vendredi 26 janvier 2018

L’espérance de vie des femmes en léger recul

L’écart entre les sexes se réduit, l’espérance de vie à la naissance atteignant 85,3 ans pour les femmes et 79,5 ans pour les hommes.


C’est un élément du bilan démographique annuel de l’Insee observé à la loupe : l’espérance de vie à la naissance atteint 85,3 ans pour les femmes et 79,5 ans pour les hommes en 2017. L’écart entre les sexes se réduit. L’espérance de vie des hommes s’est en effet remise à progresser depuis 2016 (79,3 ans), après un recul en 2015, à 79 ans. Elle est en très légère baisse pour les femmes, qui ne retrouvent pas le niveau atteint en 2014 et 2016 (85,4 ans). Elle avait chuté à 85,1 ans en 2015.

« On a l’impression d’un plafonnement », observe le géographe Laurent Chalard. Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer cette relative stagnation. Une épidémie de grippe particulièrement meurtrière a sévi pendant l’hiver 2016-2017, qui a entraîné une forte augmentation du nombre de morts en janvier.


Comportements à risque


Or ce sont les conditions de mortalité de l’année qui sont prises en compte pour calculer l’espérance de vie. « Les progrès de la lutte contre la mort aux grands âges sont conditionnés par les épidémies », observe le démographe Laurent Toulemon.
D’autres causes expliquent l’évolution spécifique des femmes. « Elles ont adopté les comportements à risque masculins, le tabagisme en particulier », poursuit M. Chalard. Et décèdent donc davantage de cancers du poumon.
La France n’est cependant pas dans la situation des Etats-Unis, qui ont vu leur espérance de vie diminuer pour la deuxième année consécutive en 2017 – en raison notamment d’une épidémie d’overdose d’opioïdes. Les deux sexes sont concernés.

Source : Le Monde, 16/01/2018.

mercredi 24 janvier 2018

Espérance de vie: diminution des écarts entre hommes et femmes

L’espérance de vie est en augmentation en France et les chiffres progressent plus vite pour les hommes que pour les femmes.

Les Français vivent de plus en plus vieux. Mais dans quelles conditions? C’est ce que révèle le rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES). 

 

L’écart hommes-femmes diminue 

 

Le premier chiffre décrypté est l’espérance de vie à la naissance. Celui-ci estime le nombre d’années à vivre entre nos premiers cris et notre mort. Bonne nouvelle: nous vivons de plus en plus vieux car cet indicateur est en augmentation par rapport à 2015. Mais les deux sexes ne sont pas égaux en la matière. Cette augmentation de l’espérance de vie est en effet plus favorable aux hommes qui gagnent 2,2 ans entre 2006 et 2016. Ils rattrapent donc progressivement les femmes qui, elles, n’ont gagné que 1,2 an sur la même période. 

Les écarts diminuent, certes, mais restent bien présents. En 2016, les femmes vivent encore 6 années de plus que les hommes en moyenne. Elles peuvent donc espérer vivre jusqu’à 85,3 ans contre 79,3 ans pour la gent masculine. 

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En 2016, les femmes vivent encore 6 années de plus que les hommes en moyenne. lev dolgachov/Syda Productions - stock.adobe.com

Plus vieux mais pour quelle santé? 

 

Est-ce que ces années de vie supplémentaires sont associées à un bon état de santé? C’est à cette question que répond l’espérance de vie en bonne santé. Cet indicateur permet d’évaluer la qualité de ces années gagnées. Là aussi, les femmes sortent gagnantes. L’indice indique en effet 64,1 ans pour les femmes et 62,1 ans pour les hommes en 2016. Cependant, 80% des hommes déclarent n’avoir aucune incapacité fonctionnelle, qu’elles soient forte ou légère, durant leur période de vie en bonne santé, contre 75% des femmes. Ces chiffres restent stables depuis 10 ans.

(...)

Source : Le Figaro, 17/01/2018.
Article intégral en ligne : http://sante.lefigaro.fr

jeudi 23 mars 2017

Les inégalités femmes-hommes en 12 chiffres et 6 graphiques

Violences, disparités salariales, persistances culturelles : à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, nous faisons le point sur les inégalités.

