vendredi 18 janvier 2019

Les invisibles

Suite à une décision municipale, L'Envol, centre d'accueil pour femmes SDF, va fermer. Il ne reste plus que trois mois aux travailleuses sociales pour réinsérer coûte que coûte les femmes dont elles s'occupent : falsifications, pistons, mensonges... Désormais tout est permis !



Porté par un casting mêlant des actrices connues (Audrey Lamy, Corinne Masiero…) et des femmes ayant véritablement vécu dans la rue, le film de Louis-Julien Petit connaît un beau succès en salles depuis sa sortie, le 9 janvier 2019.


Au bout du fil, François Lesuisse est euphorique. Cet exploitant qui dirige le cinéma Le Grand Palace, aux Sables-d’Olonne, a fait le calcul. « En une semaine, 2600 personnes, sur 25 000 habitants, ont vu Les Invisibles. » Il en est persuadé : « Nous avons assisté à la naissance d’un film qui va beaucoup faire parler de lui. » Une impression ressentie dès le mois de novembre, quand le cinéma a accueilli l’équipe du film de Louis-Julien Petit pour une avant-première à guichets fermés. « On a même refusé du monde », se souvient-il. Toutes les salles de son cinéma, d’une capacité de 600 places, avaient pourtant été réquisitionnées pour la projection.
Depuis, le bouche-à-oreille autour de cette tragi-comédie pleine d’espoir sur un centre d’accueil pour femmes SDF dans le nord de la France a fait son œuvre. A tel point que Creed II, le film musclé avec Sylvester Stallone, a été déplacé dans une plus petite salle, au profit des Invisibles. François Lesuisse s’amuse : « Quatre nanas bien entraînées ont réussi à mettre Stallone KO ! »  Allusion aux quatre fantastiques Audrey, Manu, Hélène et Angélique, incarnées par Audrey Lamy, Corinne Masiero, Noémie Lvovsky et Déborah Lukumuena, qui campent des travailleuses sociales au plus près des laissées-pour-compte.

(...)

Source : Télérama.fr, 18/01/2019.
Article intégral en ligne : https://www.telerama.fr

mercredi 16 janvier 2019

Sur France 3, “Pièces à conviction” dévoile l’enfer des enfants placés

Lyes Louffok, aujourd’hui membre du Conseil national de la protection de l’enfance et protagoniste du documentaire “Enfants placés : les sacrifiés de la République” diffusé sur France 3 ce mercredi 16 janvier, revient pour nous sur les dysfonctionnements d’un système qui déraille.


Invitée, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, ne participera pas au débat qui suivra ce 16 janvier la diffusion de cette enquête choc de Pièces à conviction sur France 3. Regrettable, tant il y a matière à échanger. En effet, le document Enfants placés : les sacrifiés de la République dresse un panorama alarmant de la situation des enfants placés en foyers ou familles d’accueil. Détresse psychologique, agressions sexuelles, violences en tous genres… : les témoignages graves et édifiants dépeignent un système « qui déraille », pour ne pas dire dysfonctionne totalement. 
L’un des protagonistes, Lyes Louffok, 24 ans, auteur de Dans l’enfer des foyers (1), futur éducateur spécialisé et membre du Conseil national de la protection de l’enfance, revient pour nous sur ce sujet hautement sensible.

Ruptures traumatisantes, changement de structures d’accueil… : l’enquête évoque votre parcours, ainsi que celui de nombreux enfants ballotés, malmenés, détruits.
 
Certains enfants cumulent treize ans, quinze ans, dix-huit ans… de placement au sein des services d’Aide sociale à l’enfance (ASE). Ce type de placement « longue durée » ne devrait pas exister. Pourtant ce fut mon cas. Quel projet de vie propose-t-on à ces enfants-là ? Si on résolvait un peu cette problématique dès le départ, en retirant l’autorité parentale à un parent absent ou délaissant, ou en proposant ces enfants à une adoption simple, on aurait moins de placements longs. Durant ces années, tout peut survenir : un changement de situation dans la famille d’accueil, un déménagement, des conflits dans le couple, ou une relation difficile interpersonnelle avec les enfants biologiques de la famille d’accueil… Quand on change l'enfant de lieu de placement, au lieu de réfléchir à un projet de réorientation totalement adaptée, on replace les enfants ailleurs, à la va-vite…

Enfants placés : les sacrifiés de la République.

« … comme des paquets », dites-vous dans le documentaire.
 
