jeudi 10 décembre 2020

Espérance de vie en bonne santé : l'écart s'amenuise entre femmes et hommes

L'évolution de l'espérance de vie en bonne santé continue de progresser globalement en France en 2019 même si les écarts entre femmes et hommes se réduisent. Toutefois, l'augmentation du nombre de seniors pose aussi la question de la perte d'autonomie et de l'hébergement des seniors, 108 000 seniors en plus étant attendus en Ehpad en 2030.

En 2019, l'espérance de vie sans incapacité à 65 ans s'établit à 11,5 ans pour une femme et à 10,4 ans pour un homme selon la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees).

L'espérance de vie sans incapacité à 65 ans a augmenté plus vite, de 2008 à 2019, que l'espérance de vie révèle l'étude de la Drees sur l'espérance de vie sans incapacité(nouvelle fenêtre) publiée en décembre 2020.

La Drees observe plus particulièrement l'espérance de vie sans incapacité, calculée à la naissance et à 65 ans, en distinguant les incapacités sévères qui affectent plus lourdement la qualité de vie.

Une progression plus marquée pour les hommes

Si l'écart habituel de longévité entre hommes et femmes se vérifie lorsqu'il s'agit d'espérance de vie sans incapacité calculée à la naissance (63,7 ans pour les hommes contre 64,6 ans pour les femmes), il s'est fortement réduit de 2008 à 2019, les hommes ayant gagné un an d'espérance de vie sans incapacité contre deux mois pour les femmes.

Cet écart entre les deux sexes reste cependant important concernant l'espérance de vie sans incapacité sévère : 73,7 ans pour les hommes contre 77,9 ans pour les femmes.

Par ailleurs, la part d'années vécues avec incapacité avant 65 ans a augmenté depuis 2008, en particulier pour les femmes. Cette situation peut s'expliquer :

  • soit par une espérance de vie plus élevée pour les personnes ayant des incapacités depuis l'enfance ;
  • soit par l'apparition plus fréquente d'incapacité pour les personnes en âge de travailler.

Toutefois, après 65 ans, comme le montre l'augmentation de l'espérance de vie sans incapacité à cet âge, les femmes et les hommes déclarent moins d'incapacités depuis 2008.

mardi 19 novembre 2019

Pourquoi la progression de l'espérance de vie ralentit en France

Tabagisme, alcool, malbouffe et pollution atmosphérique sont autant de leviers sur lesquels nous pourrions jouer pour enrayer le ralentissement de la progression de l'espérance de vie. Car selon un rapport de l'OCDE paru ce jeudi, si la France est aujourd'hui en dixième place des pays on l'on vit le plus longtemps, les perspectives ne sont guerre optimistes. 

82,6 ans. Telle est la moyenne de l’espérance de vie en France, selon le Panorama de la Santé publié ce jeudi 7 novembre par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Si nous arrivons en dixième place des pays où l’on vit le plus longtemps, la progression de l’espérance de vie ralentit depuis 2011. Les Etats-Unis, l’Angleterre et l’Allemagne sont également victimes de ce phénomène. Pourquoi Docteur fait le point sur les quatre leviers sur lequel nous pourrions agir pour inverser la tendance.

Le tabagisme

D’après l’OMS, 7 millions de personnes décèdent chaque année après avoir trop fumé. Si le pourcentage de fumeurs quotidiens est passé de 23 % en 2007 à 18 % en 2017, c’est encore trop. En France, selon les chiffres du rapport, un adulte sur quatre fume tous les jours (les hommes davantage que les femmes, 28% contre 23%). C'est le quatrième taux le plus élevé des pays de l’OCDE (sept points au-dessus de la moyenne). Cette consommation élevée de tabac entraîne 21 000 décès du cancer du poumon par an et des dizaines de milliers d’autres liés aux maladies cardiovasculaires et respiratoires. Cependant, les données de l’OCDE datent de 2017 et n’ont pas encore pris compte de l'influence des mesures prises par le ministère de la Santé, telles que la hausse du prix du paquet de cigarettes. Rappelons que d’après le Baromètre santé publique France paru en mai, la France aurait gagné 1,6 million de fumeurs en moins en à peine deux ans. 


lundi 17 juin 2019

Précarité, travail contraint, espérance de vie… zoom sur six inégalités insidieuses

L’Observatoire des inégalités a publié, mardi, son troisième rapport sur les inégalités en France, un rapport compilant les écarts persistants entre les citoyens français dans différents domaines.


