mardi 13 janvier 2015

La marche paradoxale des femmes vers l’émancipation

La progression vers l’égalité entre femmes et hommes est réelle, mais le chemin est encore long. « Les avancées sont inabouties et paradoxales », écrivent les auteurs de l’Atlas mondial des femmes, premier du genre, présenté, lundi 12 janvier, par l’Institut national d’études démographiques (INED) et publié par les éditions Autrement.


La cause du droit des femmes est relativement récente : ce n’est qu’en 1945 que les Nations unies ont adopté une charte établissant des principes généraux d’égalité entre les sexes. Depuis, plusieurs conférences internationales ont permis de préciser les objectifs. Le 18 décembre 1979, l’Assemblée générale de l’ONU a notamment adopté la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes. Et la quatrième conférence mondiale de Pékin, en 1995 − dont les Nations unies préparent le vingtième anniversaire −, s’est conclue sur une déclaration et un programme d’action pour l’autonomisation sociale, économique et politique des femmes.

Sur près de 7,4 milliards d'humains, les femmes sont minoritaires. Elles étaient plus nombreuses que les hommes jusque dans les années 1950.
Sur près de 7,4 milliards d'humains, les femmes sont minoritaires.
Elles étaient plus nombreuses que les hommes jusque dans les années 1950.


Où en est-on réellement aujourd’hui ? « Il y a des avancées dans un très grand nombre de domaines comme la santé, l’instruction… mais on voit aussi des situations se dégrader », explique Isabelle Attané, démographe de l’INED et coresponsable de l’Atlas. Moins nombreuses que les hommes sur la planète depuis les années 1950 – les femmes sont 3,6 milliards sur près de 7,4 milliards d’humains –, elles vivent plus longtemps, et ce partout dans le monde. Mais c’est un des rares avantages qu’elles peuvent revendiquer par rapport à la gente masculine. En 2010, le risque pour un homme de mourir à 20 ans était ainsi presque trois fois plus élevé que pour une jeune femme. Las, cette espérance de vie plus longue cache une dégradation de la santé plus importante pour les femmes, liée notamment aux « difficultés rencontrées parfois pour concilier la vie professionnelle et la vie familiale, les activités domestiques mobilisant davantage les femmes que les hommes, y compris celles qui travaillent », écrit la démographe Emmanuelle Cambois.
Pour le reste, les inégalités sont systématiquement en leur défaveur. Particulièrement exposées dans la vie domestique, ce sont elles aussi qui subissent davantage les violences sexuelles (75 à 85 %). Celles-ci augmentent dans les statistiques, mais cela est dû, explique la sociologue Alice Debauche, à une certaine « libération de la parole des femmes ». En France par exemple, le nombre de plaintes pour viol est passé d’environ un millier par an dans les années 1980 à dix fois plus dans les années 2000. La mesure et la comparaison de cette violence restent toutefois difficiles, tant les définitions légales des viols, agressions ou harcèlements, les possibilités de rompre le silence, etc. diffèrent d’un pays à l’autre.

L'augmentation des violences sexuelles, une des formes de violence contre les femmes, dans les statistiques est aussi due à la parole qui se libère.
L'augmentation des violences sexuelles, une des formes de violence conrtre les femmes, da

Plus inquiètes pour leur emploi

Dans le secteur économique, l’accès à l’emploi progresse mais « on constate que les femmes restent une variable d’ajustement privilégiée dans un contexte de libéralisation et la crise économiques », avance Mme Attané. Dans les pays où les emplois informels et domestiques sont importants, cette réalité peut être moins perceptible. Mais la vulnérabilité plus forte des femmes est bien réelle. Plus souvent au chômage, elles ont aussi plus de risque de perdre leur emploi. Les femmes sont beaucoup plus nombreuses que les hommes à estimer avoir un risque de perdre leur emploi dans les six prochains mois dans de nombreux pays : Finlande (17 % contre 11 %), au Danemark (11 % et 7 %), en Belgique (près de 10 % et 4 %), en Espagne ou encore en Autriche. Dans les autres pays, comme la France, le Portugal ou le Royaume Uni, la menace pesant d’abord sur des secteurs d’activité traditionnellement masculins expliquerait une moindre inquiétude des femmes.
L’emploi des femmes reste cantonné aux postes les moins valorisés, dans l’agriculture, le commerce et les services. Elles sont moins payées et davantage touchées par la pauvreté. Aux Etats-Unis, le taux de pauvreté des femmes était de 14,5 % contre 10,9 % pour les hommes (2 011). Et surtout, les femmes continuent de faire des doubles journées : elles subissent majoritairement le travail domestique (vaisselle, ménage, rangement, soin aux enfants et personnes dépendantes, etc.). En France, ces tâches les occupent à raison de 20 h 32 par semaine contre 8 h 38 pour les hommes. Si l’on intègre le bricolage, le jardinage, les courses ou les jeux avec les enfants, le déséquilibre se réduit à peine, 26 h 15 pour les femmes contre 16 h 20 pour les hommes.
(...)