Exactement. C’est le problème. Comme on est dans une situation d’urgence, on va mettre l’enfant là ou il y a de la place, dans des dispositifs pas toujours adaptés. Qui vont potentiellement conduire le jeune à vivre une nouvelle rupture… Enfin, les ruptures s’expliquent aussi par la maltraitance. Beaucoup d’enfants ont très bien compris le système : ils se disent « puisque je me sens très très mal dans cet endroit, c’est moi qui vais provoquer la rupture par des fugues, en poussant l’adulte à bout, etc » dans l’espoir de changer de lieu de placement. 

“Il faut créer un grand ministère de l’Enfance.”
 
(...)

Article intégral en ligne : https://www.telerama.fr

 Pièces à conviction. Enfants placés, les sacrifiés de la République, enquête de Sylvain Louvet, 100 mn. (France, 2018). France 3, mercredi 16 janvier, 21h00.

Disponible en replay ici : https://www.france.tv/france-3/pieces-a-conviction/856735-aide-sociale-a-l-enfance.html

dimanche 11 février 2018

Travailleurs sociaux : une réforme périlleuse

Le 22 janvier, se terminait le travail de refonte des diplômes des professionnels du travail social. Les établissements de formation n'auront que quelques mois pour mettre en place les formations qui y mènent. Et les contenus restent flous...


D'ici la rentrée de septembre, ce sera l'agitation dans les établissements de formation des travailleurs sociaux. En effet, c'est dès cette année que va entrer en application la refonte des diplômes de niveau III du secteur. Cinq sont concernés : diplômes d'État d'assistant de service social (DEASS), de conseiller en économie sociale et familiale (DECESF), d'éducateur spécialisé (DEES), d'éducateur de jeunes enfants (DEEJE) et d'éducateur technique spécialisé (DEETS). Si le chantier a été lancé en 2013 dans la foulée des états généraux du travail social (EGTS), il vient à peine de s'achever. L'ultime commission professionnelle consultative (CPC) s'est tenue, en effet, le 22 janvier, pour valider les derniers référentiels et s'est achevée sur un constat de désaccord.

 

vendredi 5 mai 2017

Educateur spécialisé, un métier qui attire moins

En première ligne face aux maux de la société mais en manque de moyens, la profession, qui recrute, voit néanmoins le nombre de ses diplômés baisser.

Le Monde, par Véronique Soulé, 02/05/2017



Le recul étant limité, les centres de formation ne ressentent pas toujours cette moindre attraction pour la profession. En 2015, ces instituts totalisaient encore 13 732 étudiants, soit une baisse de 3,5 % en cinq ans. « Nous ­accueillons 30 étudiants chaque année et nous avons plus de 200 candidats à l’oral, explique Joao de Medeiros, responsable pédagogique à l’Ecole supérieure de travail social (Etsup) à Paris. Si nous en avons eu moins à l’écrit, c’est parce que désormais les écoles, hors des instituts régionaux de travail social (IRTS), proposent une admissibilité commune. Les candidats peuvent passer l’épreuve près de chez eux, et ensuite venir chez nous pour l’oral. »

Au centre de formation d’Ile-de-France des Ceméa (Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active,un mouvement d’éducation nouvelle), on affirme en revanche avoir pris la mesure du repli. « Nos statistiques sont claires : nous avons moins d’inscrits en éducation spécialisée et plus en formation de moniteur éducateur, un diplôme obtenu en deux ans contre trois pour le premier », affirme Nadia Azoug, la ­directrice adjointe. D’après elle, cela s’explique en bonne partie par les débouchés : « De plus en plus, les structures recrutent des moniteurs éducateurs, car ils ­coûtent moins cher, et cette formation devient une porte d’entrée dans la profession. »

Si le métier reste globalement épargné par le chômage, un secteur est touché : la prévention spécialisée. Céline Favre, 33 ans, a été durant quatre ans éducatrice de rue en Seine-Saint-Denis, avec des populations roms, puis dans un quartier difficile. Partie vivre à Lyon, elle cherche du travail dans la prévention spécialisée ­depuis plusieurs mois. Sans succès. « On est dehors toute la journée, sur le terrain, à essayer de rattraper des jeunes avant la rupture ou des mères seules qui sont à bout, explique-t-elle. C’est un travail difficilement quantifiable, dont les résultats prennent du temps. Les politiques préfèrent des dispositifs avec une rentabilité. D’où la baisse des fonds alloués par les départements et la fermeture de clubs de prévention. »



