lundi 22 janvier 2018

Le nombre de naissances en France a baissé pour la troisième année consécutive

Voici les cinq principaux enseignements du bilan démographique de l'Insee en 2017, publié ce mardi.

Le tour d'horizon annuel de la population est marqué par une nouvelle crise de berceaux. 767.000 bébés ont vu le jour l'année dernière en France, soit 17.000 de moins qu'en 2016, selon le bilan démographique que l'Insee dévoile ce mardi. En voici les cinq principaux enseignements :

1. Une nouvelle baisse de la natalité
C'est une mauvaise nouvelle qui fait de moins en moins figure d'accident de parcours. Comme en 2015 et en 2016, la natalité baisse en 2017. 767.000 nourrissons ont vu le jour l'année dernière. C'est 17.000 de moins qu'en 2016, soit une chute de 2,1 %. En parallèle, la fécondité des femmes françaises baisse également pour la troisième année de suite pour s'établir à 1,88 enfant par femme. Ce taux était de 2 enfants par femme en 2014, année faste de la layette. C'est chez les femmes de 25 à 34 ans que la fécondité diminue de manière plus marquée. Feront-elles plus de bébés dans les années à venir? L'âge moyen à la maternité continue en tout cas de croître doucement pour atteindre 30,6 ans en 2017. Soit environ un an de plus qu'il y a 10 ans. La France reste malgré tout le pays de l'Union européenne où la fécondité est la plus élevée, rassure cependant l'Insee.



2. Le nombre de décès augmente
Alors que les générations du baby-boom arrivent aux grands âges, 603.000 personnes sont mortes en 2017 en France, soit 9000 de plus qu'en 2016. L'épisode de grippe hivernale entamé en fin 2016 a également fortement accru le taux de mortalité des personnes âgées, souligne l'Insee. En outre, le vieillissement de la population française se poursuit. Près d'une personne sur cinq affiche désormais plus de 65 ans. Elles représentaient exactement 19,6% de la population au 1er janvier 2018 contre 19,2% début 2017.
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Source : Le Figaro, 16/01/2018.


samedi 20 janvier 2018

Le cancer en France métropolitaine : projections d’incidence et de mortalité par cancer en 2017

Cancer du poumon, cancer du sein, cancer de la prostate, cancer du côlon-rectum… quelles sont les prévisions attendues ? Le réseau des registres des cancers Francim, le service de biostatistique des Hospices civils de Lyon, Santé publique France et l’Institut national du cancer publient les projections d’incidence et de mortalité par cancer en France métropolitaine pour 19 localisations cancéreuses.


L’objectif principal des projections d’incidence et de mortalité par cancer est d’estimer à très court-terme, les nombres attendus de nouveaux cas de cancer et de décès par cancer au niveau national. Ces projections 2017 ont été produites à partir des données d’incidence observées jusqu’en 2013 dans les départements couverts par un registre des cancers du réseau Francim ainsi que des données de mortalité du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (Inserm-CépiDc). Pour chaque localisation cancéreuse, des hypothèses d’évolution ont été définies, pour la période 2013-2017.

PRINCIPAUX RÉSULTATS : 400 000 nouveaux cas de cancer en 2017

  • Pour  2017, l’étude estime à 400 000 le nombre de nouveaux cas de cancer : près de 54 % chez l’homme (214 000) et 46 % chez la femme (186 000).
  • Chez l’homme, les nouveaux cas de cancer restent majoritairement représentés par : le cancer de la prostate (48 400 nouveaux cas estimés en 2013, pas de projection possible pour 2017) ; le cancer du poumon, deuxième cancer le plus fréquent (32 300 nouveaux cas en 2017) et le cancer du côlon-rectum (24 000 nouveaux cas).
  • Chez la femme, le cancer du sein, reste de loin le plus fréquent (59 000 nouveaux cas) devant le cancer du côlon-rectum (20 800 nouveaux cas) et le cancer du poumon (16 800 nouveaux cas).
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Source : Santé publique France, 02/01/2018.
Article intégral en ligne : http://www.santepubliquefrance.fr

jeudi 18 janvier 2018

Par quels mécanismes meurt-on du cancer ?

