mardi 11 décembre 2018

Enquête de santé Aliments industriels : nous rendent-ils malades ?

Selon de nombreux chercheurs, le vrai coupable de l'explosion des maladies chroniques telles que le diabète et l'obésité serait l'alimentation ultra-transformée. 


Elle représente aujourd'hui près de 50% de l'offre en supermarchés et se niche même dans les rayons bio. Pour fabriquer les produits incriminés, plats cuisinés, barres chocolatées et autres nuggets, les industriels modifient à l'extrême les matières premières et ajoutent des substances chimiques pour leur redonner texture, goût et couleur. La consommation des additifs présents sur les étiquettes n'est pas sans danger pour la santé. Marina Carrère-d'Encausse anime le débat.



Voir ou revoir l'enquête de santé et le débat du 11/12/2018 de France 5 : https://www.france.tv/france-5/enquete-de-sante/816505-aliments-industriels-nous-rendent-ils-malades.html

lundi 1 octobre 2018

Un rapport parlementaire préconise des mesures contre la malbouffe

Le rapport sur l'alimentation industrielle proposée ce mercredi à l'Assemblée nationale préconise notamment l'amélioration de la qualité des repas dans les cantines et une forte diminution du nombre d'additifs autorisés dans les produits industriels.


Les députés s'attaquent à la malbouffe. Un rapport parlementaire sur l'alimentation industrielle est présenté ce mercredi à l'Assemblée nationale. Il découle d'une série d'études menée sur six mois et d'une quarantaine d'auditions conduites par les députés chargés d'une commission d'enquête sur le sujet, présidée par le député de la France Insoumise, Loïc Prud'homme. Les propositions du document, dévoilées par franceinfo, visent à encadrer plus strictement le secteur de l'alimentation sur la publicité, la fabrication des produits, l'éducation, et la lutte contre les inégalités sociales. Passage en revue.


● Rendre obligatoire le logo Nutri-Score

Le logo Nutri-Score prend la forme d'une échelle de 5 couleurs (du vert foncé au orange foncé), associée à des lettres allant de A («meilleure qualité nutritionnelle») à E («moins bonne qualité nutritionnelle»). Il est aujourd'hui facultatif et repose sur le volontariat des entreprises. Le rapport recommande de le rendre obligatoire sur les produits alimentaires transformés et ultratransformés qui sont fabriqués en France. Les parlementaires préconisent également la mise en place d'une étiquette indiquant la proportion globale d'additifs et l'origine du produit.




● Limiter la teneur en sel, sucre et acide gras

Le rapport intervient également sur la fabrication même des produits, préconisant ainsi l'institution d'une réglementation qui limiterait leur teneur en sel, sucre ou encore acide gras. En France, alors que 30 % de nos apports quotidiens en sel proviennent du pain, le rapport souhaite rendre obligatoire une teneur maximale en sel des produits de panification de 18 grammes par kilo de farine. Cette réglementation avait par ailleurs déjà été préconisée par l'Anses depuis 2002. Le document s'appuie sur les indications de l'Organisation mondiale de la santé qui recommande une consommation de 5 grammes de sel par jour, à la place des 10 à 12 grammes que les Français consomment en moyenne. Afin d'atteindre cet objectif dans les cinq ans, les députés chargés de l'enquête suggèrent un échéancier et des sanctions financières imposées en cas de non-respect des nouvelles conformités.

(...)

Article intégral en ligne : http://www.lefigaro.fr
Source : Le Figaro, 26/09/2018.

jeudi 13 septembre 2018

L’alimentation, variable d’ajustement des plus pauvres

Le baromètre Ipsos/Secours populaire, publié hier, s’est intéressé à la précarité alimentaire. De plus en plus fréquente, elle est un marqueur de pauvreté.


