lundi 17 juillet 2017

L’obésité chez les jeunes : le poids du milieu social

En grande section de maternelle, 5,8 % des enfants d’ouvriers sont obèses, 4,5 fois plus que pour les enfants de cadres supérieurs. Cet écart se retrouve tout au long de la scolarité.


En grande section de maternelle, 5,8 % des enfants d’ouvriers souffrent d’obésité [1] contre 1,3 % des enfants de cadres supérieurs. Les enfants d’employés ont aussi 3,7 fois plus de risque d’être obèses que les enfants de cadres selon une étude du ministère de la Santé, menée auprès de 19 000 enfants pendant l’année scolaire 2012-2013. La part d’enfants obèses est passée de 3,2 % en 2006 à 3,5 % en 2013. Mais cette donnée moyenne masque de fortes inégalités entre catégories sociales. Si les enfants de cadres n’ont pas connu une augmentation de l’obésité sur la période, les enfants d’employés, comme ceux des agriculteurs, commerçants et chefs d’entreprise, ont vu leur taux d’obésité augmenter de 1,3 point.

Les inégalités persistent par la suite. En CM2, 5,5 % des enfants d’ouvriers souffrent d’obésité, contre 1,4 % des enfants de cadres, selon le ministère de la Santé (données 2014-2015), soit quatre fois plus. Le constat est similaire en classe de troisième : selon les données 2009 du même ministère, près de 4 % des enfants ont un problème d’obésité. Mais la proportion d’enfants de cadres en surpoids est de 2,3 %, contre près de trois fois plus pour les enfants d’ouvriers (6,5 %).

En matière de corpulence, il faut rester prudent : pour partie, l’injonction à la maigreur est l’imposition d’une norme corporelle des catégories favorisées (voir encadré). Ces normes évoluent au fil du temps. Pour autant, à un certain point, l’obésité devient une maladie avec des conséquences lourdes. L’attention au corps, les comportements alimentaires, les habitudes de vie - dont notamment la pratique d’une activité physique - sont différenciés selon les catégories sociales et jouent en matière d’obésité, dès le plus jeune âge. L’étude du ministère de la Santé indique qu’en CM2, les enfants de cadres sont 26 % à posséder un écran dans leur chambre, contre 43 % des enfants d’ouvriers. 26,4 % de ces derniers consomment tous les jours des boissons sucrées, contre 15,2 % des enfants de cadres.

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Article intégral en ligne : http://www.inegalites.fr




mercredi 7 juin 2017

Comment expliquer la hausse de l’obésité et du surpoids dans le monde ?

D’après une étude publiée lundi, près d’un tiers de la population mondiale est en surpoids ou obèse. Notre experte a répondu à vos questions en direct.




Ce lundi 12 juin, la revue médicale américaine New England Journal of Medicine a publié une étude alarmante : en 2015, le surpoids touchait 2,2 milliards de personnes, l’équivalent de 30 % de la population mondiale. Les Etats-Unis (79,4 millions) et la Chine (57,3 millions) avaient en 2015 le plus grand nombre d’adultes obèses, selon les résultats de cette étude menée depuis trente-cinq ans dans 195 pays et territoires. Cette épidémie, multifactorielle, est responsable d’un net accroissement des maladies cardio-vasculaires, du diabète et de certains cancers à l’origine d’une augmentation de la mortalité.
Comment expliquer les chiffres alarmants de cette étude ? Quelle est la situation de l’obésité en France ? Anne-Sophie Joly, présidente du Collectif national des associations d’obèses (CNAO), a répondu à vos questions en direct sur Facebook.

Le Monde, 13/06/2017.

mercredi 25 janvier 2017

Obésité : l'activité physique déterminante dès 2 ans

En France, une étude sur plus de 800 enfants montre que le temps passé à jouer en plein air ou à regarder la télévision pendant la petite enfance est prédictif du risque d’obésité.

