dimanche 2 novembre 2014

Ouvrons enfin les bibliothèques le dimanche !

En France, ces lieux culturels ne sont accessibles, en moyenne, que trente heures par semaine




Pour satisfaire les touristes et soutenir la consommation, le gouvernement veut ouvrir les magasins le dimanche. Il insiste sur la nécessaire modernité mais passe à côté de l'essentiel. Si exception française il y a, c'est celle de la fermeture, le dimanche, de nos bibliothèques. Celles des grandes villes européennes ouvrent le dimanche et tous les jours de la semaine jusqu'à 22  heures, parfois cent heures par semaine, contre trente, en moyenne, en France.
Quand, par exception, les bibliothèques de Montpellier ou Nancy ouvrent le dimanche, c'est ce jour-là que la fréquentation est la plus élevée. Car une bibliothèque a bien plus à offrir qu'une collection de livres. Elle donne libre accès aux nouveaux instruments de l'éducation, la culture et l'information et à Internet.
Pour les étudiants, lycéens et salariés, elle est un lieu de travail individuel ou de réunion pour des projets de recherche, d'association ou d'entreprise. Pour ceux qui n'ont pas accès aux livres, à Internet, à un espace calme et suffisant pour étudier, elle est la pièce indispensable pour construire son avenir. Elle est, grâce au formidable travail que font les bibliothécaires, un espace où chacun peut trouver l'accompagnement nécessaire à son épanouissement personnel.

Des solutions existent


mardi 9 septembre 2014

DIMANCHE : Duel gauche-gauche sur le travail dominical à Paris

Le compte à rebours est lancé. Mardi 9 septembre, Laurent Fabius devait être entendu par la Mission d'information et d'évaluation (MIE) mise en place par Anne Hidalgo mi-juin sur " le travail dominical et nocturne à Paris ".

Deux des quinze membres de cette mission représentative du Conseil de Paris traverseront la Seine pour s'asseoir dans le bureau du ministre, quai d'Orsay, à 16 h 30. " Un petit comité, c'est plus discret ", observe un élu parisien. Seuls Bernard Gaudillère, président de la mission, élu PS, homme de confiance d'Anne Hidalgo, et Jean-Baptiste de Froment, élu UMP du 9e arrondissement, son rapporteur, recueilleront l'avis du numéro deux du gouvernement de Manuel Valls.
Son opinion ? La maire de Paris la connaît. Le 22 avril, quinze jours après les élections municipales, celui qui vient de récupérer le portefeuille du tourisme lors du remaniement qui a suivi le scrutin lâche une bombe. Il se déclare favorable à une ouverture accrue des magasins le dimanche dans la capitale. Objectif : relancer le tourisme à Paris. Ses déclarations sur RTL tétanisent la majorité. Une première pierre dans le jardin d'Anne Hidalgo.
La machine à convaincre de M. Fabius est lancée. Elle ne s'arrêtera plus. Un mois plus tard, le ministre envoie au front sa secrétaire d'Etat chargée du tourisme. " Cela ne sert à rien d'ouvrir tout Paris, (…) il y a des zones où les touristes souhaiteraient pouvoir faire leurs courses de manière plus libre ", déclare Fleur Pellerin le 19 mai sur BFM Business. Puis M. Fabius " se fait de plus en plus pressant ", selon un élu parisien.
Mme Hidalgo " cherche, elle, à gagner du temps ", note une élue. Le 17 juin, à sa demande, le Conseil de Paris adopte la création de la MIE. " Perte de temps inutile ", raille un maire d'arrondissement. Elle doit " procéder à la plus large consultation possible " et rédiger un rapport à examiner au " plus tard le 16 décembre ".
Le calendrier de la Ville de Paris se télescope avec celui de Matignon. Le gouvernement a promis de se pencher sur l'imbroglio de la législation sur le travail dominical, à partir des conclusions du rapport Bailly remis par l'ancien patron de La Poste en décembre 2013. De nouvelles dispositions devraient être adoptées dans la future loi sur la croissance et le pouvoir d'achat. " Mais uniquement dans les zones touristiques. Et cette question sera réglée par un débat parlementaire et non par ordonnance ", a précisé le 4 septembre Jean-Marie Le Guen, ministre des relations avec le Parlement. 
Source : Juliette Garnier, article tiré du journal LE MONDE du 10/09/2014.