Les femmes en première ligne face aux violences conjugales et sexuelles

Article intégral en ligne : http://www.lemonde.fr

mardi 21 mars 2017

L'égalité progresse entre les femmes et les hommes selon l'Insee

Les écarts de salaire demeurent importants mais la situation des femmes s'est globalement améliorée en matière de niveau d'éducation ou de travail.

À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, l'Insee fait le point sur la progression de l'égalité entre les hommes et les femmes dans une publication qui couvre différents âges de la vie, de l'école à la vieillesse en passant par la vie active. Malgré des écarts de salaire toujours importants, «la situation des femmes s'est globalement améliorée au cours des dernières années, en particulier sur le marché du travail», résume Laurence Rioux, responsable de la division études sociales de l'Insee.

Études

«Les filles réussissent mieux à l'école que les garçons. Aujourd'hui, les jeunes femmes des jeunes générations sont plus diplômées que les jeunes hommes», résume Laurence Rioux. Majoritaires chez les étudiants, elles représentent 55 % des inscrits en 2015. Mais à l'exception des études de médecines, les étudiantes restent minoritaires dans les cursus sélectifs ou scientifiques.

Travail

Le taux de chômage des femmes est passé en dessous de celui des hommes. En 2015, 9,5% des femmes de 15 ans ou plus étaient au chômage contre 10,5 % des hommes de ces âges. «On constate un rapprochement considérable dans les comportements d'activité et dans les taux de chômages des femmes et des hommes. La crise depuis 2008 a joué un rôle dans cette inversion des taux de chômage entre les femmes et les hommes car elle a touché des secteurs d'activité particulièrement masculins comme la construction et l'industrie», relève Laurence Rioux. Le taux d'activité des femmes a progressé pour se rapprocher de celui des hommes avec un écart de huit points. En 2015, 68% des femmes de 15 à 64 ans participaient en effet au marché du travail contre 76 % des hommes de la même tranche d'âge. En 1975, 40 ans en arrière, la différence de taux d'activité s'élevait à 31 points.
Par ailleurs, en 2013, 20 % des jeunes femmes comme des jeunes hommes sont devenues cadre trois ans après leur entrée sur le marché du travail. Une première. En d'autres termes, sur 100 jeunes cadres, on comptait 49 femmes en 2013 contre 41 en 2001.

Salaire

En 1995, sur une année, les femmes gagnaient 27 % de moins que les hommes contre 24 % de moins en 2014. L'écart de revenu salarial entre les femmes et les hommes n'a perdu que trois points en 20 ans. Cette différence est moins élevée, 17 % d'écart si l'on considère le salaire pour un travail à temps plein. «Elle s'explique pour partie des différences de caractéristiques individuelles et de l'emploi occupé mais reste pour partie non expliquée», souligne l'Insee. «Si les volumes de travail des hommes et des femmes se sont rapprochés, les écarts de salaire horaire sont restés relativement stables malgré une légère baisse», précise Laurence Rioux.

Mentalités

Le modèle de la «femme au foyer» reste soutenu par environ une personne sur cinq (22%). Une opinion qui a cependant perdu beaucoup de terrain en dix ans puisque 43 % des Français en 2002 approuvaient l'idée que les femmes devraient, dans l'idéal, rester à la maison pour élever leurs enfants. En outre, l'idée de l'égalité entre les compétences des femmes et des hommes s'est imposée de façon largement majoritaire avec 87 % de personnes qui considèrent que les femmes ont autant l'esprit scientifique que les hommes, 78% pensant de même pour l'esprit mathématique.


Article intégral en ligne : http://www.lefigaro.fr

jeudi 24 novembre 2016

Hommes et femmes inégaux face à l’espérance de vie en bonne santé


Un homme de 50 ans peut espérer, une fois en retraite, vivre 17 ans sans incapacité dans sa vie quotidienne contre 21 ans pour une femme. C’est ce que montre une étude de l’Insee rendue publique mardi 22 novembre.