Obésité : l'activité physique déterminante dès 2 ans 
 DesignPicsInc/epictura

Le suivi d'une cohorte d'enfants montre que le temps passé à jouer en plein air ou à regarder la télévision pendant la petite enfance est prédictif dès 2 ans du risque d’obésité ultérieur. C'est la conclusion de travaux d'une équipe de chercheurs parisiens (1), les premiers du genre (2).
« Différentes études ont été réalisées chez des enfants d’âge scolaire. Elles avaient déjà démontré que la sédentarité (mesurée à partir du temps passé devant les écrans), une moindre activité physique et la consommation d’aliments de forte densité énergétique étaient liés au surpoids. Mais on manquait de données prospectives chez les enfants de moins de 3 ans », explique la co-auteure Sandrine Lioret, dans un communiqué.

Des travaux menés à Poitiers et Nancy

Ainsi, l'équipe Inserm qu'elle co-dirige (3) a conduit ce travail auprès de 883 enfants de la cohorte EDEN, la première étude de cohorte généraliste française menée sur les déterminants pré et postnataux précoces du développement et de la santé de l’enfant. Démarrée en 2003, cette étude a suivi des couples mère-enfant à Poitiers et Nancy, dès le début de la grossesse jusqu'aux 10 ans de l'enfant.
« Les parents ont répondu à plusieurs questionnaires au cours du suivi, leur demandant notamment, à 2 ans, de préciser la durée habituelle passée par l’enfant à jouer en plein air et devant les écrans aux différents jours de la semaine », détaille Sandrine Lioret. Ils ont aussi été questionnés sur la fréquence de consommation d'une trentaine de groupes d'aliments couvrant l’ensemble de l’alimentation.
Ces informations ont ensuite été synthétisées sous forme de deux profils alimentaires, l’un caractérisé par une consommation fréquente d’aliments transformés de type snacking / fast-food, l’autre par des aliments en adéquation avec les recommandations nutritionnelles. L’ensemble de ces données ont ensuite été analysées et rapportées aux données anthropométriques à 5 ans : le pourcentage de masse grasse (mesurée par impédancemétrie) et l'IMC.

Limiter l'exposition aux écrans 

L'analyse a été conduite de façon séparée pour les deux sexes, « car dès l’âge de 2 ans, l’activité physique et le pourcentage de masse grasse diffèrent entre les filles et les garçons », précise Sandrine Lioret. Chez les garçons, « le temps passé devant les écrans est du temps qu'ils ne passent pas à des activités plus dépensières en énergie. Il est également possible que l’exposition à la publicité alimentaire favorise le snacking. Leur temps d’écran à 2 ans était d’ailleurs associé à un recours plus fréquent aux aliments transformés de type snacking / fast-food. D'où un excédent probable du bilan énergétique de ces enfants », estime-t-elle.

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Article intégral en ligne : http://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/19529-Obesite-l-activite-physique-determinante-des-2-ans

jeudi 5 janvier 2017

Quelles sont les causes de l’épidémie mondiale d’obésité ?

Suite à la recrudescence des cas d’obésité dans le monde entier, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a décidé d’exhorter les gouvernements à mettre en place une taxe sur les boissons sucrées, tenues pour responsables de l’épidémie.


Étant donné que l’on observe les mêmes risques et les mêmes tendances à l’obésité dans des pays aussi divers que le Mexique et la République des Palaos (Océanie), dont les habitudes alimentaires ne sont pourtant pas du tout les mêmes, l’objectif de nos travaux est de comprendre les raisons de ce phénomène. Nous avons donc mis à jour les connexions qui se sont établies entre les différentes facettes de la mondialisation (échanges culturels ou commerciaux, diffusion de la technologie, etc.) et les bouleversements planétaires qui s’opèrent au niveau des modèles sanitaires et alimentaires.
Selon une étude récente menée dans différents pays, la proportion d’adultes en surpoids ou obèses est passée de 29 % en 1980 à 37 % en 2013. Si les personnes en surpoids sont plus nombreuses dans les pays développés que dans les pays en développement, l’écart est en train de se réduire. Notons au passage qu’au Koweït, dans les Kiribati, en Micronésie, en Libye, au Qatar, aux Tonga et dans les Samoa, le taux d’obésité chez les femmes dépassait 50 % en 2013.

