Une
enquête dévoilée vendredi alerte, entre autres, sur la dépendance des
jeunes de 14-24 ans. Ses initiateurs invitent les pouvoirs publics à
l’action.
Les
jeunes et leurs écrans, un problème de santé et de sécurité publiques?
C’est ce qu’avancent la Fondation pour l’innovation politique, la
Fondation Gabriel-Péri et le Fonds Actions Addictions, qui se sont
associés à l’institut de sondage Ipsos pour mener une enquête sur les
addictions chez les jeunes. Dévoilée vendredi dans le Parisien, cette
enquête réalisée auprès de 1 000 jeunes âgés de 14 à 24 ans et 402
parents met des chiffres sur « une réalité que la population percevait
déjà », d’après Michel Reynaud, président du Fonds Actions Addictions.
Le constat est alarmant : 26 % des 18-22 ans estiment passer plus de
cinq heures par jour sur les réseaux sociaux, et 16 % de la même
population prétendent passer le même temps devant les jeux vidéo.
(...)
Source : L'Humanité.fr, 11/06/2018.
Article intégral en ligne : https://www.humanite.fr/sante-laddiction-aux-ecrans-cette-maladie-juvenile-656610
Avant 3 ans, toute heure passée devant un écran est une heure perdue.
Ils ne marchent pas encore, maîtrisent à peine le langage mais
manipulent avec dextérité les tablettes numériques. Leurs parents ont
grandi avec Internet, les écrans ne les effraient donc pas. Bien au
contraire! Ils sont 44 % à prêter leur portable à leur enfant de moins de 3 ans
pour l’occuper ou le consoler, selon une enquête réalisée il y a
quelques mois par les pédiatres de l’Association française de pédiatrie
(Afpa). Au total, la moitié des moins de 3 ans passent en moyenne trente
minutes par semaine sur un écran interactif. Un temps qui se surajoute
bien souvent à celui passé devant l’écran de télévision. C’est pour
tenir compte de l’évolution des pratiques que les pédiatres américains
viennent d’émettre de nouvelles recommandations sur l’usage des écrans chez les enfants.
Depuis 1999, ils recommandaient aux parents d’éviter tout écran pour
les enfants de moins de 2 ans. Des conseils édictés à une époque où la
télévision dominait largement. Depuis, elle est concurrencée par les
tablettes, ordinateurs portables et autres smartphones. Leurs consignes
évoluent donc: avant 18 mois, l’écran reste à bannir sauf pour skyper
avec une grand-mère habitant à l’autre bout du pays. À partir de 18
mois, les enfants peuvent regarder certains programmes éducatifs à
condition d’être accompagnés de leurs parents. Entre 2 et 5 ans, les
spécialistes proposent de ne pas dépasser une heure d’écran par jour
mais toujours partagée avec les parents.
Pas de console de jeux personnelle avant 6ans
Est-ce que ces recommandations s’appliquent également aux petits
Français? «Nous sommes un peu plus restrictifs. Nous déconseillons les
écrans avant 3 ans et entre 3 et 6 ans nous préconisons d’en limiter
l’accès et d’accompagner les enfants», souligne le docteur Sylvie
Hurbinois, présidente de l’Afpa.
Les pédiatres s’appuient sur la règle des 3-6-9-12 élaborée par le
psychiatre Serge Tisseron dès 2008. En résumé: pas de télé avant 3 ans,
pas de console de jeux personnelle avant 6 ans, pas d’Internet non
accompagné avant 9 ans et pas de réseaux sociaux avant 12 ans…
(...)
Article intégral en ligne : http://sante.lefigaro.fr/article/surtout-ne-pas-abuser-des-ecrans-chez-les-tout-petits
Le Figaro santé, 16/12/2016.
Lundi dernier dans le journal Le Monde , un
collectif de psychologues, orthophonistes, médecins et enseignants ont
alerté sur les effets de l'usage précoce et abusif de la tablette
numérique.
Numéro un des ventes de jouets l'an passé, la
tablette tactile a déjà séduit de nombreux parents et provoque dans le
même temps l'inquiétude de certains experts. C'est le cas de six
professionnels de l'enfance (une psychologue, deux enseignants, une
orthophoniste, un pédopsychiatre et un pédiatre*) qui, dans une tribune
publiée lundi sur le site internet du journal Le Monde,
ont alerté sur les troubles sérieux constatés chez de jeunes «accros» à
la tablette et ont appelé à la mise en place de recommandations
d'usage.
Ce pamphlet critique en partie l'avis rendu en janvier 2013 par l'Académie française des Sciences, intitulé «L'enfant et les écrans»,
bien plus enthousiaste vis-à-vis de «ces extraordinaires outils
d'apprentissage et d'échange d'information». Dans cet avis, l'Académie
des Sciences prend notamment position en faveur d'un usage précoce des
tablettes numériques, à condition qu'il soit accompagné.
Conséquences néfastes
Dans
leur tribune, les auteurs dressent un constat des conséquences
délétères de l'usage excessif de la tablette chez les tout-petits. Ils
font d'abord état de troubles de l'attention. En se concentrant sur les
images et les sons attrayants de l'écran, l'enfant mobilise moins
d'énergie pour ce qui importe vraiment, comme le développement du
langage. Les six spécialistes dénoncent également des «programmes
prétendument «interactifs», qui ne permettent pas l'échange propre à la
communication humaine». Selon eux, l'excès de tablette serait l'une des
causes de la hausse des consultations pour des retards de langage.
En
séparant l'enfant de son environnement, le monde virtuel met en péril
le développement de sa logique et de ses repères: «Le ballon roule si je
donne un coup de pied dedans. Cette expérimentation est impossible via
l'écran et peut même être biaisée: le carré peut rouler, l'œuf tomber
sans se casser…». Quant au remplacement du duo papier-crayon par la
tablette, les auteurs affirment que cela altère les capacités graphiques
de l'enfant.
La liste des dommages dont font état les auteurs ne
s'arrête pas là. Ils concluent ironiquement en rappelant qu'en 2010, le
fondateur d'Apple Steve Jobs a déclaré au New-York Times
avoir choisi de limiter l'utilisation des nouvelles technologiques par
ses enfants, et appellent à la mise en place de recommandations claires
de limitation pour tous les enfants.
Le Figaro santé, Cécile Thibert - le 16/09/2015