vendredi 13 novembre 2020

Pauvreté : les jeunes «principales victimes» de la crise, selon l'Observatoire des inégalités

Une aide exceptionnelle de 150 euros doit être versée ce vendredi à 400.000 jeunes bénéficiaires des APL ou boursiers.

La crise économique engendrée par le coronavirus risque plus fortement d'aggraver la précarité des moins de 30 ans, qui représentent déjà près de la moitié des pauvres en France, selon un rapport de l'Observatoire des inégalités. «Les personnes âgées ont payé les plus lourdes conséquences du coronavirus en matière de santé, les jeunes vont subir l'essentiel de ses retombées économiques», a déclaré jeudi 26 novembre Louis Maurin, directeur de l'Observatoire des inégalités, lors d'une présentation de la deuxième édition du «Rapport sur la pauvreté».Difficultés de formation, d'insertion dans un marché du travail déprimé et où les entreprises sont dans l'incertitude quant à leur avenir, précarité plus importante des parents : les jeunes sont «les principales victimes de cette situation», a souligné Louis Maurin, comme l'ont déjà fait avant lui ces dernières semaines de nombreuses associations, notamment d'aide alimentaire.

Moins de 885 euros par mois pour vivre

Cet observatoire indépendant a adopté depuis plusieurs années une définition plus restrictive de la pauvreté, en la situant sous le seuil de 50% du revenu médian (contre 60% pour les organismes officiels), selon elle «plus proche de la réalité». Ainsi, selon cette définition, en 2018 - dernière année connue - on comptait 5,3 millions de pauvres vivant avec moins de 885 euros par mois, soit 8,3% de la population. Parmi eux, plus de la moitié (52%) était âgée de moins de 30 ans, dont un tiers était des enfants et des adolescents grandissant dans une famille pauvre, relève l'Observatoire. Anne Brunner, qui a dirigé ce travail, rappelle que le niveau de vie médian des jeunes «est deux fois inférieur au niveau de vie des Français».

Pour atténuer les effets de la crise, l'Observatoire plaide pour l'instauration d'un revenu minimum unique qui «garantirait la sortie de la pauvreté». Versé sous conditions de ressources et ouvert aux jeunes, il atteindrait 900 euros mensuels après versement des aides sociales. Son coût est estimé entre 7 et 10 milliards d'euros. «Cela équivaut à la moitié de la baisse de la taxe d'habitation ou à 10% du plan de relance. Ce sont des choix politiques», a fait valoir Louis Maurin.

Le premier ministre a annoncé jeudi l'extension en 2021 de la Garantie jeunes à 200.000 bénéficiaires. Une aide exceptionnelle de 150 euros doit par ailleurs être versée vendredi à quelque 400.000 jeunes bénéficiaires des APL ou boursiers.

Source : Le Figaro.fr, 27/11/2020.

dimanche 6 octobre 2019

Alcool, tabac, cannabis: les jeunes consomment moins, mais toujours trop

À 17 ans, ils sont désormais près de 12% à n’avoir jamais consommé d’alcool, de tabac et de cannabis. Des chiffres encourageants, mais loin d’être encore suffisants.


Toujours beaucoup d’alcool, moins de tabac, plus de cannabis. C’est ce que montre
le dernier rapport de Santé publique France et de l’Observatoire français des
drogues et des toxicomanies (OFDT) sur les consommations de substances
psychoactives chez les jeunes, publié cette semaine. Si globalement, la
consommation de ces produits baisse chez les jeunes, elle reste importante.
«Continuer les efforts de prévention et de sensibilisation est donc primordial», insiste
Viet Nguyen-Thanh, responsable de l’unité Addictions au sein de Santé publique
France.