On ne meurt pas directement d’un cancer mais du dysfonctionnement d’un ou de plusieurs organes vitaux qu’il peut induire.


Avec près de 150.000 décès chaque année en France, le cancer est la première cause de mortalité chez les hommes et la seconde chez les femmes, après les maladies cardiovasculaires. Désormais, bien des cancers peuvent être soignés grâce à une prise en charge précoce mais aussi en raison de l’essor de la chirurgie et des thérapeutiques. Toutefois, dans certains cas, il arrive que la médecine soit impuissante. La question est triviale, enfantine, mais attise la curiosité: quels sont précisément les mécanismes à l’œuvre?
En réalité, on ne meurt pas directement de la prolifération des cellules cancéreuses. «Lorsque la tumeur est localisée et qu’elle n’est pas située dans un organe vital, il est rare qu’elle entraîne le décès», commence Christophe Ginestier, chargé de recherche Inserm au Centre de recherche en cancérologie de Marseille. C’est notamment le cas des cancers du sein, de la prostate ou encore du colon. «Une personne atteinte d’un cancer de ce type a un bon pronostic si elle prise en charge tôt, poursuit Christophe Ginestier. On meurt surtout à cause des métastases, c’est-à-dire de la dissémination de la maladie dans le reste du corps».

Les métastases empêchent les organes de fonctionner

Selon l’Institut national du cancer, les métastases sont effectivement responsables de 90% des décès par cancer. Elles se forment à partir de cellules cancéreuses qui se sont détachées de la tumeur primitive et qui ont migré vers une autre partie du corps - en particulier les poumons, le foie, les os et le cerveau — par le sang et/ou la lymphe. «Quand des métastases atteignent un organe vital, elles perturbent son fonctionnement jusqu’à l’empêcher totalement, explique le Dr Marc Espie, oncologue et responsable du Centre des maladies du sein de l’hôpital Saint-Louis (AP-HP). Et de poursuivre: «On ne meurt pas directement d’un cancer mais du dysfonctionnement d’un ou de plusieurs organes vitaux qu’il induit.»

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Source : Le Figaro, 08/01/2018.
Article intégral en ligne : http://sante.lefigaro.fr

mardi 16 janvier 2018

Petit historique des vaccins

Parmi ces vaccins, onze (indiqués en gras) sont concernés par l’extension de l’obligation vaccinale au 1er janvier.


1798. Mise au point du vaccin contre la variole. La maladie
sera déclarée éradiquée en 1980 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
1885. Rage. La maladie a une durée d’incubation de 20 à 60 jours, et le vaccin doit être délivré uniquement après une morsure suspecte. En France, le dernier cas « autochtone » (contracté sur le territoire national) remonte à 1924. En octobre dernier,
un enfant de 10 ans, infecté au Sri Lanka, est mort à Lyon. Depuis 1970, on a recensé 23 cas importés en France.
1896. Fièvre typhoïde.
1921. BCG, contre la tuberculose. L’obligation vaccinale, imposée en 1950 en France, a été levée en 2007 au profit d’une vaccination ciblée sur les enfants à risque, notamment ceux ayant des liens familiaux avec les pays de forte endémie. Le nombre de cas déclarés de tuberculose en France est faible (5 187 cas en 2010, 4 827 cas en 2014, 4 741 cas en 2015). En 2016, la maladie a tué 1,7 million de personnes dans le monde.


dimanche 14 janvier 2018

Pourquoi l’hôpital public est-il « arrivé au bout d’un système » ?

Dans les services, la tension monte. Plus de 900 médecins et praticiens ont adressé une lettre ouverte à la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn.
Avec Dr Claire Gekiere Psychiatre, médecin hospitalier; Dr Christophe Prudhomme, Porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France, syndicaliste CGT; Nicole Smolski, Présidente du Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi et Frédéric Valletoux, Président de la Fédération hospitalière de France.

