dimanche 20 janvier 2019

Démographie. Le bébé blues de la France s’est poursuivi en 2018

La fécondité recule pour la quatrième année consécutive. Un phénomène lié aux évolutions sociétales mais aussi aux difficultés économiques des familles.


Le recul se confirme. Avec 12 000 bébés en moins en 2018, la fécondité continue de baisser en France, selon les chiffres de la démographie publiés hier par l’Insee. Situé à 1,87 enfant par femme, ce taux reste sous le seuil symbolique des 2 pour la quatrième année consécutive. Avec 758 000 naissances contre 614 000 décès (8 000 de plus), soit 144 000 personnes en plus, le solde naturel reste positif. Mais il n’a jamais été aussi bas depuis la Seconde Guerre mondiale. Au final, la population française (66,9 millions au 1er janvier) continue de croître, mais à un rythme de plus en plus lent : + 0,5 % par an entre 2008 et 2013 ; + 0,4 % entre 2014 et 2016 ; + 0,3 % en 2017 et 2018.

Des droits moins favorables

Comment expliquer cette tendance ? Tout d’abord en raison du nombre moins important de femmes en âge de procréer, phénomène qui date des années 1990 et lié au vieillissement la génération du baby-boom. En 2018, on comptait 8,4 millions de Françaises âgées de 20 à 40 ans. Elles étaient 8,8 millions en 2008 et 9,1 millions en 1998. À ce facteur s’ajoute celui plus déterminant du recul de l’âge du premier accouchement : 30,6 ans en moyenne contre 29,8 ans dix ans plus tôt et 26 ans en 1977. « Le recul de fécondité a d’abord touché les femmes plus jeunes, entre 25 et 29 ans, il touche désormais toutes les femmes en âge de procréer et tous les niveaux de vie », précise Sylvie Le Minez, cheffe des études démographiques et sociales.

dimanche 15 janvier 2017

Uvestérol D: l’Agence Nationale de Sécurité des Médicaments mise sur la sellette

Après le décès d’un nourrisson le 21 décembre qui a amené la ministre de la Santé, Marisol Touraine, à suspendre la commercialisation de l’Uvestérol D, le députée européenne Michèle Rivasi (Verts/ALE) met en cause le manque de réactivité de l’Agence Nationale de Sécurité des Médicaments. « Il y a a eu 93 cas d’effets secondaires recensés, on attend combien de morts pour interdire ce médicament ? » demande-t-elle. Explications.

 
Il semble que les autorités sanitaires avaient été alertées sur les effets secondaires de l’Uvestérol D. Avez-vous des détails sur ces signalements ?
 
Michèle Rivasi : « On parle de 2006, mais dès 96, il y avait eu le cas d’un enfant qui avait fait un malaise suite à l’ingestion de ce médicament. Il y a eu 93 cas recensés qui ont été notifiés à l’ANSM ( Agence Nationale de Sécurité des Médicaments ) soit pour des malaises, soit pour des étouffements. Donc il y avait un effet dû à l’ingestion de ce médicament. Suite à cela, l’ANSM a notifié au laboratoire ( Crinex ndlr ) qu’il y avait un problème. Le laboratoire s’est posé la question de savoir si c’était dû à la dose, donc ils ont diminué la dose, ou est-ce que c’était dû à la seringue, donc ils ont modifié la seringue. Malgré tout cela, il y avait toujours des problèmes. « Prescrire », une revue indépendante,  avait alors demandé que ce médicament soit retiré de la vente. Vous voyez, « Prescrire » avait déjà alerté depuis 96, il y a plus de 21 ans.
 
Comment expliquez-vous qu’il n’ait pas été tenu compte de ces alertes ?
 
M. R. Parce qu’il y a une inertie, c’est comme pour le Mediator. Il a fallu attendre 20 ans pour le Mediator, eh bien là, avec l’Uvestérol D, il a fallu plus de 10 ans, bien qu’il y ait eu des remontées d’effets secondaires importantes. On n’est d’ailleurs pas à l’abri qu’il y ait eu d’autres morts d’enfants. Parce qu’il a fallu qu’il y ait ce mort le 21 décembre pour arrêter ce médicament, mais qui dit qu’il n’y en a pas eu d’autres sans qu’on fasse la relation de causalité avec le médicament.  J’ai vu des témoignages de médecins qui soulèvent cette question.
 

samedi 17 décembre 2016

En Grande-Bretagne, un bébé peut avoir trois ADN

Le Royaume-Uni autorise désormais la conception de bébés à partir de l’ADN de trois parents, en l’occurrence deux femmes et un homme.