Rémi Barroux


La France garde son dynamisme démographique

C’est une minuscule hausse, un infime progrès qui doit tout de même être mentionné en premier parmi les résultats du bilan démographique publié mardi 13 janvier par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) : l’indice conjoncturel de fécondité est repassé en 2014 à deux enfants par femme. Il était passé légèrement en dessous de ce seuil symbolique en 2013. Pour l’heure, les mesures de politique familiale prises depuis mai 2012, dont la droite affirme qu’elles mettent en péril le dynamisme démographique français, n’ont donc pas d’impact sur la natalité, qui reste stable. La France reste le pays le plus fécond d’Europe avec l’Irlande.


La France compte désormais 66,3 millions d’habitants, ce qui en fait toujours le deuxième pays le plus peuplé d’Europe (13 % de la population européenne) derrière l’Allemagne (15,9 %) et juste devant le Royaume-Uni (12,7 %). C’est environ 300 000 personnes de plus qu’en 2013, soit une hausse de 0,4 %, similaire à celle des années précédentes. Comme toujours en France, c’est le solde naturel (la différence entre naissances et décès) qui tire cette croissance, et non le solde migratoire. Les naissances sont stables : 820 000 bébés sont nés en 2014. En revanche, l’année a été marquée par un nombre de décès moins important qu’en 2013 et en 2012. Quelque 556 000 personnes sont décédées (contre 572 000 l’année dernière).


Gaëlle Dupont
Le Monde, 13/01/2015.

lundi 12 janvier 2015

La vague du « tous ensemble » plus forte que les semeurs de haine

Pour Charlie Hebdo, un million et demi de manifestants dans les rues de Paris entre la République et Nation, du jamais-vu ! 
La riposte populaire et citoyenne aux crimes perpétrés contre la liberté d’expression s’est révélée bien plus forte que les tentatives de division 
et d’instrumentalisation politiciennes.


Il y a la marche des chefs d’État, bien encadrée par les forces de sécurité, puis il y a la marée humaine, la manifestation, la vraie, qui, dans le désordre et la bonne humeur, rassemble un million et demi de personnes. Cette foule gigantesque sèche ses larmes et panse son effroi en se répandant maintenant sur toutes les avenues, les boulevards et dans toutes les petites rues entre la place de la République et celle de la Nation. Tout ce monde se cherche, se regarde, s’admire aussi de se voir. Franck embrasse sa fille Léa, accrochée à un feu de circulation : « Je suis si heureux que tu voies ça », lui glisse-t-il. « Papa, c’est pire qu’impressionnant, c’est magnifique ! » murmure-t-elle. 
 
Dès le début de l’après-midi, Paris est littéralement submergé par la mobilisation populaire et citoyenne. « Je marche pour la liberté, pas derrière les politiques ! » clame crânement une jeune femme, loin des caméras. Sur la place de la République, déjà noire de monde, la foule scande, sur le mode des supporters de foot, avec, pour certains, des drapeaux bleu-blanc-rouge : « Charlie, Charlie, Charlie ! » Aux balcons des immeubles, les habitants ont accroché des banderoles : « Ici, c’est Charlie » – toujours dans le même registre – ou, d’une manière plus pressante, « Restons unis ! ». Au fil des minutes, les cris finissent par s’éteindre, remplacés par de longs tonnerres d’applaudissements qui montent et descendent sur les boulevards. Il n’y a guère de mots, juste l’image de ce « Tous ensemble », le souffle coupé. « Liberté, je Charlie ton nom », résume une manifestante.
 
Photo : Charles Plattiau/Reuters
Photo : Charles Plattiau/Reuters

« Unis contre les fascistes »

 
À partir de « Je suis Charlie », le message générique de ces derniers jours, beaucoup déclinent : « Je suis hyper casher », « je suis policier », « je suis Ahmed », « je suis juif », « je suis la République », « je suis flic », « je suis en deuil », etc. Pancartes bricolées à la main, sur lesquelles beaucoup de manifestants tiennent à s’exprimer. « Non à la barbarie, non aux amalgames, non à l’intolérance », revendiquent deux jeunes femmes voilées. Non loin, un barbu clame « Vive le blasphème ! » en brandissant une couverture du journal satirique. Deux policiers montrent, eux, « Tous Charlie », le montage réalisé par Ernest Pignon-Ernest et Nelly Maurel en dernière page de l’édition spéciale de l’Huma qui s’arrache au bénéfice de Charlie Hebdo. 

Le silence. Puis les applaudissements, en salve. Puis de nouveau le silence. La foule, compacte converge de toutes les rues adjacentes pour rejoindre les grands axes sur lesquels les trois cortèges se sont élancés. À bout de bras, en bandoulière, collé dans le dos ou inscrit sur le visage, partout s’affiche le soutien indéfectible aux valeurs de la République. « En tuant nos libertés, vous avez créé l’unité », « Unis contre les fascistes, qu’ils soient nationalistes ou religieux », « Toujours debout et insoumis », les slogans défilent cependant que la foule se densifie. 
 