 

Une désertification des services publics et un management pyramidal

 

Par Dr Claire Gekiere, Psychiatre, médecin hospitalier. Le 12 décembre dernier, Agnès Buzyn a déclaré que « nous sommes arrivés au bout d’une histoire et d’un système » où l’hôpital public a cru « qu’il devait se sentir une âme d’entreprise » et être rentable. Elle pense avoir renoué des liens avec des professionnels de santé qu’elle décrit « très en attente et très tendus » à son arrivée. Nous le sommes encore : nous attendons toujours un signe de sa part, un rendez-vous, après la lettre ouverte signée maintenant par plus d’un millier de médecins hospitaliers que nous lui avons adressée en septembre pour dénoncer la paupérisation du service public hospitalier et le management destructeur et contre-productif qui y règne. Si elle veut vraiment retrouver un service public hospitalier avec des équipes en forme qui accueillent tous les patients, elle devra, d’une part, restaurer une Sécurité sociale solidaire (cotiser selon ses moyens et recevoir selon ses besoins) et stopper les plans d’économies toujours en cours, et, d’autre part, déconstruire le management très agressif instauré au fil des trois dernières lois hospitalières. Or, pas un mot là-dessus, alors que les deux aspects sont liés : des directeurs et certains médecins chefs de pôle se comportent en tyrans, disqualifient et persécutent soignants et médecins au nom de l’efficience (exemple récent, choisi parmi des dizaines de plus en plus médiatisés : « Des consultations de 45 minutes, ce n’est pas rentable. » Il faut faire « des consultations plus rapides ou bien plus souvent ou faire venir les patients en hôpital de jour en rajoutant des examens » ; ou plus général et attaquant le sens du soin : prévoir un « intéressement » pour une équipe pour sa « participation à la politique éthique » d’un hôpital).
Nous sommes traités comme des producteurs de soins interchangeables et dépossédés du sens de notre travail, ce qui crée de la révolte mais surtout beaucoup de découragement et de désinvestissement dans les équipes hospitalières. Cela ajoute une difficulté supplémentaire pour l’accès aux soins, encore entravé par la création des groupements hospitaliers de territoires (GHT), que Mme Buzyn approuve, alors qu’elle contribue à la désertification des services publics et augmente les effets négatifs d’un management de plus en plus pyramidal. Une des mesures faciles à mettre en place pour commencer à regagner la confiance des médecins hospitaliers serait de restaurer des contre-pouvoirs à l’hôpital en redonnant, par exemple, déjà du pouvoir décisionnel aux commissions médicales d’établissement qui ne sont plus que vaguement consultatives. Puisque notre ministre veut « redonner confiance aux équipes de l’hôpital et du sens à leur mission », qu’elle nous reçoive, nous avons beaucoup d’idées constructives à ce sujet !

Il faut battre en brèche toute l’argumentation autour de l’ambulatoire

 

Par Dr Christophe Prudhomme, Porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France, syndicaliste CGT. Non, Madame la ministre, ce n’est pas l’hôpital qui est en crise mais bien l’ensemble du système de santé. Les urgences sont à cet égard emblématiques de la dégradation de la situation. Elles offrent en miroir le constat d’une incapacité de la médecine de ville à répondre aux besoins des patients qui se rendent par défaut aux urgences après avoir cherché vainement un médecin disponible et un hôpital, qui manque de lits. Cette situation est le résultat d’une politique organisée depuis trente ans, de la dégradation de notre système de protection sociale et de santé pour promouvoir les solutions marchandes déjà largement à l’œuvre dans le secteur de ce que certains appellent la « silver economy » ou « l’or gris », à savoir le marché de la perte d’autonomie. Pour bien comprendre la situation, il faut savoir que notre système est hybride avec le maintien d’une médecine libérale qui s’appuie sur la liberté d’installation et la rémunération à l’acte, un secteur d’hospitalisation privé à but lucratif très puissant (un tiers de l’activité) et une Sécurité sociale incomplète, maintenant un marché très inégalitaire d’assurances complémentaires.
Des changements sont donc nécessaires, encore faut-il savoir définir les objectifs poursuivis. Les valeurs sur lesquelles doit s’appuyer un système de protection sociale de progrès sont d’une part le service public, d’autre part la solidarité.