Une fois en retraite, pendant combien de temps les Français peuvent-ils espérer vivre en bonne santé ? Cette question est au cœur d’une étude rendue publique mardi 22 novembre par l’Insee. Ce travail est notamment centré sur la génération née en 1960. Il montre qu’à 50 ans, ces Français ont une espérance de vie, en retraite et sans incapacité, de 19 ans en moyenne : 17,2 ans pour les hommes et 21,2 ans pour les femmes. « Les femmes nées en 1960 passeraient six ans de plus à la retraite que les hommes de la même génération, mais seulement quatre années de plus sans incapacité », souligne l’Insee.

Un indicateur qui tient compte de la qualité de vie

 

Pendant longtemps, les chercheurs et les institutions publiques se sont intéressés à l’espérance de vie brute de la population. Mais depuis les années 1980, elles se penchent aussi sur la qualité de vie des personnes qui avancent en âge. Ils ont ainsi développé un nouvel indicateur : l’espérance de vie en « bonne santé » ou sans incapacité.
« Depuis quelques années, cet indicateur est pris en compte par le conseil d’orientation des retraites (COR) et le gouvernement. Il figure ainsi dans un rapport remis chaque année au Parlement sur la croissance économique. Le gouvernement estime en effet opportun de retenir d’autres critères, plus qualitatifs, que le seul PNB, pour apprécier cette croissance », indique Jean-Marie Robine, directeur de recherches à l’Inserm.

Source : La Croix. PIERRE BIENVAULT.

mardi 8 mars 2016

Pas de réels progrès depuis vingt ans pour les femmes dans le monde du travail

La situation des femmes dans l’emploi, au niveau mondial, ne s’améliore quasiment pas. Dit en termes diplomatiques par l’Organisation internationale du travail (OIT) qui a publié, lundi 7 mars, un rapport sur les tendances 2016 « Femmes au travail », à la veille de la Journée internationale des droits des femmes, des progrès ont été accomplis « à la marge », depuis vingt ans, et la quatrième conférence onusienne sur les femmes, à Pékin.


Entre 1995 et 2015, « le taux mondial de participation des femmes à la population active est passé de 52,4 % à 49,6 % », constate l’OIT. En 2015, 1,3 milliard de femmes étaient présentes dans le monde du travail contre 2 milliards d’hommes, soit respectivement 46 % des femmes en âge de travailler (plus de 15 ans) et 72 % des hommes.

Si, en matière d’accès à la santé et à l’éducation la situation des femmes s’est améliorée, s’agissant de l’économie et du social « de grandes lacunes restent à combler dans la mise en œuvre du Programme de développement durable pour 2030 adopté par les Nations Unies en 2015 ».
Leur présence de plus en plus importante à l’école – la parité entre garçons et filles a été atteinte dans les secteurs de l’éducation primaire et secondaire dans 123 pays – « ne se traduit par aucun progrès dans le monde du travail, résume Laura Addati, co-auteure du rapport. Un véritable gâchis du talent et des compétences des femmes ».

Au niveau mondial, les chances pour les femmes d’entrer sur le marché du travail sont inférieures de 27 % à celle des hommes. Loin de se résorber, l’écart s’est même creusé en Asie du Sud et en Asie de l’Est.
Au niveau mondial, les chances pour les femmes d’entrer 
sur le marché du travail sont inférieures de 27 % à celle des hommes. 
Loin de se résorber, l’écart s’est même creusé 
en Asie du Sud et en Asie de l’Est. Andy Wong/AP