Éducateur spécialisé pendant douze ans, Emmanuel Gutierrez, 38 ans, a décidé de se reconvertir. Après une formation d’un an, le voilà maraîcher, à ­2 kilomètres d’Aix-en-Provence et à 20 kilomètres de Marseille, sa ville. Désormais, il vend des paniers bio. « J’ai été déçu, confie-t-il, trop de paperasse, une hiérarchie pesante, un manque de moyens, le sentiment de ne pas faire au mieux. » La dernière année, il ­accompagnait de jeunes mineurs isolés. « Ils devaient être logés dans des studios, mais comme il n’y en avait pas assez, on les mettait dans des hôtels sordides. Etait-ce vraiment mieux que dehors ? »

L’ex-éducateur aime toujours son métier initial. C’est d’ailleurs pour mieux y revenir qu’il s’est lancé dans le maraîchage. « Dans trois ans, lorsque mon activité sera stabilisée, explique-t-il, je contacterai les associations d’insertion. Je proposerai des contrats de travail aux personnes qu’elles accueillent, avec un accompagnement. Au lieu de les trimbaler de mini-stages en mini-formations et remises à niveau, ces associations pourront proposer une activité qui a du sens, rémunératrice et valorisante. »
Malaise de la profession

Emmanuel Gutierrez exprime ainsi le malaise d’une partie de la profession. Comme lui, beaucoup assurent aimer leur métier. Qu’ils l’exercent auprès de personnes handicapées, de mineurs confiés à l’Aide sociale à l’enfance ou de populations en rupture, ils revendiquent leur fibre sociale, indispensable pour affronter la misère qu’ils côtoient. En première ligne face aux maux de la société, ils confient aussi être ­régulièrement en proie aux doutes et aux désillusions.

Alors que l’éducation spécialisée fait partie des professions « en tension » où l’on recrute, une étude de la direction statistique du ministère des affaires sociales et de la santé a fait état, en décembre 2016, d’une baisse de 5,8 % du nombre de diplômés sortis des écoles entre 2013 et 2015. Si l’on tient compte des ­diplômés par la validation des acquis d’expérience (VAE) et par d’autres voies, la baisse est de 3,5 %. Rien de spectaculaire, mais un signal tout de même.

samedi 9 juillet 2016

Les travailleurs sociaux dénoncent la libéralisation du secteur

Depuis 2002, les travailleurs sociaux se heurtent aux réformes successives visant à uniformiser les formations professionnelles et les métiers du secteur. Peu entendus, ces derniers peinent à alerter l’opinion sur les véritables dangers de ces refontes.

Concocté dans l’intention de « valoriser » et de « moderniser » le secteur, le plan d’action gouvernemental en « faveur » du travail social, annoncé le 21 octobre 2015, fait suite aux discussions engagées durant les États généraux du travail social (EGTS). Un raccommodage que les opposants à ces incessantes révisions définissent comme une casse du travail social et des métiers, qui ne vise qu'à « normaliser » et à « libéraliser » les professions. Contestée, cette lettre de mission confiée à la commission professionnelle consultative du travail social (CPC) par Ségolène Neuville, secrétaire d’État auprès de la ministre des Affaires sociales, suscite de nombreuses réactions.
Collectifs, syndicalistes et professionnels de la formation ou du terrain se mobilisent afin d'éclairer les dessous de cette réforme prévue par le plan interministériel et organisent une manifestation mardi 21 juin, sur fond de contestation de la loi travail.

Les métiers du social : une lente « destruction »

 