Quel écart de revenus entre riches et pauvres ? Quelle différence entre diplômés et non-diplômés ? Jeunes ou vieux, qui sont les plus mal lotis ? Les femmes ou les étrangers sont-ils toujours défavorisés ? Pour répondre à ces questions qui agitent la société et ont sous-tendu le mouvement des « gilets jaunes », l’Observatoire des inégalités, association d’experts et de chercheurs, a publié, mardi 4 juin, son troisième rapport sur les inégalités en France.Un état des lieux global est réalisé en compilant des statistiques publiques et études sur diverses thématiques : revenus, patrimoine, éducation, conditions de vie, etc. Après avoir résumé le précédent rapport en dix graphiques, qui montraient l’augmentation du nombre de pauvres en France, l’inégale répartition des revenus et du patrimoine, et le décollage des hauts revenus, nous avons repéré, dans cette nouvelle édition, des statistiques plus « discrètes » mais dont les effets pèsent sur la vie quotidienne et le ressenti de ceux qui les subissent.

1 – Au-delà du chômage, le halo du « mal emploi »

Le taux de chômage en France est descendu à 8,7 % de la population active, son plus bas niveau depuis dix ans, au premier trimestre 2019, selon l’Insee. Mais ce chiffre ne décompte que les personnes en recherche active et n’ayant pas du tout travaillé dans la semaine précédant l’enquête, et « reflète mal la dégradation du marché du travail », selon l’Observatoire des inégalités.

En effet, il ne tient pas compte des personnes « découragées », qui ne recherchent plus de travail et ne sont plus comptées dans les statistiques, comme les mères de famille ou les personnes proches de la retraite. Ce public marginalisé représenterait 1,6 million de personnes. Si l’on y ajoute des salariés à temps partiel qui aimeraient travailler davantage ou des travailleurs en contrat précaire (intérim ou contrats à durée déterminée non choisi), l’ensemble de ces situations concerne, selon le rapport, 26 % de la population active dans une situation de fragilité vis-à-vis de l’emploi. Et encore, ce chiffre n’intègre pas les travailleurs « à leur compte » comme les chauffeurs de VTC ou certains livreurs en situation souvent précaire.

Source : Le Monde, 04/06/2019.
Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr

mercredi 27 mars 2019

Santé : l'espérance de vie stagne en France

Entre 2017 et 2018, le gain d’espérance de vie des Français est de 0,1 an. Cette tendance pourrait s’inscrire sur le long terme, selon une étude récemment publiée par l’Institut national d’études démographiques (Ined).

Les raisons du ralentissement de l’espérance de vie

L’espérance de vie à la naissance n’a augmenté que de 0,1 an entre 2017 et 2018, pour les femmes (85,4 ans) comme pour les hommes (79,5 ans). Sur les cinq dernières années, les hommes ont gagné 0,7 an et les femmes 0,4 an, un gain "modeste" selon les auteurs de l’étude.
Sur les cinq dernières années, trois épidémies de grippe, chacune ayant provoqué un surcroît de 20 000 décès, ont entraîné un recul de l’espérance de vie de 0,1 à 0,3. Cet effet est conjoncturel mais d’autres causes expliquent le ralentissement des progrès de l’espérance de vie.
Les gains d’espérance de vie liés aux progrès de la prévention et des traitements des maladies cardio-vasculaires atteignent leurs limites. Les cancers constituent aujourd’hui la principale cause de mortalité. Or l’étude pointe la relative stagnation de la mortalité par cancer, notamment en raison de la hausse des cancers liés au tabagisme chez les femmes. Selon l’Ined, la lutte contre le cancer est un facteur essentiel de la reprise d’une hausse significative de l’espérance de vie.

