminente ses essais précliniques sur des animaux. Aux Etats-Unis, un des National Institutes for Health travaille de son côté sur un vaccin à ADN, et annonce des premiers tests chez l’homme dès cette année.

Faire oublier une série de mauvaises nouvelles

Le 8 février, le président américain, Barack Obama, a promis de débloquer 1,8 milliard de dollars (1,64 milliard d’euros) pour la prévention et la recherche sur Zika, tandis que l’Agence européenne des médicaments va créer un comité d’experts pour accélérer l’étude du virus. « Nous comptons beaucoup sur la collaboration de l’Europe et des Etats-Unis », car des essais cliniques sur Zika « peuvent être très coûteux » en impliquant, nécessairement, plusieurs milliers de patients, expliquait Elias Zerhouni, le président de la recherche-développement du groupe Sanofi, lors de la présentation des résultats annuels de l’entreprise le 9 février. Dans l’immédiat, Sanofi-Pasteur va mettre « plusieurs millions d’euros » sur la table pour la phase de recherche préclinique sur Zika, avait-il précisé. (...)

Lire l’article complet sur le site internet du journal Le Monde : http://lemonde.fr/economie/article/2016/03/07/sanofi-se-lance-dans-la-quete-d-un-vaccin-contre-le-virus-zika_4877988_3234.html 

mercredi 2 mars 2016

Zika : tout savoir pour mieux informer

Alors que l'épidémie due au virus Zika ne cesse de faire parler d'elle avec tous les jours son lot de publications et de nouvelles informations, l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) en lien avec l'Institut national de veille sanitaire (InVs), le ministère de la santé et le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) met à disposition des professionnels de santé des documents et liens actualisés afin de répondre aux interrogations des patients et les orienter au mieux si nécessaire.


moustique virus Zika 

Rappelons que l’Inpes publiait en décembre dernier un premier « Repère pour votre pratique » synthétisant les informations essentielles connues alors sur cette infection. Il était ainsi rappelé que l'infection à virus Zika est une maladie due à un virus (arbovirus) transmis par les moustiques. Ce virus a été isolé pour la première fois chez l’homme en Ouganda en 1952. Il s’agit d’un virus ré-émergent, peu connu. Les symptômes se caractérisent par une éruption cutanée avec ou sans fièvre même modérée mais également par des conjonctivites, maux de tête, fatigue, douleurs musculaires et articulaires, ainsi que des douleurs rétro-orbitaires. La transmission se fait par des moustiques de type Aedes (aegypti et albopictus en ce qui concerne le territoire français métropolitain et/ou ultramarin). Le moustique Aedes aegypti est implanté dans les départements français d’Amérique (DFA) et à Mayotte. Aedes albopictus est implanté sur l’ile de la Réunion ainsi que dans certains départements métropolitains. Depuis la fin de l’année 2015, une épidémie à virus Zika s’étend en zone caraïbe (Guyane, Martinique, Guadeloupe), en Amérique centrale et du sud. Début février, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publiait à son tour un premier aide-mémoire à propos de la Maladie à virus Zika.

