jeudi 19 janvier 2017

Bilan démographique : nouvelle crise des berceaux en 2016

785.000 nourrissons ont vu le jour en 2016 en France, soit 14.000 de moins qu'en 2015. L'indice de fécondité français est en baisse pour la deuxième année de suite mais reste le plus élevé d'Europe.

 
Insignifiante fluctuation de la courbe de natalité ou fin d'une exception française? La France voit ses naissances baisser et son indice de fécondité chuter en 2016 pour la seconde année consécutive, selon le bilan démographique annuel dévoilé mardi par l'Insee.
En 2016, l'indice de fécondité s'élève à 1,93 enfant par femme contre 1,96 en 2015. La France, après une parenthèse enchantée de natalité, s'installe sous la barre symbolique de deux enfants par femme. Il faut remonter plus de dix ans en arrière, à l'année 2004, pour retrouver un indice de fécondité de ce niveau. Cette baisse ne lui coûte cependant pas son titre de championne d'Europe des bébés. 

 

785.000 nourrissons ont vu le jour en 2016. Soit 14.000 nouveau-nés de moins qu'en 2015. L'année précédente, 20.000 naissances de moins avaient déjà été enregistrées. «La fécondité reste malgré tout très élevée en France», relativise l'Insee. En 2015, la France est avec l'Irlande le pays européen où la fécondité est la plus élevée (1,96 enfant par femme en France, 1,94 en Irlande), loin devant le Portugal qui est le pays le moins fécond avec 1,3 enfant par femme.

Chute de la fécondité chez les femmes de 25 à 29 ans

L'Insee explique cette baisse récente par une chute de la fécondité chez les femmes de 25 à 29 ans depuis 2014. Les femmes de plus de trente ans, elles, continuent à faire autant d'enfants que ces dernières années. Autre explication: les nombreuses baby-boomeuses n'ont plus l'âge de pouponner et le nombre de femmes en âge d'avoir des enfants s'amenuise depuis le milieu des années 90.
Faut-il relier cette panne des berceaux à la crise et aux mauvais chiffres du chômage? Peut-on y voir une conséquence des coupes claires de François Hollande dans la politique familiale? À l'Insee, on juge prématuré et incertain d'établir ces liens de cause à effet. Certains démographes estiment cependant qu'une perte de confiance des Français dans la politique familiale a été susceptible de faire baisser la natalité. Plus d'un Français sur deux (55%) estime que «la politique familiale de ces dernières années est de nature à conduire les couples à renoncer à une nouvelle naissance ou à la différer», selon un sondage réalisé par l'Ifop pour la Manif pour tous, publié mardi dans La Croix. Un pourcentage qui grimpe à 61 % chez les sondés de moins de 35 ans, les plus concernés par la question. De plus, 70 % des Français disent douter de la stabilité de la politique familiale, estimant que «le seuil de revenu à partir duquel les allocations familiales sont réduites risque d'être abaissé année après année». 

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Article intégral en ligne :  http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/01/17/01016-20170117ARTFIG00155-bilan-demographique-nouvelle-crise-des-berceaux-en-2016.php

dimanche 15 janvier 2017

Uvestérol D: l’Agence Nationale de Sécurité des Médicaments mise sur la sellette

Après le décès d’un nourrisson le 21 décembre qui a amené la ministre de la Santé, Marisol Touraine, à suspendre la commercialisation de l’Uvestérol D, le députée européenne Michèle Rivasi (Verts/ALE) met en cause le manque de réactivité de l’Agence Nationale de Sécurité des Médicaments. « Il y a a eu 93 cas d’effets secondaires recensés, on attend combien de morts pour interdire ce médicament ? » demande-t-elle. Explications.

 
Il semble que les autorités sanitaires avaient été alertées sur les effets secondaires de l’Uvestérol D. Avez-vous des détails sur ces signalements ?
 
Michèle Rivasi : « On parle de 2006, mais dès 96, il y avait eu le cas d’un enfant qui avait fait un malaise suite à l’ingestion de ce médicament. Il y a eu 93 cas recensés qui ont été notifiés à l’ANSM ( Agence Nationale de Sécurité des Médicaments ) soit pour des malaises, soit pour des étouffements. Donc il y avait un effet dû à l’ingestion de ce médicament. Suite à cela, l’ANSM a notifié au laboratoire ( Crinex ndlr ) qu’il y avait un problème. Le laboratoire s’est posé la question de savoir si c’était dû à la dose, donc ils ont diminué la dose, ou est-ce que c’était dû à la seringue, donc ils ont modifié la seringue. Malgré tout cela, il y avait toujours des problèmes. « Prescrire », une revue indépendante,  avait alors demandé que ce médicament soit retiré de la vente. Vous voyez, « Prescrire » avait déjà alerté depuis 96, il y a plus de 21 ans.
 