Inégalité généralisée

Premières victimes du sous-emploi, de la précarité, surreprésentées dans l’économie informelle, moins bien payées, moins protégées socialement, les femmes restent confrontées à une situation d’inégalité générale, et ce, sur tous les continents. « Les progrès accomplis pour surmonter les obstacles sont lents et se limitent à quelques régions du monde », écrivent les auteurs du rapport.
Et quand la situation des femmes semble s’être améliorée, cela s’explique généralement par une dégradation de celle des hommes. Exemple : la réduction des écarts d’emploi en Europe (sauf à l’Est), s’explique par la baisse du taux d’emploi des hommes.
« En Europe du Nord, du Sud et de l’Ouest, et en Amérique du Nord, les écarts de chômage entre hommes et femmes se sont résorbés avec la crise financière, en grande partie sous l’effet du ralentissement économique touchant les secteurs à prédominance masculine et de l’augmentation des taux d’emploi des femmes mariées qui, dans certaines circonstances, se mettent à travailler pour compenser les pertes de revenu familial liées au chômage masculin », explique l’OIT, qui regroupe les représentants des gouvernements, des employeurs et des syndicats de 187 États membres.
Au niveau mondial, les chances pour les femmes d’entrer sur le marché du travail sont inférieures de 27 % à celle des hommes. Loin de se résorber, l’écart s’est même creusé en Asie du Sud et en Asie de l’Est.
Elles sont surreprésentées « parmi les travailleurs qui contribuent à l’entreprise familiale », c’est-à-dire travaillant pour leur conjoint ou leur famille, notamment dans les entreprises agricoles, dans l’artisanat, le commerce. Dans certaines régions du monde, comme l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud, elles sont un tiers à travailler dans ce secteur de l’économie informelle, et plus de 40 % à travailler pour leur propre compte. Au niveau mondial, ces taux sont respectivement de 17 % et de 30 %. À noter que la part des hommes travaillant pour « l’entreprise familiale » est près de trois plus faible, 6,4 %.
Le résultat de cette précarité dans l’emploi se traduit notamment par des rémunérations plus faibles. L’écart salarial entre hommes et femmes est estimé, par l’OIT, à 23 % au niveau mondial.
Quelques progrès ont été enregistrés, limités précise l’OIT, mais « si les tendances actuelles se poursuivent, il faudra plus de 70 ans avant que cet écart disparaisse totalement ». Pour Laura Addati, « il n’y a pas de politique courageuse et, sans volontarisme, les écarts salariaux ne diminueront pas par le seul développement économique ».

« Sous-évaluation du travail accompli »

Les écarts salariaux ne s’expliquent pas seulement par les différences d’éducation ou d’âge. « Ils sont aussi liés à la sous-évaluation du travail accompli par les femmes et des compétences requises dans les professions et les secteurs dominés par les femmes », notent les auteurs du rapport. Elles sont 61,5 % à occuper des postes dans le secteur des services, là où les hommes sont moins de 43 %. (...)

Lire la suite sur le site internet du journal le Monde : http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2016/03/07/pas-de-reels-progres-depuis-20-ans-pour-les-femmes-dans-le-monde-du-travail_4878115_3234.html

samedi 23 janvier 2016

Comment les inégalités hommes-femmes s’exercent-elles au travail ?

Par Margaret Maruani, directrice de recherche au CNRS, fondatrice du réseau Mage, Anne-Cécile Mailfert, représentante d’Osez le féminisme !, Isabelle Clair, sociologue, chargée de recherche au CNRS et Jacqueline Laufer, sociologue, professeure émérite HEC.

