La
France compte 5 millions de pauvres si le seuil de pauvreté est fixé à
50% du niveau de vie médian. Leur nombre monte à 8,8 millions si ce
seuil est fixé à 60%.
Alors que l'Observatoire des inégalités a publié ce jeudi son premier rapport sur la pauvreté en France, Le Figaro revient
sur la manière dont est calculé le taux de pauvreté. Très utilisé dans
le débat public, cet indicateur macroéconomique permet notamment de
faire des comparaisons entre groupes sociaux et au niveau international,
mais aussi de mieux cibler les politiques publiques de lutte contre la
pauvreté. Voici ce qu'il faut savoir :
• Niveau de vie, seuil de pauvreté et pauvreté relative
Comme l'explique l'Insee, «le taux de pauvreté correspond
à la proportion d'individus dont le niveau de vie est inférieur pour
une année donnée à un seuil, dénommé seuil de pauvreté (exprimé en
euros)». Pour rappel, le niveau de vie désigne le revenu disponible,
c'est-à-dire les revenus liés à l'activité, au patrimoine, les pensions
de retraite et les prestations sociales, desquels sont soustraits les
impôts directs (impôt sur le revenu, CSG, taxe d'habitation...). L'Insee
calcule ensuite le niveau de vie de chaque personne en prenant en
compte la taille du ménage.
L'Insee, comme Eurostat (NLDR: une direction de la Commission
européenne chargée de l'information statistique) et les autres pays
européens, mesure la pauvreté monétaire de manière relative: cela veut
dire qu'une personne est considérée comme pauvre quand elle s'écarte du
niveau de vie médian. Le niveau de vie médian sépare la population en
deux parts égales: une moitié gagne moins, l'autre moitié gagne
davantage. À l'inverse, d'autres pays, comme les États-Unis ou
l'Australie, ont une approche en termes de pauvreté absolue.
• L'importance du «seuil de pauvreté» En
Europe, pour mesurer la pauvreté, le seuil de 60% du niveau de vie
médian est privilégié. En d'autres termes, tous les individus qui ont un
niveau de vie inférieur à 60% du niveau de vie médian dans leur pays
sont considérés comme «pauvres».
La stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté a
pour ambition de lutter contre les inégalités de destin et de permettre
une égalité des chances réelles. Pour ce faire, 8,5 milliards d'euros
sont consacrés à cette stratégie ambitieuse dont les maitres-mots sont
"prévention" et "accompagnement". Plan pauvreté du Gouvernement, présenté le 14/09/2018. https://www.gouvernement.fr/action/strategie-de-prevention-et-de-lutte-contre-la-pauvrete
On l’attendait depuis bientôt un
an, cette « stratégie pauvreté » annoncée le 17 octobre 2017 à
l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère. Prévu pour
avril 2018, puis pour juillet,
c’est finalement jeudi 13 septembre, depuis le Musée de l’homme, place
du Trocadéro à Paris, que le « plan pauvreté » du gouvernement est
présenté par le président de la République.
Dès
mercredi, son cabinet, celui de la ministre de la santé et de la
solidarité, Agnès Buzyn, et Olivier Noblecourt, délégué interministériel
à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des
jeunes, laissaient filtrer qu’il s’agit d’un « plan ambitieux »
de 8 milliards d’euros sur les quatre années à venir. Un chiffrage
confirmé mercredi soir par Benjamin Griveaux, le porte-parole du
gouvernement, dans 20 Minutes. Le gouvernement veut « s’attaquer aux nouveaux visages de la pauvreté » et « fonder l’Etat providence du XXIe siècle », explique-t-on dans l’entourage de la ministre et du président : « Notre système social, avec beaucoup de prestations monétaires, a permis de stabiliser la pauvreté même en cas de crise, pas de renverser le destin des jeunes les plus touchés et de rompre avec la reproduction de la pauvreté. » Pour Olivier Noblecourt, « les
plans successifs ne parviennent pas à éradiquer la précarité. C’est
pourquoi il faut sortir de cette impuissance publique ». Voilà pour les principes. En ce qui concerne la stratégie, le gouvernement la structure autour de trois axes. Premier axe : l’action pour la petite enfance Deuxième axe : accompagner les jeunes et les bénéficiaires du RSA vers l’emploi Troisième axe : la simplification de notre système social Sur le logement : résorber les bidonvilles
Premier axe : l’action pour la petite enfance
Cette
action s’inscrit dans le sillage des mesures déjà annoncées, comme le
dédoublement des classes de cours préparatoire et cours élémentaire
première année dans les réseaux d’éducation prioritaire (REP), l’instruction obligatoire dès 3 ans
et l’accès à un mode de garde, par exemple à une crèche, pour permettre
aux mères ou pères seuls chargés de famille de chercher un emploi.