Une consommation en légère baisse



En 2008, 5,1% des adolescents de 17 ans déclaraient n’avoir jamais consommé
d’alcool, de tabac et de cannabis. Dix ans plus tard, ils sont 11,7%. «Des chiffres
encourageants, selon Viet Nguyen-Thanh, qui viennent confirmer une tendance que
nous observions depuis quelques années dans les études». La baisse est
particulièrement encourageante chez les collégiens, qui sont moins nombreux à
déclarer avoir déjà été ivres ou à avoir déjà fumé. «Nous pensons que c’est grâce
aux différentes politiques menées depuis une dizaine d’années, comme la loi HPST
du 21 juillet 2009 qui interdit la vente d’alcool aux mineurs, et aux campagnes
d’information», indique Viet Nguyen-Thanh, qui évoque aussi les changements
d’attitude des parents: «Auparavant, il y avait parfois une culture de l’initiation à
l’alcool de la part des parents, qui est moins présente aujourd’hui. Et il est aussi
possible que l’essor des écrans grignote sur le temps de consommation des jeunes.»
La responsable de Santé publique France tempère cependant: «Certes, nous nous
réjouissons de cette baisse, mais il y a encore des efforts à faire. Dans une synthèse
parue en février dernier, l’OFDT a montré que parmi les jeunes de 17 ans interrogés
ayant bu le mois précédent, 91% ont acheté de l’alcool en magasin malgré
l’interdiction.» La consommation d’alcool reste ainsi élevée chez les jeunes: dans les
12 mois précédant l’enquête, plus de 80% des jeunes interrogés ont consommé de
l’alcool.



mercredi 2 octobre 2019

Dans le monde du travail, "jeunes et plus âgés se disent confrontés au même problème, le manque de reconnaissance"

Deux sociologues expliquent le changement de vision du travail par une étude sur trois générations. 


Travaille-t-on aujourd’hui comme travaillaient nos grands-parents ? Quels impacts l’évolution du monde professionnel a-t-elle eu sur la vision du travail au fil des générations ?
Dominique Méda, professeure de sociologie à l’université Paris-Dauphine et directrice de l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (Irisso), et Patricia Vendramin, professeure de sociologie à l’université catholique de Louvain, en Belgique, ont observé ces changements depuis les années 2000. Plusieurs publications ont été éditées sur le sujet, dont leur livre, Réinventer le travail (PUF, 2013).

Existe-t-il des attentes particulières à l’égard du travail en fonction des générations ?

Oui. Dans nos enquêtes, les jeunes (moins de 30 ans) demandent davantage de protection sociale et des salaires plus élevés, mais aussi plus de liberté et d’opportunité de développement personnel.
La génération du milieu (de 30 à 50 ans) réclame plutôt un soutien de la société et de l’entreprise pour mieux concilier travail et famille. Ils réclament également des mesures en termes de formation continue, dans une perspective d’allongement de la vie active, car ils sont conscients d’être « les futurs travailleurs âgés ».
La génération plus âgée (plus de 50 ans) attend, quant à elle, une meilleure reconnaissance de l’expérience, mais aussi une adaptation des conditions de travail compatible avec le vieillissement.

Y a-t-il des points communs entre ces trois générations ?

Les jeunes et les plus âgés se disent confrontés au même problème, le manque de reconnaissance au travail. Les jeunes se sentent sous-évalués au regard de leur effort de formation et les plus âgés se sentent sous-évalués au regard de leur expérience.
(...)

Source : Le Monde, 28/09/2019.
Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr

samedi 15 juin 2019

Un jeune Français sur dix éprouve des difficultés à lire selon une étude du ministère de l’éducation

L’étude, qui s’appuie sur des tests conduits auprès des 713 000 participants à la journée défense et citoyenneté (JDC) en 2018, est édifiante. Plus d’un jeune Français sur dix est « en difficulté de lecture » et un sur vingt en situation d’illettrisme, révèle jeudi 6 juin une étude du ministère de l’éducation.


Sur ces jeunes âgés de 16 à 25 ans, 11,5 % « sont en difficulté de lecture », indique une note de la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), qui dépend du ministère de l’éducation. Parmi eux, la moitié (soit 5,2 % de l’ensemble) « peut être considérée en situation d’illettrisme », caractérisée notamment par « un déficit important de vocabulaire ». L’autre moitié (6,3 % de l’ensemble) est considérée comme ayant des capacités de lecture très faibles. Ceux-ci ont « un niveau lexical oral correct, mais ne parviennent pas à comprendre les textes écrits ».

(...)

Source : Le Monde, 06/06/2019.
Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr

jeudi 11 octobre 2018

En France, les jeunes restent les premiers frappés par la misère

Dans une étude publiée aujourd’hui, l’Observatoire des inégalités souligne que la relative stabilité du taux de pauvreté s’accompagne d’un creusement des situations de précarité, dont les moins de 30 ans font majoritairement les frais.