Céline a voulu faire vivre l’esprit de Charlie Hebdo. Sur un immense crayon découpé dans un morceau de carton, elle a inscrit « Droit au blasphème. Non de Dieu ! ». Parce que « par-delà la tristesse et le choc, et même si parfois, les dessins de Charlie ont pu choquer, nous avons le droit de critiquer la religion », explique cette jeune femme de trente-quatre ans. À quelques pas de là, des roses blanches à la main et à la boutonnière, elles sont venues entre copines se recueillir en participant à ce grand mouvement populaire qui a envahi, hier, les rues de la capitale. Sylviane, Sophie, Christelle, Zaza et Vanessa crient leur tristesse. Leur colère aussi. « Nous sommes debout avec cette rose blanche qui signifie la naissance et le deuil. Et même si certains dirigeants politiques tentent de récupérer la situation, après tout, c’est leur affaire, on réglera ça plus tard. Pour l’instant, nous sommes là en tant que citoyennes, pour avoir encore le droit de l’ouvrir et de rire », explique l’une d’elles. 
 
En effet, les sentiments se mélangent. Devant le 43 de la rue de la République, la CGT a appelé le monde du travail à se rassembler. Les militants de la FSU et de l’Unsa sont venus nombreux. Pour Jean-Philippe, secrétaire de la section des postiers communistes de Paris et syndiqué à la CGT, pas question de ne pas être là aujourd’hui. 
« Je veux qu’il y ait un après ! » lance-t-il. « Je veux que les gens achètent et lisent la presse, s’informent et critiquent. Je veux une prise de conscience. » Même si le débat a été parfois difficile, « il est important que nous soyons là aujourd’hui, je suis heureux de défiler, de ne pas laisser toute la place à ceux qui, dans ce défilé, refusent, par exemple, l’idée même d’un État palestinien », poursuit Jean-Philippe qui estime fondamentale que les forces progressistes soient « visibles », parce qu’« elles sont à leur place, ce qui n’est pas le cas de certains autres. » Céline aussi est révoltée que « certains petits dictateurs soient là aujourd’hui ». « On a choisi un autre itinéraire, on ne défilera pas derrière eux », précise-t-elle. 
(...)
 
Marion d’Allard, 
Alexandra Chaignon et Thomas Lemahieu

jeudi 8 janvier 2015

Liberté, Egalité, Fraternité


Mercredi 7 janvier, l’horreur s’abat sur Charlie Hebdo

L’hebdomadaire Charlie Hebdo a été victime, hier matin, d’un attentat meurtrier à Paris. Au moins douze personnes sont mortes, dont les plus grands dessinateurs du journal satirique. Trois hommes armés, qui auraient crié des revendications islamistes, étaient toujours recherchés hier.


La terreur en plein Paris. Un attentat, le plus meurtrier en France depuis plus de cinquante ans, a décapité hier Charlie Hebdo, fauchant ses plus grands dessinateurs et provoquant une émotion internationale. Une sidération qui a traversé toutes les rédactions de France, dont celle de l’Humanité qui partageait avec ces plumes décimées une longue histoire commune. Retour sur une journée d’horreur. Il est un peu plus de 11 heures hier matin, lorsque trois hommes arrêtent une Citroën noire rue Nicolas-Appert, dans le 11e arrondissement de Paris. Un homme reste au volant, tandis que deux autres en sortent, tenues noires, cagoules, armés de kalachnikov et de fusils à pompe. Ils portent gilets porte-chargeurs des recharges autour de la taille et entrent d’abord au numéro 6 de cette rue semi-piétonne, qui abrite un service annexe de l’hebdomadaire Charlie Hebdo. Se rendant compte de leur erreur, ils auraient tiré des coups de feu avant de repartir vers le numéro 10, où s’était installée la rédaction de l’hebdomadaire après l’incendie criminel qui avait dévasté ses locaux, en 2011, après la publication de caricatures de Mahomet. Rue de l’Allée-Verte, les voisins ne comprennent pas tout de suite. « J’ai d’abord cru que c’était des pétards », raconte Annick, aide-ménagère dans une résidence pour personnes âgées. Elle secouait ses chiffons à la fenêtre quand elle a entendu les premières détonations. Puis est venu le crissement des roues. « Ça doit être un tournage de film », se dit-elle encore. La dessinatrice Corinne Rey, sortie pour aller chercher sa fille à la halte-garderie, se retrouve alors face à eux. « Ils étaient là, à la sortie, ils m’ont pris en otage, nous a-t-elle raconté hier par téléphone, très éprouvée. J’ai fait le code, ils sont rentrés. » Dans le hall du journal, les deux hommes tirent alors sur l’agent d’accueil, qui serait décédé. « Ils se sont revendiqués d’al-Qaida et ont dit : “Pas les femmes”, poursuit Coco. Ils ­voulaient tuer Charb. » Ils montent ensuite au deuxième étage et pénètrent dans la salle de rédaction. Corinne Rey en profite pour « courir vers la salle du fond », où elle se cache sous un bureau. Mercredi est le jour de la conférence de rédaction ­hebdomadaire, tous les journalistes sont réunis. À l’heure où nous écrivons ces lignes, il est difficile de savoir ce qu’il s’est précisément passé dans cette salle. Selon le procureur de la République de Paris, François Molins, les deux attaquants auraient tiré en rafales sur les personnes présentes. « Ils ont tiré sur tous les hommes », précise Coco. Certains témoignages évoquent un ciblage des journalistes. « Je ne sais pas s’ils ont pratiqué des exécutions sommaires, mais ce qui est sûr, c’est que cela a été un véritable carnage, nous a raconté Loïc Lecouplier, secrétaire national adjoint du syndicat de police Alliance. Les journalistes n’avaient aucune chance de s’échapper. Les terroristes ont, semble-t-il, ciblé leur victime. Auparavant, ils auraient demandé à un des salariés s’il bossait à Charlie et comme il a répondu qu’il était seulement de la maintenance, il lui aurait dit : “Alors, dégage de là !”» Les survivants évoquent un « carnage ».Dix personnes sont tuées, dont huit journalistes, un policier du service de protection des hautes personnalités et un invité, Michel Renaud (lire encadré). Les plus grands dessinateurs de la presse française tombent sous les balles : Stéphane Charbonnier, alias Charb, également ­directeur de la publication de Charlie, Cabu, Wolinski, Tignous. Les journalistes Philippe Lançon, de Libération, et Fabrice Nicolino, sur place, sont également blessés.