Un ralentissement généralisé dans les pays de l’Europe du Nord

Le ralentissement de l’espérance de vie touche d’autres pays, tels que la Suède ou le Danemark. L’exemple le plus marquant est celui des États-Unis, dont l’espérance de vie décroît depuis 2015. L’espérance de vie des hommes est proche de 76 ans, loin derrière la plupart des pays développés.
Les femmes françaises restent bien placées en Europe avec les Espagnoles et les Italiennes qui ont rattrapé puis distancé les Suédoises. Seules les Japonaises font sensiblement mieux avec une espérance de vie qui dépasse les 87 ans.

Source : Vie-publique.fr
En savoir + : https://www.ined.fr

mercredi 3 octobre 2018

Les femmes vivent en moyenne deux ans et demi de plus que les hommes « en bonne santé »

L’« espérance de vie en bonne santé », c’est-à-dire le nombre d’années que peut espérer vivre une personne sans être limitée dans ses activités quotidiennes, a progressé en 2017 à 64,9 ans pour les femmes tandis qu’elle a légèrement reculé à 62,6 ans pour les hommes, selon une publication, mardi 2 octobre, de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). Cet indicateur, également appelé « espérance de vie sans incapacité », a progressé en moyenne de 0,8 an pour les femmes, mais il a reculé de 0,1 an pour les hommes.

Cette évolution peut s’expliquer par « la baisse de la déclaration de limitations fonctionnelles, particulièrement chez les septuagénaires », selon la Drees, qui appuie son enquête sur les réponses à une question posée dans le cadre d’un sondage européen : « Etes-vous limité(e), depuis au moins six mois, à cause d’un problème de santé, dans les activités que les gens font habituellement ? » En dix ans, l’espérance de vie en bonne santé n’a pas évolué de façon significative pour les hommes tandis qu’une tendance à la hausse est perceptible pour les femmes depuis 2012, souligne cette étude.

L’espérance de vie à la naissance continue de progresser

De son côté, l’espérance de vie à la naissance, qui ne prend pas en compte l’état de santé dans les dernières années de la vie, continue de progresser pour les hommes : elle atteint 79,5 ans pour les hommes contre 79 ans en 2015. Pour les femmes, cet indicateur reste stable à 85,3 ans.
Un autre indicateur, qui calcule la part des années vécues sans incapacité au sein de l’espérance de vie, reste stable autour de 79 % pour les hommes et de 76 % pour les femmes. « Ces dernières déclarent en effet davantage de limitations fonctionnelles légères ou fortes, dans les activités habituelles du quotidien », note la Drees. Des chiffres qui s’expliquent par le fait que les femmes présentent une espérance de vie en bonne santé plus élevée que les hommes, mais ont également une espérance de vie totale plus longue. Si elles vivent plus longtemps que les hommes, elles ne vivent pas proportionnellement plus longtemps en bonne santé.

Source : Le Monde, 02/10/2018.

dimanche 13 mai 2018

1968-2018 : espérance de vie, mariage, enfants… ce qui a changé dans la population française

Zoom sur cinquante ans d’évolution des mœurs et des schémas familiaux. La France célèbre le cinquantième anniversaire de Mai 68. Les Décodeurs ont cherché à comprendre comment la démographie a évolué en cinquante ans.

 

Des Français plus nombreux, qui vivent plus longtemps

+ 16,4 millions
La population française n’a cessé de croître en cinquante ans.

 

+ 11 ans d’espérance de vie
En 1968, un enfant qui naissait pouvait espérer vivre jusqu’à 71,5 ans en moyenne, avec un décalage important selon son sexe : 67,8 ans pour un homme et 75,2 ans pour une femme.
Aujourd’hui, l’espérance de vie à la naissance s’établit à 82,5 ans (en 2017), avec un écart réduit entre les hommes (79,5 ans) et les femmes (85,3 ans). Cette longévité s’explique par les progrès de la médecine, qui a réduit la mortalité des adultes et des personnes âgées, comme l’explique Gilles Pison dans Populations et sociétés n° 553, de l’Institut national d’études démographiques (INED).
Résultat, la population a nettement vieilli. Les moins de 20 ans représentaient un tiers des Français en 1968, contre moins d’un quart en 2018.