En première ligne. Publié aujourd’hui, le rapport sur la pauvreté de l’Observatoire des inégalités rappelle, parmi ses multiples constats, que les jeunes, en France, restent les plus touchés par la précarité. Parmi les 5 millions de pauvres (1), un peu plus du tiers sont des enfants et des adolescents, et plus de la moitié a moins de 30 ans. Ce taux monte à 19,8 % pour les moins de 18 ans. Un constat inquiétant et pourtant souvent minoré par les politiques publiques. « Plus d’un enfant sur dix vit sous le seuil de pauvreté du fait des bas revenus de ses parents. On oublie plus encore les jeunes adultes de 20 à 29 ans, dont 11,8 % sont pauvres, souvent les peu diplômés en difficulté d’insertion professionnelle », détaille le rapport.
S’il est impossible d’établir un profil type, ce sont principalement des enfants et des jeunes vivant dans des ménages n’ayant pas eu accès à une insertion professionnelle stable qui sont concernés. Julien Damon, professeur à Sciences-Po et auteur d’Éliminer la pauvreté (éditions PUF), connaît bien les raisons de ce constat : « Les jeunes entrent difficilement dans le marché du travail. Le choc du chômage pèse sur ces outsiders, mais il y a aussi la transformation des familles plus souvent monoparentales et fragiles, plus nombreuses dans les quartiers prioritaires, et enfin, la surréprésentation de jeunes pauvres et migrants. »

Infographie : Humanité

Le plan pauvreté d’Emmanuel Macron était attendu, entre autres, sur cette question. Mais la plupart des associations ont été déçues. Beaucoup comptaient notamment sur un élargissement du RSA aux 18-25 ans, puisque cette tranche d’âge ne perçoit que l’aide personnalisée au logement (APL) en termes de soutien effectif. Le président n’a rien proposé en ce sens. Une mauvaise nouvelle pour des centaines de milliers de jeunes précaires, dont de nombreux étudiants.

lundi 30 juillet 2018

Forte hausse des infections sexuellement transmissibles en France

Entre 2012 et 2016, les infections dues aux bactéries chlamydia et gonocoque ont été multipliées par trois. Les jeunes entre 15 et 24 ans sont particulièrement touchés.



Le nombre d’infections à chlamydia et à gonocoque explose depuis quatre ans, selon les chiffres publiés mercredi 18 juillet par l’agence sanitaire Santé publique France. En 2016, 267 097 cas de chlamydia ont été diagnostiqués chez les plus de 15 ans, contre 76 918 en 2012. Cette infection bactérienne transmise lors d’un rapport sexuel non protégé touche surtout les femmes, notamment en l'Île-de-France (1 481 pour 100 000 habitants) et dans les Départements d’Outre-mer (1 761/100 000).
Très contagieuses et souvent asymptomatique, la chlamydiose passe souvent inaperçue. Or, non traitée, elle peut entraîner des complications : douleurs chroniques, stérilité, fragilisation des muqueuses et augmentation du risque de contamination par le VIH ou encore transmission mère enfant.

Les 15-24 ans les plus touchés

Le dépistage par frottis vaginal est l’unique moyen d’établir un diagnostic, rappelle l’agence sanitaire. Celui-ci peut être effectué par son médecin traitant ou son gynécologue ou encore dans les Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) et les centres du planning familial.
La blennorragie gonococcique, aussi appelée « chaude pisse », touche, elle, d’avantage les hommes, sauf dans les DOM-TOM. Le nombre de diagnostics est passé de 15 067 en 2012 à 49 628 en 2016. Plus douloureuse, elle se manifeste par des brûlures et des douleurs dans le bas-ventre. Le dépistage se fait par prélèvement ou prise de sang.
Quels que soit la région et le type d’infection, ces maladies touchent surtout les jeunes entre 15 et 24 ans.

Une campagne sur Internet

La résurgence de ces infections s’explique en partie « par une sous-estimation des cas diagnostiqués en 2012 et une intensification du dépistage mais aussi par l’augmentation de l’incidence de ces IST elles-mêmes » analyse Florence Lot, responsable de l’unité VIH/sida, hépatites B et C, IST à l’agence Santé publique France. Chez les moins de 25 ans, elle est « la conséquence d’un nombre de partenaires plus important couplé à une utilisation non systématique du préservatif. »
L’agence sanitaire « souligne l’importance de l’utilisation du préservatif et du dépistage régulier en cas de rapports sexuels non protégés » et lance une campagne de sensibilisation à destination des jeunes sur Internet.