Anéantis, les survivants 
ont été pris en charge d’urgence


Les témoins décrivent le « calme » des deux hommes qui ressortent alors des locaux de Charlie. Sur une vidéo amateur filmée pendant l’attaque depuis un toit voisin, on peut entendre l’un des tireurs en tenue noire, kalachnikov en main, hurler : « Allah akbar ! » (dieu est grand !) puis un autre : « On a tué Charlie Hebdo ! » Les attaquants remontent à bord de leur Citroën. S’ensuivent deux fusillades qui ne feront pas de blessés avant que les attaquants ne se retrouvent face à une patrouille de police, boulevard Richard-Lenoir. Un agent est blessé à la jambe, à terre, les terroristes l’achèvent à bout portant d’une balle dans la tête. Le calme et la détermination des tueurs témoignent d’un entraînement poussé, de type militaire, insistent les sources policières. « Le commando a agi avec un mode opératoire très technique, explique Loïc Lecouplier. Lorsqu’ils sont ressortis de Charlie, ils se sont retrouvés face aux policiers, ils étaient très froids, très sûrs d’eux. » Un autre policier : « Ce ne sont pas des illuminés qui ont agi sur un coup de tête. » Ils tiennent leurs kalachnikovs serrées près du corps, tirent au coup par coup et non par rafales, ce qui démontrerait qu’ils ont été entraînés à s’en servir. « D’après les premiers éléments, ces hommes se sont revendiqués d’al-Qaida au Yémen, explique Rocco Contento, secrétaire départemental du syndicat Unité SGP Police. La sécurité devant Charlie n’était pas spécialement insuffisante. Il y avait quotidiennement un ou deux policiers. Mais nous n’aurions jamais imaginé en arriver là, avec des individus qui viennent flinguer des journalistes en plein dans leurs locaux… C’est du jamais vu ! » Un peu plus loin, place du Colonel-­Fabien, ils percutent une automobiliste blessée légèrement. Ils abandonnent leur voiture rue de Meaux, dans le 19e. Les assaillants braquent un automobiliste et s’enfuient vers le nord de Paris à bord de sa Clio. Les forces de l’ordre perdent alors leur trace. « Si on ne les attrape pas tout de suite, vu le profil organisé des terroristes, leur interpellation risque de prendre du temps », soulignait hier Rocco Contento. Au total, les trois hommes ont tué douze personnes et fait onze blessés, dont quatre en « urgence absolue », selon François Hollande, qui s’est rapidement rendu sur les lieux. Anéantis, les survivants ont été pris en charge par une cellule d’urgence psychologique dans un théâtre, face au journal. La brigade criminelle de la police judiciaire parisienne et la direction générale de la sécurité intérieure ont été chargées de l’enquête. Le plan Vigipirate est activé à son plus haut degré. Les enquêteurs ont lancé un appel à témoins, un numéro vert a été mis à disposition afin de recueillir tous témoignages sur cet attentat (1). Une cellule interministérielle de crise est pilotée par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui a annoncé que l’ensemble des services de l’État s’étaient mobilisés immédiatement après l’attentat. Près de 500 CRS et gendarmes mobiles ont été déployés dans la capitale.