C’est un appel à « la résistance » qu’a lancé Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français (SPF), lors de la présentation de la 12e édition du baromètre de la pauvreté Ipsos/Secours populaire français, hier dans les locaux parisiens de l’association, dans le 18e arrondissement, aux côtés de Thierry Marx, chef étoilé et parrain de la campagne Pauvreté-Précarité. Ce baromètre retranscrit la manière dont la pauvreté est définie et vécue par les Français. Cette année, le Secours populaire s’est focalisé sur la précarité alimentaire.
Neuf Français sur dix considèrent qu’avoir des difficultés régulières à se procurer une alimentation saine est le signe d’une situation de pauvreté, selon l’étude. Des parcours de vie brisés ont incité près de trois millions de personnes à pousser les portes du SPF en 2017. C’est ce qu’a fait Suzanne, 40 ans, il y a huit mois. Une étape difficile pour celle qui n’aurait « jamais pensé avoir besoin de (se) faire aider », confie-t-elle. Suzanne est en fin de chômage et bénéficie de l’allocation de solidarité spécifique. Insuffisant pour subvenir aux besoins de ses quatre enfants. Séparée de son compagnon, elle a espéré une aide de sa part jusqu’au dernier moment et vécu sur ses économies : « J’ai épuisé tout ce que j’avais de côté, alors j’ai arrêté par exemple de leur acheter des jouets. » Jamais elle n’évoque cette situation avec ses enfants.

Photo Egalimentation.gouv

 

lundi 11 juin 2018

Revue n°444 de juin 2018 de l'INEPS

Environnements favorables à une alimentation saine : une réponse aux inégalités sociales de santé ? 

 
Comment créer des environnements favorables à une alimentation saine ? Et tout d’abord quels sont ces environnements favorables ? Et en quoi cela peut-il réduire les inégalités sociales de santé ? Ce dossier central – qui rassemble la contribution d’une vingtaine d’experts – dresse un état des connaissances internationales sur ces questions et met en avant un certain nombre de programmes innovants sur des territoires et dans des villes de France. Un document coordonné par Corinne Delamaire et Pauline Ducrot.

Revue trimestrielle disponible en téléchargement : http://inpes.santepubliquefrance.fr/SLH/sommaires/444.asp

 

lundi 26 février 2018

Nutella: un laboratoire du malaise social

Certains faits anodins possèdent une valeur - ou, vu le contexte, une saveur - qui excède leur caractère anodin. Sans importance, ces faits ne nécessitent en principe aucun traitement urgent, un traitement d'appoint suffit, Dans la presse quotidienne, les faits anodins ne méritent pas d'être rapportés publiquement, ils intéressent peu et se distinguent des faits divers, par leur absence d'affect. Précisons l'étymologie du mot "anodin", il signifie "contre la douleur". 


Les faits anodins, les histoires anodines possèdent donc une vertu comparable à celle d'une analgésie, ils ne blessent pas, ils apaisent, ce qui explique qu'ils trouvent rarement leur place dans des rubriques journalistiques à sensation. Mais qu'est-ce qui est anodin et qu'est-ce qui ne l'est pas? Venons-en au fait et à son contenu. Qu'y à-t-il d'anodin dans le fait de se battre aujourd'hui dans des supermarchés de France pour se procurer des pots de Nutella en promotion? Rien. Si le produit en lui-même est anodin, n'importe quelle pâte à tartiner l'est, ne serait-ce que dans le geste répétitif qui garde quelque chose de l'enfance, entre la caresse et l'application d'une crème apaisante. Quant à sa composition, cette pâte ne l'est pas, anodine, se composant d'huile de palme. Outre cet aspect sanitaire ou écologique (la production d'huile de palme provoquant une forte déforestation), l'enjeu de ces rixes qui se sont multipliées relève d'un ailleurs sans exotisme, s'agissant de l'ici-et-maintenant de la pauvreté qui sévit dans les régions françaises et dans Paris. Il y a dans la future ville mondiale des jeux olympiques des scènes de violence qui datent d'un contexte historique d'un autre âge... Quiconque juge anodines ou anecdotiques ces scènes de violence, ou s'en amuse, frôle la monstruosité d'une forme de snobisme moral. Paris recèle de ces faisans dorés.