Le 8 février 2016, l'Inpes proposait également un autre document « L’infection à virus Zika chez la femme enceinte » et la conduite à tenir pour prévenir des anomalies du développement cérébral intra-utérin (microcéphalies et malformations neurologiques fœtales) déclarées par le Brésil et la Polynésie française au cours de leur épidémie de Zika. En effet, même en l’absence de preuve formelle entre l’infection à virus Zika et la survenue de microcéphalies, le suivi médical et la prise en charge doivent être renforcés. Dans le même temps le ministère de la santé diffusait un avis allant dans le même sens explicitant une vigilance particulière pour toutes les femmes enceintes ou susceptibles de l’être qui résident ou désirent se rendre dans une zone de transmission du virus Zika. En cas de suspicion d’infection au virus Zika, la patiente doit être adressée rapidement en consultation obstétricale ou consulter rapidement un gynécologue de ville pour un bilan étiologique complet. En fonction des résultats, la surveillance échographique sera adaptée.
Compte tenu de l’évolution permanentes des données, il est important de consulter régulièrement le site du ministère de la Santé, du Haut Conseil de la santé publique, de l’InVS et de l’Inpes pour prendre connaissances des actualités relatives à l’infection à virus Zika compte tenu de l’évolution permanentes des données.
Le 19 février 2016, de nouvelles recommandations face à une possible transmission sexuelle du virus Zika ont été rendues publiques par le Haut conseil de santé publique (HCSP). En effet, si la transmission par voie sexuelle du virus Zika est probablement négligeable par rapport à la transmission par le moustique du genre Aedes, le HCSP, sur la base des données scientifiques disponibles, a estimé que celle-ci était probable, même si à ce jour, ces données sont trop peu nombreuses pour évaluer son importance réelle dans la transmission du virus Zika. Le message reste ciblé sur les femmes enceintes : par précaution, il leur est recommandé de différer leur voyage dans les zones épidémiques et d’éviter tout rapport sexuel non protégé avec un homme ayant pu être infecté par le virus Zika pendant le voyage et au retour pendant toute la durée de la grossesse.
L’ensemble des mesures de protection individuelles et collectives doivent également être soigneusement appliquées dans le cadre de la lutte anti vectorielle.  
L’épidémie du virus Zika, qui s’étend en Amérique latine, « pourrait empirer avant de s’améliorer », a averti le 24 février 2016 à Rio de Janeiro la directrice générale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Margaret Chan.
Enfin, alors qu'il ne s'agissait que d'un soupçon, c'est désormais scientifiquement prouvé : le virus Zika peut déclencher un trouble neurologique grave, le syndrome de Guillain-Barré. Des chercheurs de l'Institut Pasteur, à Paris, le démontrent dans une étude publiée mardi 1er mars par la revue médicale The Lancet.

Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.com - 01/03/2016. bernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

jeudi 25 février 2016

Au Brésil, le virus Zika suscite peur et défiance

Voilà trois semaines que Mariana Cassandra a accouché d’une petite fille. En bonne santé. Après des mois d’angoisse, la peur du virus Zika, pourtant, ne l’a pas quittée. « Je tente de contrôler mes nerfs », explique-t-elle. Calfeutrée dans son appartement de Sao Paulo, au Brésil, l’entrepreneuse trentenaire ne sort que rarement et jamais sans l’une de ses cinq bombes anti-moustiques dans le sac. « J’habite près d’un parc », dit-elle en guise d’explication. Son mari n’est guère plus serein. « Il a toujours une tapette à la main pour tuer les moustiques sur son chemin », rit-elle.


Elégante bourgeoise, résidente du quartier chic de Jardim Paulista, Mme Cassandra était enceinte de plus de cinq mois quand le Brésil a commencé à s’effrayer de l’explosion du nombre de microcéphalies (trop petite taille du cerveau et du périmètre crânien) chez les nourrissons dans le Nordeste du pays. Une malformation congénitale suspectée d’être liée à une contamination par le virus Zika durant la grossesse. Le mal, transmis par la piqûre du moustique Aedes aegypti, également responsable de la dengue et du chikungunya, s’attaquerait au système nerveux central. Sans conséquence chez la plupart des adultes, il est toutefois soupçonné de provoquer, plus rarement, le syndrome de Guillain-Barré, entraînant des paralysies pouvant conduire à la mort.
Assez pour que Mariana Cassandra s’affole des possibles conséquences d’une infection pour le développement de son nouveau-né et de son autre enfant de 3 ans. « On sait tellement peu de chose sur cette maladie, il vaut mieux faire attention », explique-t-elle.
« Le virus Zika est devenu un monstre médiatique, avec son lot de désinformations », souffle le docteur Ariel Levy, pédiatre et immunologue à Sao Paulo. Chaque jour, le spécialiste reçoit entre huit et dix messages de mères inquiètes, comme Mme Cassandra, des conséquences du virus sur les enfants de moins de 7 ans. Il explique que la probabilité d’une infection grave est faible mais qu’il faut se méfier de Zika comme de la dengue et du chikungunya.