« Le seul journal satirique, engagé, sans pub, qui défendait la laïcité »


Rapidement, le périmètre autour de Charlie est bouclé pour que la police scientifique puisse faire des relevés et exploiter la scène de crime. Les informations et la sidération se propagent à une vitesse folle. « Des fusils contre stylos, les lâches sont à l’œuvre », « Fusillade à #CharlieHebdo ». Le mot d’ordre « Je suis Charlie » est repris par tous sur les réseaux sociaux. Journalistes, politiques et anonymes affluent au siège de l’hebdomadaire. François Hollande, Manuel Valls, Pierre Laurent (PCF), Jean-Luc Mélenchon (PG), Bruno Lemaire (UMP), Jean-Louis Borloo (UDI), entre autres, se rendent rapidement sur place. Parmi les nombreux anonymes, une femme en pleurs. Sans rien dire, elle pose une rose rouge et redouble de chagrin, quand elle apprend que Charb est décédé. « Je suis une lectrice de Charlie Hebdo. J’étais venue les défendre sur le parvis de l’hôtel de ville, en 2011, après l’incendie. Il n’y avait pas grand monde dans les rues de Paris, à cette époque. On n’a peut-être pas été assez réactif à ce moment-là, on n’a pas répondu assez fortement. » Elle sort de son sac le dernier exemplaire de Charlie. « Je ne l’ai pas encore ouvert », dit-elle en montrant la une, pas encore froissée. « C’est bizarre, ce drame qui arrive le jour où ils épinglaient Houellebecq. Ils venaient aussi de publier un supplément pour en mettre plein la gueule à la religion catholique », poursuit cette fidèle lectrice, qui avait déjà participé à la souscription récemment lancée par l’hebdomadaire. « C’est le seul journal satirique, engagé, sans pub, qui défendait la laïcité, se battait ouvertement contre le racisme, contre le sexisme, contre l’homophobie, et ce constamment, avec courage, contre tous les intégristes. Ils ont voulu tuer le journal, il y a deux ans. Ils y sont arrivés. Un mercredi, à 11 heures, ils étaient sûrs de les avoir tous sous la main. Au-delà des hommes, c’est aussi la ligne éditoriale qui était visée, et tous les progressistes. Et bientôt, ce sera le tour de qui ? » Non loin, un jeune dessinateur pleure ses pairs assassinés : « Charb, Wolinski, Cabu, Tignous… Ils sont morts, tous morts, égrène Vito, horrifié. La presse ne sera plus la même. C’étaient des poids lourds, des dessinateurs de presse qui avaient cinquante ans de bouteille. » Non loin de lui, l’imam de Drancy est venu rendre visite aux rescapés de l’attaque et dire son soutien. Il connaissait bien l’équipe du journal, pour l’avoir défendu à l’époque de l’incendie criminel. Lui aussi est choqué. « Quand on a attaqué Charlie Hebdo par le passé, j’étais déjà aux côtés du journal, explique Hassen Chalghoumi. On devrait répondre à l’art par l’art, aux dessins par les dessins, à l’écrit par l’écrit. Mais on ne peut pas répondre par la haine, par le sang. J’ai une pensée pour mon ami Charb, pour les policiers et leurs familles. » Hier soir, partout en France, une marée humaine est descendue dans la rue pour dire non au terrorisme et rendre hommage aux morts de Charlie. Richard Malka, avocat historique de Charlie, déclarait hier à Libération : « Notre vie ne sera plus jamais la même après cette journée. Je n’ai pas de mots. Aidez-nous ! Aidez-nous à continuer à pouvoir rire, à ce que le silence ne ­s’installe pas, à ce que la peur ne s’installe pas. Il faut pouvoir se battre avec les armes de la démocratie : le rire, la solidarité, les mots. Il ne faut pas se laisser impressionner. »

L'Humanité,Marie Barbier, Pierre Duquesne, Alexandre Fache et Laurent Mouloud

Jeudi, 8 Janvier, 2015.

dimanche 4 janvier 2015

Cancers : le rôle du hasard réévalué

Le cancer, une histoire de malchance plus que d'environnement ou de mauvais gènes ? C'est la thèse étonnante de deux chercheurs américains, dont les travaux sont publiés dans la revue Science du 2 janvier. Selon les estimations de Cristian Tomasetti et Bert Vogelstein (Johns Hopkins Kimmel Cancer Center, Baltimore), les deux tiers de l'incidence des tumeurs malignes de l'adulte relèveraient essentiellement d’un mauvais hasard, rançon de mutations aléatoires survenant lors des divisions des cellules souches. Les facteurs de risque classiques (tabac, alcool, alimentation, virus, polluants...) ou une susceptibilité génétique n’interviendraient que dans un tiers des cas. Des cancérologues français soulignent toutefois des limites méthodologiques : les cancers du sein et de la prostate, les plus fréquents, n’ont ainsi pas été étudiés.


Les deux Américains sont partis d'un constat bien connu: l'incidence des cancers est très variable selon les organes. Ainsi, le risque de se voir diagnostiquer une tumeur maligne au cours de la vie est de 6,9 % pour le poumon ; 0,6 % pour le cerveau ; et seulement 0,00072 % pour les cartilages du larynx. Certes, écrivent-ils, les écarts sont dûs en partie à l’exposition à des substances cancérigènes ou à une susceptibilité génétique, mais cela n'explique pas tout. Pourquoi par exemple les cancers de l'intestin grêle sont-ils 20 fois moins fréquents que ceux du colon ou du rectum ?
« Une maladie du vieillissement »

Pour évaluer la part du hasard (effet stochastique) comparativement aux autres facteurs, les chercheurs ont pris en compte la dynamique de renouvellement des cellules souches dans les tissus. On peut en effet supposer que plus le nombre de divisions est élevé, plus le risque de mutations aléatoires et donc de cancer augmente.

