Les troubles comportementaux d’un enfant peuvent-ils être reliés à son exposition au tabac durant la grossesse ou après la naissance ? C’est ce que suggère une étude française, publiée dans la revue Plos One le 28 septembre.
Afin d’évaluer le fonctionnement comportemental et psychosocial des enfants, l’équipe d’Isabella Annesi-Maesano, directrice de recherche Inserm au département d’épidémiologie des maladies allergiques et respiratoires (Paris), a soumis un questionnaire standardisé à 5 221 familles françaises d’enfants scolarisés en école primaire dans six villes.
Les troubles comportementaux ainsi étudiés correspondent à deux grandes sous-catégories : la forme internalisée, qui désigne des troubles de l’émotion (se traduisant par des maux de têtes ou d’estomac par exemple) et la forme externalisée, qui renvoie à la sphère des troubles des conduites (colères…).
Comparativement à des enfants n’ayant jamais été exposés à la fumée de tabac, ceux qui l’ont été présentent davantage de troubles du comportement à l’âge de 10 ans.
L’exposition au tabac à la fois pendant la vie fœtale et la petite enfance – 21 % de l’échantillon – est associée à un risque augmenté de 70 % de troubles émotionnels qualifiés d’« anormaux », et de 90 % s’agissant de troubles des conduites. Les conséquences sont moindres pour les enfants exposés au tabagisme passif seulement après la naissance : l’excès de risque est de 40 % pour les troubles émotionnels et de 50 % pour ceux des conduites. Le pourcentage d’enfants exposés uniquement in utero était trop faible (1 %) pour conclure.
Rien d’étonnant, selon le professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue fortement engagé dans la lutte contre le tabagisme. « Lorsque l’exposition au tabac survient à un moment où le cerveau est particulièrement malléable, ce toxique vient modifier les connections neuronales de manière irrémédiable », souligne-t-il.
Le Monde, 01/10/2015Roxane Poulain.