Amorcée depuis plus d'une quinzaine d'années, la réforme des formations est « un long processus qui a pour conséquence d’effacer les identités et les spécificités des professions », résume Christine Sovrano. Formatrice et cégétiste, elle dénonce l'instrumentalisation du dispositif des EGTS, « qui prétendent instaurer un dialogue social », et font croire que « la demande de ces refontes venait des travailleurs sociaux, des employeurs et des usagers ».
Pourtant, Christine Sovrano assure « que les discussions avaient d'ores-et-déjà commencé en amont avec la Commission professionnelle consultative [CPC] », et que ces révisions vont dans le sens « de l'employabilité ». Il revient désormais à la CPC, instance de consultation auprès de la ministre chargée des affaires sociales, de fixer les axes de la mise en œuvre du plan gouvernemental. Retirés de la table des discussions le 23 mai, la CGT et FO (syndicats majoritaires du secteur) ont clairement fait part de leur opposition :
Tout est fait dans l'urgence, sans réfléchir. Des rapports sont produits, mais on ne les traite pas. Alors nous sommes sortis car nous ne voulions pas contribuer à la destruction de nos métiers.
Afin de faire valoir leur argumentaire, et demander le retrait de cette réforme, les syndicats ont tout de même rencontré jeudi 16 juin le directeur du cabinet de Mme Neuville. Bien que ce dernier ait à nouveau demandé à la CGT et à FO de revenir à la table des « négociations », Christine Sovrano décrit des « échanges stériles » et « sans profondeurs » qui n'ont mené à rien.
Au-delà de l'instrumentalisation, Cristel Choffel, assistante sociale de la fonction publique syndiquée à la FSU, précise que les personnes réunies autour de ces dispositifs, notamment durant les EGTS ou les assises territoriales, étaient principalement « des cadres » : « Les syndicats, n'étant pas invités, ont dû faire valoir leur présence. Durant les assises territoriales, ni les syndicats, ni les professionnels n'ont pu prendre part aux débats, alors qu'il y avait des représentants des usagers, comme Emmaüs. »
De fait, les informations filtrent peu, et une grande méconnaissance de la situation entourent ces évolutions, y compris parmi les professionnels. « Nous sentions qu’il y avait une refonte en cours, mais les éléments n’étaient pas clairs et les informations filtraient peu », explique Gabrielle Garrigue, formatrice et membre du collectif Avenir Educ, justement créé en mars 2014 pour changer cette donne :
En février 2014, nous avons eu connaissance de certains scénarios proposés à la CPC, et nous nous sommes rendus compte que les choses étaient déjà ficelées. Pas mal de gens étaient impliqués dans cette réflexion, sans que les professionnels du terrain ne soient intervenus. En mars, nous avons donc rassemblé des formateurs, des professionnels de terrain, des chercheurs et des étudiants sur la question de l’avenir du travail social.

Politis, 20/06/2016.
Article intégral en ligne : http://www.politis.fr

lundi 1 septembre 2014

Retrouver les ressorts de la motivation

Des manageurs ont élaboré de nouvelles façons de diriger pour stimuler les salariés





La rentrée va être difficile. Le climat social au sein des entreprises est dégradé : plus de deux salariés sur trois rêvent de changer d'employeur, selon le baromètre trimestriel édité par Viadeo en juillet. Sur fond de crise, la note de conjoncture annuelle de l'association Entreprise & Personnel relève une multiplication des formes de protestation passive telles que l'augmentation de l'absentéisme et la baisse de zèle, consécutives à la montée de la pression sur les salariés. Comment manager dans ces conditions ?
La crise, Nicolas Doucerain, président de l'association Entreprendre pour la France, l'a vécue aux premières loges dès 2009. A l'époque, l'homme dirigeait Solic, un cabinet de conseil en ressources humaines employant une centaine de salariés. Alors que sa société est au plus mal, le dirigeant doit se séparer de la majorité de ses collaborateurs :" Un véritable tsunami, se remémore-t-il. Les équipes étaient complètement chamboulées. "