Le duo a sélectionné 31 cancers où ces données étaient disponibles, et les ont mises en regard de l'incidence de chaque tumeur au cours de la vie dans la population américaine. La corrélation entre le nombre total de divisions des cellules souches dans un organe donné et le risque de survenue d'un cancer dans ce même tissu s'est révélée très nette. Par exemple, les cellules souches du colon se divisent quatre fois plus que celles de l’intestin grêle, ce qui éclaire mieux la différence d’incidence de ces deux tumeurs.

Finalement, les cancers ont été classés en deux groupes. Dans le premier, les 22 cancers (dont ceux du pancréas, les mélanomes, les tumeurs du poumon des non-fumeurs) où le rôle du hasard est prépondérant. Le deuxième correspond aux neuf tumeurs (cancers du côlon, du poumon des fumeurs…) où d’autres facteurs sont clairement impliqués. Même dans ce groupe, la dynamique de renouvellement des tissus joue un rôle « essentiel », les effets de l'environnement et de la génétique ne font que s'ajouter, insistent les auteurs. Pour les cancers du premier groupe, des mesures de prévention ont peu de chances d'être efficaces et il est préférable de miser sur le dépistage, proposent-ils. Inversement, la prévention se justifie dans les tumeurs où le rôle de l’environnement est avéré.
Par Sandrine Cabut, Le Monde 01/01/2015.
Lire la suite de l'article : http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/01/01/cancers-le-role-du-hasard-reevalue_4548347_3244.html

lundi 29 décembre 2014

Partout les inégalités explosent. Fin de la théorie du ruissellement ?

Alors que la somme des richesses créées n’a jamais été aussi importante, 2014 s’affirme comme l’année de toutes les inégalités. Même des organismes aussi libéraux que le FMI et l’OCDE s’en alarment !

 
Si les financiers déposaient des cadeaux au pied de la corbeille de la Bourse de Paris, nul doute que le plus demandé au père Noël du capital serait... une action d’Axa, l’entreprise la plus généreuse en France avec 2,7 milliards distribués au deuxième trimestre (celui du versement principal). Mais le père Noël n’est pas capitaliste ; au reste, les actionnaires n’ont pas besoin de cadeau cette année, car 2014 a été celle de tous les records. Pensez : rien qu’en France, plus de 80 milliards d’euros distribués par les entreprises du CAC 40 – les oies ne sont pas les seules à être gavées. « Une juste rétribution des risques et de la création de richesses », chantent-ils en choeur. Mais comment expliquer qu’en 2014 les mêmes entreprises ont vu leurs profits baisser de 8 %, pour s’établir à 48 milliards d’euros, distribuant ainsi plus de dividendes qu’elles n’ont dégagé de bénéfices ? La voracité de la finance est telle que même le magazine « Challenges », peu suspect d’anticapitalisme, parle « d’un très gros effort qui se fait au détriment de l’investissement ». Et encore, il ne parle pas des salaires... Michel Sapin, le ministre des Finances, y a déjà pensé, exhortant, le 18 décembre, les patrons éventuellement frappés par le virus de la justice sociale à « faire en sorte que les salaires n’augmentent pas considérablement plus que la productivité de leur entreprise ». Il faut bien payer les dividendes : la France est au deuxième rang mondial, derrière les États- Unis, en ce qui concerne la rétribution des actionnaires.
 
 

Une pluie de dividendes !
 
L’année 2014 a donc été celle de l’accélération brutale de la voracité du capital, que les dirigeants accommodants appellent « crise ». Mais comment parler de crise quand on sait que depuis 2009 la hausse des dividendes atteint... 60 % (70 % aux États-Unis, 136 % pour les BRICS, et seulement 22 % pour l’Europe). D’ailleurs, le record est tombé : cette année, les 1 200 plus grandes entreprises mondiales ont distribué un peu moins de 1 200 milliards de dollars (980 milliards d’euros), soit 133 milliards de plus qu’en 2013. Mention spéciale aux heureux détenteurs d’actions de la finance (57 milliards d’euros au troisième trimestre 2014), de l’énergie (35 milliards d’euros) ou des télécommunications (19,6 milliards d’euros). En France, Orange, BNP Paribas, Axa donc, ou la Société générale sont en tête. Et de l’autre côté ? Peanuts. Au point que l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), d’habitude au garde-à-vous libéral, s’alarme dans un rapport paru le 9 décembre : les inégalités se creusent trop. « Jamais en trente ans le fossé entre riches et pauvres n’a été aussi prononcé », y est-il écrit.
 
Au sein des pays développés, le revenu des 10% les plus riches est 9,5 fois plus élevé que celui des 10% les plus pauvres.