Photo : Philippe Huguen / AFP


  • La multiplicité des rapports de domination par Isabelle Clair, sociologue, chargée de recherche au CNRS et Jacqueline Laufer, sociologue, professeure émérite HEC
323045 Image 1La division sexuelle du travail et de l’emploi est un objet de recherche central au sein du réseau Marché du travail et genre (Mage). C’est également un objet centralement étudié en France pour comprendre les rapports de domination entre hommes et femmes. Or les transformations qu’ont connues les mondes du travail et le mouvement social au cours des vingt dernières années obligent à s’interroger sur les contours et la place de cet objet de recherche pour comprendre les rapports de domination et les combattre. Nous assistons à des mutations du travail. Prenons quelques exemples contrastés issus de la table ronde que nous avions organisée pour le colloque des vingt ans du Mage. Tout d’abord, les emplois de « service à la personne » : massivement occupés par des femmes peu ou pas qualifiées souvent issues de migrations postcoloniales, ces emplois interrogent les notions mêmes de travail et d’emploi en raison de leur grande proximité avec le travail domestique et du morcellement extrême du temps de travail auquel ils exposent. À l’autre bout du spectre, on trouve du côté de l’ensemble hétéroclite des hackers une « éthique » du travail inédite, susceptible de contester les ordres hiérarchiques à l’œuvre dans l’entreprise : cette éthique conduit-elle à des transformations dans les rapports de domination entre hommes et femmes au travail ? Ou bien tend-elle à les perpétuer, sous de nouvelles formes ? Dans ces deux cas, comme dans d’autres, la précarisation de l’emploi ou la remise en cause de formes d’organisation anciennes oblige à renouveler les enquêtes ainsi que les catégories de pensée capables d’en rendre compte. L’approche dite « intersectionnelle » constitue à cet égard un renouvellement majeur en ce qu’elle permet de penser ensemble les oppressions multiples.
323045 Image 0On constate une multiplicité des rapports de domination. La recherche féministe, dont le Mage est en France l’un des principaux réseaux, s’est construite contre une pensée de la société exclusivement attentive aux rapports de classe : proche de théories critiques plus anciennes (marxistes notamment), elle a montré que le rapport social de sexe structurait un autre ordre hiérarchique fondamental, que la classe ne pouvait expliquer. Oublier le rapport social de sexe revenait à oublier « la moitié de l’humanité ». Le revendiquer, c’était contrer des décennies d’occultation dans la recherche en sciences sociales. Depuis, c’est la recherche féministe qui à son tour a été critiquée, en interne : parce qu’elle s’est souvent montrée aveugle à la couleur (et donc au rapport social structuré par le racisme), à la sexualité (et donc au rapport social structuré par l’injonction à l’hétérosexualité), à l’histoire coloniale de la France (et donc aux rapports sociaux structurés par la nationalité ou encore la religion), etc. Ces diverses interpellations, toujours en cours, portées dans la recherche à partir de voix émergentes dans le mouvement social, ont rendu plus difficile de seulement parler « des femmes », sans plus de précision ; elles ont mis l’accent sur les hiérarchies entre femmes et sur la multiplicité des rapports de domination à l’intersection desquelles se définissent les vies et se contestent les ordres existants. Prendre en compte cette multiplicité, c’est regarder les mondes du travail avec de nouveaux yeux, c’est mettre en lien des problèmes qui ne l’étaient pas jusqu’à présent, c’est faire émerger des figures et des expériences longtemps occultées dans l’analyse. C’est continuer à décloisonner une analyse du travail fondée sur les seuls rapports de production.

  • La division sexuelle nous renseigne sur notre société par Margaret Maruani, directrice de recherche au CNRS
323045 Image 2«Je travaille, donc je suis », tel est le titre du colloque que nous avons organisé le 4 décembre 2015 en Sorbonne. Mais c’est avant tout l’hypothèse fondatrice du réseau Mage et le fil conducteur de nos travaux depuis vingt ans : mettre le marché du travail au centre de la réflexion sur les rapports sociaux de sexe et la domination masculine. Car précisément la place des hommes et des femmes dans le monde du travail ne nous dit pas leur seule position professionnelle. C’est une clé pour comprendre le statut de l’un et l’autre sexe dans la société. Notre objectif n’a pas varié depuis vingt ans. Il pourrait se résumer en quelques mots : montrer les vertus heuristiques d’une lecture sexuée du monde du travail. Le prisme du genre n’est pas un supplément d’âme. En oubliant le genre, ce n’est pas seulement de l’information que l’on perd, c’est de la connaissance que l’on déforme. Au fond, nous défendons deux idées différentes mais indissociables : la pertinence durable de la question du genre pour l’analyse du monde du travail, d’une part ; la centralité du travail dans les sciences humaines et sociales, et en particulier dans les études de genre, d’autre part.
(...)