Photo : Damien Meyer/AFP
Photo : Damien Meyer/AFP

Les pauvres se tapent dessus et les ultra-riches gloussent en paix

Derrière ces faits de violence, il y a une vérité "en marche"! Une vérité qui se loge dans des faits apparemment mineurs, l'objet de la révolte étant lui-même mineur, tendance Pop art italien, si on s'évertue à l'accréditer de quelque vertu critique. De la pâte à tartiner! L'image porte à son comble l'étrangeté de la situation, son triste ridicule: un entartrage brutal qui ne s'effectue pas dans la tradition la plus burlesque, celle du peuple en direction de son prince, génialité de l'irrévérence française envers le puissant, mais un entartrage du peuple en direction du peuple! Les pauvres se tapent dessus et les ultra-riches gloussent en paix, ils ont compris que la plus haute autorité de France les aimait plus qu'il n'aimait ses propres ouailles de Versailles. Oui, les ultra-riches n'ont plus rien à craindre des frondeurs du poulailler, ces derniers ont développé le goût pour des pratiques de combats endogames qui raffolent les curieux.
Une économie de 3,09€ non négligeable pour de plus en plus de personnes qui ne vivent pas forcément sous le seuil de pauvreté
Source : L'Humanité, 15/02/2018.


lundi 11 septembre 2017

Pourquoi nous consommons de moins en moins de viande

Depuis 1990, la consommation de viande, en France, connaît une baisse générale, sauf celle de volaille, qui augmente. Pierre Sans, chercheur associé à l’INRA-Aliss (alimentation et sciences sociales), explique pourquoi.

 
Tendance végane de plus en plus présente, scandale à répétition dans les abattoirs, crises sanitaires ou recherche d’une meilleure santé… ? La filière viande est en crise, même si les professionnels du secteur croient encore en l’avenir de la viande. Les chiffres de la consommation de viande indiquent, eux, une baisse générale, en France, depuis 1990. Seule la consommation individuelle de volaille connaît une forte hausse. Comment expliquer une telle tendance ?


Pour Pierre Sans, chercheur associé à l’INRA-Aliss (alimentation et sciences sociales) d’Ivry-sur-Seine et enseignant à l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse, ce changement de comportement alimentaire s’explique par une conjonction de plusieurs facteurs. « S’il est difficile de déterminer une unique cause à l’origine de la baisse de la consommation de viande en France depuis une vingtaine d’années, il est en revanche possible d’identifier trois paramètres responsables de ce phénomène. »

Nombre d’abattoirs en France en 2015
Nombre d’abattoirs en France en 2015 Infographie Le Monde
Si les Français consomment aujourd’hui moins de viande qu’il y a vingt ans, « c’est d’abord à cause de la hausse de son prix », explique Pierre Sans. Et pour cause, les tarifs des produits carnés, en particulier ceux issus des espèces bovines (bœufs, vaches) et ovines (moutons, agneaux), ont considérablement augmenté depuis les années 1990, comme l’indiquait le rapport de France AgriMer en 2015.

(...)

Le Monde, 12/09/2017.

mercredi 26 juillet 2017

L’alimentation, grand marqueur des inégalités sociales en France

D’après une étude de l’Anses, les habitudes et modes de consommation alimentaires des Français sont un miroir des inégalités sociales.
Mercredi 12 juillet, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) a publié sa troisième étude sur les habitudes alimentaires des Français (INCA 3). Réalisé tous les sept ans, ce vaste rapport analyse de manière minutieuse les comportements et habitudes alimentaires des Français.

 

L’étude a été menée entre 2014 et 2015 sur un échantillon de 5 800 personnes représentatives de la population (près de 3 100 adultes et 2 700 enfants), à raison d’un, deux ou trois jours chacune, soit 13 600 journées de consommation et 320 000 aliments analysés. Les résultats ont été ensuite interprétés par un groupe d’experts, composé de nutritionnistes, épidémiologistes, toxicologues, microbiologistes.