Pour l’OMS, l’augmentation du nombre de personnes en surpoids à travers le monde est principalement due à de mauvaises habitudes alimentaires et à une diminution de plus en plus prononcée de l’activité physique. Les régimes riches en sucres, en produits d’origine animale et en graisses constituent des facteurs de risque importants pour les maladies non transmissibles, comme les troubles cardiovasculaires, le diabète ou différents types de cancer.


La consommation de sucre ne cesse 
d’augmenter. Steve Smith/Flickr, CC BY-NC

En 2012, les maladies cardiovasculaires, première cause de mortalité dans le monde, ont fait 17,5 millions de victimes. Plus des trois quarts de ces décès ont été signalés dans les pays dont le revenu par habitant est faible ou moyen, ce qui affaiblit considérablement le système de protection sociale de ces États. Par conséquent, l’OMS considère que les maladies chroniques liées à l’alimentation représentent un danger croissant pour l’humanité, au même titre que d’autres problèmes de santé publique plus anciens, comme la malnutrition et les maladies contagieuses.
Les populations occidentales ont été les premières à prendre du poids de manière significative, mais le phénomène touche désormais l’ensemble de la planète. Dans un article largement cité de 1993, le professeur Barry Popkin, de l’Université de Caroline du Nord, attribuait cette évolution à la « transition nutritionnelle » qui a vu les régimes à base de fruits, légumes et féculents céder la place aux régimes plus riches en graisses (surtout celles des produits d’origine animale), sucres et produits transformés.

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The Conversation, 03/01/2016.
Article intégral en ligne : http://theconversation.com/quelles-sont-les-causes-de-lepidemie-mondiale-dobesite-70666

lundi 18 juillet 2016

L'obésité réduit l'espérance de vie de 3 à 10 ans

Les kilos s'accumulent et les années de vie se réduisent proportionnellement. Les personnes en surpoids ou obèses peuvent espérer vivre 1 à 10 ans de moins que les autres.

L'obésité réduit l'espérance de vie de 3 à 10 ans
olly18/epictura
 

Surpoids et obésité réduisent l’espérance de vie. L’impact d’un excès de poids est désormais bien connu : diabète, hypertension artérielle, maladies hépatiques… Une équipe internationale vient de chiffrer ses conséquences sur la survie dans The Lancet. Les hommes sont les plus touchés : le risque de mourir avant 70 ans est trois fois plus élevé que chez les femmes.
L’étude livrée par le groupe Global BMI Mortality Collaboration est d’une ampleur inédite dans ce domaine : 3,9 millions d’adultes ont été suivis pendant 13 ans en moyenne. Âgés de 20 à 90 ans à leur entrée, ils ne fumaient pas et ne souffraient pas de maladie chronique lorsque leur IMC a été mesuré.

Jusqu'à dix ans de vie en moins

Comme constaté auparavant, les maladies coronariennes, l’AVC, les maladies respiratoires et le cancer surviennent plus souvent chez des personnes en surpoids ou obèses. Un IMC trop élevé augmente aussi le risque de mourir prématurément, c’est-à-dire avant l’âge de 70 ans. « En moyenne, les personnes en surpoids perdent une année d’espérance de vie et les personnes modérément obèses en perdent trois », illustre le Dr Emanuele Di Angelantonio, co-auteur de l’étude. Les formes les plus sévères d'obésité font quant à elles perdre jusqu'à 10 ans de vie.
Ce sont les hommes obèses qui paient le plus lourd tribut en la matière, loin devant les femmes d’IMC similaire. Ce risque triplé s’expliquerait par leur plus forte résistance à l’insuline, une plus grande accumulation de mauvaises graisses dans le foie, et donc une plus forte prévalence du diabète.




Un effet dose-dépendant

A l’heure où 20 % de la population européenne souffrent d’obésité, ces conclusions sont loin d’être rassurantes. Car comme le rappelle le Pr Sir Richard Peto, co-auteur de l’étude, « l’obésité est la deuxième cause de mortalité prématurée en Europe et en Amérique du Nord après le tabac. » Sur le Vieux continent, un décès prématuré sur sept est dû à l’excès de poids. Outre-Atlantique, c’est un décès sur cinq. Mais les personnes qui pèsent trop peu sont également exposées : la privation a aussi de lourdes conséquences sur l’organisme.