Source : La Croix.com, 19/07/2018.

vendredi 29 juin 2018

Santé. L’addiction aux écrans, cette maladie juvénile

Une enquête dévoilée vendredi alerte, entre autres, sur la dépendance des jeunes de 14-24 ans. Ses initiateurs invitent les pouvoirs publics à l’action.

Les jeunes et leurs écrans, un problème de santé et de sécurité publiques? C’est ce qu’avancent la Fondation pour l’innovation politique, la Fondation Gabriel-Péri et le Fonds Actions Addictions, qui se sont associés à l’institut de sondage Ipsos pour mener une enquête sur les addictions chez les jeunes. Dévoilée vendredi dans le Parisien, cette enquête réalisée auprès de 1 000 jeunes âgés de 14 à 24 ans et 402 parents met des chiffres sur « une réalité que la population percevait déjà », d’après Michel Reynaud, président du Fonds Actions Addictions. Le constat est alarmant : 26 % des 18-22 ans estiment passer plus de cinq heures par jour sur les réseaux sociaux, et 16 % de la même population prétendent passer le même temps devant les jeux vidéo.


(...)

Source : L'Humanité.fr, 11/06/2018.
Article intégral en ligne : https://www.humanite.fr/sante-laddiction-aux-ecrans-cette-maladie-juvenile-656610

samedi 12 mai 2018

Parcoursup. La loterie remplace le tirage au sort

Parcoursup, le système d’admission à l’université, rendra ses premières réponses le 22 mai. Une sélection arbitraire et injuste que continuent de dénoncer les étudiants en lutte.


Vacances, ponts, examens, interventions policières : rarement mouvement étudiant aura été placé dans des conditions aussi difficiles. Vaille que vaille, il se poursuit. Quatre universités restent totalement bloquées : Rennes-II, Toulouse-Jean Jaurès, Paris-VIII et Nanterre – où, en dépit du pont du 8 mai, 700 étudiants réunis lundi 7 mai en assemblée générale ont voté la poursuite du blocage. D’autres sites restent partiellement bloqués à Paris (Clignancourt et Malesherbes, dépendants de Sorbonne-Université), Aix-Marseille, Nantes, Lyon-II, tandis que des évacuations policières musclées ont eu lieu la semaine dernière à Grenoble et Nancy. Dans cette dernière université, six étudiants sont poursuivis en correctionnelle pour des imputations de dégâts matériels ou le refus… de communiquer à la police le code PIN de leur portable.
Pendant ce temps, conformément à la volonté de passage en force affichée depuis le début par le gouvernement, la machine Parcoursup ne s’est pas arrêtée. À deux semaines de la première échéance – mardi 22 mai, les futurs bacheliers recevront les premières réponses à leurs demandes –, les universités sont ainsi confrontées à un défi insurmontable, à défaut d’être imprévisible : étudier un par un les quelque 8,6 millions de vœux formulés par les 811 000 candidats. Et, au-delà de la centaine d’équipes pédagogiques qui, selon le collectif Sauvons l’université, refusent toujours d’entrer dans ce jeu, les premières informations qui filtrent sur les dispositifs mis en œuvre n’ont rien, mais alors vraiment rien de rassurant.

Une évaluation différente suivant la ville

Confirmant les craintes formulées par les étudiants en lutte et par nombre d’enseignants, et très loin de la volonté affichée par la ministre Frédérique Vidal de « remettre de l’humain dans le processus d’orientation », c’est une sélection féroce, déshumanisée, aléatoire, injuste et parfois ubuesque qui est à l’œuvre. Son ministère a beau mettre en avant « un cadre commun à respecter » par tous, celui-ci est tellement vague – obligation de mettre en place une commission d’examen des vœux, prérequis (ou « attendus ») fixés nationalement pour chaque filière, droit de connaître les raisons de la réponse fournie par la commission – qu’il ne permettra aucunement, dans la plupart des filières, de traiter et classer les dossiers.

(...)

Article intégral en ligne : https://www.humanite.fr
Source : L'Humanité.fr, 09/05/2018.

mercredi 1 novembre 2017

L’accès des jeunes à l’emploi : un parcours difficile et marqué par les inégalités

L’enquête du Céreq « Quand l’école est finie », sur le devenir des jeunes sortis du système scolaire et de l’enseignement supérieur en 2013, montre de fortes inégalités.