Le chef d'entreprise a raconté son expérience dans l'ouvrage Ma petite entreprise a connu la crise (François Bourin Editeur, 2011). Malgré ce contexte difficile, les salariés se mobilisent et la société finit par redresser la barre : " Tous avaient pris conscience de la situation, souligne Nicolas Doucerain. Pour remporter un gros appel d'offres, les salariés n'ont pas hésité à travailler le week-end et on a fini par décrocher le contrat. "
Pas évident de maintenir ses collaborateurs motivés pour passer un cap difficile. Afin de tenir cette gageure, Nicolas Doucerain a décidé de montrer la voie. " J'ai baissé ma rémunération et demandé à mes associés de faire de même, dit-il. Le manageur doit être exemplaire, sinon il n'a aucune chance de mobiliser ses collaborateurs. "
Autre arme de guerre, la communication. Pour éviter les rumeurs, le dirigeant décide de faire des points hebdomadaires avec son équipe. " J'insistais sur les points forts et je fixais des objectifs relativement atteignables pour permettre aux salariés de se projeter ", indique-t-il. Le chef d'entreprise veille également à occuper les esprits : " Comme mes collaborateurs manquaient d'activité, je leur ai demandé d'imaginer de nouvelles façons de faire leur métier, se souvient-il. On a retenu trois ou quatre projets qui ont connu quelques succès. "
D'autres dirigeants n'hésitent pas à sortir des sentiers battus pour désamorcer les situations de crise. En 2003, bis repetita, une TPE spécialisée dans la vente de matériel informatique connaît une montée des tensions entre ses collaborateurs. " Pour résoudre les incompréhensions, chaque salarié est allé travailler une demi-journée dans les autres services, raconte Anne Hontang, l'assistante de direction de la société.Cela leur a permis de prendre conscience de l'importance des étapes à suivre. "
De l'administration à la logistique, tous les services sont concernés par cet échange de postes. " Un préparateur de commandes venu au service commercial a ainsi réalisé qu'un appareil mal emballé, c'était un client non satisfait et une source de tension pour le commercial ", relève Mme Hontang. A la suite du succès de l'opération, la société a décidé de l'étendre à l'ensemble des nouveaux embauchés. " Après quelques jours passés dans l'entreprise, les arrivants tournent sur tous les postes, explique-t-elle. Cela leur permet de savoir ce que font leurs collègues et, à terme, favorise une meilleure communication entre les services. "
Lorsque le navire tangue, c'est aussi l'occasion d'inventer de nouvelles façons de diriger. C'est ainsi que Bretagne Ateliers, une entreprise de sous-traitance industrielle, a profité d'une période difficile pour remettre à plat son système de management. " En 1995, on a été touché par la crise du secteur automobile, se souvient Daniel Lafranche, son directeur général. On s'est alors intéressé aux méthodes de travail utilisées au Japon, qui misent sur le long terme et l'implication des salariés. "
" Pas de tabou "
Partant de cette idée, l'entreprise a mis en place un système de management participatif fondé sur le principe de la pyramide inversée : " Ce sont les opérateurs qui détectent les problèmes et les résolvent sans intervention de la hiérarchie, indique M. Lafranche. Il y a quelque temps, par exemple, des salariés qui ressentaient des brûlures sur leur poste de travail l'ont eux-mêmes fait évoluer pour éviter les endroits de chauffe. "
Toute l'entreprise est concernée, y compris le sommet de la hiérarchie : " Des salariés sont invités à présenter leurs projets au comité exécutif, indique M. Lafranche. Il n'y a pas de tabou, tout peut être mis sur la table. " De l'avis du dirigeant, cette initiative a sauvé l'entreprise. " Cette démarche a responsabilisé les gens et favorisé la capacité d'initiative. Ce qui fait qu'un client est satisfait, ce sont d'abord les salariés. " Une vérité parfois oubliée.
Catherine Quignon
© Le Monde 2/09/2014

