jeudi 10 décembre 2020

Espérance de vie en bonne santé : l'écart s'amenuise entre femmes et hommes

L'évolution de l'espérance de vie en bonne santé continue de progresser globalement en France en 2019 même si les écarts entre femmes et hommes se réduisent. Toutefois, l'augmentation du nombre de seniors pose aussi la question de la perte d'autonomie et de l'hébergement des seniors, 108 000 seniors en plus étant attendus en Ehpad en 2030.

En 2019, l'espérance de vie sans incapacité à 65 ans s'établit à 11,5 ans pour une femme et à 10,4 ans pour un homme selon la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees).

L'espérance de vie sans incapacité à 65 ans a augmenté plus vite, de 2008 à 2019, que l'espérance de vie révèle l'étude de la Drees sur l'espérance de vie sans incapacité(nouvelle fenêtre) publiée en décembre 2020.

La Drees observe plus particulièrement l'espérance de vie sans incapacité, calculée à la naissance et à 65 ans, en distinguant les incapacités sévères qui affectent plus lourdement la qualité de vie.

Une progression plus marquée pour les hommes

Si l'écart habituel de longévité entre hommes et femmes se vérifie lorsqu'il s'agit d'espérance de vie sans incapacité calculée à la naissance (63,7 ans pour les hommes contre 64,6 ans pour les femmes), il s'est fortement réduit de 2008 à 2019, les hommes ayant gagné un an d'espérance de vie sans incapacité contre deux mois pour les femmes.

Cet écart entre les deux sexes reste cependant important concernant l'espérance de vie sans incapacité sévère : 73,7 ans pour les hommes contre 77,9 ans pour les femmes.

Par ailleurs, la part d'années vécues avec incapacité avant 65 ans a augmenté depuis 2008, en particulier pour les femmes. Cette situation peut s'expliquer :

  • soit par une espérance de vie plus élevée pour les personnes ayant des incapacités depuis l'enfance ;
  • soit par l'apparition plus fréquente d'incapacité pour les personnes en âge de travailler.

Toutefois, après 65 ans, comme le montre l'augmentation de l'espérance de vie sans incapacité à cet âge, les femmes et les hommes déclarent moins d'incapacités depuis 2008.

jeudi 7 novembre 2019

Quand les cabinets médicaux discriminent les patients les plus précaires

Selon une enquête, 9 % des chirurgiens-dentistes, 11 % des gynécologues et 15 % des psychiatres refusent, sous certaines conditions, de donner un rendez-vous. 


Des médecins spécialistes qui refusent un rendez-vous au motif que le patient est bénéficiaire d’une aide à la complémentaire santé : le phénomène est bien présent et d’ampleur. C’est ce que montre le testing mené début 2019 par le Défenseur des droits et le Fonds CMU-C auprès de 1 500 cabinets médicaux. Selon cette enquête publiée mardi 29 octobre – la première d’une telle ampleur depuis près de quinze ans –, 9 % des chirurgiens-dentistes, 11 % des gynécologues et 15 % des psychiatres libéraux discriminent les patients bénéficiaires d’une aide sociale à la complémentaire santé en refusant de leur donner un rendez-vous qu’ils accordent dans le même temps à un patient « lambda ».

Au total, en moyenne, 12 % des cabinets contactés se montrent discriminants. Et il ne s’agit que d’une moyenne nationale. Les refus de soins discriminatoires sont très variables selon les régions, « ce qui n’avait pas pu être montré jusqu’ici ». A Paris, ce sont près de quatre dentistes sur dix (38,2 %), d’un gynécologue sur quatre (26,2 %) et d’un psychiatre sur trois (31 %) qui refusent des patients en situation de précarité économique. Si Paris est particulièrement mauvaise élève, toute l’Ile-de-France est concernée. Le taux de refus de soins n’est par ailleurs pas lié à la densité de médecins dans la commune : les patients habitant un désert médical ne s’exposent pas à davantage de refus.

Une part importante de la population française est concernée par ces situations de refus de soins jugées « discriminatoires, explicites et directes » par les auteurs de l’étude. On compte 5,64 millions de bénéficiaires de la couverture-maladie universelle complémentaire (CMU-C), qui vivent avec moins de 746 euros de ressources mensuelles, et 1,7 million de bénéficiaires de l’Aide à la complémentaire santé (ACS), qui touchent entre 746 et 1 007 euros de ressources mensuelles. Soit au total, alors que ces deux dispositifs doivent être fusionnés à partir du 1er novembre, plus de 7,3 millions de personnes dispensées de l’avance de frais et à qui des dépassements d’honoraires ne peuvent pas être facturés.

mercredi 6 novembre 2019

Les conditions de vie et de santé des plus précaires se sont dégradées en France

Dans un rapport publié mercredi, l’association Médecins du monde dresse le bilan de ses opérations menées dans l’hexagone en 2018.