L’information était attendue. Le Royaume-Uni est devenu jeudi le premier pays à autoriser la conception de bébés à partir de l’ADN de trois «parents», une technique à visée thérapeutique qui reste controversée, notamment pour des raisons éthiques. L’approbation du comité d’éthique britannique était l’ultime condition avant l’utilisation en clinique de cette technique consistant à combiner les ADN de deux femmes et d’un homme pour éviter la transmission d’une maladie héréditaire maternelle.
«Nous avons pris une décision historique et mûrement réfléchie. Les familles concernées ont enfin une chance d’avoir un enfant en bonne santé», a déclaré Sally Cheshire, la présidente de l’Autorité de régulation de l’assistance médicale à la procréation et à la recherche en embryologie (HFEA). «C’est un feu vert prudent», a-t-elle toutefois ajouté, alors que cette technique de fécondation in vitro avec «remplacement mitochondrial» continue à diviser.
Ses défenseurs estiment qu’elle permettra aux couples concernés (3000 au Royaume-Uni) de donner naissance à des enfants en meilleure santé. Pour ses opposants, la technique n’est pas encore suffisamment mûre et va trop loin en matière de modification génétique en ouvrant la boîte de Pandore de la sélection des bébés. «Je ne pense pas qu’on s’engage sur une pente glissante. Nous nous sommes appuyés sur un panel d’experts internationaux qui ont estimé la technique suffisamment sûre et efficace. Le processus a duré cinq ans. Il y a eu un grand débat public. Quatre rapports ont été publiés. Le Parlement a débattu de la question et a approuvé la technique à une majorité de trois contre un», a souligné Sally Cheshire.

Les parents venant de l’étranger sont les bienvenus

La technique devrait être utilisée dans un premier temps sur environ 25 couples et un premier bébé pourrait naître dès fin 2017. «Les années suivantes, 200 couples pourraient être concernés tous les ans. Ceux venus de l’étranger sont les bienvenus», a souligné Sally Cheshire. «Maintenant, nous avons besoin de donneurs d’ovules», a commenté le professeur Mary Herbert, de l’université de Newcastle, qui a développé la technique expérimentale.
Environ 125 bébés naissent chaque année en Grande-Bretagne avec un dysfonctionnement mitochondrial. Les mitochondries sont des petites structures à l’intérieur des cellules qui jouent un rôle de «centrale énergétique» en transformant le sucre et l’oxygène en énergie. Tandis que l’ADN nucléaire est transmis par les deux parents, l’ADN mitochondrial (ADNmt) n’est hérité que de la mère. Certaines femmes présentent des mutations génétiques de cet ADNmt qui, si elles sont transmises à leurs enfants, peuvent provoquer diverses maladies parfois incurables, comme le syndrome de Leigh. La fécondation in vitro avec «remplacement mitochondrial» peut alors apparaître comme une solution. Leur ADN nucléaire est extrait de leurs ovules et introduit, avec le sperme du père, dans l’ovule sans noyau de la donneuse qui a un ADNmt sain.

Le premier bébé conçu grâce à cette nouvelle technique est né en avril au Mexique. Une équipe médicale internationale menée par le Dr John Zhang, du Centre New Hope Fertility à New York, avait choisi ce pays, où il n’existe aucune règle sur la question, puisque le traitement n’est pas autorisé aux États-Unis.
Lors des expériences en laboratoire, il est arrivé que l’ADNmt porteur des mutations refasse surface et vienne compromettre l’efficacité du traitement.

Le Figaro santé, 15/12/2016.

mercredi 26 octobre 2016

Première naissance d’un bébé « à trois parents »

Selon le « New Scientist », un enfant conçu par fécondation in vitro serait porteur du patrimoine génétique de ses parents et de l’ADN d’une donneuse. Les spécialistes de la reproduction récusent souvent la formule, mais elle résume la percée réalisée par une équipe américaine, dans une clinique mexicaine : un enfant « à trois parents » serait né il y a cinq mois, porteur du patrimoine génétique de ses parents, mais aussi d’ADN provenant d’une donneuse.


