samedi 13 septembre 2014

Maternité sous pression : les naissances à quel prix ?

Magazine : Pour réduire les coûts, certaines pratiques des hôpitaux peuvent mettre en danger les mamans et les bébés

EN  dix ans, la dette des hôpitaux français a été multipliée par trois, pour atteindre 30 milliards d'euros. L'heure est aux économies, qui peuvent avoir des conséquences sur la qualité des soins. Dans les maternités des grandes villes, cette politique se -traduit par la surcharge des services.
Les journalistes d'" En quête d'actualité " ont constaté qu'à l'Hôpital Nord de Marseille, les futures mères doivent parfois attendre sur des brancards dans les couloirs, alors que les premières contractions se font  sentir. Les patientes sont sorties des salles de travail  à peine quinze -minutes après avoir accouché. Pis -encore, on provoque les naissances pour qu'elles interviennent plus rapidement.
Cette dernière méthode est particulièrement contestable, car elle peut avoir des effets sur la santé de la mère et de son enfant. Le Cytotec, un médicament destiné à soigner... les ulcères gastriques, est ainsi  détourné de son usage habituel pour accélérer l'accouchement. Mal dosé, il peut provoquer la mort du nouveau-né ou de la mère.
L'enquête pointe aussi les problèmes que pose la fermeture des maternités dans les zones rurales. Bien sûr, on pourra reprocher aux journalistes de dramatiser certaines situations. Cependant, cette enquête minutieuse dénonce aussi les effets pervers des mesures d'économies  qui conduisent les hôpitaux à surfacturer certains soins. Certains remèdes peuvent être pires que le mal...

Émission sur Arte le Mercredi 17/09/2014 à 20h30

Par Joël Morio, Le Monde.

Arte : rentrée chargée

S'il  est une chaîne pour qui le mot " rentrée " signifie encore quelque chose, c'est bien Arte. Alors que la plupart de ses concurrentes distillent leurs nouveautés au compte-gouttes ou se contentent d'un simple ripolinage de saison, la chaîne franco-allemande frappe fort en mettant à l'antenne un nombre impressionnant de programmes inédits et de très belle facture .
En quelques jours, les téléspectateurs d'Arte vont ainsi découvrir la série " Réfugiés ", l'enquête de Jérôme Fritel sur Lakshmi Mittal, le magnifique documentaire sur
la Syrie présenté à Cannes, " Eau argentée ", la série française loufoque et réussie de Bruno Dumont " P'tit Quinquin "ou encore " Pilule bleue ", l'adaptation du roman graphique de Frederik Peeters.
Cette rentrée en forme de feu d'artifice n'est évidemment pas le fruit du hasard.La chaîne s'inquiète de voir Netflix, Google et Amazon prendre pied dans le paysage audiovisuel français et menacer les " identités nationales européennes sous l'effet d'une concurrence, souvent inéquitable ", selon les mots de Véronique Cayla, présidente d'Arte. D'où cette vitrine alléchante, comme pour mieux montrer le savoir-faire d'une chaîne qui tient plus que tout à son exception et aux recettes financières nécessaires que cette exigence implique. Reste toutefois plusieurs écueils pour Arte. Le premier est que ce foisonnement du mois de septembre ne soit suivi par des semaines beaucoup plus creuses, même si la deuxième saison de la série " Ainsi soient-ils " pointe son nez. Plus embêtant, la chaîne a beau se féliciter de ses audiences en hausse, celles-ci tournent toujours autour de 2 %. Une hausse à laquelle le cinéma contribue énormément, atténuant un peu l'effet créatif de la chaîne sur ses résultats. En ce sens, Arte ne se différencie pas toujours des autres chaînes de la TNT, elles aussi très friandes de films pour attirer le téléspectateur.


Par Guillaume Fraissard
Article publié dans le journal Le Monde du 14 septembre 2014.