vendredi 29 juin 2018

Santé. L’addiction aux écrans, cette maladie juvénile

Une enquête dévoilée vendredi alerte, entre autres, sur la dépendance des jeunes de 14-24 ans. Ses initiateurs invitent les pouvoirs publics à l’action.

Les jeunes et leurs écrans, un problème de santé et de sécurité publiques? C’est ce qu’avancent la Fondation pour l’innovation politique, la Fondation Gabriel-Péri et le Fonds Actions Addictions, qui se sont associés à l’institut de sondage Ipsos pour mener une enquête sur les addictions chez les jeunes. Dévoilée vendredi dans le Parisien, cette enquête réalisée auprès de 1 000 jeunes âgés de 14 à 24 ans et 402 parents met des chiffres sur « une réalité que la population percevait déjà », d’après Michel Reynaud, président du Fonds Actions Addictions. Le constat est alarmant : 26 % des 18-22 ans estiment passer plus de cinq heures par jour sur les réseaux sociaux, et 16 % de la même population prétendent passer le même temps devant les jeux vidéo.


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Source : L'Humanité.fr, 11/06/2018.
Article intégral en ligne : https://www.humanite.fr/sante-laddiction-aux-ecrans-cette-maladie-juvenile-656610

vendredi 23 décembre 2016

Surtout, ne pas abuser des écrans chez les tout-petits

Avant 3 ans, toute heure passée devant un écran est une heure perdue.


Ils ne marchent pas encore, maîtrisent à peine le langage mais manipulent avec dextérité les tablettes numériques. Leurs parents ont grandi avec Internet, les écrans ne les effraient donc pas. Bien au contraire! Ils sont 44 % à prêter leur portable à leur enfant de moins de 3 ans pour l’occuper ou le consoler, selon une enquête réalisée il y a quelques mois par les pédiatres de l’Association française de pédiatrie (Afpa). Au total, la moitié des moins de 3 ans passent en moyenne trente minutes par semaine sur un écran interactif. Un temps qui se surajoute bien souvent à celui passé devant l’écran de télévision. C’est pour tenir compte de l’évolution des pratiques que les pédiatres américains viennent d’émettre de nouvelles recommandations sur l’usage des écrans chez les enfants.

Depuis 1999, ils recommandaient aux parents d’éviter tout écran pour les enfants de moins de 2 ans. Des conseils édictés à une époque où la télévision dominait largement. Depuis, elle est concurrencée par les tablettes, ordinateurs portables et autres smartphones. Leurs consignes évoluent donc: avant 18 mois, l’écran reste à bannir sauf pour skyper avec une grand-mère habitant à l’autre bout du pays. À partir de 18 mois, les enfants peuvent regarder certains programmes éducatifs à condition d’être accompagnés de leurs parents. Entre 2 et 5 ans, les spécialistes proposent de ne pas dépasser une heure d’écran par jour mais toujours partagée avec les parents.

Pas de console de jeux personnelle avant 6ans

Est-ce que ces recommandations s’appliquent également aux petits Français? «Nous sommes un peu plus restrictifs. Nous déconseillons les écrans avant 3 ans et entre 3 et 6 ans nous préconisons d’en limiter l’accès et d’accompagner les enfants», souligne le docteur Sylvie Hurbinois, présidente de l’Afpa.
Les pédiatres s’appuient sur la règle des 3-6-9-12 élaborée par le psychiatre Serge Tisseron dès 2008. En résumé: pas de télé avant 3 ans, pas de console de jeux personnelle avant 6 ans, pas d’Internet non accompagné avant 9 ans et pas de réseaux sociaux avant 12 ans…

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Article intégral en ligne : http://sante.lefigaro.fr/article/surtout-ne-pas-abuser-des-ecrans-chez-les-tout-petits
Le Figaro santé, 16/12/2016.

vendredi 18 septembre 2015

Des experts de la petite enfance alertent sur l'usage intensif des tablettes numériques

Lundi dernier dans le journal Le Monde , un collectif de psychologues, orthophonistes, médecins et enseignants ont alerté sur les effets de l'usage précoce et abusif de la tablette numérique. 

Numéro un des ventes de jouets l'an passé, la tablette tactile a déjà séduit de nombreux parents et provoque dans le même temps l'inquiétude de certains experts. C'est le cas de six professionnels de l'enfance (une psychologue, deux enseignants, une orthophoniste, un pédopsychiatre et un pédiatre*) qui, dans une tribune publiée lundi sur le site internet du journal Le Monde, ont alerté sur les troubles sérieux constatés chez de jeunes «accros» à la tablette et ont appelé à la mise en place de recommandations d'usage.
Ce pamphlet critique en partie l'avis rendu en janvier 2013 par l'Académie française des Sciences, intitulé «L'enfant et les écrans», bien plus enthousiaste vis-à-vis de «ces extraordinaires outils d'apprentissage et d'échange d'information». Dans cet avis, l'Académie des Sciences prend notamment position en faveur d'un usage précoce des tablettes numériques, à condition qu'il soit accompagné.

Conséquences néfastes

 

Dans leur tribune, les auteurs dressent un constat des conséquences délétères de l'usage excessif de la tablette chez les tout-petits. Ils font d'abord état de troubles de l'attention. En se concentrant sur les images et les sons attrayants de l'écran, l'enfant mobilise moins d'énergie pour ce qui importe vraiment, comme le développement du langage. Les six spécialistes dénoncent également des «programmes prétendument «interactifs», qui ne permettent pas l'échange propre à la communication humaine». Selon eux, l'excès de tablette serait l'une des causes de la hausse des consultations pour des retards de langage.
En séparant l'enfant de son environnement, le monde virtuel met en péril le développement de sa logique et de ses repères: «Le ballon roule si je donne un coup de pied dedans. Cette expérimentation est impossible via l'écran et peut même être biaisée: le carré peut rouler, l'œuf tomber sans se casser…». Quant au remplacement du duo papier-crayon par la tablette, les auteurs affirment que cela altère les capacités graphiques de l'enfant.
La liste des dommages dont font état les auteurs ne s'arrête pas là. Ils concluent ironiquement en rappelant qu'en 2010, le fondateur d'Apple Steve Jobs a déclaré au New-York Times avoir choisi de limiter l'utilisation des nouvelles technologiques par ses enfants, et appellent à la mise en place de recommandations claires de limitation pour tous les enfants.

Le Figaro santé, Cécile Thibert - le 16/09/2015