Cette naissance inédite, rendue publique mardi 27 septembre par l’hebdomadaire britannique New Scientist, doit cependant encore faire l’objet d’une communication scientifique « officielle » lors du congrès de l’Association américaine de médecine reproductive à Salt Lake City (Utah), en octobre.

Le bébé, un garçon, serait le fils d’un couple de Jordaniens qui avait déjà donné naissance à deux petites filles décédées à l’âge de 6 ans et de 8 mois, indique le New Scientist : toutes deux étaient atteintes du syndrome de Leigh, une maladie liée à un dysfonctionnement des mitochondries, de minuscules usines à énergie présentes au cœur des cellules. La mère était porteuse saine de cette maladie, un quart de ses mitochondries étant touchées par une mutation dans leur ADN.

Procédure interdite aux États-Unis

Le couple a fait appel à John Zhang, président fondateur du Centre de fertilité New Hope de New York, une clinique qui a des antennes en Chine, en Russie et au Mexique, pour procéder à une tentative de fécondation in vitro faisant appel à une technique de transfert du noyau.
Le docteur Zhang a extrait le noyau (porteur de l’ADN) d’un des ovocytes de la mère et l’a inséré dans celui d’une donneuse dont le noyau avait été préalablement ôté. L’ovocyte disposant de mitochondries saines a été fécondé in vitro avec un spermatozoïde du père. L’embryon ainsi engendré était donc porteur de l’ADN nucléaire des deux parents et de l’ADN mitochondrial (ADNmt) fonctionnel de la donneuse – les rares mitochondries apportées par le spermatozoïde sont en effet détruites lors de la fécondation.
Selon le New Scientist, sur cinq embryons créés de la sorte, un seul s’est développé « normalement » et a pu être réimplanté chez la mère, qui a ensuite connu une grossesse normale. L’équipe new-yorkaise a effectué cette procédure de fécondation in vitro et d’insémination au Mexique, car elle est interdite aux Etats-Unis.
Elle est en revanche autorisée au Royaume-Uni – où elle n’a encore jamais été tentée –, mais selon une modalité un peu différente : l’ovocyte de la mère et celui de la donneuse seraient d’abord fécondés par des spermatozoïdes du père, puis énucléés avant qu’ils ne se divisent pour donner un embryon. Le noyau de la donneuse serait alors éliminé et remplacé par celui de la mère pour former l’embryon.

Le bébé se porterait bien

Le New Scientist précise que le couple jordanien, de confession musulmane, souhaitait minimiser les destructions d’embryons et a pour cette raison choisi d’opter pour l’autre technique. En outre, l’équipe médicale a sélectionné un embryon masculin, afin d’éviter qu’à l’âge adulte il ne transmette la maladie à sa descendance. Pour Sian Harding, qui a procédé à l’examen éthique de la procédure approuvée au Royaume-Uni, cette approche est « aussi bonne ou même meilleure que ce qui serait fait en Angleterre », indique l’hebdomadaire.

Le Monde, 28/09/2016.

(...)

jeudi 17 mars 2016

130 médecins demandent l’assouplissement des lois encadrant la reproduction assistée

C’est une initiative éthique et médicale inédite, un geste civique et politique majeur. Emmenés par le gynécologue René Frydman, plus de 130 médecins et biologistes de la reproduction reconnaissent avoir « aidé [et] accompagné des couples et des femmes célibataires dans leur projet d’enfant dont la réalisation n’était pas possible en France ». Par cet aveu, ils s’exposent en théorie à des poursuites judiciaires. Mais cet « outing » collectif s’est imposé à eux afin de placer la France devant ses responsabilités et ses « incohérences ». Trop de blocages, expliquent-ils, empêchent l’aboutissement d’un désir d’enfant qui gagne des couples différents et des femmes plus âgées que par le passé.


