jeudi 31 octobre 2019

Métiers du grand âge : propositions pour un plan de mobilisation nationale

Pénibilité, effectifs insuffisants, rémunérations faibles, les métiers du grand âge et de l'autonomie sont peu attractifs. Pourtant, avec le vieillissement de la population, les besoins de personnels, notamment pour la prise en charge des personnes âgées dépendantes, sont croissants.


Dans un rapport publié le 29 octobre 2019, Myriam El Khomri propose la mise en place d'un plan d'action courant sur cinq ans pour "relever le défi de l'attractivité des métiers du grand âge et de l'autonomie".

60 000 postes non pourvus

Les métiers du grand âge souffrent d'une faible attractivité. Par exemple, entre 2012 et 2017, une baisse de 25% du nombre de candidatures au concours d'aide-soignant a été enregistrée.
Le rapport évalue à 60 000 le nombre de postes non pourvus. Entre 2020 et 2024, environ 18 500 postes devraient être créés chaque année pour répondre aux besoins présents et futurs de prise en charge des personnes âgées en perte d'autonomie (dont le nombre devrait augmenter de 20% d'ici 2030).
Les métiers du grand âge sont également des métiers aux conditions de travail difficiles. Le taux d'accidents du travail et de maladies professionnelles (AT-MP) y est trois fois supérieur à la moyenne nationale. Par exemple, en 2017, il y a eu au total 19 000 accidents du travail des aides à domicile (+31% par rapport à 2013).
S'ajoute la faible rémunération de ces professions dont certaines conventions collectives prévoient des rémunérations inférieures au SMIC.

Des propositions pour rendre les métiers du grand âge attractifs

Les 59 propositions contenues dans le rapport visent cinq objectifs principaux :
  • revaloriser la rémunération ;
  • moderniser les offres de formation ;
  • diminuer les accidents du travail et les maladies professionnelles ("sinistralité") ;
  • développer l'innovation ;
  • garantir la mobilisation des acteurs.
Pour augmenter l'attractivité de ces métiers, le rapport propose notamment :
  • la suppression du concours d'aide-soignant ;
  • la gratuité systématique de la formation (hors frais d'inscription) et une inscription via Parcoursup pour la formation initiale ;
  • le lancement d'un programme national pluriannuel de lutte contre la sinistralité ;
  • la réévaluation des rémunérations au seuil du SMIC au plus tard le 1er janvier 2021, puis un seuil commun de conventions collectives devrait être étudié pour tendre vers de meilleures conditions de travail ;
  • l'organisation de temps collectifs minimums fixés à 4h par mois en EHPAD et pour les équipes à domicile afin d'assurer une prise en charge de qualité et donner du sens au travail des professionnels de santé.
Ce plan s'inscrit en complément du rapport Libault dans la préparation d'une réforme d'ampleur de la prise en compte du Grand âge et de l'autonomie.

(...)

Source : vie-publique.fr, 31/10/2019.
Article intégral en ligne : https://www.vie-publique.fr