(...)

Source : Le Monde, 13/05/2018.
Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/05/13/1968-2018-esperance-de-vie-mariage-enfants-ce-qui-a-change-dans-la-population-francaise_5298160_4355770.html

mercredi 4 avril 2018

Les inégalités d’espérance de vie dans le monde se réduisent

Selon que l’on naît en République centrafricaine ou en Espagne, on peut espérer vivre moins de cinquante ans ou plus de 80 ans. En un demi-siècle, l’espérance de vie a augmenté partout dans le monde, mais l’écart entre populations pauvres et riches reste très important.  



Tandis que les femmes et les hommes nés au début des années 1950 pouvaient espérer vivre en moyenne 47 ans, les personnes nées entre 2010 et 2015 pourront atteindre en moyenne l’âge de 70,8 ans selon les Nations Unies. L’espérance de vie [1] a progressé de plus de vingt années en 65 ans. Les inégalités se sont réduites : les populations des régions en développement ont vu leur espérance de vie augmenter de 27,4 années entre 1950 et 2015, pendant que les pays riches gagnaient moitié moins. L’écart entre les populations des régions développées et celle des régions les plus pauvres a diminué : de 23 années en 1950 à 9 ans en 2015. Malgré tout, l’espérance de vie des pays les plus pauvres n’atteint aujourd’hui que le niveau d’espérance de vie des pays riches à la fin des années 1960.

 

D’abord, parvenir à l’âge adulte


Jusque récemment, l’un des principaux déterminants des inégalités d’espérance de vie dans le monde était la mortalité infantile. Pour qu’une population puisse atteindre en moyenne 70 ou 80 ans, il faut que ses bébés aient de bonnes chances de survivre à leurs premières années. La mortalité infantile se concentre aujourd’hui dans les pays les moins développés [2]. Cette menace a presque disparu d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie du Sud-Est. Mais, selon les Nations Unies (données 2010-2015), près d’un enfant sur dix meurt encore avant d’atteindre son cinquième anniversaire en Afrique subsaharienne (95 décès pour 1000 naissances vivantes), en Afghanistan (81 ‰) ou au Pakistan (87 ‰).


L’Afrique, à distance des autres continents


La progression de l’espérance de vie moyenne dissimule des évolutions différentes selon les continents. En Amérique latine et en Asie, les 65 dernières années ont vu l’indicateur se rapprocher du niveau élevé connu en Europe et en Amérique du Nord. En Asie, l’espérance de vie à la naissance est passée de 42,3 ans au début des années 1950 à 71,8 ans en 2010-2015, un gain de près de 30 années. En Amérique latine et dans les Caraïbes, elle était de 51,3 ans en 1950. Elle est aujourd’hui de 74,7 ans, soit 23,4 ans de plus. Sous l’effet du développement économique, des progrès en matière d’éducation, d’hygiène et de système de santé, les espérances de vie sur ces continents se rapprochent de celles des pays les plus riches : alors qu’en 1950, l’écart avec l’Europe était de 12,4 ans pour l’Amérique latine et de 21,4 ans pour l’Asie, il n’est plus que de 2,5 ans et de 5,4 ans respectivement.

L’Afrique a également connu un allongement de la durée de vie, mais les progrès ont été plus lents et plus chaotiques. L’espérance de vie y était de 37,5 ans en moyenne pour les personnes nées entre 1950 et 1955. Elle est de 60,2 ans pour les personnes nées entre 2010 et 2015. Selon les zones, les disparités sont grandes : les habitants d’Afrique du Nord peuvent espérer atteindre désormais 71,1 ans, tandis que l’espérance de vie est de 54,7 ans en moyenne en Afrique de l’Ouest et reste inférieure à 60 ans en Afrique centrale ou australe. Le progrès a marqué le pas à partir des années 1980, notamment du fait de l’épidémie de sida. Au cours de la décennie 1990, les décès dus au sida ont été tellement nombreux que l’espérance de vie a reculé de 11 ans au Botswana, de 8 ans en Afrique du Sud, de 14 ans au Lesotho. Grâce aux politiques de prévention et à la démocratisation très progressive des médicaments antirétroviraux, l’espérance de vie retrouve aujourd’hui seulement son niveau de la fin des années 1980 en Afrique australe.