Lire la suite de l'article sur le site internet de L'Humanité : http://www.humanite.fr/comment-les-inegalites-hommes-femmes-sexercent-elles-au-travail-596133
Mercredi, 20 Janvier, 2016
L'Humanité

mardi 10 mars 2015

Travail : les inégalités hommes-femmes en France

Si les inégalités entre les hommes et les femmes en France face à l’accès au travail se sont estompées, l’écart entre les salaires lui demeure. De même, les femmes se voient de plus en plus imposer des contrats à temps partiels.

 

Infographies disponibles via le lien suivant : http://www.humanite.fr/travail-les-inegalites-hommes-femmes-en-france-567726

dimanche 8 mars 2015

8 mars: la misère est sexiste

Les femmes et les filles des pays les moins avancés sont les principales victimes de l’extrême pauvreté et de toutes ces facettes. Un rapport de l’ONG One dénonce la double peine qu’elles subissent : la misère aggrave les inégalités entre les sexes.

Retrouvez l'infographie qui présente les disparités entre les pays du monde concernant le taux de mortalité des femmes, l'accès des femmes aux études secondaires, l'éducation des femmes dans les pays les moins développés, l'écart du taux d'emploi entre hommes et femmes et l'accessibilité à un compte bancaire pour les femmes via le lien suivant : http://www.humanite.fr/8-mars-la-misere-est-sexiste-567725

AFP

Égalité femmes-hommes : les Françaises ne sont pas dupes

Quelques améliorations, mais sans plus… Les Français restent largement critiques face aux inégalités entre hommes et femmes. Instruites 
par l’expérience, ces dernières portent un jugement encore plus sombre sur la situation, notamment en matière d’emploi et de salaires.

 
Photo : Miguel Medina/AFP
Alors que l'égalité salariale est inscrite dans les textes depuis 1957, 
une femme doit travailler 59 jours de plus qu'un homme pour 
gagner autant. Photo : Miguel Medina/AFP
Chacun perçoit une lente amélioration générale. Mais on est encore loin, très loin du compte. Dans la foulée de nombreuses études publiées ces derniers jours à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, dimanche 8 mars, l’institut CSA a interrogé les Français sur la perception qu’ils avaient de ces inégalités femmes-hommes. Les résultats de ce sondage (1), que nous publions en exclusivité, n’invitent pas à l’optimisme béat. Et montrent avant tout que les personnes interrogées – à commencer par les femmes – restent largement insatisfaites de la situation actuelle. D’une manière générale, l’idée que l’égalité entre hommes et femmes a progressé depuis dix ans au sein de la société semble plutôt partagée. Mais pas dans tous les domaines. Ainsi, si les Français estiment que le partage des tâches ménagères s’est amélioré (65 %), tout comme l’accès aux fonctions politiques (63 %) – objet de plusieurs textes de loi ces dernières années –, ils sont beaucoup plus mitigés sur l’accès aux postes à responsabilité dans les entreprises et administrations (53 %) et sur l’accès au marché du travail (50 %). Quant au niveau de salaire, la proportion s’inverse. Une majorité (54 %) estime que la situation « n’a pas changé », voire s’est « détériorée ». Sentiment qui rejoint la plupart des études pointant régulièrement la persistance des inégalités à compétences et poste égaux.
Le ressenti des femmes, pris à part, montre une réalité plus sombre et, malheureusement, sûrement plus juste. Sur tous les thèmes, elles apparaissent beaucoup moins convaincues de ces évolutions positives. Premières concernées par les emplois partiels depuis 2008, elles sont une minorité à estimer que, depuis dix ans, la situation s’est améliorée pour l’accès à des postes à responsabilité (45 %) ou pour l’accès au marché du travail (41 %). Et pas moins de 66 % d’entre elles ne perçoivent aucun changement, si ce n’est un recul, sur la question des salaires…