Des aliments similaires, mais en proportions différentes

 

Au-delà de la sédentarisation de la population, de la consommation insuffisante de fruits et de légumes et l’usage excessif du sel, cette étude met en lumière la relation étroite entre habitudes, en termes de nutrition et d’inégalités sociales.
Chez les adultes, la consommation alimentaire est positivement associée au niveau d’étude. Le rapport souligne que la ration journalière (quantité totale d’aliments consommés) varie de « 2 864 [grammes par jour] pour un niveau d’études primaire ou collège à plus de 3 061 grammes par jour pour un niveau d’études supérieur au bac ».
Au niveau des aliments, les personnes ayant suivi des études supérieures consomment plus de fruits et de légumes, mais également plus de fromage, de yaourt et fromage blanc ou encore de chocolat. Au contraire, les individus qui se sont arrêtés au primaire ou au collège boivent plus de soda et privilégient la viande (hors volaille) et les pommes de terre.
Chez les mineurs, le bilan est le même lorsque l’enfant est âgé de moins de 10 ans : ces habitudes alimentaires sont positivement corrélées au niveau d’étude de son parent représentant. Une observation qui ne se vérifie pas chez les adolescents (entre 11 ans et 17 ans), où « l’alimentation semble globalement moins associée au niveau d’études du représentant que chez les enfants, conséquence possible d’une plus grande autonomie dans leurs choix alimentaires », détaille l’Anses.
Même constat lorsque l’on prend comme référence la profession ou la catégorie socioprofessionnelle (PCS) du parent : les habitudes alimentaires des enfants (quel que soit l’âge) n’y sont que très peu associées.

(...)
Le Monde,18/07/2017.
Article intégral en ligne : http://www.lemonde.fr

mercredi 12 juillet 2017

Que mangent les Français ? Tout savoir en 10 points

La dernière étude de l’Anses montre, entre autres, que nous consommons de plus en plus de plats industriels tout préparés, notamment les jeunes. Et que l'obésité progresse.


C'est un état des lieux de plus de 500 pages, qui est fait tous les sept ans et répond à la question : que mangent les Français ? La troisième étude individuelle nationale sur les consommations alimentaires (Inca 3) a été rendue publique ce mercredi 12 juillet par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Age, sexe, région d’origine, études, profil social… Voici les principaux enseignements d’Inca 3.

1 Les Français sont des consommateurs "multiples"

Finie la France coupée en deux : cuisine au beurre au Nord ; cuisine à l’huile d’olive au Sud. Elle est composée désormais d’une myriade d’individus aux connaissances alimentaires plus homogènes qu’avant et dont l’origine géographique n’influence presque plus les choix. Il reste trois déterminants qui influent sur ce qu’on met dans son assiette : l’âge, le sexe et la catégorie sociale.

Nous sommes tous paradoxaux, ou plutôt "multiples", disent les chercheurs de l’Anses : on aime à la fois le bio et le McDo, à la fois les circuits courts type Amap et les plats industriels. Ce qui rend toute observation plus malaisée qu’auparavant.

2 Le tout-préparé a envahi les assiettes

Sandwiches, quiches, pizzas, plats tout faits à mettre au micro-ondes, mais aussi salades et endives déjà triées, carottes ou melons déjà taillés en petits dés et vendus en barquettes, brioches industrielles fourrées, biscuits… Nés de l’inventivité intarissable des industries agroalimentaires, ces produits préparés ont énormément progressé, notamment chez les plus jeunes, qui, souligne l’Anses, les préfèrent de plus en plus aux fruits et légumes achetés à l’étal, à la viande et au poisson frais.

Le problème, c’est que ces denrées sont pleines de sucre, de sel, de gras, de conservateurs et d'additifs divers que nous ne comprenons guère et sur lesquels nous n’avons pas de prise. Ceci, alors que, paradoxalement, les intolérances et allergies (gluten, lactose) n’ont jamais été aussi obsessionnelles. D’où un sentiment d’être un peu perdus.

3 On lit de moins en moins les étiquettes

Il y a les 5 fruits et légumes par jour, bon. Mais aussi les 3 ou 4 produits laitiers journaliers, le sel iodé préférable au non-iodé, le pain, les pâtes et le riz plutôt sous leur forme complète… Connaissez-vous toutes ces recommandations alimentaires officielles ? Probablement pas. Les "repères nutritionnels" sont de moins en moins connus - des plus jeunes comme des plus vieux. Pire : nous renonçons de plus en plus souvent, dit l’Anses, à lire le décryptage des ingrédients sur les emballages. Signe de découragement ou de fatalisme ? 