L’association Médecins du monde réclame un «changement de cap» et une «inflexion des politiques régressives à l’égard des populations les plus fragiles», notamment migrants et étrangers, qui voient leurs conditions de vie et de santé se dégrader, selon un rapport publié mercredi 16 octobre, à la veille de la journée mondiale du refus de la misère.
«Les politiques publiques ne sont pas à la hauteur des enjeux, voire ne sont pas une priorité du gouvernement», déplore en préambule du rapport Yannick Le Bihan, directeur des opérations France de l’ONG.
«Nous constatons que les conditions de vie de ces personnes (les plus précaires) se sont globalement dégradées depuis le début du quinquennat. Il est impératif d’opérer un changement de cap», souligne-t-il, en dénonçant notamment «la volonté de(s) dirigeants de remettre en cause l’universalité de l’accès à la santé» et des «dispositifs d’hébergement de réinsertion sociale, d’urgence, d’accueil des demandeurs d’asile (...) insuffisants».


24.000 personnes reçues

Ce rapport sur l’accès aux droits et aux soins synthétise l’activité des 62 programmes menés par Médecins du monde en 2018 sur 33 sites de France métropolitaine et Outre-mer. En 2018, 24.072 personnes ont notamment été reçues dans les centres d’accueil, de soins et d’orientation (Caso), majoritairement des jeunes (47% ont entre 18 et 34 ans) et des hommes (64,2%). Dans la quasi-totalité des cas (97,3%), ces personnes sont de nationalité étrangère, originaires essentiellement d’Afrique subsaharienne (49,8%) et du Maghreb (23,5%).
Près de 62% des personnes accueillies sont en situation irrégulière. Et plus d’un tiers des étrangers en situation régulière sont en situation administrative précaire, avec un titre de séjour de moins de six mois «et peuvent basculer rapidement dans l’irrégularité», souligne l’association.

Aggravation des conditions de vie et de santé

D’une manière générale, elle relève «une aggravation des conditions de vie et de santé des exilés avec une augmentation des espaces d’indignité dans toutes les métropoles françaises», conséquence notamment selon elle de la loi Asile immigration de 2018.
Cette loi, «loin de proposer une amélioration des conditions d’accueil (...) se concentre sur le schéma national de répartition des demandeurs d’asile et prévoit de nombreux cas de retrait des conditions matérielles d’accueil en cas de non-respect des orientations en région proposées aux demandeurs d’asile», déplore l’ONG.
«Les menaces récurrentes contre l’Aide médicale de l’État (AME) - qui garantit l’accès aux soins des personnes étrangères en situation irrégulière - sont le reflet d’une instrumentalisation des enjeux de santé au service d’autres politiques et notamment d’une politique migratoire répressive», ajoute Yannick Le Bihan.
L’ONG s’inquiète également de la part des mineurs reçus en Caso qui «a augmenté progressivement au cours des dix dernières années». Les 3564 mineurs accueillis l’an dernier, d’un âge moyen de 10,9 ans, représentent 14,8% de la file active totale de ces centres. Ils sont principalement originaires d’Afrique subsaharienne (54,5%), notamment de Guinée (17,7%) et de Côte d’Ivoire (13,7%).
La plupart d’entre eux sont «en situation d’errance et de grande précarité sans pouvoir accéder aux mesures de protection dont ils doivent bénéficier en France». Près de 40% d’entre eux vivent dans des conditions très précaires, sans domicile fixe (31%) ou vivant en squat ou bidonville (8%).

Source : Le Figaro, 16/10/2019.

lundi 11 juin 2018

Revue n°444 de juin 2018 de l'INEPS

Environnements favorables à une alimentation saine : une réponse aux inégalités sociales de santé ? 

 
Comment créer des environnements favorables à une alimentation saine ? Et tout d’abord quels sont ces environnements favorables ? Et en quoi cela peut-il réduire les inégalités sociales de santé ? Ce dossier central – qui rassemble la contribution d’une vingtaine d’experts – dresse un état des connaissances internationales sur ces questions et met en avant un certain nombre de programmes innovants sur des territoires et dans des villes de France. Un document coordonné par Corinne Delamaire et Pauline Ducrot.

Revue trimestrielle disponible en téléchargement : http://inpes.santepubliquefrance.fr/SLH/sommaires/444.asp

 

jeudi 2 novembre 2017

DOC BI MENSUEL Gazette Santé Social N°43 du 2 au 15 novembre 2017

Retrouvez et téléchargez le bulletin numérique de revue de presse DOC BIMENSUEL Gazette santé social N°43 du DPFI de Lormont qui présente l'actualité dans les domaines de la santé publique, des professionnels de santé, du droits des patients, des inégalités sociales et de santé du 2 au 15 novembre 2017 via ce lien :