(...)

Article intégral en ligne : https://www.inegalites.fr
Source : Inégalités.fr

vendredi 26 janvier 2018

L’espérance de vie des femmes en léger recul

L’écart entre les sexes se réduit, l’espérance de vie à la naissance atteignant 85,3 ans pour les femmes et 79,5 ans pour les hommes.


C’est un élément du bilan démographique annuel de l’Insee observé à la loupe : l’espérance de vie à la naissance atteint 85,3 ans pour les femmes et 79,5 ans pour les hommes en 2017. L’écart entre les sexes se réduit. L’espérance de vie des hommes s’est en effet remise à progresser depuis 2016 (79,3 ans), après un recul en 2015, à 79 ans. Elle est en très légère baisse pour les femmes, qui ne retrouvent pas le niveau atteint en 2014 et 2016 (85,4 ans). Elle avait chuté à 85,1 ans en 2015.

« On a l’impression d’un plafonnement », observe le géographe Laurent Chalard. Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer cette relative stagnation. Une épidémie de grippe particulièrement meurtrière a sévi pendant l’hiver 2016-2017, qui a entraîné une forte augmentation du nombre de morts en janvier.


Comportements à risque


Or ce sont les conditions de mortalité de l’année qui sont prises en compte pour calculer l’espérance de vie. « Les progrès de la lutte contre la mort aux grands âges sont conditionnés par les épidémies », observe le démographe Laurent Toulemon.
D’autres causes expliquent l’évolution spécifique des femmes. « Elles ont adopté les comportements à risque masculins, le tabagisme en particulier », poursuit M. Chalard. Et décèdent donc davantage de cancers du poumon.
La France n’est cependant pas dans la situation des Etats-Unis, qui ont vu leur espérance de vie diminuer pour la deuxième année consécutive en 2017 – en raison notamment d’une épidémie d’overdose d’opioïdes. Les deux sexes sont concernés.

Source : Le Monde, 16/01/2018.

mercredi 24 janvier 2018

Espérance de vie: diminution des écarts entre hommes et femmes

L’espérance de vie est en augmentation en France et les chiffres progressent plus vite pour les hommes que pour les femmes.

Les Français vivent de plus en plus vieux. Mais dans quelles conditions? C’est ce que révèle le rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES). 

 

L’écart hommes-femmes diminue 

 

Le premier chiffre décrypté est l’espérance de vie à la naissance. Celui-ci estime le nombre d’années à vivre entre nos premiers cris et notre mort. Bonne nouvelle: nous vivons de plus en plus vieux car cet indicateur est en augmentation par rapport à 2015. Mais les deux sexes ne sont pas égaux en la matière. Cette augmentation de l’espérance de vie est en effet plus favorable aux hommes qui gagnent 2,2 ans entre 2006 et 2016. Ils rattrapent donc progressivement les femmes qui, elles, n’ont gagné que 1,2 an sur la même période. 

Les écarts diminuent, certes, mais restent bien présents. En 2016, les femmes vivent encore 6 années de plus que les hommes en moyenne. Elles peuvent donc espérer vivre jusqu’à 85,3 ans contre 79,3 ans pour la gent masculine. 

http://i.f1g.fr/media/eidos/680x382_crop/2018/01/17/XVMa59c4610-fbaf-11e7-b32a-91b1e9319fc4.jpg
En 2016, les femmes vivent encore 6 années de plus que les hommes en moyenne. lev dolgachov/Syda Productions - stock.adobe.com

Plus vieux mais pour quelle santé? 