Source : L'Humanité, 20/12/2017.
Article intégral en ligne : https://www.humanite.fr

vendredi 12 janvier 2018

Serge Paugam : « Le regard des riches sur les pauvres signale un danger pour nos sociétés »

Ce que les riches pensent des pauvres : cet intitulé, faussement anodin, recouvre une vaste et novatrice enquête sociologique. Dans le contexte de la concentration croissante des richesses et de l’aggravation des inégalités, les travaux sur la pauvreté et ceux sur les catégories supérieures ne s’étaient pas encore croisés. 


C’est à l’exploration de ce lien qu’est consacrée l’enquête comparative menée par les sociologues Serge Paugam, Bruno Cousin, Camila Giorgetti et Jules Naudet. Ils ont interrogé les riches des beaux quartiers de trois métropoles – en France, au Brésil et en Inde – pour analyser leur perception des pauvres et des inégalités. Et, partant, leur vision de la société en régimes démocratiques, à l’heure de la globalisation. Entretien avec Serge Paugam, directeur de recherche au CNRS et directeur d’études à l’EHESS.

HD. Pourquoi consacrer aujourd’hui une enquête sociologique à « ce que les riches pensent des pauvres », et la mener à Paris, São Paulo et Delhi ?

Serge Paugam. Dans de nombreuses métropoles on constate une augmentation de la ségrégation spatiale du fait de la concentration de la richesse dans certains espaces : les riches vivent dans des territoires de plus en plus repliés sur eux-mêmes, coupés des autres couches de la population. Au-delà d’un processus d’agrégation affinitaire déjà bien renseigné, cela ne correspondrait-il pas aussi à une attitude de distanciation à l’égard des catégories les plus défavorisées, aboutissant à une ségrégation discriminante ? Nous avons alors choisi d’explorer le rapport à l’altérité dans ces quartiers. En nous demandant aussi si perdurait l’identification montrée par Louis Chevalier des « classes laborieuses » à des « classes dangereuses » par l’élite bourgeoise de la France du XIXe siècle, et qui fondait leur mise à distance. Pour cela, étudier non seulement la métropole parisienne, mais aussi des métropoles de pays émergents, où les inégalités sont encore plus fortes, est intéressant : la richesse y est très concentrée, la globalisation les conduit à une certaine uniformisation, ce sont des métropoles mondiales et elles connaissent des flux importants de migrations.

HD. Quelle vision des pauvres les riches de ces trois métropoles ont-ils en partage ?

Serge Paugam. A partir des entretiens qui y ont été menés, la méthode comparative a permis d’observer, sur la base de ce qui est récurrent chez les riches des quartiers les plus exclusifs, comment se construit le processus de stigmatisation des pauvres et de leur discrimination. A partir de questions sur le choix du quartier, la façon dont elles y vivent, etc., ces personnes ont en fait abordé d’elles-mêmes ce qui les distingue de ceux qui vivent dans les autres quartiers et, à partir de là, la représentation qu’elles ont des pauvres.

(...)

Source : L'Humanité, 28/12/2017. 
Article intégral en ligne : https://www.humanite.fr

dimanche 7 janvier 2018

Démographie. Une hausse et des contrastes

Le dernier recensement de l’Insee, publié jeudi, montre un accroissement de la population française très inégal selon les territoires.


La population française continue de croître, mais se concentre de plus en plus. Selon les chiffres du dernier recensement publiés mercredi dernier par l’Insee, les Français étaient 66 190 280 au 1er janvier 2015, soit une hausse annuelle moyenne de 0,5 % depuis 2010. Cette croissance est le fait du bon taux de natalité, le « solde naturel » (différence entre les naissances et les décès) comptant pour 0,4 % du total, contre seulement 0,1 % pour le « solde migratoire », qui regroupe les déplacements de population entre départements et les arrivées de l’étranger.


la façade atlantique attractive

 