Trois ans après leur sortie du système scolaire ou de l’enseignement supérieur, qu’est devenue la génération 2013 ? La sixième édition de l’enquête « Quand l’école est finie » du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) montre que leur insertion professionnelle reste, pour une bonne part d’entre eux, difficile et marquée par les inégalités. Cette enquête a été réalisée sur les trois premières années de vie active des 693 000 jeunes sortis de formation initiale en 2013, à tous les niveaux de formation, à partir d’un échantillon représentatif de 23 000 jeunes interrogés en 2016.
Dans cette génération, 44 % ont poursuivi des études après le bac.


Les jeunes ayant terminé leur formation initiale en 2013 sont 14% à n’avoir  obtenu aucun diplôme, selon le Céreq.
Et le diplôme reste un bon rempart contre le chômage.


Taux de chômage (en %) trois ans après la sortie du système scolaire et d’enseignement supérieur, selon le niveau de diplôme.
Mais les situations sont fortement différenciées. Moins de la moitié (46 %) des jeunes concernés a, immédiatement et durablement, accédé à un emploi, et 11 % progressivement (avec une durée moyenne de sept mois pour obtenir un CDI, un CDD ou un contrat court). Ainsi ces 57 % des jeunes ont pu, en trois ans, obtenir un accès stable à l’emploi. D’autre part, 12 % des jeunes ont dû patienter longuement pour connaître une expérience professionnelle « différée » et qui reste pour la majorité « fragile ». Au total, sept jeunes sur dix ayant terminé leur formation initiale en 2013 sont donc « en emploi » trois ans plus tard, une proportion qui ne s’est pas améliorée, pour cette génération, depuis l’été 2014… Quant aux autres, ils sont soit au chômage (16%) soit en formation, en reprises d’études ou inactifs.
 
Pour de nombreux jeunes, l’accès à l’emploi s’apparente à un parcours du combattant.
Pour de nombreux jeunes, l’accès à l’emploi s’apparente
à un parcours du combattant.
FotografieLink CC0 Creative Commons


Un parcours d’obstacles

Le parcours subi par les jeunes au cours des trois ans s’est révélé très souvent difficile, marqué par de la précarité. Pour beaucoup, il ne s’agissait toutefois pas d’un débouché professionnel stable : 70 % des jeunes de la génération 2013 ayant un emploi étaient en CDD. Et surtout, 39 % le sont encore trois ans après.
Cette instabilité ne touche pas que les jeunes les plus faiblement diplômés : pendant cette période 2013-2016, les diplômés bac + 2 (IUT et BTS hors santé et social) ont été les champions de la mobilité sur le marché du travail, selon le Céreq : 37 % d’entre eux ont connu trois emplois ou plus. A l’inverse, 50 % des diplômés d’école de commerce ou d’ingénieur n’ont eu qu’un seul employeur.

Les sans diplôme « marginalisés »

Tous diplômes confondus, les « séquences d’emploi » des jeunes ont duré, en moyenne, seize mois au cours de cette période. Mais leur durée reflète en grande partie le niveau des diplômes : douze mois pour les non-diplômés, seize mois pour les bac + 2 (hors santé et social) et vingt-trois mois pour les diplômés d’écoles de commerce ou d’ingénieur.
L’étude du Céreq souligne d’ailleurs que « tous les indicateurs d’insertion des non-diplômés sont au rouge ». Elle évoque la « marginalisation sur le marché du travail des groupes les plus vulnérables » : trois jeunes sans diplôme sur dix n’ont eu, en trois ans, aucun contact véritable avec l’emploi (soit au moins un mois auprès du même employeur). Près de 40 % d’entre eux sont encore en recherche d’emploi après trois ans de vie active. Et parmi les non-diplômés ayant un emploi, « près des deux tiers connaissent différentes formes de précarité : 17 % sont en intérim, 22 % en contrat aidé et 26 % employés sur d’autres types de contrats à durée déterminée, taux parmi les plus élevés de toute la génération ».

dimanche 13 août 2017

Drogues en Europe : les jeunes Français en tête du peloton

D’après le rapport européen sur les drogues de 2017, la France se situe en tête à la fois de la consommation de cannabis et de la consommation des plus jeunes.