 

Est-ce que ces années de vie supplémentaires sont associées à un bon état de santé? C’est à cette question que répond l’espérance de vie en bonne santé. Cet indicateur permet d’évaluer la qualité de ces années gagnées. Là aussi, les femmes sortent gagnantes. L’indice indique en effet 64,1 ans pour les femmes et 62,1 ans pour les hommes en 2016. Cependant, 80% des hommes déclarent n’avoir aucune incapacité fonctionnelle, qu’elles soient forte ou légère, durant leur période de vie en bonne santé, contre 75% des femmes. Ces chiffres restent stables depuis 10 ans.

(...)

Source : Le Figaro, 17/01/2018.
Article intégral en ligne : http://sante.lefigaro.fr

samedi 4 mars 2017

90 ans d'espérance de vie en 2030 : une étude trop optimiste ?

Une étude parue dans "The Lancet" est particulièrement optimiste pour certains pays, dont la France. Mais la question de l'allongement de la vie fracture la communauté scientifique.

 L'espérance de vie humaine est-elle vouée à croître en ligne droite pendant tout le XXIe siècle, comme elle l'a fait au siècle dernier ? Le débat suscite une véritable guerre parmi les chercheurs du monde entier. Une étude parue en début de semaine dans la prestigieuse revue médicale "The Lancet" ne va pas contribuer à l'apaiser.
Selon les six chercheurs de l'Imperial College London, l'espérance de vie va continuer à augmenter régulièrement dans les 35 pays développés qu'ils ont observés. Selon eux, les Sud-Coréennes qui naîtront en 2030 vivront en moyenne jusqu'en 2120, soit la plus haute espérance de vie au monde (90,8 ans). Suivront les Françaises (88,6 ans), les Japonaises (88,4 ans) et les Espagnoles (88,1 ans).
L'écart entre les sexes, aujourd'hui de trois à cinq ans en moyenne, devrait lui s'amenuiser un peu avec le temps : l'espérance de vie masculine se situera autour de 84 ans pour les Sud-Coréens, les Australiens et les Suisses. D'ici 2030, la Corée du Sud (dont l'espérance de vie atteignait seulement 53 ans en 1960) connaîtrait ainsi l'une des progressions les plus fulgurantes des pays étudiés pour devenir le nouveau champion de la longévité.

"Jusqu'à récemment encore, de nombreux chercheurs pensaient que l'espérance de vie ne dépasserait jamais 90 ans", rappelle le Pr Majid Ezzati, le coordinateur.
Les chercheurs ont synthétisé 21 modèles mathématiques utilisés par les démographes depuis 30 ans, les pondérant par niveau de performance et les appliquant aux 13 prochaines années pour simuler les tendances. En prévoyant l'avenir à partir des données du passé, ils prétendent avoir mis au point une méthodologie à la fiabilité inégalée.
Augmentation régulière depuis un siècle...
Mais d'autres chercheurs ne sont pas du tout convaincus par la pertinence de la méthode. Face aux optimistes de l'accroissement de la longévité humaine, l'universitaire américain Jay Olshansky incarne depuis plusieurs années le camp des sceptiques. 

(...)

L'Observateur, 23/02/2017.
Article intégral en ligne : http://tempsreel.nouvelobs.com/sante/20170222.OBS5610/90-ans-d-esperance-de-vie-en-2030-une-etude-trop-optimiste.html


 

dimanche 11 décembre 2016

L’espérance de vie baisse aux États-Unis, une première depuis 20 ans

L’espérance de vie des Américains a légèrement baissé en 2015, sans que les autorités sanitaires ne puissent avancer d’explication au phénomène.


Les enfants nés aux États-Unis en 2015 vivront, en moyenne, un mois de moins que ceux nés en 2014. Pour la première fois depuis plus de vingt ans, l’espérance de vie à la naissance a baissé aux États-Unis, pour atteindre 78,8 ans (78 ans et 9 mois et demi) quand elle était de 78,9 ans (78 ans et presque 11 mois) en 2014, selon un rapport publié jeudi par les autorités sanitaires américaines. Cela donne aux Américains une espérance de vie de plus de 2 ans inférieure à celle des pays de revenu élevé (81 ans en 2014, et 82 ans en France, selon un rapport de la Banque mondiale).