Congélation d’ovules

Dans la mégalopole brésilienne, comme dans le reste du Brésil, règnent la peur et la défiance. Nombre de femmes retardent leur projet de grossesse. « Celles qui le peuvent, congèlent ovules ou embryons dans l’attente d’un vaccin », rapporte Alfonso Araujo Massaguer, gynécologue obstétricien dans la clinique d’aide à la procréation Engravida, à Sao Paulo.
Les autres, en dépit d’une chaleur écrasante, revêtent pantalons et tenues à manches longues, parfois même des bas. A défaut de climatisation, les ventilateurs fonctionnent sans interruption dans les bureaux ou les maisons. Les femmes enceintes ne sont pas les seules à se ronger les sangs. « Tout le monde est inquiet », observe Sergio Bocalini, biologiste et porte-parole de l’Aprag, l’association des entreprises de contrôle de parasites. En témoigne le bond des interventions de l’Aprag contre les moustiques en janvier. Loin de s’en réjouir, M. Bocalini redoute que les Brésiliens ne cèdent à la panique, aspergeant leurs résidences de produits chimiques toxiques en faisant appel à des sociétés peu sérieuses.
En quelques mois, la maladie s’est propagée dans le pays à une vitesse terrifiante, envahissant, aussi, les esprits. Le virus Zika a affecté plus d’un million et demi de Brésiliens depuis 2015. Et selon les données divulguées mardi 23 février par le ministère de la santé, 4 107 cas de microcéphalies suspectes ont été recensés dans le pays entre le 22 octobre 2015 et le 20 février 2016 auxquels s’ajoutent 583 cas où une contamination par Zika a été confirmée.

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/02/25/le-bresil-au-temps-du-zika_4871147_3222.html


Négligence du gouvernement

Les équipes médicales travaillent pour prouver scientifiquement et indubitablement le lien entre ces malformations et le virus. Mais pour l’heure, le Brésil vit dans une angoisse mêlée de doutes, sans savoir si le maudit moustique est le seul vecteur de la maladie : le virus a été détecté dans de la salive et les autorités sanitaires américaines s’interrogent sur une possible transmission par voie sexuelle. Un climat propice aux rumeurs et théories du complot. « Le virus Zika est un mystère. Nous essayons toujours d’obtenir des réponses », a reconnu mercredi Margaret Chan, directrice de l’Organisation mondiale de la santé, en visite à Recife, l’une des villes les plus touchées par les microcéphalies dans le pays, saluant le travail des équipes brésiliennes.
Dans le pays, le moustique est devenu l’ennemi public numéro un. Les maires, les gouverneurs et Brasilia rivalisent d’efforts pour exterminer l’Aedes aegypti, mobilisant l’armée pour fouiller les taudis des favelas comme les résidences des quartiers huppés à la recherche de larves nichées dans les récipients gorgés d’eau stagnante. « 85 % des foyers de moustiques se trouvent dans les habitations particulières », explique-t-on à la mairie de Sao Paulo. Dans la mégalopole, ravagée par la dengue qui a fait 25 morts en 2015 (863 dans tout le pays), les autorités tentent d’informer sans alarmer. « En insistant trop sur Zika, les gens pourraient relâcher leur attention contre la dengue », explique l’attachée de presse de la mairie. En dépit du battage médiatique sur le virus, « beaucoup ne savent pas que le même moustique transmet la dengue et le virus Zika », explique-t-elle.
La communication des autorités brésiliennes est ainsi depuis le début de l’épidémie souvent hésitante, parfois maladroite. Après avoir déclaré l’état d’urgence sanitaire nationale, en décembre, le ministre de la santé, Marcelo Castro, a multiplié les faux pas de communication. La méthode de comptabilisation des cas de microcéphalies suspectes a varié, compliquant la vision de l’évolution du problème. Enfin, la cohérence des données récoltées par les différents Etats brésiliens n’a pas été assurée. « Un festival d’incompétences », peste Artur Timerman, président de la Société brésilienne de dengue et d’arbovirus. « Le Brésil vit dans une inquiétude qui n’a rien de disproportionnée par rapport à la gravité du problème, dit-il, mais la négligence du gouvernement n’a fait qu’ajouter à l’angoisse ambiante. »

Le Monde, 25/02/2016.

mardi 2 février 2016

Zika : dix questions sur un virus qui inquiète

L’inquiétude monte face au virus Zika. Se propageant de manière explosive, il est fortement soupçonné de causer des troubles neurologiques, le syndrome de Guillain-Barré, et des malformations congénitales, les microcéphalies. Lundi 1er février, à l’issue d’une réunion d’experts, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a décrété que l’épidémie constitue « une urgence de santé publique de portée mondiale ».


Le moustique Aedes aegypti, responsable de la transmission du virus Zika qui a déjà touché 1,5 million de Brésiliens, en janvier 2016.