(...)

Nouvel Observateur, 12/07/2017.
Article intégral en ligne : http://tempsreel.nouvelobs.com

dimanche 12 mars 2017

Quelle place pour la viande dans nos menus du XXIème siècle ?

Le Salon de l’agriculture fermera ses portes dimanche soir. Les visiteurs seront repartis emportant avec eux le souvenir des bêtes de concours, notamment les races bovines les plus lourdes et les mieux adaptées pour la production de viande. Les  éleveurs retrouveront leurs fermes et les soucis du quotidien dont le plus inquiétant est le manque de rémunération du travail en raison de prix souvent trop bas pour couvrir les coûts de production.


Vendredi, en cours de matinée, des militants de la Coordination rurale ont formé une pyramide sur le stand du ministère de l’Agriculture en y déployant une banderole sur laquelle on pouvait lire : « Guerre économique, les agriculteurs se suicident par centaines. Leur tort, avoir voulu nourrir notre France. Non à la mort des paysans». Dans sa concision, le propos résume bien l’injustice que subit toute une profession comme conséquence économique et sociale de la mondialisation libérale.
Il faudrait aussi parler attaques contre l’agriculture comme des conséquences écologiques, aggravées par le libre échange et la politique de l’offre. Dans le premier cas, les syndicats Jeunes Agriculteurs, Coordination rurale, FNSEA  et Confédération paysanne ont publié cette semaine un texte commun pour constater que « le Salon international de l’agriculture semble être un occasion de choix pour plusieurs associations vegan d’intensifier leur campagne de culpabilisation des consommateurs et de stigmatisation des éleveurs ».  Evoquant la situation difficile de l’élevage confronté à des prix trop bas les quatre syndicats déclarent : « Nous ne dénonçons pas le véganisme en tant que tel : chacun est libre de choisir le régime alimentaire qu’il souhaite pour lui-même. Mais le prosélytisme orchestré autour du véganisme n’est pas acceptable(…) l’élevage participe au dynamisme économique et culturel des territoires, façonne les paysages (…) Les protéines animales ont toute leur place dans notre équilibre alimentaire d’omnivore, comme l’affirment de nombreux médecins et nutritionnistes. Pour toutes ces raisons, nous n’acceptons pas les insultes proférées en direction des éleveuses et des éleveurs par une minorité de provocateurs à l’occasion du Salon de l’agriculture. Nous, syndicats agricoles, demandons ensemble le respect de nos métiers », dit le texte en conclusion.

Quelle part de protéines d’origine animale dans notre bol alimentaire ?

Chaque jour, les militants hostiles à la consommation de viande ont été présents aux portes du Salon pour développer leur propagande auprès du public. Cela ne pouvait que contrarier les éleveurs en proie à d’importantes difficultés économiques, qu’ils aient un troupeau de vaches laitières, de bovins à viande, de moutons, voire un élevage de porcs et plus encore de canards abattus en raison de la grippe aviaire. Toutefois, sans être des partisans du véganisme, il ne faut pas s’interdire de s’interroger aujourd’hui sur ce que doit être une part juste et raisonnable de protéines d’origine animale dans notre bol alimentaire en ce XXIème siècle marqué par le réchauffement climatique. Cela  nous renvoie à d’autres questions relatives aux systèmes d’élevage mis en place, au commerce de la viande et aux accords de libre échange, à l’acceptation ou  pas sur nos territoires de prédateurs comme le loup  dont la prolifération peut faire reculer l’élevage écologique à l’herbe au profit d’un élevage en bâtiments où les animaux consomment plus de grain que d’herbe , ce qui augmente le bilan carbone de chaque kilo de viande.
Certaines de ces questions ont fait l’objet de la publication récente d’un petit document à l’issue d’une concertation qui s’est déroulée de l’année 2014 à la fin de 2016 entre l’Interprofession Bétail et Viande (INTERBEV) et les quatre organisations environnementales que sont France nature environnement, la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme, Green Cross France et territoires, ainsi que WWF. Selon le ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, « la concertation menée a mis à jour de nombreux points d’accord  sur les leviers à mettre en œuvre ». D’après le ministère, la demande de renforcement des politiques publiques en faveur de l’autonomie alimentaire et de la diminution des engrais se synthèse à travers un meilleur soutien au développement de la culture des protéagineux peut notamment être relevée. Cette proposition pourra nourrir les discussions qui viennent de s’ouvrir sur l’avenir de la Politique agricole commune », poursuit le ministère de Ségolène Royal. Mieux vaut pourtant ne pas attendre de miracle de ces discussions quand des pays comme l’Espagne, l’Allemagne, la Pologne et quelques autres poussent plus que jamais au développement de l’élevage industriel des porcs, des volailles et des bovins en important toujours plus de nourriture du continent américain. Surtout que, parallèlement, les pays membres de l’Union mandatent la Commission européenne pour négocier des accords de libre échange avec les pays du Mercosur, mais aussi les Etats-Unis après avoir déjà conclu un accord avec le Canada pour qu’il vende plus de viande de bœuf et de porc en Europe.