mercredi 4 juin 2014

Dates concours

Agenda des concours
Concours de l'enseignement
Les calendriers des épreuves d'admission sont disponibles sur les sites internet des académies organisatrices des épreuves.
Concours de la fonction publique
Retrait des dossiers : du 12/05/2014 au 24/06/2014
• Personnel de catégorie C - France entière
Concours socio-éducatif
Retrait des dossiers : jusqu'au 09/07/2014
• Conseiller en économie sociale et familiale :
•  Éducateur spécialisé :
•  Assistant socio-éducatif : Alpes-Maritimes
•  Assistant de service social :
Le calendrier des concours sur www.emploipublic.fr.

dimanche 1 juin 2014

L'emploi des femmes recule fortement dans les zones urbaines sensibles





Diana a le regard qui devient flou quand elle évoque son parcours. Voilà plus de six ans que cette grande et belle Bulgare ne trouve pas de travail. Des petits boulots, des contrats aidés dans des associations, des vacations de cantine mais pas de véritable embauche. Cette mère de famille a pourtant un CV exceptionnel dans la cité de la Thibaude à Vaulx-en-Velin (Rhône) : ancienne directrice de scène de l'Opéra national de Sofia, arrivée en France pour suivre un master professionnel, elle avait décroché un CDI à Tourcoing (Nord) comme régisseuse générale d'un théâtre. La préfecture a fait opposition à son embauche. Depuis, Diana galère.
Mariem, 37 ans, est dans la même situation. Titulaire d'un diplôme d'éducatrice, voilà dix ans qu'elle enchaîne des contrats précaires et prend tout ce qu'on lui propose : comptable, livreuse, auxiliaire de petite enfance… Elle est " au bout du rouleau ". Car, pour ces femmes vivant dans les quartiers populaires, la crise frappe plus dur encore que pour les hommes.
Deux études viennent de tirer le signal d'alarme sur la situation de l'emploi des femmes dans les quartiers. L'Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus) a publié pour la première fois une note spécifique qui montre que près d'une femme sur deux en âge de travailler (âgée de 15 à 64 ans) y est inactive. Ce taux d'inactivité est en hausse de 5 points depuis 2008.
Dans le même temps, l'activité des femmes habitant dans les agglomérations environnantes s'est maintenue, comme celle des hommes vivant en ZUS (zone urbaine sensible). " Une proportion croissante de femmes ne se déclare ni en emploi ni en recherche d'emploi ", écrivent ainsi les auteurs de l'étude, estimant " préoccupante "cette évolution qui dénote un véritable découragement.
Le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes fait le même constat, en observant que l'écart entre les femmes et les hommes dans l'accès à l'emploi est de 16 points en ZUS, contre 8 points en moyenne hexagonale. Le niveau de diplôme joue à plein. Les femmes peu diplômées peinent plus que leurs homologues masculins à trouver un emploi. Et quand elles en trouvent un, c'est majoritairement dans les services. Or, depuis 2008, ce sont les emplois faiblement qualifiés qui ont le plus reculé.
A Vaulx-en-Velin, dans le " top 3 des métiers féminins ", comme l'appelle Laurent Visocchi, directeur de l'antenne Pôle emploi, on trouve agent de propreté, aide maternelle et aide à domicile. Des emplois peu qualifiés, mal payés, qui ont reculé massivement. Quant aux plus diplômées, même jeunes, leur situation, moins dramatique, s'aggrave aussi : elles se retrouvent plus souvent dans des contrats précaires, à temps partiel ou le dimanche – ce dernier taux a augmenté de 4 points en quatre ans.
Chômage ou retrait du marché du travail ? Les deux phénomènes s'imbriquent, et les femmes passent d'une situation à l'autre, car il ne semble plus y avoir de postes pour elles. Cette chute inquiétante est trop récente pour avoir fait l'objet de recherches dans les différents quartiers prioritaires. Mais le constat semble général dans les antennes de Pôle emploi, les missions locales, les associations.
A Grigny, bassin d'emploi plus industriel et donc plus masculin, le nombre de femmes inscrites à Pôle emploi est supérieur à celui des hommes et croît depuis trois ans. " Mais nous n'avons pas de dispositif particulier de suivi car ce serait compliqué de faire de la discrimination dans un sens, alors, on se débrouille ", note Franck Locher, de la mission locale.
" Ces femmes n'arrivent plus à trouver quoi que ce soit, et elles se découragent. De plus en plus, elles ne s'inscrivent même plus au chômage ", insiste Naziha Chalabi, médiatrice du réseau Femmes de l'espace, un projet interassociatif de Vaulx-en-Velin. Au manque de diplôme s'ajoutent des obstacles spécifiques : le " manque de mobilité "– elles sont 47 % à détenir le permis de conduire à Vaulx, contre 71 % des hommes – et de véhicule, et la responsabilité d'enfants. " Plus le nombre d'enfants augmente, plus l'activité diminue pour les femmes ", souligne l'Onzus.
Les observations du terrain sont plus nuancées. " Cela contraint les femmes à avoir un emploi dans le secteur où elles habitent, et pourtant, on sent une détermination à chercher plus forte que dans la population masculine ", remarque Annie Lopez, responsable de l'agence Pôle emploi du 14e arrondissement de Marseille.
En ZUS, une jeune femme de 18 à 25 ans sur cinq est mère de famille. " On voit de plus en plus de jeunes femmes qui lâchent tout après le diplôme et se marient ou font un enfant. Devant le chômage qui les attend, c'est leur porte de sortie ", lâche Radostina Siorat, animatrice socioculturelle à Vaulx-en-Velin. Le constat est prudemment partagé par plusieurs observateurs. Certaines missions locales ou antennes de Pôle emploi commencent à proposer des modes de garde temporaires pour la recherche d'emploi, mais elles sont encore rares.
Sylvia Zappi
© Le Monde

vendredi 24 janvier 2014

Enfants handicapés / Carlotti reconnaît des maltraitances

« Libérer la parole et rompre l’omerta. » Car la maltraitance des enfants handicapés est une réalité dans certains des établissements qui les accueillent, a reconnu mercredi 22 janvier Marie-Arlette Carlotti, la ministre déléguée chargée des personnes handicapées, qui se sait pourtant « première garante » de leur protection. Effectuant un déplacement dans l'institut médico-éducatif (IME) Cour de Venise qu’elle juge modèle, à Paris (3e arrondissement), elle a donc présenté un plan de renforcement des contrôles effectués sur ces établissements dont « la quasi-totalité » est de qualité. La quasi-totalité seulement.








Extrait du journal Le Monde
Article disponible au centre de ressources.