vendredi 12 avril 2019

Cannabis : quand le deal est légal



Plusieurs pays optent pour la légalisation du cannabis. Cette forme de régulation tient-elle ses promesses ? Une enquête ambitieuse sur les expérimentations menées à travers le monde et les enjeux d'un marché en plein essor.

Après plus de cinquante ans de politique répressive dictée par les traités internationaux, sans guère d’effets sur la production et la consommation, nombre de pays sont de plus en plus nombreux à dépénaliser la marijuana. Si une quarantaine d’États autorisent l’usage du cannabidiol (CBD), la molécule à usage thérapeutique de la plante, d’autres vont plus loin en légalisant la consommation récréative du cannabis. En intervenant directement sur le marché de la drogue, ils espèrent priver les cartels de l'une de leurs sources de revenus. Pour endiguer une criminalité galopante liée au trafic, l’Uruguay a été le premier pays en 2013 à autoriser la production et la consommation du cannabis. Après une longue bataille entre partisans et pourfendeurs de la légalisation, dix États américains, puis le Canada, ont suivi cet exemple. En Amérique du Nord, le cannabis est devenu un business comme les autres, avec ses cultivateurs, ses gestionnaires, ses cabinets d’avocats et ses lobbyistes. Mais face à la reprise en main du secteur, les mafias ne restent pas inactives. Si la marijuana légale rapporte chaque année près de 250 millions de dollars de taxes au Colorado, la filière illicite n’a pas disparu pour autant. Dans le Michigan, des dealers se réorganisent pour vendre de l’héroïne ou de la cocaïne. En Uruguay, le marché noir reste attractif en raison d’une offre légale insuffisante.





Juteux business

 
Au terme d’une investigation mondiale, les réalisateurs dressent un vaste panorama des différents modèles d’expérimentation de la légalisation du cannabis. Chiffres, témoignages des acteurs du secteur ou avis d'experts à l’appui, ce film révèle aussi comment la légalisation de la marijuana a fait émerger un juteux business aux mains de quelques grands groupes. De la ferme clandestine d’un cartel au Mexique, aux serres ultramodernes d’une exploitation géante au Canada, en passant par l'une des rares plantations légales de cannabis médical en Suisse, un éclairage rigoureux sur les enjeux politiques et économiques colossaux des deux filières de la drogue qui coexistent aujourd’hui.


dimanche 4 novembre 2018

Le Canada légalise le cannabis

Il devient le deuxième pays, après l’Uruguay, à autoriser la vente libre de marijuana, avec l’objectif avoué de faire disparaître le marché noir.


Après quasiment un siècle de prohibition, le Canada est devenu mercredi 17 octobre le premier pays du G20 à légaliser le cannabis récréatif, une réforme historique attendue à travers le pays tant par les consommateurs de cette drogue douce que par les marchés boursiers.
Dès minuit (heure locale ; 4 h 30 à Paris mercredi) à Saint-Jean-de-Terre-Neuve (Est), des dizaines de personnes ayant bravé le froid pendant plusieurs heures ont acheté les premiers grammes de cannabis « légal » dans une boutique de l’enseigne Tweed, brièvement ouverte dès minuit pour marquer l’occasion.

Autant de recettes que de provinces

Trois ans après son élection, le gouvernement libéral de Justin Trudeau réalise l’un de ses engagements de campagne les plus symboliques : le Canada est seulement le deuxième Etat de la planète à autoriser la marijuana récréative, après l’Uruguay en 2013. La mise en œuvre de cette mesure sera donc scrutée et disséquée tant par les Canadiens, appelés aux urnes dans un an pour des législatives incertaines, que par les pays alliés d’Ottawa, dont certains ont déjà autorisé le cannabis thérapeutique.
Au Québec, les boutiques d’Etat de la Société québécoise du cannabis (SQDC) ouvriront leurs portes à 10 heures (16 heures à Paris). La SQDC démarre avec douze magasins mais en vise jusqu’à cent cinquante d’ici à trois ans. A l’inverse, le Manitoba (Centre) et l’Alberta (Ouest) ont décidé de libéraliser cette industrie et une poignée de points de vente privés seront inaugurés mercredi.
Le gouvernement a voulu permettre à chaque province d’organiser le commerce de l’herbe, et de Montréal à Vancouver en passant par Toronto et Winnipeg, chaque région a retenu sa propre recette pour organiser ce marché juteux, évalué à environ 6 milliards de dollars canadiens (4 milliards d’euros) par an.


vendredi 2 novembre 2018

Le Canada devient le deuxième pays au monde à légaliser le cannabis

Depuis le 17 octobre, il est possible d’acheter du cannabis en toute légalité au Canada. Trois ans après son élection, le gouvernement libéral de Justin Trudeau réalise l’un de ses engagements de campagne les plus symboliques. 


Le Canada est seulement le deuxième Etat de la planète à autoriser la marijuana récréative, après l’Uruguay en 2013. Une réforme historique saluée par de longues files d’attente de consommateurs levés aux aurores pour être parmi les premiers servis. D’autres pays ont fait un pas dans ce sens. Aux Etats-Unis, la consommation récréative de cannabis a été légalisée dans huit Etats. Parallèlement, nombre de pays comme les Pays-Bas ou l’Espagne ont dépénalisé la marijuana ou légalisé le cannabis thérapeutique.

Source : Le Monde, 18/10/2018.