Ne pas opposer le véganisme à l'élevage industriel

Notons encore qu’INTERBEV inscrit sa démarche commerciale dans une stratégie de l’offre toujours plus segmentée dans le but de gagner des parts de marché dans les différents segments du marché de la viande. Ce qui se traduit aussi par de promotions permanentes chez les distributeurs. Une telle stratégie va à l’encontre de la nécessité de parvenir à une consommation plus raisonnable de viande par an et par personne dans un pays comme la France. Autant le véganisme aboutirait à laisser l’herbe pourrir sur pied dans les zones non labourables si on ne produisait plus de lait et de viande issue des troupeaux laitiers de vaches de brebis et de chèvres, autant l’élevage industriel  avec une alimentation du bétail toujours plus granivore servie à l’auge aura un bilan carbone toujours plus désastreux. Sur ce terrain là les désaccords subsistent entre l’Interprofession Bétail et Viande et les organisations  environnementales.
Dans ce secteur comme dans beaucoup d’autres, la politique de l’offre est désormais incompatible avec la lutte contre le réchauffement de la planète.

L'Humanité, Gérard Le Puill, 03/03/2017.

mardi 10 mai 2016

Quels calculs se cachent derrière les logos nutritionnels ?

Quatre types de logos nutritionnels seront testés à la rentrée dans des grandes surfaces françaises. Objectif: savoir lequel conduit le consommateur vers l'assiette la plus saine. 

 
Longtemps annoncés, promis par la loi de Santé du 26 janvier 2016, les logos nutritionnels s'approchent de nos supermarchés. La ministre de la Santé a annoncé mardi dans le Parisien que quatre façons de représenter la qualité nutritionnelle des aliments allaient être testées à la rentrée. Objectif: savoir quelle représentation graphique permet le mieux au consommateur de faire les bons choix, pour une alimentation équilibrée.
La ministre ne s'en cache cependant pas: la réglementation européenne interdira d'imposer quoi que ce soit aux industriels, car cela risquerait d'«entraver la libre circulation des marchandises, notamment donner lieu à une discrimination à l'encontre de denrées alimentaires provenant d'autres États membres». Le gouvernement pourra donc simplement «recommander» un ou plusieurs systèmes aux industriels et distributeurs, libres à eux de s'y plier.

Mais que se cache-t-il derrière chacun d'entre eux ?