Cet écart de perception ne surprend pas Fatima Benomar, porte-parole de l’association féministe des Effronté-e-s. Il y a quelques mois, elle a montré à son entourage cette fameuse vidéo américaine révélant le harcèlement de rue que subissent les femmes. « Tous les hommes tombaient des nues. Ils ne se rendaient pas compte de l’ampleur du problème. Les femmes sont beaucoup plus conscientes de ces phénomènes de sexisme parfois discrets. Beaucoup d’hommes, eux, ne reconnaissent que les discriminations évidentes, comme celles liées au niveau de salaire. » Sur ce point, la militante féministe n’est pas étonnée, non plus, de l’insatisfaction très forte des femmes concernant leur différence de salaire par rapport à celui des hommes. « L’écart s’est réduit pendant une période, mais cela ne bouge plus depuis vingt ans. À poste et compétences égaux, les femmes gagnent environ 10 % de moins. Mais, d’une manière générale, elles touchent, en moyenne, 27 % de revenus en moins qu’un homme, compte tenu qu’elles sont plus souvent concernées par les temps partiels et des évolutions de carrière plus lente. »

Le mécontentement grandissant des Françaises face à cette stagnation des différences de salaire s’exprime clairement dans le sondage. Si l’on compare les résultats de cette enquête à celle menée en 2005 (graphique ci-dessus), on s’aperçoit que le ressentiment des femmes face à ces inégalités s’est profondément accentué. En l’espace de dix ans, le sentiment que leur accès à des postes à responsabilité était satisfaisant a reculé de 13 points (36 % à 23 %) et le niveau de salaire de 7 points (passant de 23 % à 16 %). « Ce sont clairement deux points de crispation qui se sont intensifiés ces dernières années, relève Julie Gaillot, à la fois de par la situation dégradée du marché du travail mais également grâce au sentiment que c’est devenu de plus en plus 
inacceptable… »
(1) Sondage réalisé
du lundi 2 au mercredi 4 mars 2015, 
auprès de 1 010 personnes âgées de 18 ans et plus,
selon la méthode des quotas.
 
Laurent Mouloud, L'Humanité, 06/03/2015.

dimanche 21 septembre 2014

Egalité filles-garçons, le ministère prend son temps pour concrétiser son plan

On l'attendait pour la rentrée. Ce sera pour " début novembre ", indique-t-on au ministère de l'éducation nationale. Le plan d'action pour l'égalité entre filles et garçons, qui a succédé aux très décriés " ABCD de l'égalité ", ne prendra forme qu'à l'automne.

Ses principaux volets — ressources, formation des enseignants et information aux parents — avaient été dévoilés avant l'été. Depuis, Najat Vallaud-Belkacem, qui avait fait de l'expérimentation polémique l'une de ses priorités en tant que ministre des droits des femmes, semble jouer la prudence. Il faut dire que les lobbys traditionalistes ne l'ont pas épargnée, en l'accusant d'être l'" égérie de la théorie du genre ".
" Un groupe de travail est mobilisé depuis plus de deux mois pour que le plan d'action se mette en œuvre partout sur le territoire ", explique-t-on au ministère, en détaillant le calendrier : " début novembre " pour le " volet formation " et la mise à disposition sur Internet de " nouvelles ressources pédagogiques ". " Fin novembre " pour le " premier séminaire national de formation des cadres - de l'éducation nationale - ", suivi de " déclinaisons académiques ". Le temps d'échange " en toute transparence " avec la communauté éducative, dont les familles, est envisagé dans les mêmes délais.
Quinze jours après la rentrée, le " projet ambitieux " annoncé, avant l'été, par Benoît Hamon, reste à concrétiser. L'ancien ministre s'était essayé, le 30 juin, à un exercice périlleux : officialiser la fin des " ABCD " — testés au primaire dans quelque 600 classes — sans donner l'impression de reculer.
" La culture de l'égalité ne se résume pas à un programme expérimental, une étiquette… Autour des ABCD, il y a eu une confusion, c'est devenu un étendard. Je veux que l'école cesse d'être un champ de bataille ", avait-t-il martelé, en référence aux rumeurs propagées par un certain nombre d'associations et de militants " tradis " persuadés que l'outil phare de lutte contre les inégalités sexuées représentait le " cheval de Troie de la théorie du genre à l'école ".