Dans un commentaire associé à l’étude, trois membres des Instituts américains pour la santé (NIH) relativisent toutefois la portée de ces travaux. La mesure de l’IMC est de plus en plus contestée pour évaluer le surpoids et l’obésité. En effet, cette donnée ne tient pas compte de l’impact des comorbidités. L’autre problématique soulevée par de telles publications concerne leur utilisation. Les limites « ne seront probablement pas résolues par des ensembles de données toujours plus large sans développement supplémentaire dans la conception de l’étude », estiment les Dr David Berrigan, Richard Troiano et Barry Graubard.


vendredi 1 avril 2016

13 % de la population adulte mondiale est obèse, 20 % pourrait l’être en 2025

En plein essor dans le monde, l’obésité touche aujourd’hui près de 650 millions d’adultes, soit 13 % de la population mondiale adulte, rapporte une étude publiée vendredi 1er avril dans la revue médicale britannique The Lancet.

Selon cette dernière, le pourcentage de personnes en surpoids pourrait atteindre 20 % d’ici à 2025, si le rythme de progression actuelle de cette épidémie se maintient.
« En quarante ans, nous sommes passés d’un monde où l’insuffisance pondérale était deux fois plus importante que l’obésité à un monde où les personnes obèses sont plus nombreuses que celles en sous-poids », souligne le Pr Majid Ezzati, de l’Imperial College de Londres, qui a coordonné cette enquête.
Présentée comme l’une des plus complètes réalisées à ce jour sur le sujet, elle se fonde sur des données concernant quelque 19 millions de personnes âgées de 18 ans et plus, vivant dans 186 pays.
Par extrapolation, elle évalue le nombre d’obèses adultes à 641 millions en 2014, dont 375 millions de femmes et 266 millions d’hommes. En 1975, ils n’étaient que 105 millions. Une explosion liée notamment à une alimentation industrielle et trop riche, mais aussi à des prédispositions génétiques.

« Un problème important de santé publique »


Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une personne est considérée comme obèse lorsque son indice de masse corporelle (IMC, qui correspond au rapport entre poids et taille) dépasse les 30 kg/m2. Au-delà de 35, on parle d’obésité sévère. En quarante ans, l’IMC moyen est, selon l’étude, passé de 21,7 à 24,2 chez les hommes et de 22,1 à 24,4 chez les femmes adultes, soit une augmentation de poids de 1,5 kg tous les dix ans en moyenne.
« Si la progression de l’obésité se poursuit au même rythme, en 2025 environ un cinquième des hommes (18 %) et des femmes (21 %) seront obèses dans le monde tandis que 6 % des hommes et 9 % des femmes seront atteints d’obésité sévère. »
Le pourcentage des obèses a triplé chez les hommes, passant de 3,2 % en 1975 à 10,8 % en 2014, et plus que doublé chez les femmes (passant de 6,4 % à 14,9 %), avec des disparités très importantes selon les pays.
L’obésité constitue, désormais, « un problème important de santé publique » dans de nombreuses régions à revenu intermédiaire (Pacifique, Moyen-Orient, Afrique du Nord, certains Etats d’Amérique du Sud ou des Caraïbes), relève ainsi l’étude.
Si l’IMC est resté globalement stable entre 1975 et 2014 chez les femmes japonaises et la plupart des femmes européennes (à l’exception notable des Britanniques), les six pays riches anglophones (USA, Royaume-Uni, Australie, Canada, Irlande et Nouvelle-Zélande) présentent des résultats nettement plus inquiétants : ils accueillent aujourd’hui un cinquième des adultes obèses dans le monde, soit 118 millions de personnes, et 27 % des obèses sévères, soit 50 millions.
La palme revient toutefois à la Polynésie et à la Micronésie, des îles du Pacifique où 38 % des hommes et la moitié des femmes adultes sont en surcharge pondérale. Aux Samoa américaines, des îles dans le sud du Pacifique, l’IMC moyen culmine aujourd’hui à 34,8 chez les femmes et 32,2 chez les hommes adultes, contre 28 aux Etats-Unis.
A l’inverse, l’insuffisance pondérale (IMC inférieur à 18,5) liée à la malnutrition reste un problème majeur dans d’autres régions du monde, comme l’Asie du Sud ou certains Etats d’Afrique : selon l’étude, près d’un quart de la population était en sous-poids en Asie du Sud en 2014, contre 12 % à 15 % de la population en Afrique centrale et orientale. Le Timor-Leste, l’Ethiopie et l’Erythrée avaient les IMC moyens les plus bas du monde en 2014, aux environs de 20.