 
À l’échelle de la zone OCDE (pays issus pour la plupart du monde occidental), le revenu des 10 % les plus riches est aujourd’hui 9,5 fois plus élevé que celui des 10 % les plus pauvres : ce rapport était de 1 à 7 dans les années 1980. Surtout, l’organisation d’études économiques prend peur : loin des antiennes libérales qui répètent que déverser des montagnes de cash au sommet de la pyramide permet un ruissellement jusqu’à la base de la société et profite à tous, le rapport établit que ces inégalités ont coûté... 8,5 points de PIB sur 25 ans. Énorme. Et de poursuivre : « Ce n’est pas uniquement la pauvreté ou le revenu des 10 % de la population au bas de l’échelle qui inhibe la croissance. Les pouvoirs publics doivent se préoccuper plus généralement du sort des 40 % les plus défavorisés. (...) Lutter contre les inégalités par l’impôt et les transferts ne nuit pas à la croissance. » Transmis à la troïka... Désormais, tout le monde sait ce qu’il faut faire, comme le rappelait Robert Reich, dans ces colonnes (lire « HD » n° 400) : « Le pas suivant est de s’organiser et de s’engager politiquement. » Cela commence maintenant. C’est une bonne résolution.
 
BENJAMIN KÖNIG , L'Humanité, 28/12/2014.

Le dimanche, pause nécessaire à la cellule familiale

Quel serait l’impact d’une ouverture douze dimanches par an des commerces sur la vie privée et familiale des salariés concernés ? De façon étonnante, rien ou presque n’a été dit sur ce sujet depuis que le gouvernement a annoncé sa volonté d’étendre le travail dominical dans le cadre de la loi Macron, qui sera discutée à l’Assemblée nationale à partir du 26 janvier 2015. L’essentiel du débat a porté sur l’efficacité économique de la réforme, et sur la place supposée croissante de la consommation dans les loisirs. C’était l’un des principaux griefs formulés par la maire PS de Lille, Martine Aubry, dans sa tribune parue dans Le Monde du 11 décembre.


Quelques voix se sont même élevées pour saluer la mesure, comme celle du sociologue Jean Viard pour qui le travail « arythmique » a du bon pour les individus. Thierry Pech, du cercle de réflexion Terra Nova, et Gilles Finchelstein, de la Fondation Jean-Jaurès, se sont insurgés contre l’idée que la puissance publique « règle pour tous les horloges du travail et du repos ».
Ces partisans de la mesure citent un sondage BVA du 4 décembre qui affirme que 62 % des Français sont favorables à l’ouverture des magasins le dimanche… en oubliant, signe de la forte ambivalence de la population, que 60 % ne sont, dans le même temps, pas d’accord pour travailler eux-mêmes ce jour-là.

Photo Séverin Millet

« Fléau relationnel »

Or, s’ils ne se sont guère fait entendre jusqu’à présent, les spécialistes de la famille interrogés par Le Monde s’inquiètent presque unanimement de la mesure. « Tout ce qui désynchronise les temps est destructeur de la famille, affirme ainsi le sociologue François de Singly. Dans la semaine, les gens ne sont pas très disponibles le soir en rentrant du travail. Le samedi, chacun part pour ses activités, c’est une journée de transition. C’est le dimanche qu’ils font une pause. Ce jour-là, les parents sont cool, comme disent les adolescents. C’est grâce à cela que tiennent les bonnes relations familiales. »
« Les enfants ont besoin d’un temps où leurs deux parents sont présents, dans un état interne d’apaisement, renchérit la psychanalyste Sylviane Giampino, spécialiste de la petite enfance. Quand on sait que personne ne travaille ni ne va à l’école le lendemain, la détente s’installe. De plus en plus, les parents se relaient auprès des enfants. Cette perte de cohésion est un vrai fléau relationnel, donc psychologique pour le développement de l’enfant. »
Pierre Suesser, président du Syndicat national des médecins de protection maternelle et infantile, observe également un « stress croissant pour concilier vie professionnelle et vie familiale ». « L’imbrication croissante des sphères a un effet néfaste sur la tranquillité d’esprit des parents et leur disponibilité », observe-t-il.
Le constat est partagé : peu importe que ce temps de repos à plusieurs ait lieu le dimanche, aujourd’hui largement désacralisé, ou un autre jour. « L’important, c’est de garder une pause commune, argumente M. de Singly. La difficulté à préserver ce temps où l’on se retrouve, c’est la fragilité de la famille d’aujourd’hui. Si on supprime progressivement les occasions, il sera très difficile de les recréer. »
Le dimanche ne serait donc pas – seulement – un jour de vie en collectivité forcée, voire d’ennui ? « Quand on est célibataire ou étudiant, on peut être content de travailler le dimanche pour gagner davantage ou payer ses études, relève le psychiatre Serge Hefez, responsable de l’unité de thérapie familiale à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris. Il me semble pourtant que cela doit être réduit au minimum. Pour un enfant ou un adolescent, sentir le groupe autour de soi est fondamental. Le dimanche est le seul moment où il est possible de mettre en place la cellule familiale, d’avoir des interactions et une transmission émotionnelle. » Cela ne concerne pas seulement les parents et les enfants, mais aussi les grands-parents, oncles et tantes, cousins et cousines, etc.
De telles préventions sont-elles disproportionnées, quand on parle de douze dimanches par an, compensés financièrement, et sur la base du volontariat ? « Si le travail du dimanche permet de desserrer l’étau des difficultés financières, ce n’est pas forcément un mal, reconnaît la psychanalyste Claude Halmos, qui a publié en septembre un ouvrage consacré aux effets psychologiques de la crise, Est-ce ainsi que les hommes vivent ? (Fayard, 286 p., 18,50 euros). Mais il serait souhaitable de ne pas être obligé de travailler le dimanche pour cela. On sous-estime les conséquences individuelles de telles mesures. Et rien ne dit que, dans cinq ans, le travail du dimanche restera un choix. »
Celui-ci n’a en effet cessé de progresser depuis une vingtaine d’années. « Le travail dominical touche principalement certains groupes sociaux, analyse Laurent Lesnard, directeur de recherche au CNRS, spécialiste de l’emploi du temps dans les sociétés contemporaines, qui a étudié cette question en détail à partir des données de l’enquête « Emploi du temps » réalisée par l’Insee en 2009-2010. Aux côtés des professions chargées de missions de service public se trouvent des ouvriers et des employés du commerce et des services. Dans ces deux cas, ce sont principalement des salariés faiblement qualifiés du bas de l’espace économique. »