lundi 1 septembre 2014

Sur le travail du dimanche, le recours aux ordonnances passe mal

Le gouvernement a annoncé qu’il pourrait agir par ordonnances pour légiférer sur le repos dominical qui suscite de nombreuses oppositions, à gauche mais aussi à droite.
Le terrain est miné et Manuel Valls le sait. Chaque fois que le débat sur le travail du dimanche est revenu sur le devant de la scène, il s’est soldé par des discussions houleuses à l’Assemblée nationale et par des compromis boiteux. Déterminé à « accélérer » les réformes, le premier ministre cherche à contourner ce piège. Matignon a ainsi confirmé en fin de semaine dernière que la future loi sur la croissance « comporterait des habilitations à agir par ordonnances, par exemple sur le repos dominical ».
Cette procédure, prévue par l’article 38 de la Constitution, permet au gouvernement de prendre des mesures qui relèvent normalement du domaine de la loi, après avoir au préalable sollicité l’accord du Parlement par la voie d’une loi d’habilitation. 

UN SUJET QUI DIVISE À GAUCHE COMME À DROITE

Le recours à une telle procédure n’est pas exceptionnel. Selon un rapport du Sénat, les gouvernements y ont eu recours 126 fois depuis le milieu des années 1980. La gauche, qui a beaucoup critiqué ce recours aux ordonnances lorsqu’elle était dans l’opposition, l’a déjà utilisé 16 fois entre l’élection de François Hollande et fin 2013, notamment pour prendre des mesures de simplification administrative ou pour revoir des règles d’urbanisme.
Des mesures en général d’ordre très technique. Or, avec le travail du dimanche, on touche à un sujet de société particulièrement sensible et qui divise à gauche comme à droite. 
En 2009, Nicolas Sarkozy avait dû affronter la fronde d’une partie de ses troupes et faire marche arrière sur ce sujet. Manuel Valls, qui n’est pas assuré d’obtenir une majorité à l’Assemblée nationale, cherche à éviter la même mésaventure.
Mais la méthode passe mal dans sa majorité, traditionnellement attachée au principe du repos dominical. Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis a déclaré qu’il n’y était pas favorable et le ministre délégué aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen est resté hier encore très évasif sur le recours à cette procédure. « Nous verrons »,s’est-il contenté de répondre sur RTL.

« PAS QUESTION D’ACCORDER UN CHÈQUE EN BLANC »

Les députés socialistes qui ne sont pas très « chauds » à l’égard du procédé, assurent qu’ils seront en tous cas extrêmement vigilants. « Le périmètre de la loi d’habilitation devra être très précis sur ce que le gouvernement veut faire. Il n’est pas question d’accorder un chèque en blanc » assure le député socialiste de Seine-et-Marne, Olivier Faure pour qui le travail du dimanche doit rester exceptionnel et être « volontaire et compensé ». 
Si des aménagements sont selon lui envisageables dans les zones touristiques, notamment à Paris, et dans les zones commerciales des grandes villes, comme le suggère le rapport Bailly remis au gouvernement l’année dernière, « le groupe serait extrêmement réticent s’il s’agissait d’augmenter le nombre d’ouvertures dominicales décidées par les maires », actuellement au nombre de 5.
Les syndicats, qui ont commencé à être reçus par le nouveau ministre de l’économie, Emmanuel Macron, n’entendent pas non plus rester « hors-jeu ». « Ordonnance ou pas, il faut une discussion avec les organisations syndicales sur le contenu du texte » a expliqué, le 1er septembre le patron de la CFDT, Laurent Berger.« Si on va comme je le suppose vers un élargissement du travail du dimanche, cela mérite un débat devant l’Assemblée nationale, estime de son côté Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC. C’est un vrai choix de société. »
1/9/14 - 17 H 42CÉLINE ROUDEN journal La Croix