dimanche 1 juin 2014

L'emploi des femmes recule fortement dans les zones urbaines sensibles





Diana a le regard qui devient flou quand elle évoque son parcours. Voilà plus de six ans que cette grande et belle Bulgare ne trouve pas de travail. Des petits boulots, des contrats aidés dans des associations, des vacations de cantine mais pas de véritable embauche. Cette mère de famille a pourtant un CV exceptionnel dans la cité de la Thibaude à Vaulx-en-Velin (Rhône) : ancienne directrice de scène de l'Opéra national de Sofia, arrivée en France pour suivre un master professionnel, elle avait décroché un CDI à Tourcoing (Nord) comme régisseuse générale d'un théâtre. La préfecture a fait opposition à son embauche. Depuis, Diana galère.
Mariem, 37 ans, est dans la même situation. Titulaire d'un diplôme d'éducatrice, voilà dix ans qu'elle enchaîne des contrats précaires et prend tout ce qu'on lui propose : comptable, livreuse, auxiliaire de petite enfance… Elle est " au bout du rouleau ". Car, pour ces femmes vivant dans les quartiers populaires, la crise frappe plus dur encore que pour les hommes.
Deux études viennent de tirer le signal d'alarme sur la situation de l'emploi des femmes dans les quartiers. L'Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus) a publié pour la première fois une note spécifique qui montre que près d'une femme sur deux en âge de travailler (âgée de 15 à 64 ans) y est inactive. Ce taux d'inactivité est en hausse de 5 points depuis 2008.
Dans le même temps, l'activité des femmes habitant dans les agglomérations environnantes s'est maintenue, comme celle des hommes vivant en ZUS (zone urbaine sensible). " Une proportion croissante de femmes ne se déclare ni en emploi ni en recherche d'emploi ", écrivent ainsi les auteurs de l'étude, estimant " préoccupante "cette évolution qui dénote un véritable découragement.
Le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes fait le même constat, en observant que l'écart entre les femmes et les hommes dans l'accès à l'emploi est de 16 points en ZUS, contre 8 points en moyenne hexagonale. Le niveau de diplôme joue à plein. Les femmes peu diplômées peinent plus que leurs homologues masculins à trouver un emploi. Et quand elles en trouvent un, c'est majoritairement dans les services. Or, depuis 2008, ce sont les emplois faiblement qualifiés qui ont le plus reculé.
A Vaulx-en-Velin, dans le " top 3 des métiers féminins ", comme l'appelle Laurent Visocchi, directeur de l'antenne Pôle emploi, on trouve agent de propreté, aide maternelle et aide à domicile. Des emplois peu qualifiés, mal payés, qui ont reculé massivement. Quant aux plus diplômées, même jeunes, leur situation, moins dramatique, s'aggrave aussi : elles se retrouvent plus souvent dans des contrats précaires, à temps partiel ou le dimanche – ce dernier taux a augmenté de 4 points en quatre ans.
Chômage ou retrait du marché du travail ? Les deux phénomènes s'imbriquent, et les femmes passent d'une situation à l'autre, car il ne semble plus y avoir de postes pour elles. Cette chute inquiétante est trop récente pour avoir fait l'objet de recherches dans les différents quartiers prioritaires. Mais le constat semble général dans les antennes de Pôle emploi, les missions locales, les associations.
A Grigny, bassin d'emploi plus industriel et donc plus masculin, le nombre de femmes inscrites à Pôle emploi est supérieur à celui des hommes et croît depuis trois ans. " Mais nous n'avons pas de dispositif particulier de suivi car ce serait compliqué de faire de la discrimination dans un sens, alors, on se débrouille ", note Franck Locher, de la mission locale.
" Ces femmes n'arrivent plus à trouver quoi que ce soit, et elles se découragent. De plus en plus, elles ne s'inscrivent même plus au chômage ", insiste Naziha Chalabi, médiatrice du réseau Femmes de l'espace, un projet interassociatif de Vaulx-en-Velin. Au manque de diplôme s'ajoutent des obstacles spécifiques : le " manque de mobilité "– elles sont 47 % à détenir le permis de conduire à Vaulx, contre 71 % des hommes – et de véhicule, et la responsabilité d'enfants. " Plus le nombre d'enfants augmente, plus l'activité diminue pour les femmes ", souligne l'Onzus.
Les observations du terrain sont plus nuancées. " Cela contraint les femmes à avoir un emploi dans le secteur où elles habitent, et pourtant, on sent une détermination à chercher plus forte que dans la population masculine ", remarque Annie Lopez, responsable de l'agence Pôle emploi du 14e arrondissement de Marseille.
En ZUS, une jeune femme de 18 à 25 ans sur cinq est mère de famille. " On voit de plus en plus de jeunes femmes qui lâchent tout après le diplôme et se marient ou font un enfant. Devant le chômage qui les attend, c'est leur porte de sortie ", lâche Radostina Siorat, animatrice socioculturelle à Vaulx-en-Velin. Le constat est prudemment partagé par plusieurs observateurs. Certaines missions locales ou antennes de Pôle emploi commencent à proposer des modes de garde temporaires pour la recherche d'emploi, mais elles sont encore rares.
Sylvia Zappi
© Le Monde

mercredi 23 octobre 2013

MIEUX PREVENIR LE SUICIDE DES PERSONNES AGEES / les propositions du comité de bientraitance

Michèle Delaunay, ministre déléguée aux personnes âgées et à l'autonomie, a profité du 8 octobre, Journée Internationale de prévention du suicide, pour présenter les recommandations émises par le Comité National pour la Bientraitance et les Droits des Agés et des handicapés (CNBD) sur le suicide des personnes âgées.

Extrait de agevillage.fr