Variations interraciales

En cause, un accroissement de la mortalité, montrent les statistiques des Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC), avec un taux de mortalité ajusté à l’âge de 733 morts pour 100.000 habitants en 2015 contre 725 pour 100.000 en 2014. D’importantes variations interraciales existent: les hommes noirs sont ceux qui meurent le plus (1070 morts pour 100.000), les femmes hispaniques le moins (438 pour 100.000).
Au total, 2,7 millions de décès de résidents ont été enregistrés, soit 86.000 de plus qu’en 2014. Le dernier accroissement du taux de mortalité remonte à 1999, mais pour observer un recul de l’espérance de vie il faut même remonter à 1993 indique l’AFP, année où les États-Unis ont connu un taux de mortalité record à cause du sida et d’une importante épidémie de grippe.

Seule la mortalité par cancer baisse

Les 10 principales causes de décès restent les mêmes bien que dans un ordre légèrement modifié, mais le taux de mortalité n’a diminué que pour l’une d’entre elles. Aux États-Unis en 2015, on mourait principalement de maladies cardiaques (168 morts pour 100.000 habitants), de cancer (158 pour 100.000, le seul chiffre en baisse par rapport à 2014 avec -1,7% de mortalité), de maladies respiratoires chroniques, de blessures involontaires, d’attaques cérébrales, d’Alzheimer (la plus forte hausse de la mortalité, +15,7%), du diabète, de la grippe et de pneumonie, de maladies rénales, et de suicide.
L’espérance de vie a davantage diminué chez les hommes (0,2 année de vie perdue, soit 2 mois et demi) que pour les femmes (0,1 année de vie perdue, soit 1,2 mois). Les garçons nés en 2015 vivront ainsi en moyenne 76,3 ans, et les filles 81,2 ans. L’espérance de vie à 65 ans, en revanche, ne bouge pas: les personnes de cet âge peuvent espérer vivre encore 19,4 ans en moyenne, un peu plus pour les femmes que pour les hommes.

Mortalité infantile

La mortalité infantile a légèrement augmenté, mais la différence (589,5 décès pour 100.000 naissances vivantes, contre 582,1 en 2014) mais la différence «n’est pas significative», indiquent les experts. C’est cependant bien plus que la mortalité infantile observée dans d’autres pays riches: en 2014, la mortalité infantile était en Europe de l’Ouest d’environ de 300 à 370 enfants morts pour 100.000 naissances vivantes, et même de moins de 250 en Europe du Nord, selon la Banque mondiale. Par ailleurs, les États-Unis sont l’un des rares pays du monde, et le seul pays riche, où la mortalité infantile ne diminue pas. Quant à la mortalité maternelle, elle a augmenté dans des proportions inquiétantes selon une étude publiée en septembre, avec une hausse de 26,6% entre 2000 et 2014.

(...)

Le Figaro santé, 08/12/2016

Article intégral en ligne : sante.lefigaro.fr/article/aux-etats-unis-l-esperance-de-vie-est-en-baisse

jeudi 24 novembre 2016

Hommes et femmes inégaux face à l’espérance de vie en bonne santé


Un homme de 50 ans peut espérer, une fois en retraite, vivre 17 ans sans incapacité dans sa vie quotidienne contre 21 ans pour une femme. C’est ce que montre une étude de l’Insee rendue publique mardi 22 novembre.

Une fois en retraite, pendant combien de temps les Français peuvent-ils espérer vivre en bonne santé ? Cette question est au cœur d’une étude rendue publique mardi 22 novembre par l’Insee. Ce travail est notamment centré sur la génération née en 1960. Il montre qu’à 50 ans, ces Français ont une espérance de vie, en retraite et sans incapacité, de 19 ans en moyenne : 17,2 ans pour les hommes et 21,2 ans pour les femmes. « Les femmes nées en 1960 passeraient six ans de plus à la retraite que les hommes de la même génération, mais seulement quatre années de plus sans incapacité », souligne l’Insee.