Un technicienne du service de biologie de la reproduction de l'Hôpital de la Conception à Marseille extrait, le 04 décembre 2000 des paillettes de spermatozoïdes d'une cuve d'azote liquide dans laquelle ils sont congelés au cours d'un programme de procréation médicale assistée.
Un technicienne du service de biologie de la reproduction de l'Hôpital de la Conception à Marseille extrait, le 04 décembre 2000 des paillettes de spermatozoïdes d'une cuve d'azote liquide dans laquelle ils sont congelés au cours d'un programme de procréation médicale assistée. ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP


Membre de l’équipe médicale qui permit, en 1982, la naissance du premier « bébé-éprouvette » français, Amandine, René Frydman reconnaît que cette démarche est à la fois réfléchie et transgressive. Elle s’inscrit d’ailleurs dans le droit fil du manifeste « Oui, nous avortons ! », paru en 1973, lancé par de nombreux médecins solidaires des femmes qui ne pouvaient pas avoir recours à l’IVG. Si leurs propositions étaient validées, reconnaît celui qui initia le programme de fécondation in vitro en France, elles marqueraient une nouvelle « étape décisive » de la liberté des femmes à disposer de leur corps.
Membre de l’équipe médicale qui permit, en 1982, la naissance du premier « bébé-éprouvette » français, Amandine, René Frydman reconnaît que cette démarche est à la fois réfléchie et transgressive.
 
Parmi les mesures revendiquées par les signataires, l’ouverture de la procréation médicalement assistée (aujourd’hui réservée aux couples hétérosexuels infertiles) à toutes les femmes est celle qui a le plus cristallisé les débats en France depuis l’arrivée au pouvoir de François Hollande. Elle faisait partie des promesses de campagne du candidat. Il n’a depuis cessé de reculer sur le sujet.

Alors qu’il s’était dans un premier temps prononcé pour que les célibataires et les couples de femmes puissent y accéder, il s’est ensuite limité à la seconde partie de la proposition – la tribune des 130 médecins élude habilement cette distinction en parlant des femmes seules sans préjuger de leur mode de vie, manière de dissocier la question des seuls couples homosexuels. Puis le gouvernement a enterré le sujet.
Dès sa prise de fonction, la nouvelle ministre de la famille, Laurence Rossignol, s’est exprimée sans ambiguïté : « Je n’ai pas de raisons (…) de relancer ce dossier, a-t-elle déclaré dans Libération le 16 février. A titre personnel, j’y suis favorable pour les couples lesbiens, et il me semble que toute la gauche l’est. Le problème est clair : jusqu’où fait-on remonter le niveau d’excitation ? (…) Les vociférations de la Manif pour tous ont tout paralysé. »

Un changement de pied de l’exécutif apparaît improbable, tant est forte la volonté de ne pas rejouer l’affrontement qui a entouré l’adoption de la loi sur le mariage pour tous, en mai 2013. Les défenseurs de la famille traditionnelle, qui accusent le gouvernement de « familiphobie », ont démontré depuis que leur capacité de mobilisation reste forte.
Par contamination, le gel de ce dossier a atteint tous les sujets relatifs à la famille et à la bioéthique, malgré des attentes fortes du monde médical. Pour pallier la pénurie de donneuses d’ovocytes en France, le gouvernement a tout de même autorisé, en octobre 2015, les femmes sans enfants à effectuer un don (auparavant réservé aux mères), avec la possibilité de garder une partie de leurs ovules pour elles-mêmes en vue d’une grossesse future.

Les défenseurs de la famille traditionnelle, qui accusent le gouvernement de « familiphobie », ont démontré depuis que leur capacité de mobilisation reste forte
Cette mesure ne tarira cependant pas le flux des patientes qui font le voyage en Espagne pour bénéficier d’un don d’ovule ou congeler leurs propres gamètes, selon René Frydman. « Donner et protéger sa propre fertilité sont deux démarches différentes, observe-t-il. Il faut préserver beaucoup d’ovocytes pour avoir de bonnes chances d’obtenir une grossesse ultérieure. En liant le don et l’autoconservation, on diminue les chances de la donneuse car elle conserve moins. »
Les médecins signataires ne se prononcent pas pour autant en faveur d’une rétribution du don d’ovules mais pour le lancement de campagnes plus incitatives, par exemple par l’intermédiaire de sages-femmes. Une position plutôt consensuelle. En revanche, la possibilité pour les femmes de « mettre de côté » leurs gamètes en vue d’une grossesse future est de nature à susciter un vif débat.