« Perte de sociabilité »

Ces salariés ont plus souvent que d’autres des horaires atypiques en semaine. « C’est la double peine, affirme le chercheur. Ils voient déjà beaucoup moins leur famille et leurs amis la semaine et travaillent le dimanche. » L’impact sur la vie privée de tels horaires a été quantifié. « Des études menées aux Etats-Unis et aux Pays-Bas ont montré que, sur le long terme, ils augmentent le risque de conflits familiaux et de divorce », relève M. Lesnard.
La récupération des dimanches travaillés compensera les heures, mais pas la sociabilité perdue. « Un dimanche travaillé n’a pas le même impact qu’un jour de semaine, affirme M. Lesnard. Il multiplie par deux la perte de sociabilité familiale et amicale. »
Les parents séparés et les familles monoparentales focalisent les inquiétudes, car ils auront des difficultés d’organisation accrues et devront faire appel au système D pour faire garder leurs enfants. Rares sont les experts qui trouvent des effets positifs à la réforme. « Le fait pour les parents de se relayer auprès des enfants peut permettre de passer des moments seul à seul qui sont appréciés », relève la pédopsychiatre Caroline Eliacheff. Pour le psychologue scolaire Laurent Chazelas, cela pourrait en effet être un « bénéfice secondaire »… à condition qu’il ne concerne pas toujours le même parent, au détriment de l’autre.

Gaëlle Dupont, Le Monde, 23/12/2014.

vendredi 26 décembre 2014

2014 en dix graphiques

Avant que ne s'éteigne 2014, les Décodeurs vous proposent de rembobiner l'année à travers dix datavisualisations.
Nous avons choisi de trier ces tendances ou ces actualités par rapport à un prisme français, éventuellement européen.

Parmi les thèmes traités par les graphiques détaillés du Monde :
  • Le nombre de morts liées au sida dans le monde poursuit sa décrue
  • La compétitivité tricolore s'est maintenue après quatre années de recul
  • Ebola : plus de 6000 morts en en dix mois
  • 2014 en passe d'être l'année la plus chaude jamais enregistrée
  • Le bilan incertain du conflit syrien
  • La croissance de la France et de l'Allemagne toujours atone
  • Le chômage continue d'augmenter dans l'hexagone
  • La France est la deuxième démographie la plus dynamique d'Europe
  • La féminisation du Parlement poursuit sa (lente) marche 
  • La baisse du cours du pétrole allège la facture énergétique des pays importateurs (dont la France)
      
     
    Les décodeurs, journalistes au Monde, 24/12/2014.
 

jeudi 25 décembre 2014

Les crèches de Noël et la laïcité

L’interdiction de la crèche de Noël installée dans les locaux du conseil général de Vendée a fait grand bruit, ravivant le débat sur la laïcité.

 

Une crèche de Noël dans une rue de Luceram, dans le sud de la France. 
SEBASTIEN NOGIER/AFP)
Une crèche de Noël dans une rue de Luceram, dans le sud de la France.

La décision a provoqué de vives réactions. Début décembre, le tribunal administratif de Nantes a demandé au conseil général de Vendée de retirer la crèche de la Nativité installée dans le hall de ses locaux, une décision dont le conseil général a fait appel.

Pourtant, selon un sondage Ifop, 71 % des Français sont « plutôt favorables » à la présence de crèches dans les bâtiments publics. La crèche est-elle devenue davantage une tradition culturelle qu’un symbole chrétien ?
« La Croix » revient sur ces questions au coeur de la laïcité à la française.

Lire le dossier complet de La croix sur les crèches de Noël et la laïcité : 
http://www.la-croix.com/Actualite/France/Les-creches-de-Noel-et-la-laicite-2014-12-17-1281264