• Le système Nutri Score (5-C, ou 5 couleurs)
Les aliments se voient attribuer une couleur parmi 5, du vert (produit de bonne qualité) au rouge (produit à éviter). C'est un système adapté du système des feux tricolores; mais disposer de 5 catégories laisserait une plus grande souplesse pour passer de l'une à l'autre, encourageant les consommateurs à améliorer leurs achats, comme les industriels à modifier leurs recettes.
Mitonné par l'équipe du Pr Serge Hercberg, professeur de nutrition et président du Plan national nutrition santé, il est bâti selon un score calculé avec:
- des points «négatifs»: 0 à 10 points sont attribués pour chacun de 4 nutriments considérés comme défavorables à la santé (calories, acides gras saturés, sucres simples, sel). En théorie, un aliment peut avoir O «point négatif» s'il n'apporte qu'une très faible quantité de calories, et ne contient quasiment pas de graisses saturées, sucres et sel ; à l'inverse, il aura au maximum 40 points négatifs s'il contient beaucoup de tout cela.
- des points «positifs»: de 0 à 5 points pour les nutriments jugés bons pour la santé (fruits et légumes, fibres, protéines). Un aliment aura donc un minimum de 0 «point positif» s'il ne contient que très peu de ces nutriments, et au maximum 15 s'il contient beaucoup de chaque.
Le score total, qui permet d'attribuer une couleur au produit, est égal au nombre de points négatifs auquel on soustrait le nombre de points positifs. Plus le score total est important, moins le produit est donc jugé de qualité. Quelques modulations entrent cependant dans le calcul, selon la quantité de points A obtenus (s'il est trop élevé, la quantité de protéines ne sera généralement plus comptée dans les points «positifs») et selon le produit jugé (une «prime» est donnée aux fruits et légumes, aux protéines des fromages, pour les matières grasses le ratio entre graisses saturées et lipides totaux est pris en compte, pour les boissons les seuils sont modifiés…).


• Le système SENS (système d'étiquetage nutritionnel simplifié, qui a la préférence des industriels)
Il s'agit ici de classer les aliments selon 4 catégories selon qu'ils peuvent être consommés «très souvent», «souvent», «régulièrement en petite quantité» ou «occasionnellement ou en petite quantité».
Développé pour les enseignes du commerce et de la distribution par Nicole Darmon, directrice de recherches à l'Inra. Le système SENS est une adaptation d'un système qu'elle avait mis au point dans le cadre de travaux sur le coût d'une bonne nutrition. L'algorithme, calculé selon les données des tableaux de valeur nutritionnelle, est fondé sur le principe «SAIN et LIM». Là encore, le score global mélange deux composantes:
- les nutriments «positifs»: le score SAIN (Score d'adéquation individuel aux recommandations nutritionnelles) mesure le respect des apports nutritionnels conseillés, selon le ratio pour 100 kilocalories de protéines, fruits et légumes, fibres, et un nutriment spécifique pour trois catégories d'aliments (par exemple le calcium pour les produits laitiers, la vitamine C pour les boissons…)
- les nutriments «négatifs»: le score LIM (pour «Limiter») mesure la teneur en acides gras saturés, sel, sucres libres pour 100g.
L'aliment sera classé en quatre catégories selon les scores SAIN et LIM obtenus: si le SAIN est très fort et le LIM très faible, l'aliment sera vert, si c'est l'inverse il sera violet (les industriels ayant préféré éviter le rouge…). Là encore des modulations sont prévues pour certaines catégories d'aliments. De même, un aliment descendra d'une classe s'il est trop énergétique.

• «Nutri-Repères»

Ce système existe déjà depuis plusieurs années. Il s'agit d'indiquer la quantité de calories, matières grasses, acides gras saturés, sucres et sel apportés par une portion de l'aliment, mais en précisant quelle part des «apports journaliers recommandés» (pour un adulte de d'âge et de corpulence moyenne) est consommée avec le produit. Il s'agit de mettre en valeur la quantité de nutriments «négatifs» consommés avec le produit.

• «Traffics Lights (feux de circulation en anglais)»

Utilisé en Grande-Bretagne, le système reprend les mêmes éléments que le «Nutri-Repère» mais en y ajoutant une composante tricolore: pour chaque nutriment visé, le vert signifiera que les apports sont réduits, l'orange qu'ils sont moyens, le rouge qu'il faut s'en méfier.