Comment expliquez-vous qu’il n’ait pas été tenu compte de ces alertes ?
 
M. R. Parce qu’il y a une inertie, c’est comme pour le Mediator. Il a fallu attendre 20 ans pour le Mediator, eh bien là, avec l’Uvestérol D, il a fallu plus de 10 ans, bien qu’il y ait eu des remontées d’effets secondaires importantes. On n’est d’ailleurs pas à l’abri qu’il y ait eu d’autres morts d’enfants. Parce qu’il a fallu qu’il y ait ce mort le 21 décembre pour arrêter ce médicament, mais qui dit qu’il n’y en a pas eu d’autres sans qu’on fasse la relation de causalité avec le médicament.  J’ai vu des témoignages de médecins qui soulèvent cette question.
 

lundi 17 octobre 2016

Nutrition : un enfant sur six mange selon ses besoins

La plupart des enfants ne mangent pas en fonction de leurs besoins. Les aliments ne sont pas variés dans un cas sur trois. Sous forme solide, ils sont souvent introduits trop tard.

Nutrition : un enfant sur six mange selon ses besoins
UNICEF/UNI162672/Phelps
 

100 000 : voilà le nombre de vies qui pourraient être sauvées chaque année si les enfants étaient alimentés correctement. L’Unicef a livré le deuxième volet de son rapport sur la nutrition des jeunes enfants. Le bilan est loin d’être satisfaisant. Seul un enfant sur six mange selon ses besoins. La fréquence des repas est insuffisante, tout comme la variété des aliments qui sont proposés. L’information dispensée aux jeunes parents peut être largement améliorée.
Les erreurs alimentaires commencent dès le plus jeune âge. Un allaitement maternel devrait être proposé dans l’heure qui suit la naissance. Mais seuls 55 % des nouveau-nés en bénéficient. Ce sont donc 63 millions de bébés qui ne sont pas nourris dans les temps, dès leur premier jour d’existence. Dans les pays développés, ça n’est pas mieux : bon nombre de femmes n’allaitent pas et recourent à la place à du lait maternisé. Ses bénéfices sur la santé ne sont pas aussi bons.

50 % d’anémies avant l’école

A mesure que les enfants grandissent, le respect des recommandations ne s’améliore pas. A 11 mois, 2 bambins sur 10 n’ont pas encore consommé d’aliments solides. Pourtant, dès 6 mois, le lait maternel ne suffit plus à combler les besoins d’un organisme en pleine croissance. Cette lacune est lourde de conséquences, car elle induit des carences et peut provoquer un retard de croissance. Il touche environ un quart des enfants de moins de 5 ans.
« Ce sont les nourrissons et les jeunes enfants qui ont les besoins en nutriments les plus élevés au cours d’une vie », rappelle France Begin, conseillère principale pour la nutrition à l’Unicef.

Les repas ne sont tout simplement pas assez variés. Pour grandir correctement, un jeune corps a besoin de plusieurs sources alimentaires. Quatre groupes différents doivent être apportés chaque jour. Un conseil qui n’est que rarement respecté : un tiers des enfants ne les reçoivent pas. Les carences en vitamines et minéraux sont donc fréquentes. L’anémie en fer, par exemple, touche la moitié de la population des mineurs d’âge préscolaire.

Nourris trop rarement

Les protéines animales sont particulièrement difficile d’accès : poisson, viande, œufs et produits laitiers ne sont consommés que par la moitié des enfants. Leur coût élevé pose souvent problème. Un manque d’autant plus dommageable que ce sont les principales sources de zinc et de fer. « A un si jeune âge, la malnutrition entraîne des lésions mentales et physiques irréversibles », déplore France Begin.
Outre ces carences qualitatives, la quantité n’est pas non plus assurée. Quatre repas par jour sont recommandés, petit-déjeuner, collation, déjeuner, goûter et dîner. Cela jusqu’à 3 ans. Or, la moitié des enfants ne sont pas nourris à cette fréquence.

Les enfants qui reçoivent le nombre de repas recommandés dans le monde
(Source : Unicef, 2016)
Article intégral en ligne : http://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/17996-Nutrition-un-enfant-sur-six-mange-selon-ses-besoins