Le Monde, 01/04/2016.

mercredi 24 septembre 2014

La bataille est lancée autour de l'étiquetage nutritionnel des aliments

Carrefour veut jouer les élèves modèles. Mercredi 24 septembre, le distributeur devait annoncer la mise en place de son système d'étiquetage nutritionnel. Entre la fin de l'année et le printemps 2015, tous les produits préemballés de marque Carrefour (600 à 700 au total) seront siglés d'un pictogramme de couleur verte, bleue, orange ou violette, en forme de pyramide inversé. Riz, plats préparés et autres boîtes de conserve porteront aussi une indication de fréquence d'utilisation associée à chaque couleur : " trois fois par jour ", " deux fois par jour ", " une fois par jour " et " de temps en temps ".


Le débat sur l'étiquetage nutritionnel n'est pas nouveau. L'idée ? Rénover le système actuel, qui fait état de la teneur en calories, lipides, protéines..., dans des tableaux chiffrés illisibles.
Le timing choisi par Carrefour ne doit rien au hasard. Officiellement, le groupe profite du changement d'emballages imposé d'ici à décembre dans le cadre du règlement européen INCO (information des consommateurs), qui fixe de nouvelles règles pour les tableaux chiffrés (mention obligatoire des taux d'acides gras saturés, de sucre et de sel).
Mais c'est en France que le sujet devient brûlant. L'étiquetage nutritionnel des aliments, à l'instar de ce qui se fait déjà pour l'habitat ou l'électroménager, devrait être l'une des mesures phares du projet de la loi de santé qui sera présenté en conseil des ministres mi-octobre. En janvier, le professeur Serge Hercberg (Inserm, université Paris-XIII) avait remis un rapport sur la prévention nutritionnelle à la ministre de la santé, Marisol Touraine. S'inspirant du modèle britannique à trois couleurs (les " feux tricolores "), il proposait un code de cinq couleurs, du vert pour les aliments qui présentent la meilleure qualité nutritionnelle au rouge pour les moins bons.
Carrefour, lui, a choisi de se baser sur le système préconisé par le professeur Hercberg, mais avec seulement quatre catégories, et d'y ajouter ses propres indications sur la fréquence de consommation des produits. " L'approche par les feux tricolores induisait l'idée qu'il y a de bons et de mauvais produits. Pour nous, tous les produits ont des avantages, la question est de savoir comment on consomme ", argue Jérôme Bédier, le secrétaire général de Carrefour. Quant à la couleur rouge, elle a opportunément disparu.
Ce système est pourtant loin de faire l'unanimité. " C'est un coup marketing, c'est dommage ", regrette M. Hercberg. " Cette initiative montre qu'il faut légiférer pour éviter que chacun crée son propre système à sa façon ", poursuit le scientifique. Les associations de consommateurs se veulent également circonspectes. " Cet outil va dans le bon sens. Mais en lançant son système avant la promulgation de la loi, avec des seuils et des formats qui lui sont propres, Carrefour risque d'ajouter à la confusion du consommateur ", déplore Olivier Andrault, chargé de mission à l'UFC-Que Choisir. " L'objectif est de pouvoir dire aux clients : venez chez nous, c'est meilleur que chez le voisin " estime M. Andrault.
Le groupe dirigé par Georges Plassat espère pourtant faire école avec ses pictogrammes. " Ce n'est pas un système dont nous souhaitons garder la propriété exclusive : chacun, industriel comme distributeur, pourra s'en emparer ", assure M. Bédier. Car Carrefour en est persuadé, son système sera avalisé par le législateur. " Nous en avons parlé aux pouvoirs publics et à l'Anses - Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail - . Ce projet est conforme au projet de loi " assure M. Bédier.
Pour l'heure, le ministère de la santé n'a pas encore tranché et s'en tient aux propos tenus en juin par Mme Touraine, favorable à " un système uniforme ". L'échelle des cinq couleurs semble tenir la corde. " Un tel outil incitera les acteurs économiques à reformuler leurs produits vers une meilleure qualité nutritionnelle, estime M. Hercberg. L'idée n'est pas de stigmatiser un produit ni d'interdire de manger les produits rouges, mais de donner des repères, notamment pour les populations plus fragiles (défavorisées, enfants…). " Le ministère a demandé à l'Anses de fixer les seuils pour chaque couleur. Elle devrait rendre ses travaux en novembre. Mais ils n'auront pas de caractère obligatoire...