• L'étiquetage nutritionnel «traditionnel»

Rendu obligatoire par le règlement Inco (Information des consommateurs sur les denrées alimentaires) en décembre 2014, qui a uniformisé l'étiquetage alimentaire dans toute l'Europe, il est présenté sur la face arrière des emballages alimentaires et est considéré trop complexe pour les consommateurs dépourvus de connaissances nutritionnelles. Les mentions obligatoires sont: la valeur énergétique, la quantité de matières grasses (dont les acides gras saturés), les glucides (dont les sucres simples), les protéines, et le sel. Le tout doit être indiqué pour 100 g ou 100 ml de produit, et éventuellement pour une portion.

• Le design de l'étude qui va être menée en France

L'expérimentation sera conduite «en conditions réelles d'achat». Cinquante grandes surfaces seront sélectionnées, réparties en cinq groupes: dix points de vente pour chacun des quatre systèmes testés (deux synthétiques, le «Nutri-Score» développé par le Pr Serge Hercberg, responsable du Plan national nutrition santé, et «SENS», qui a la préférence des industriels, et deux analytiques, le «Nutri-Repère» existant déjà et les «feux tricolores» des Britanniques) , et dix autres points de vente sans logo en guise de groupe contrôle.
Les logos seront apposés en face avant des produits sélectionnés pour l'étude, sachant que tous les produits appartenant à une même catégorie seront étiquetés (par exemple, toutes les pizzas). Il s'agira de savoir si le fait de donner ce type d'information nutritionnelle pousse le consommateur à composer un panier d'achat, et de savoir quel système l'aide le mieux. Restera une inconnue: l'étude ne dira pas ce que le client du supermarché achète éventuellement ailleurs, ni ce qu'il mange réellement une fois rentré chez lui…

Le Figaro santé, 10/05/2016.

mercredi 18 juin 2014

Des bienfaits du petit déj' au collège





Quel investissement, facturé 80 centimes d'euro par enfant optimise les chances de réussite scolaire des collégiens, améliore le climat dans l'établissement et donne une raison de ne pas arriver en retard en cours le matin ? La réponse à cette question, Jérôme Guedj, président socialiste du conseil général de l'Essonne, la sert sur un plateau. Elle se décompose en un fruit frais, un produit laitier, une boisson, des céréales et de la confiture. Le petit déjeuner servi au collège n'est pas une solution miracle à l'échec scolaire, juste une idée qu'a décidé de tester cet élu. « J'ai commencé ma carrière à l'Inspection générale des affaires sociales. J'y ai travaillé sur le Plan nutrition santé (PNS), qui ne se résume pas, comme on le croit souvent, à préconiser la consommation de cinq fruits et légumes quotidiens, mais qui a proposé une approche plus large de la nutrition », rappelle M. Guedj. Durant cette expérience, il a aussi creusé le lien entre la consommation régulière d'un petit déjeuner et la limitation des risques d'obésité. Et depuis ce temps, l'idée lui trottait dans la tête qu'une politique publique aidant à une bonne nutrition matinale pouvait avoir de multiples bénéfices, notamment chez les adolescents. A la rentrée 2013, M. Guedj s'est lancé. Il s'est proposé de tester à titre expérimental dans deux collèges de son département la mise en place d'un petit déjeuner complet, servi le matin, avant le démarrage des cours. A la rentrée 2014, quatorze établissements de son département, qui en compte......

Extrait du Monde.fr
Article consultable au centre de ressources

mercredi 2 avril 2014

PNNS / Programme National Nutrition Santé


Lancé en 2001, le Programme national nutrition santé (PNNS) est un plan de santé publique visant à améliorer l’état de santé de la population en agissant sur l’un de ses déterminants majeurs : la nutrition. Pour le PNNS, la nutrition s’entend comme l’équilibre entre les apports liés à l’alimentation et les dépenses occasionnées par l’activité physique.
Le PNNS est une structure de pilotage au niveau national. Son objectif est de proposer des recommandations fiables et scientifiquement validées, pour aider la population et les professionnels du secteur à décrypter les informations parfois contradictoires que l’on entend tous les jours sur la nutrition.
Retrouvez dans cette rubrique une présentation filmée du PNNS, ainsi que les principaux objectifs et les grandes recommandations du PNNS.


Extrait de mangerbouger.fr
Plus d'information sur le site: www.mangerbouger.fr