L’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA) a publié en juin son rapport sur les drogues de 2017. Ce rapport évalue la consommation, le trafic et la dangerosité des drogues en Europe, en Turquie et en Norvège. Ce rapport reprend aussi les données de l’ESPAD, une étude menée tous les 4 ans sur les usages de drogue chez les 15-16 ans.

Le cannabis toujours en tête

En Europe, le cannabis reste la drogue illicite la plus susceptible d’être consommée. Le nombre d’adultes ayant déjà consommé du cannabis est estimé à 87,7 millions. Il est cinq fois plus courant que les autres: la cocaïne (17,5 millions), la MDMA (le principe actif de l’ecstasy, 14 millions) ou les amphétamines (12,5 millions).


Prévalence de la consommation de cannabis au cours de l’année écoulée chez les jeunes adultes (15-34 ans).
En France, le cannabis est donc en tête, avec 22,1% des jeunes adultes qui en ont consommé dans l’année passée (le pourcentage le plus élevé des 30 pays étudiés). En comparaison, la cocaïne est à 2,4%, la MDMA 2,3% et les amphétamines 0,7% (données de 2014). Une consommation de cannabis qui est en augmentation depuis 2010.
Jusqu’à récemment, l’usage de MDMA était plutôt en baisse, mais cette tendance semble s’inverser pour plusieurs pays. Concernant la consommation par an des jeunes adultes (15-34 ans), la France et la Finlande signalaient ainsi de fortes augmentations en 2014, d’après les dernières données. La consommation de cocaïne a également cessé de baisser pour se stabiliser, voire augmenter, comme en France. L’usage de Kétamine (un anesthésiant) , de GHB et d’hallucinogènes demeure limité, comme celui d’amphétamines. L’héroïne et les autres opiacés (morphine, etc...) sont peu consommés, mais leur usage entraîne plus de risques, de par leur mode de consommation par injection. Cependant, la pratique de l’injection continue de reculer.

 Le Figaro santé, 10/08/2017


lundi 17 juillet 2017

L’obésité chez les jeunes : le poids du milieu social

En grande section de maternelle, 5,8 % des enfants d’ouvriers sont obèses, 4,5 fois plus que pour les enfants de cadres supérieurs. Cet écart se retrouve tout au long de la scolarité.


En grande section de maternelle, 5,8 % des enfants d’ouvriers souffrent d’obésité [1] contre 1,3 % des enfants de cadres supérieurs. Les enfants d’employés ont aussi 3,7 fois plus de risque d’être obèses que les enfants de cadres selon une étude du ministère de la Santé, menée auprès de 19 000 enfants pendant l’année scolaire 2012-2013. La part d’enfants obèses est passée de 3,2 % en 2006 à 3,5 % en 2013. Mais cette donnée moyenne masque de fortes inégalités entre catégories sociales. Si les enfants de cadres n’ont pas connu une augmentation de l’obésité sur la période, les enfants d’employés, comme ceux des agriculteurs, commerçants et chefs d’entreprise, ont vu leur taux d’obésité augmenter de 1,3 point.

Les inégalités persistent par la suite. En CM2, 5,5 % des enfants d’ouvriers souffrent d’obésité, contre 1,4 % des enfants de cadres, selon le ministère de la Santé (données 2014-2015), soit quatre fois plus. Le constat est similaire en classe de troisième : selon les données 2009 du même ministère, près de 4 % des enfants ont un problème d’obésité. Mais la proportion d’enfants de cadres en surpoids est de 2,3 %, contre près de trois fois plus pour les enfants d’ouvriers (6,5 %).

En matière de corpulence, il faut rester prudent : pour partie, l’injonction à la maigreur est l’imposition d’une norme corporelle des catégories favorisées (voir encadré). Ces normes évoluent au fil du temps. Pour autant, à un certain point, l’obésité devient une maladie avec des conséquences lourdes. L’attention au corps, les comportements alimentaires, les habitudes de vie - dont notamment la pratique d’une activité physique - sont différenciés selon les catégories sociales et jouent en matière d’obésité, dès le plus jeune âge. L’étude du ministère de la Santé indique qu’en CM2, les enfants de cadres sont 26 % à posséder un écran dans leur chambre, contre 43 % des enfants d’ouvriers. 26,4 % de ces derniers consomment tous les jours des boissons sucrées, contre 15,2 % des enfants de cadres.

(...)

Article intégral en ligne : http://www.inegalites.fr