Lire la suite au Centre de ressources (DPFI -GRETA de Lormont / EFMS -GRETA de Talence)
Laurence Girard, Pascale Santi et Audrey Tonnelier
Article publié dans le journal Le Monde du 24 septembre 2014.

mercredi 18 juin 2014

Des bienfaits du petit déj' au collège





Quel investissement, facturé 80 centimes d'euro par enfant optimise les chances de réussite scolaire des collégiens, améliore le climat dans l'établissement et donne une raison de ne pas arriver en retard en cours le matin ? La réponse à cette question, Jérôme Guedj, président socialiste du conseil général de l'Essonne, la sert sur un plateau. Elle se décompose en un fruit frais, un produit laitier, une boisson, des céréales et de la confiture. Le petit déjeuner servi au collège n'est pas une solution miracle à l'échec scolaire, juste une idée qu'a décidé de tester cet élu. « J'ai commencé ma carrière à l'Inspection générale des affaires sociales. J'y ai travaillé sur le Plan nutrition santé (PNS), qui ne se résume pas, comme on le croit souvent, à préconiser la consommation de cinq fruits et légumes quotidiens, mais qui a proposé une approche plus large de la nutrition », rappelle M. Guedj. Durant cette expérience, il a aussi creusé le lien entre la consommation régulière d'un petit déjeuner et la limitation des risques d'obésité. Et depuis ce temps, l'idée lui trottait dans la tête qu'une politique publique aidant à une bonne nutrition matinale pouvait avoir de multiples bénéfices, notamment chez les adolescents. A la rentrée 2013, M. Guedj s'est lancé. Il s'est proposé de tester à titre expérimental dans deux collèges de son département la mise en place d'un petit déjeuner complet, servi le matin, avant le démarrage des cours. A la rentrée 2014, quatorze établissements de son département, qui en compte......

Extrait du Monde.fr
Article consultable au centre de ressources

mercredi 2 avril 2014

Obésité / La génétique pointe le rôle de la salive

Avoir une salive pauvre en une enzyme, l'amylase, qui sert à digérer des sucres complexes que l'on trouve dans les pâtes et le riz, favoriserait la propension à devenir obèse, selon une étude basée sur une analyse génétique.





Extrait de ladepeche.fr
Article consultable en ligne: www.ledepeche.fr

Nutrition / vers un code de bonne conduite ?

Les aliments auront-ils bientôt une étiquette de couleur selon leur qualité nutritionnelle, comme l’habitat et l’électroménager sont notés en fonction de leurs performances énergétiques ? C'est ce que préconise un rapport du professeur Serge Hercberg (Inserm) sur la prévention nutritionnelle, remis le 28 janvier à la ministre de la santé Marisol Touraine. Dans le cadre de la stratégie nationale de santé, celle-ci avait demandé des propositions concrètes pour donner un nouvel élan au Programme national nutrition santé (PNNS, à mi-parcours de son 3e volet 2011-2015).








Extrait du Monde.fr
Article consultable au centre de ressources