vendredi 3 novembre 2017

Démographie médicale : les disparités se creusent en France

Alors que la France n'a jamais compté autant de médecins, l'accès aux soins se détériore dans un grand nombre de régions et de départements. 

A la veille de la présentation du plan gouvernemental de lutte contre les déserts médicaux, le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) dresse un sombre tableau de la situation dans son nouvel atlas de la démographie. Alors que la France n’a jamais compté autant de médecins – 290 974 praticiens sont inscrits à l’Ordre –, l’accès aux soins se détériore, et en particulier dans les régions déjà en difficulté.
« Depuis 1979, le nombre de médecins a quasiment doublé. Mais cette progression a ralenti au cours de la dernière décennie, a décrit le Dr Jean-Marcel Mourgues, président de la section santé publique et démographie au CNOM, lors de la présentation de l’atlas ce jeudi. La part des médecins en activité stagne alors que celle des retraités augmente. »
Source : Évolution du nombre depuis médecins actifs et retraités depuis 1979, CNOM.

6 % de retraités actifs

De fait, entre 2007 et 2017, la proportion de médecins actifs a reculé de 10 points. Aujourd’hui, plus de deux tiers des médecins inscrits à l’Ordre travaillent dans leur cabinet, à l’hôpital ou les deux. Dans le même temps, la part des retraités est passée de 14 à 20 %. Sur les 75 000 médecins retraités, 6 % ont renfilé leurs blouses en 2017. Ils sont 6 fois plus nombreux à avoir fait ce choix par rapport à 2007.
Ces nombreux départs en retraite et l’arrivée de sang frais favorisent la féminisation de la profession. A en croire l’atlas 2017, quasiment un médecin sur deux en France est une femme. « Si la tendance se poursuit, on atteindra la parité parfaite en 2020 », a précisé le Dr Jean-Marcel Mourgues. Les médecins actuellement en activité sont aussi plus jeunes : 20 % ont moins de 40 ans en 2017 contre 14 % dix ans plus tôt.


jeudi 2 juin 2016

Médecins : plus de retraités, moins de généralistes


La profession médicale est marquée par un nombre accru de retraités. La médecine générale en est la première victime.


Médecins : plus de retraités, moins de généralistes 


Publié le



Le Conseil National de l’Ordre des Médecins publie ce mercredi son Atlas national de la démographie médicale. Le document, riche en informations, décrit une profession dynamique qui continue d’attirer dans ses rangs les nouvelles recrues, mais plus que jamais marquée par des départs massifs à la retraite.

88 % de retraités en plus

 

Au 1er janvier 2016, le tableau de l’Ordre recensait 285 840 médecins – soit 1,7 % de plus qu’en 2015. Parmi eux, 215 583 sont en activité totale et 70 257 sont retraités, dont 26 % ont fait le choix de poursuivre l’exercice de la médecine.
Au cours de l’année l’année 2015, 7 714 médecins se sont inscrits pour la première fois à un tableau de l’Ordre (+79 % par rapport à l’année 2006). Toutefois, ces nouvelles arrivées ne compensent pas les départs à la retraite.
En effet, si l’on considère ces dix dernières années, les médecins retraités enregistrent un accroissement de 87,7 % de leurs effectifs. Bien que nombreux sont ceux qui continuent à travailler pendant leur retraite, la situation reste problématique, alors que le nombre d’actifs n’a augmenté, sur la même période, que de 1,2 %.



Source : Atlas de la démographie médicale, CNOM
 


Perte d’un généraliste sur 4 d’ici 2025

 

« Cet état de fait a un impact significatif sur la spécialité de médecine générale, écrit le CNOM. Alors que les spécialités médicales et chirurgicales voient, dans l’ensemble, leurs effectifs augmenter (…), les effectifs de médecins généralistes sont les premiers touchés » par les départs en retraite.
Ainsi, le nombre de généralistes connaît « une chute inexorable », qui devrait se poursuivre jusqu’en 2025, « ce qui pourrait se traduire par la perte d’un médecin généraliste sur quatre sur la période 2007-2025 », nous enseigne encore l’Atlas. Actuellement, le tableau de l’Ordre recense 88 886 médecins généralistes en activité régulière, soit une diminution de 8,4% des effectifs depuis 2007.

 

Disparités territoriales

 

A ce constat s’ajoute une très forte disparité territoriale. Alors que les territoires de la façade Atlantique, Rhône-Alpes et les territoires transfrontaliers (Nord, Est) voient leurs effectifs augmenter, d’autres zones sont marquées par une forte désertification. Ce sont des territoires qui « allient densité faible et manque d’attractivité », précise le CNOF.
Parmi eux, la région Centre, dont la densité médicale en activité régulière s’élève à 233 médecins pour 100 000 habitants – bien en deçà de la moyenne nationale (284 médecins pour 100 000 habitants). La tandis que la région PACA enregistre la plus forte densité avec 350 médecins pour 100 000 habitants.


Source : Atlas de la démographie médicale, CNOM


La médecine libérale attire

 

Enfin, en terme de modes d’exercice, le CNOM constate un équilibre entre médecins salariés (46 %) et libéraux exclusifs (44 %). Les 10 % des médecins restant allient exercice mixte entre libéral et salarié.
« L’exercice libéral n’est pas délaissé par les jeunes médecins : s’il est vrai que, lors de leur première inscription à l’Ordre, seuls 10,8 % font le choix de l’installation, une étude de cohorte de 2008 montre, qu’après quelques années, ce taux remonte sensiblement, 33,3 % des inscrits de 2008 exerçant en libéral en 2016 ».