mardi 27 octobre 2015

Des vidéos pour approfondir les gestes techniques en soins infirmiers

Les formateurs de l'institut de formation en soins infirmiers (IFSI) de l'hôpital Foch, à Suresnes, proposent à leurs étudiants des vidéos pédagogiques afin de se préparer de manière optimale. Pauline Blanchemanche, cadre de santé formateur, nous en dit plus sur ce projet.


atelier cuisine 750g
Le premier atelier a pris place au sein de la cuisine de 750g,
un lieu atypique, mais le sujet est bel et bien la préparation d'injectable.
Afin de rassurer les étudiants en soins infirmiers et pour leur permettre de revoir les soins avant d'être évalués, les cadres de santé formateur de l'Institut de formation en soins infirmiers de l'hôpital Foch, à Suresnes (Hauts-de-Seine), se mettent en scène au travers de vidéos pédagogiques. Les ateliers pratiques s'avèrent souvent trop courts, explique Pauline Blanchemanche, cadre de santé formateur à l'Ifsi. Les étudiants ont ainsi indiqué vouloir approfondir leurs connaissances des gestes techniques. Afin de répondre à cette attente, nous avons eu l'idée de réaliser des vidéos explicatives et de les mettre en ligne, à la fois sur Youtube et sur l'intranet de l'établissement, de manière à ce qu'elles soient accessibles à tout le monde. C'est ainsi qu'est né L'Atelier de L'IFSI Foch. Les deux premières vidéos se consacrent à la préparation d'injectable et à la pose d'une aiguille de Huber, deux soins techniques qu'il est bon de pouvoir visualiser à volonté. Ces vidéos ont permis aux étudiants en soins infirmiers d'être rassurés et d'être plus sereins en vue de leurs évaluations, constate Pauline Blanchemanche. Notre objectif était de réaliser des vidéos à la fois pédagogiques et ludiques. D'autres vidéos vont bien entendu voir le jour. La prochaine traitera de la transfusion. Pour le moment, nous nous concentrons sur l'U.E. 4.4 « Thérapeutiques et contribution au diagnostic médical », mais nous envisageons d'étendre ce projet à d'autres unités d'enseignement. Les vidéos sont en effet plébiscitées, et pas uniquement par les étudiants infirmiers. Les infirmiers hygiénistes s'en servent également comme outil de travail afin de faire le point sur les connaissances des IDE en la matière et pour leur rappeler les bons gestes. Bref, ces vidéos sont un véritable outil pédagogique qu'il est bon d'avoir à portée de main !


Atelier IFSI Foch: Préparation d'injectable (9'06)
  
Atelier IFSI Foch - La pose d'une aiguille de Huber (14'56)


Par Aurélie TRENTESSE. Infirmiers.com, 23/10/2015.

mercredi 17 septembre 2014

Du professeur savant au professeur pédagogue

Orientation active, tests de niveau, détection des étudiants les plus fragiles, parcours individualisés, cours de soutien, boîtiers interactifs, cartables numériques… Les universités multiplient les initiatives pour favoriser la réussite de leurs étudiants. Il y a urgence. En licence, l'échec est massif. En première année, un étudiant sur deux échoue et seuls 26,3 % des étudiants inscrits en L1 en 2009 ont obtenu leur diplôme en trois ans. Mais c'est peut-être la pédagogie qui est à revoir. Le temps où l'étudiant écoutait sagement et prenait passivement son cours sous la dictée de ses professeurs est révolu. Les universités doivent s'habituer à avoir dans leurs amphis ces digital natives, nés avec un smartphone dans la main et capables d'interpeller leurs professeurs en plein cours après vérification sur le Web.

Aujourd'hui, il est sans doute temps de passer du professeur qui sait au professeur qui accompagne l'étudiant dans son apprentissage. " Du savant au pédagogue ", pour reprendre les mots de François Germinet, président de l'université de Cergy-Pontoise, dans le Val-d'Oise. " Petit à petit, les universités prennent conscience qu'elles ne sont plus seulement un vecteur de la connaissance, mais aussi un lieu où l'on doit aider à - l' - assimiler ", reconnaît-t-il.
Pour en finir avec le cours magistral, qui consiste pour les étudiants à gratter ou à taper sur leur clavier pendant que l'enseignant fait cours, de plus en plus d'établissements innovent. " Le problème du cours magistral est que l'enseignant va au même rythme pour tout le monde, mais ce n'est pas forcément le bon rythme pour tout le monde, relève Isabelle Olivier, vice-présidente formation et pédagogies numériques à l'université Joseph-Fourier (UFJ), à Grenoble. Or, nos étudiants nous reprochent d'être noyés dans la masse, d'avoir des enseignements anonymes, l'absence de suivi personnalisé et pas de suivi en termes d'acquisition. "
Confrontée à une augmentation régulière de ses effectifs, l'équipe pédagogique a dû mettre en place des solutions pour accueillir dans les meilleures conditions ses étudiants. Ainsi, pour enrayer le nombre de décrocheurs – entre 25 % et 30 % en 2013 et 2014 – en première année de Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives), et alors que les effectifs de ce cursus ont encore augmenté de 15 %, l'université a décidé pour la rentrée de dupliquer une expérience de pédagogie inversée mise en place en première année commune d'études de santé (Paces) depuis 2006.

mercredi 10 septembre 2014

Les enfants et les fourmis, fable éducative

Des ateliers menés en classe avec l'aide de chercheurs au CNRS stimulent la curiosité naturelle des petits


En 2006, quand j'ai débarqué dans ma classe de CM1 en zone d'éducation prioritaire, à Bagneux - Hauts-de-Seine - , je ne comprenais rien de ce me racontaient mes élèves. J'étais perdue ", se souvient Ange Ansour, professeure des écoles. Cette jeune femme d'origine libanaise a d'abord été traductrice au Quai d'Orsay avant de rejoindre l'enseignement, sa passion.
Ses premiers pas en classe l'ont déstabilisée : " J'ai commencé par observer ces enfants en difficulté scolaire, qui avaient même intégré leur échec. Puis j'ai cherché des solutions,explique-t-elle. Savez-vous que, selon une étude britannique, un enfant pose en moyenne 105 120  questions par an ? Le pic étant atteint par les petites filles de 4 ans, qui peuvent en poser jusqu'à 390  par jour. Cette curiosité, c'est le point commun entre les enfants et les chercheurs. "
C'est pour cette raison qu'Ange Ansour a adopté une pédagogie par la recherche, en empruntant leurs méthodes aux laboratoires scientifiques. Elle s'est pour ce faire inspirée du mouvement de rénovation de l'enseignement des sciences La main à la pâte, initié  par le physicien Georges Charpak (1924-2010). Avec l'aide de François Taddei, du Centre de recherches interdisciplinaires (CRI), elle a fait venir de jeunes chercheurs du CNRS, Mathieu Molet et Thibaud Monnin, tous deux myrmécologues, c'est-à-dire spécialistes des fourmis.....



Article publié dans le journal Le Monde du 11 septembre 2014