Transmis par des moustiques, comme la dengue ou le chikungunya, ce virus a déjà touché 1,5 million de personnes au Brésil, et 3 à 4 millions de cas sont attendus sur le continent américain en 2016. Des cas importés ont été identifiés en Europe, dont cinq en France métropolitaine. Accusée d’avoir réagi trop faiblement lors de l’épidémie d’Ebola, l’OMS a annoncé toute une série de recommandations pour mieux lutter contre cette nouvelle menace. L’une des priorités est d’accroître la surveillance des cas de syndromes de Guillain-Barré et des microcéphalies dans les zones touchées par le virus Zika, afin de déterminer si celui-ci est directement en cause, ou s’il existe d’autres facteurs. L’OMS prône également une intensification des recherches pour mettre au point des traitements, un vaccin et de nouveaux tests de diagnostic de cette infection. Aucune mesure de restriction des voyages et des échanges commerciaux n’est en revanche envisagée.
En dix questions, tour d’horizon sur un virus émergent qui pose de nouveaux défis.
  • D’où vient Zika, et jusqu’où ira-t-il ?
Le Zika est un arbovirus transmis par la piqûre de moustiques du genre Aedes (aegypti ou albopictus). De la famille des flavivirus, comme ceux de la dengue ou de la fièvre jaune, le Zika a été identifié pour la première fois chez un singe macaque rhésus dans une forêt ougandaise en 1947. Il a ensuite été isolé chez l’homme en 1952, en Ouganda et en Tanzanie.
La première épidémie s’est déclarée dans les îles Yap (Micronésie) en 2007, où elle aurait touché les trois quarts de la population. D’autres ont suivi, en Polynésie française d’octobre 2013 à avril 2014, et au Brésil, depuis mai 2015. Les premiers cas brésiliens ont été décrits dans deux articles publiés en mai et juin 2015. Depuis octobre 2015, le virus s’est propagé dans des pays d’Amérique centrale.
La Guyane et la Martinique sont à leur tour en phase épidémique. « C’est la troisième épidémie d’arbovirose après la dengue et le chikungunya, et probablement pas la dernière. La diffusion du Zika a été extrêmement rapide à l’échelle planétaire », souligne François Bourdillon, directeur général de l’Institut national de veille sanitaire (InVS).

Le recueil de données se poursuit pour affiner les modèles destinés à décrire l’évolution de l’épidémie et évaluer les moyens à mettre en œuvre pour la juguler et prendre en charge les malades. Mais, note Simon Cauchemez, spécialiste de la modélisation à l’Institut Pasteur, il faudra encore « quelques semaines » pour proposer des scénarios étayés.
(...)

Lire la suite de l'article ici : http://www.lemonde.fr/sante/article/2016/02/02/zika-dix-questions-sur-un-virus-qui-inquiete_4857580_1651302.html

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO,

vendredi 29 janvier 2016

Tout ce que vous avez demandé à savoir sur le virus Zika


Vous nous avez posé de nombreuses questions sur le virus Zika, nous avons consulté des experts pour vous répondre. 

• Nadia Mamitahina: Depuis combien de temps le virus Zika existe-t-il?

Le virus a été identifié pour la première fois en 1947 sur un macaque dans une forêt ougandaise qui lui a donné son nom. Les premiers cas humains connus remontent à 1952 dans le même pays et en Tanzanie. Des cas ont depuis été observés en Afrique (Sénégal, Ouganda, Nigeria, Côte d'Ivoire, Gabon, Tanzanie, Égypte, République centrafricaine, Sierra Leone…) mais n'ont pas donné lieu à de grandes épidémies.
Un autre lignage de Zika (avec quelques différences génétiques de son cousin africain) circule aussi en Asie (Cambodge, Inde, Indonésie, Malaisie, Pakistan, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam). C'est celui-ci qui est à l'origine des épidémies en Micronésie dans le Pacifique en 2007, puis en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie en 2013-2014, et aujourd'hui, en Amérique du Sud et dans les Caraïbes.

• Anis Solaire: Bonjour, quels seraient les traitements?

Il n'existe pas de traitement spécifique de l'infection à virus Zika. Le traitement proposé vise à réduire les symptômes. Il repose sur l'hydratation, le paracétamol jusqu'à 4g/j si fièvre ou douleurs et des antihistaminiques en cas de démangeaisons.