Cette augmentation va de pair avec une concentration croissante de la population sur un nombre de plus en plus restreint de départements : ils sont 39 à connaître une évolution démographique égale ou supérieure à la moyenne, contre 53 pour la période 1990-2010. Pour l’essentiel, il s’agit de territoires abritant des grandes métropoles, attractives en raison de leur dynamisme économique, comme Lyon, certains départements d’Île-de-France, Toulouse, Bordeaux, Nantes ou encore Montpellier. Désormais, un Français sur cinq vit dans une des 100 communes les plus peuplées du pays. La Haute-Savoie, qui bénéficie de l’attractivité de la Suisse voisine, figure aussi sur la liste des départements les plus en croissance. Inversement, le nombre des territoires où la population décroît ou stagne est passé de 13 à 27 entre 1990 et 2010, pour l’essentiel situés « sur une diagonale allant des Ardennes au Massif central ». Certains connaissent même une croissance négative, notamment dans le centre du pays, comme l’Indre, la Nièvre, l’Allier ou le Cantal. « Les évolutions de la population dues aux migrations offrent une image presque inversée de celle des soldes naturels », explique l’Insee. D’un côté on trouve une France où la croissance démographique n’est alimentée que par la natalité, grâce notamment à la jeunesse de sa population. Ce sont les zones concentrées autour des grands pôles urbains, à commencer par l’Île-de-France, mais aussi les départements d’outre-mer et, dans une moindre mesure, les anciens bastions industriels du Nord. De l’autre, dans la France du Sud et de l’Ouest, l’augmentation de la population est surtout due à un fort solde migratoire, c’est-à-dire au nombre de personnes venues s’y installer en provenance d’autres départements. Dans cette France attractive, la façade atlantique, qui combine qualité de vie, dynamisme économique et coût encore abordable de l’immobilier, se taille la part du lion. Le littoral méditerranéen, en revanche, a perdu de son attractivité et voit son solde migratoire se dégrader. Les difficultés d’accès au logement dans une des zones les plus tendues et les plus chères de France pourraient expliquer cette évolution récente.
Si les métropoles attirent, ce sont surtout leurs périphéries qui connaissent une forte croissance démographique, alimentant « la poursuite des mouvements de périurbanisation ». Dans les centres, la croissance est uniquement alimentée par la démographie, les prix de l’immobilier limitant les possibilités d’installation de nouveaux ménages. Symbole de cette situation : Paris, qui a perdu 0,3 % de ses habitants, quand l’Essonne et le Val-d’Oise font partie des départements de France connaissant la plus forte croissance démographique.

Source : L'Humanité, 29/12/2017.

samedi 6 janvier 2018

Les greffes d’organes en quelques chiffres

Selon l’Agence de la biomédecine, le nombre de greffes d’organes a progressé de 17 % entre 2011 et 2016. En 2016, près de 23 000 patients au total ont été en attente d’un organe en France, et près de 6 000 ont reçu une greffe d’organe.


En 2015, près de 55 000 personnes portaient une greffe, soit 35 % de plus qu’en 2006.

Côté refus, 157 375 personnes étaient inscrites sur le registre national des refus en ­janvier 2017.





En 2016, près de 23 000 patients au total ont été en attente d’un organe en France.
En 2016, près de 23 000 patients au
total ont été en attente d’un organe en France.
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Les dons de moelle osseuse

Le registre des donneurs volontaires de moelle osseuse compte 263 339 personnes, dont 20 455 nouveaux donneurs enregistrés en 2016.

Au cours de l’année 2016, près de 1 000 patients ont été greffés grâce à un donneur français ou étranger.

Les conditions de prélèvement

Dans certains cas bien précis (contraintes temporelles notamment), les organes (reins, foie, poumons) de personnes « en arrêt cardiaque et respiratoire définitif » peuvent être prélevés. On sait aujourd’hui que les résultats des greffes de ces organes sont aussi bons que ceux provenant de donneurs « en mort encéphaliqueou mort cérébrale ».

Des programmes de ce type ont démarré en France fin 2006. On estime qu’ils devraient conduire à augmenter d’environ 30 % le nombre de greffons disponibles.

Chaque année, depuis plus de dix ans, l’Agence de la biomédecine organise une journée nationale dédiée au don d’organes le 22 juin pour sensibiliser le public à cette cause. Car il y a pénurie de greffons : en 2011, alors que 16 000 patients étaient en attente d’une greffe, seuls 4 945 d’entre eux ont pu en bénéficier, dont 60 % pour le rein, 23 % pour le foie, 8 % pour le cœur et 6 % pour les poumons.