Un indicateur qui tient compte de la qualité de vie

 

Pendant longtemps, les chercheurs et les institutions publiques se sont intéressés à l’espérance de vie brute de la population. Mais depuis les années 1980, elles se penchent aussi sur la qualité de vie des personnes qui avancent en âge. Ils ont ainsi développé un nouvel indicateur : l’espérance de vie en « bonne santé » ou sans incapacité.
« Depuis quelques années, cet indicateur est pris en compte par le conseil d’orientation des retraites (COR) et le gouvernement. Il figure ainsi dans un rapport remis chaque année au Parlement sur la croissance économique. Le gouvernement estime en effet opportun de retenir d’autres critères, plus qualitatifs, que le seul PNB, pour apprécier cette croissance », indique Jean-Marie Robine, directeur de recherches à l’Inserm.

Source : La Croix. PIERRE BIENVAULT.

mercredi 23 novembre 2016

Les Français vivent plus vieux, mais pas toujours mieux que le reste des Européens

L’OCDE et la Commission européenne publient un rapport dressant un panorama de la santé en Europe. La France consacre peu d’argent à la prévention, et les comportements des jeunes s’en ressentent.


Les Français vivent plus longtemps que la moyenne de la population européenne, et cela malgré de faibles dépenses publiques en matière de prévention et davantage de comportements à risque chez les jeunes. C’est ce que révèle le «Panorama de la santé 2016», un rapport conjointement publié par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Commission européenne. 

Deux ans d’espérance de vie de plus 
 
Les Français vivent en moyenne plus longtemps que les habitants des autres pays européens. Un enfant né en France en 2014 a une espérance de vie qui s’élève à 82,8 ans, contre 80,9 ans en moyenne dans les pays de l’Union Européenne (UE).
Dans l’UE, la part de la population âgée de plus de 65 ans a augmenté, passant de moins de 10% en 1960 à près de 20% en 2015. Elle devrait atteindre près de 30% d’ici 2060, d’après le rapport de l’OCDE et de la Commission européenne. En France en 2016, les plus de 65 ans représentaient 18,8% de la population, selon les chiffres de l’Insee. L’Institut estime qu’en 2060, en France métropolitaine, ils compteront pour 25,7% de la population.
Pourtant cet allongement de la durée de vie ne s’accompagne pas forcément d’une bonne santé. Environ 50 millions de personnes dans l’UE souffrent de maladies chroniques et plus d’un demi-million de personnes en âge de travailler en meurent chaque année.

Les jeunes fument plus et bougent moins 
Les jeunes Français fument plus et bougent moins que leurs homologues européens. Chez les adolescents de 15 ans, la consommation de tabac a diminué depuis les années 2000. Mais 19% sont toujours des fumeurs réguliers, contre 14% en moyenne dans l’UE.
Le sport n’est pas non plus leur point fort et les adolescents français arrivent d’ailleurs bon avant-derniers sur le podium de la pratique sportive. Seuls 6% des filles et 14% des garçons ont une activité physique «modérée à forte» (au moins une heure par jour, avec augmentation du rythme cardiaque), alors que la moyenne de l’UE se situe à 10% et 20% respectivement.
Alors que la France est jusqu’à présent bien placée en matière d’obésité et de surpoids, ce manque d’activité physique des jeunes est inquiétant pour l’avenir, estime selon l’AFP Francesca Colombo, chef de la division santé de l’OCDE, car «ce sont des habitudes qui sont difficiles à changer». Or le manque d’activité sportive constitue, avec le tabagisme, un important facteur de risques pour les maladies chroniques telles que les cancers et les affections cardiovasculaires.

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Source : Le Figaro, 23/11/2016.
Article intégral en ligne : http://sante.lefigaro.fr/article/les-francais-vivent-plus-vieux-mais-pas-toujours-mieux-que-le-reste-des-europeens