(...)
Lire la suite sur le site internet du journal Le Monde : http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2016/03/17/un-manifeste-transgressif-pour-accompagner-le-desir-d-enfant_4884877_3232.htmler-le-desir-d-enfant_4884877_3232.html

Le Monde, ar

samedi 13 septembre 2014

Maternité sous pression : les naissances à quel prix ?

Magazine : Pour réduire les coûts, certaines pratiques des hôpitaux peuvent mettre en danger les mamans et les bébés

EN  dix ans, la dette des hôpitaux français a été multipliée par trois, pour atteindre 30 milliards d'euros. L'heure est aux économies, qui peuvent avoir des conséquences sur la qualité des soins. Dans les maternités des grandes villes, cette politique se -traduit par la surcharge des services.
Les journalistes d'" En quête d'actualité " ont constaté qu'à l'Hôpital Nord de Marseille, les futures mères doivent parfois attendre sur des brancards dans les couloirs, alors que les premières contractions se font  sentir. Les patientes sont sorties des salles de travail  à peine quinze -minutes après avoir accouché. Pis -encore, on provoque les naissances pour qu'elles interviennent plus rapidement.
Cette dernière méthode est particulièrement contestable, car elle peut avoir des effets sur la santé de la mère et de son enfant. Le Cytotec, un médicament destiné à soigner... les ulcères gastriques, est ainsi  détourné de son usage habituel pour accélérer l'accouchement. Mal dosé, il peut provoquer la mort du nouveau-né ou de la mère.
L'enquête pointe aussi les problèmes que pose la fermeture des maternités dans les zones rurales. Bien sûr, on pourra reprocher aux journalistes de dramatiser certaines situations. Cependant, cette enquête minutieuse dénonce aussi les effets pervers des mesures d'économies  qui conduisent les hôpitaux à surfacturer certains soins. Certains remèdes peuvent être pires que le mal...

Émission sur Arte le Mercredi 17/09/2014 à 20h30

Par Joël Morio, Le Monde.

mercredi 10 septembre 2014

Profession, nombre d'enfants, date de l'accouchement : les bons critères pour décrocher une place en crèche

L'objectif de création de 100 000 places d'ici à 2017 est fragilisé par les réductions budgétaires



Qui décroche une place en crèche pour ses enfants ? La question taraude les parents recalés… qui sont nombreux. Seuls 16 % des enfants de moins de 3 ans non scolarisés y sont accueillis, alors qu'à la naissance, 32 % des parents disent préférer la crèche. Une fois leur enfant gardé (le plus fréquemment par une assistante maternelle), 40 % des parents continuent à avoir des regrets, car ils voient dans la crèche la garantie d'un meilleur éveil de l'enfant, d'un apprentissage de la vie en collectivité et du professionnalisme de l'encadrement.
Dans une étude publiée mercredi 10 septembre, l'Institut national d'études démographiques (INED) informe pour la première fois les déçus sur les critères de sélection des collectivités locales, responsables de la politique de la petite enfance. Elle a été réalisée à partir de l'enquête Famille et logements menée en 2011 auprès de 360 000 adultes.
Il y a un facteur chance. Les enfants nés de janvier à avril ont plus de chance d'être accueillis en crèche que ceux nés à l'automne. Les commissions d'attribution statuent souvent au printemps sur les enfants déjà nés, et les places se libèrent en septembre, lorsque les enfants plus âgés entrent en maternelle…
La situation familiale et professionnelle de la mère entre en jeu (l'activité du père n'a en revanche que peu d'influence). Un meilleur accueil du troisième enfant, des jumeaux et des triplés, montre une volonté d'aider les mères de famille nombreuse à conserver un emploi. Les femmes jeunes bénéficient également d'un bonus, tout comme les mères en recherche d'emploi. Elles ont 40 % de chance que leur enfant soit accueilli, contre 25 % pour une salariée du privé, signe d'une politique de lutte contre la précarité.
Les employées, professions intermédiaires et travailleuses indépendantes sont aussi mieux représentées que les cadres, " qui peuvent recourir à un mode de garde éventuellement plus onéreux et plus adapté à des journées de travail plus longues ", indique l'étude.