La Croix, 06/01/2018.

vendredi 5 janvier 2018

Recensement : les Français plus nombreux, plus concentrés

La population du pays a progressé de 1,57 million d’habitants entre 2010 et 2015, selon les nouveaux chiffres de l’Insee. Une démographie globalement dynamique mais très contrastée selon les territoires.



Une fois n’est pas coutume, c’est un pays qui se porte «globalement bien» que décrit l’Insee dans sa dernière livraison relative à l’évolution démographique de la France, publiée mardi. Avec 64,3 millions d’habitants au 1er janvier 2015 en métropole et 1,9 million dans les quatre départements d’outre-mer, la population française (66,2 millions au total) a progressé de 1,57 million entre 2010 et 2015, soit une hausse d’un peu plus de 300 000 personnes par an (+ 0,5 % en moyenne). Et contrairement à l’idée que tentent d’accréditer les discours populistes et les théories du «grand remplacement», cette augmentation n’est pas due à l’immigration (le solde migratoire n’est que très légèrement positif) mais à un solde naturel dynamique : en France, le nombre de naissances est nettement supérieur aux décès, grâce à un taux de fécondité de 1,96 enfant par femme en âge de procréer, le plus élevé de l’Union européenne. Dans ce domaine, la France fait nettement mieux que l’Allemagne (1,5 enfant par femme en âge de procréer, selon Eurostat), pays avec lequel on aime la comparer, et rarement à son avantage.


Mais derrière les chiffres globaux de ce dynamisme démographique, que diverses études, dont celles du Conseil économique, social et environnemental (Cese), attribuent aux «politiques sociales» et «familiales», se cachent des évolutions très contrastées selon les territoires. Pas moins de 20 départements en métropole (Orne, Nièvre, Ardennes, Lozère, Cantal, Hautes-Pyrénées…) et deux en outre-mer (Martinique et Guadeloupe) continuent à perdre des habitants, tandis que cinq autres parviennent tout juste à stabiliser leur population (Moselle, Somme, Manche…). Une situation inquiétante : selon l’Insee, le nombre de départements où la population diminue ou stagne entre 2010 et 2015 a plus que doublé par rapport à la période 1990-2010, passant de 13 à 27.


Un déficit naturel et migratoire

 

Pour l’essentiel, ces territoires qui décrochent se situent sur une diagonale allant des Ardennes au Massif central. Mais les causes du déclin ne sont pas les mêmes : pour les départements du sud de la Loire, «les excédents migratoires sont insuffisants pour compenser le solde naturel défavorable [il y a plus de décès que de naissances, ndlr], héritage d’une structure démographique âgée», expliquent les démographes de l’Insee. Dans le Nord-Est, l’explication est inverse : «Les anciens bastions industriels souffrent d’un déficit migratoire [peu de personnes viennent s’y installer, ndlr] de moins en moins atténué par leur excédent naturel.» Certains départements comme l’Orne, les Vosges, la Haute-Marne, l’Indre et la Nièvre cumulent même déficit naturel et migratoire.
En fait, constate l’Insee, la population française tend de plus en plus à se concentrer dans certains endroits. Sa progression se fait dans un nombre de plus en plus réduit de départements, où se trouvent notamment les métropoles régionales. Ainsi, seuls 39 départements ont bénéficié d’un taux d’évolution de la population égal ou supérieur à la moyenne nationale (0,5 %) entre 2010 et 2015, contre 53 entre 1990 et 2010. Parmi ces territoires en progression, soit en raison d’une natalité soutenue, soit en raison d’un solde migratoire important, soit en raison des deux, les plus dynamiques sur la période sont la Guyane, l’Auvergne-Rhône-Alpes, la façade atlantique, l’Occitanie, l’Ile-de-France et la Corse. Les plus vigoureux au plan démographique allient «attractivité et dynamisme naturel», souligne l’institut.

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Source : Libération, 27/12/2017.
Article intégral en ligne : http://www.liberation.fr

Les résultats du recensement 2015 : le solde naturel - Infographie BiG